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goût de l’antiquité ; il entreprit levoyage de Rome pour íc perfec-tionner. De retour en France, ilse livra aux douceurs de l’étude ,tandis que la plupart des gens-de-lettres de Paris , furieux comme levulgaire , s’abandonncient à tousles emportements du fanatisme.Henri I y , étant enfin paisiblepossesseur de sa couronne, choisitle F ivre pour précepteur du princede Conií ; & après la mors de cegrand roi, la reine lui confia l’édu-cation de Louis Xlll. II mourut16 mois après , le j novembre1612 , à 69 ans. Quoique U Fêvreeût travaillé toute fa vie, il n’am-bitionnoit point le titre d’auteur,ou peut-être il craignoit les écueilsde cette profession. Ses Opusculesfurent publiés à Paris en 1614,in-4 0 , par le Begue. On y apperçoitun critique exact , fans être trophardi ; judicieux dans ses conjec-tures , & juste dans ses raisonne-ments. Son style est pur, net &concis. Si ses talents le firent esti-mer, son caractère ne le fit pasmoins aimer ; il étovt humain ,doux, communicatif. II vécut dansla retraite avec la politesse d'uncourtisan, 8c à la cour, avec lasimplicité d’un solitaire. Voye\ II.lENGLET, n" xvll deses ouvrages.
VII. FEVRE, (Tannegui le)né à Caen en 1615 , fe fit debonne heure un nom par ses succèsdans l’étude du Grec & du Latin.Le cardinal de Richelieu le gratifiad’une pension de aoco liv., pouravoir l’infpection fur les ouvragesimprimés au Louvre. Cet illustrerémunérateur des gens-de-lettresfe proposoit de le faire principald’un college, qu’il devoir érigerfous le nom de Richelieu. Sa mortravit ce nouveau bienfait aux sa-vants , & à le Fívre un protecteur.Tannegui fe voyant fans ressources,fe fit Protestant, 8c eut une classe
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d'humanités à Saumut> qui assurafa vie dans ce monde, mais nonpas son salut dans l’aurre. Plusphilosophe que Huguenot , ditFauteur du Siecle dc Louis XIV ,il méprisa ceux de sa secte, St vécutparmi eux. Soij mérite fut bientôtconnu. II avoit non - feulementl’art d’ôter les épines des études,mais encore le talent d’y répandredes agréments. On lui envoya desjeunes gens de toutes les provincesdu royaume & des pays étrangers.Les théologiens , les professeursmême se faisoient un plaisir St unhonneur d’assister à ses leçons. En1Í72 , il fe préparoit à quitterSaumur pour passer áHeidelberg,lorsqu’une fièvre continue l’em-porta le 12 septembre , à 57 ans-
I. e Fúvre étoit homme de plaisir, V-il n’épargnoit rien pour satisfaisses goûts. II se parfumoit ccnu fleun petit-maître. II lui manquoittà la vérité, cet air aisé du grandmonde ; mais il réparait ce défc utpar la délicatesse de á esprit. L cSfruits de fa plume font : I. E> esNotes fur Anacréon , Lucrèce , Vi r ~gile, Horace, Térence , Phèdre , l ct ‘gin, Aristophane, Elíen, ApollodC 1 1Eutrope , Aurelius , ViSor, V cn ) sd’Alexandrie, &c. Le Fêvre com-mente ces auteurs , non en pefanérudit, mais en homme qui c ° n 'noissoit toutes les délicatesses .langues , & qui en pofíédoit l'esp r1 ^
II. Deux volumes de Lettres , ï0 ySt i6<; , in-4°. III- Les ViesPoètes Grecs , enfrançois,
dont la meilleure édition est ce ,, gqu’en a donnée Rolland , à Inque^il a ajouté ses remarques. I.Poésies Grecques & Latines , a! í?.'des meilleurs siécles. Son P oe
A’Adonis, & ses Fables áelocVnnjr
peuvent être compares a
est
- ce que
1 antiquité nous a laíífé deexcellent. Le latin de lc ~Fèyr& est, poli, délicat, mais pas tour-