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Tome III.
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Provence, qui avoit réuni leslauriers des Muses à ceux de Mars.Ménagé Sc le P. Rapin apprirent lalangue latine à Mll e de ta Vergne. Aubout de ; mois de leçons, elle con-cilia ses deux maîtres fur un pas-sage difficile, auquel ils donnerentUne interprétation différente. Elleépousa , en 16 5 5, François , comtede la Fayette. EUe se distingua en-core plus par son esprit que parsa naissance. Protectrice des beauxarts, elle ies cultiva elle - mêmeavec succès. Les plus beaux es-prits de son temps la recherchè-rent : son hôtel étoit leur rendez-Vous. Le célébré duc de la Roche-foucavlt fut lié avec elle de l’amitiela plus étroite. EUe fut lui inspi-rer de la vertu. M. de la Rochefou-Cault ma donné de se] prit , disoit-elle ; mais f ai réformé son cceur. Par-mi les gens de lettres, Huet^ , d e-nage , la Fontaine , Sègrais , etoientCeux qu elle voyoit le plus sou-vent. Ce dernier écrivain , obligéde quitter la maison de ML e deMontpenfier , trouva chez elle uneretraite auffi utile qu’honorable.L’em prestement que témoignoientde si bons juges pour MU e de laFayette, ne s'accorde gueres avecCe que dit d’elle fauteur des Mé-moires de Mad e de Maíntenon. « Elle» n’avoit pas (suivant la Beau-» melle ) ce liant qui rend le com-» merce aimable & solide ; on , r ou-rs voit autant d'agréments dans ses» écrits, qu’elle en avoit peu dans» ses propos. Elle étoìt trop im-*> patiente ; tantôt caressante, tan-u tôt impérieuse : exigeant deségards infinis , & y répondant» souvent par des hauteurs n. Sice portrait est vrai, ce que nous® osons assurer, il faut croire qu’onUl Pardonnoit ces défauts de ca-^® Cre , en faveur de ses talents.

U est p as f ous jj e te i; es cou-* ,r * fi'ae Va peinte Mad e de Sêvi-

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gnê , qui avoit été plus à portéed’étudier son cœur & son esprit,que l’auteur des Mémoires. « C’est» une femme aimable, estimable» ( écrit - elle à fa fille), & que» vous aimez dès que vous avez» le temps d’être avec elle , & de» faire usage de son esprit & de» sa raison ; plus on la connoît,» plus on s'y attache ». Cetteillustre bienfaictrice des gens delettres, leur fut enlevée en 1693"Les écrits sortis de fa plume dé-licate, l’ont fait regarder, avecraison , comme une des premierespersonnes de son sexe pour l’es-prit & pour le goût. Les princi-paux font : I. Zaïde, roman im-primé & réimprimé, & qui fut lupar ceux-mêmes qui haïffoient cessortes d’ouvrages. II. la Princejfcde Céèves, 2 vol. >012, autre ro-man , que Fontenelle dit avoir luquatre fois dans fa naissance : c’est:le seul écrit de cette nature , àqui il eût accordé une quatrièmelecture. Ce livre, quoique plusparfait que tout ce qu’on avoitvu jusqu’alors, fut attaqué avecbeaucoup d’esprit par Valincourt ,qui en fit la critique, n’ayant pasencore vingt-deuxans.Mad c de laFayette négligea fi fort la gloire,qu’elle mit fous le nom de Ségraisces deux productions aimables. Cebel esprit avoit contribué seule-ment à la disposition de ['édifice,& la dame ingénieuse l’avoit or-né. (Voy. CHARNES). III- La Prin-cesse de Montpenfier, in-12, dignedes précédents. Les Romans deMad c de la Fayette furent les pre-miers , dit l’auteur du Siecle deLouis XIV, cù l’on vit les mœursdes honnêtes gens, & des aven-tures naturelles décrites avec grâ-ce. Avant elle, on écrivoit d’unstyle empoulé des choses peu vrai-semblables. IV. Des Mémoires de laCeur de France pour les années iCSS