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Tome III.
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I70Y, >n ra, après îes avoir tron-qués.

I. ESTRÉES, (Jean d’) grand-naître de l'artilleriede France, né,en 1486, d’une famille distinguée& ancienne, mort en tçsq, à 8tans, fut d’abord page de la reineAnne de Bretagne. II rendit degrands services aux rois FrançoisI & Henri II. C’eft lui qui com-mença à mettre notre artillerie futUn meilleur pied. II se signala àla prise de Calais en 15 5 8 , & don-ua, dans plusieurs autres occasions,•les preuves d’intelligence St decourage. On dit que c'est le pre-mier gentilhomme de Picardie, quiait embrassé la religion l’rétendue-réformée.

Brantôme dit, dans ses Capitat-n es François , « que M. A'FJlrées» a été l'un des dignes hommes de» son état, sans faire tort aux au-« tres, St le plus assuré dans lestranchées & batteries; car il y"» alloit la tête levée, comme si* c’eût été dans les champs, à la» chasse; & la plupart du temps, il» alloit à cheval monté fur une» grande haquenée allezande, qui» avoir plus de vingt ans, & qui» étoit aussi assurée que le maître :» car pourlescanonnades &arque-» busades qui se tirassent dans la» tranchée, ni l’un, ni l’autre ne» baissoient jamais la tète , St il se« montroit par dessus la tranchée» la moitié du corps, car il étoit» grand & elle aussi. C’étoit l’hom-» me du monde qui connoiffoit le» mieux les endroits pour faire une* batterie de place, 8 t qui l’ordon-” noit le mieux ; aussi étoit-ce un” des confidents que M. de Guise” souhaitoit auprès de lui pour” faite conquête & prendre ville,” tomme il fit à Calais. Ç’a été lui" Sui >le premier, nous a donné cesM el, es fontes d’artillerie, dont’ "ous nous servons aujourd’hui -,

EST 489» & même de nos canons, qui ne» craindront de tirer cent coups» l’un après l’autre, par maniéré» de dire, sans rompre, ni fansn s’échter , ni casser, comme il en» donna la preuve d un au roi,

» quand le premier essai s’en fit;

» mais on ne les veut pas gourman-» der tous de cette façon, car on» en ménage la bonté le plus qu’oa» peut. Avant cette fonte , nos ca-n nons n’étoient du tout si bons,

» mais cent fois plus fragiles, 8c» sujets à être fort souvent rafraî-» chis de vinaigre , où il y avoir» plus de peine. C’étoit un fort» grand homme, beau & véné»

» table vieillard, avec une barbe» qui lui deìcendoit très-bas , &

» senroit bien son vieux aven-» turier de guerre du temps passé,

» dont il avoir fait profession,

» oùil avoit appris d’être un peu» cruel ».

II. ESTRÉES, (François-An-nibal d’) duc, pair & maréchal deFrance, fils du précédent, né en15 71 .embrassa d'abord l’état ecclé-siastique , & le roi Henri IV Te nom-ma à l’évêché de Laon ; mais ilquitta cet évêché, pour suivre leparti des armes. II se signala en di-verses occasions, secourut le duc deMantoue en 1626, prit Trêves, 8cse distingua par son esprit autantque parsa valeur. Nommé, en 1638,ambassadeur extraordinaire à Ro-me, il soutint, avec honneur, lagloire 8c les intérêts de la cou-ronne , mais non pas avec pru-dence. Ses brusqueries 8c son hu-meur violente le brouillèrent avecUrbain VIII & avec ses neveux.On fut contraint de le rappeler.II en eut fi grand dépit, qu’it ré-futa de venir à la cour rendrecompte de fa conduite. 11 mourut áParis le 5 mai 1670, dans fa 98 eannée. Le maréchal d ’Efirces étoitplus propre ì servir le roi à la