sur tout celui de Boffuct. Ce pré-lat voulut exiger que l'archevê-que de Cambrai , autrefois sondisciple, pour lors son rival, con-damnât Mad e Guyon avec lui, &souscrivît à ses Instructions pasto-rales. Fcncìon ne voulut sacrifier ni
ses sentiments, ni son amie. 11 crutrectifier tout ce qu’on lui repro-choit, en publiant son livre der Explication des Maximes desSaints, 1697, in-12. Le style enétoit pur, vif, élégant 8t affec-tueux; les principes étoient pré-sentés avec art, & les contradic-tions sauvées avec adreffe. On yvoyoit un homme qui cragnoitégalement d’être accusé de suivreMolinos, Si d’abandonner SainteThérèse ; tantôt donnant trop à lacharité, tantôt ne donnant pasaster l’espérance. Bossuet, qui vitdans le livre de Fénélon bien desmaximes qui s’éloignoient du lan-gage des vrais mystiques, s’élevacontre cet ouvrage avec véhé-mence. Les noms de Montan & dePríscille , prodigués à Fénélon &ù son amie, parurent indignes dela modération d’un évêque. Bos-suet ( a dit un bel esprit de ce sié-cle ) eut raison d’une maniéré tropdure, & Fénélon mit de la douceurmême dans ses torts. L’archevê-que de Cambrai écrivit beaucouppour se défendre, & pour s’expli-quer lui même. Mais ses livres nepurent empêcher qu'il ne fût ren-voyé dans Ion diocèse au moisd’août 1697. Fénélon reçut cecoup fans s’affliger & fans fe plain-dre. Son palais de Cambrai, sesmeubles, ses papiers, ses livresavoient été consumés par le feu dansle même temps, & il l'avoit apprisavec la même tranquillité. InnocentXII le condamna enfin en 1699 ,après neuf mois d’examen. Ce papea volt été moins scandalisé du livretics Irlaximes , que de la chaleur em-
portée de ses adversaires. II écri-vit à quelques prélats: PeccaeíIEXCESSV AMOR1S DÌVIfU ; SEtly OS PECCASTIS DEFECTURIS proximi... Fénélon se sou-mit sans restriction St fans réser-ve- 11 fit un Mandement contreson livre, & annonça lui-mêmeen chaire sa condamnation. « H» en coûte , sans doute, de s’hu*» tuilier ( disoit il dans une Icti ;e» à l’évêque d’Arras ) ; mais J*» moindre résistance au saint si e "» ge coûteroitcent fois plus à mot*» cœur ». II suivit, en tout, I econseil qu’il avoit donné aux xny't'tiques dans l’Avertissement de s° stlivre, où il parle ainsi : « Q lieceux qui se font trompés pour I efond de la doctrine, ne se con-tentent pas de condamner l’ ef "reur, mais qu’ils avouent l a “voir crue ; cu’ils rendent g!°* reà Dieu ; qu’ils n’aient aucun®honte d’avoir erré, ce qui e _le partage naturel del’homn^’& qu’ils confessent humble»' 61 ’*leurs erreurs , puifqu’elles n®seront plusieurs e reurs,
qu’elles seronthumblementcon*
.. fessées ». Pour donner à se 11 ,diocèse un monument de son re ‘pentir, il fit faire , pour 1 ’eXp 0sition du St-Sacretnent, un Sol eíporté par deux Ánnt s , dont l’un f ol Tloit aux pieds divers livres héré"ques; fur l’un defquels étoit le t’ trdu sien. Après cette défaite,fut pour lui une efpece de tri 01 '’phe , il vécut dans son diocèsedigne archevêque, en hommelettres, en philosophe chrétien .^fut le pere de son peuple & le mdele de son clergé. La douceur ^ses mœurs , répandue dans fa e°versarion comme dans ses ecrn ’ ’le sit aimer 8c respecter, memdes ennemis de la France. Lede Mcrltbourough , dans la cserni
guerre de Louis XIV , P rlt