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Tome III.
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Batigel de Rame ayant surpris unvoleur, & voulant le faire mourirsur-le-champ, comme il ne trouvoitpas de bourreau, il obligea un prê-tre François, qui paffoit par ce mê-me endroit, de faire cet office in-digne de son caractère. Le cardinall’ayant su , & n’ayant pu en tirerraison, envoya «hercher le Barìgel,& le fit pendre auíïi-tôt à une fe-nêtre de sa maison. Partisan zéléde la Pragmatique-sanction, il as-sembla les évêques à Bourges, oùl’on traita des moyens de bien ob-server ce règlement. On prit desmesures à cet égard, malgré les ins-tances que les députés de l'églisede Bordeaux Sc Pierre leur arche-vêque , firent en faveur du pape, àqui ils vouloient qu’on laiffàt unepleine puissance. D’Efioutevillemourut à Rome, étant doyendes cardinaux, le 22 décembre1483 , à 80 ans. Outre l’arche-vêché de Rouen, il poffédoit 6évêchés, tant en France qu’en Ita-lie, 4 abbayes & 3 grands-prieu-rés ; mais il en employoit la meil-leure partie à la décoration deséglises dont il étoit chargé, & ausoulagement des pauvres. C’est luiqui commença le beau château deGaillon.

ESTRADES, ( Godefroi, comted’) maréchal de France, & vice-roi de l’Amérique, servit long-temps en Hollande, fous le princeMaurice, auprès duquel il faisoit lesfonctions d’agent de France. 11 semontra à la sois bon capitaine &grand négociateur. Nommé am-bassadeur extraordinaire en Angle-terre en 1661 , il y fut insulté, le10 octobre de cette année , parle baron de Vattcville , ambassa-deur d’Espagne , que son souve-rain désavoua. Le roi d’Espagneít plus, il donna ordre à tousses ministres, dans les cours étran-gères, de ne point concourir avec

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les ambassadeurs de Francé, dansles cérémonies publiques. Le com-te A'Estrades ayant négocié - en1662, la vente de Dunkerque,fut chargé de recevoir cette villedes mains des Anglois. QuoiqueCharles II eût signé le traité, I eparlement s’y opposoit vivement,& la garnison Angloise refusoitd’évacuer la place. Mais le comted 'Estrades répandit à propos dessommes considérables ; & le gou-verneur & la garnison s’embar-querent pour Londres. Ils rencon-trèrent la barque qui portoit Tordredu parlement de ne point remettreDunkerque aux François ; il étoittrop tard. Cette affaire étoit ter-minée , grâce au zele actif & > n 'génieux de d 'Estrades. De retourà Paris, il fut envoyé, de nouveau,à Londres en 1666, avec la qua-lité d’ambassadeur extraordinaire-II y soutint, avec une vigoureusefermeté, les prérogatives de 1*couronne de France , contre I ebaron de Watteville , ambassadeur

d’Espagne, qui avoir voulu pren-dre le pas fur lui. Le comte d’AT'trades passa Tannée d’après en Hol'lande avec la même qualité, ®y conclut le traité de Brada. ^ne fe distingua pas moins en ré7l *lorsqu’il fut envoyé ambassadeurextraordinaire aux conférences d®Nimègue pour la paix générale*II mourut le 26 février i68é, a79 ans. II avoir été nommé, deu*ans auparavant , gouverneur “duc de Chartres & surintendantses finances. Les Négociationscomte á'Eftrades ont été impriméeà la Haye, 1742, en 9 vol. in- 12 /Ce n’est qu’un extrait des oflpnaux, qui contient 22 vol. in- »dont le moindre est decents pages. Jean Aymon , prêtapostat, en vola quelques udans la bibliothèque du roi ,les publia à Amsterdam ,