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" ‘‘f’ehiíir Hiante, mais que la piétédispense quelquefois d’avoirP°ur les malheureux, quand le de-'Voir , plutôt que le sentiment, laPorte à soulager l'infortune. Atantde vertus, Fléchier joignoit uneModestie noble. ï ils d’un fabricanten chandelles, & parvenu à l’éplf-co pat, il n’avoit ni la sottise de ca-clxer Vobscurité de sa naissance , nila vanné plus raíìnée de chercherdans cette obscurité même un titrede gloire. Un jour cependant il sor-tit á regret dc sa simplicité ordinai-re- Un gentilhomme trouvoit sortétrange qu’on l’eût tiré de la bouti-que de ses parents pour le placerfur le siège épiscopal, & il eut 1 i-feptie de lui cn laisser voir sa sur-prise. Avec cette ytnaniere de penjer ,lui répondit l’évêque de Nîmes , jecrains vue fi vous étíe\né ce que je fus ,vous n’cufiìei fait des chandelles. Onraconte aussi que le maréchal de laFeuillade lui ayant dit un jour :Avoues que votre pere fierait lien éton-né de vous voir ce que vous êtes ? —-INon , lui répondit Tléchier , car cen’est pas le fils de mon pere , c’est moiqu’on a fait évêque... Fléchies , quel-que temps avant de mourir, eutun songe, qui fut pour lui un pres-lentìment de sa fin prochaine. IIordonna fur ie champ à un sculp-teur de faire un destin très-modestede son tombeau ; car il craignoit quela teconnoiffance ou la vaniv: neMoulût élever à fa cendre un monu-ment trop remarquable. Le sculp-tfi ur fit deux dessins ; mais les ne-veux du prélat emnêcherentVartis-te deies lui présenter, cherchant à^carter, s’il étoìt possible, de i'espritde leur oncle, une idée affligeantePour eux , lì elle ne l’étoit pas pourUt. Fléchie r se plaignit de ce délai,j ont le sculpteur ne put lui cacherCau ' e - Ak«r neveux , lui répondit' f ont peut-être ce qu’ilsdoi -, mais faites ce que je vous ai de-
Tom. III.
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mandé. II examinales deux dessins,choisit celui qu’il devoir préférer ,le plus simple des deux, & dit ùì'artiíìe : Mette{ la main à Pauvre ,car le temps p r ejfe. 11 mourut en ef-fet peu de temps après, à Montpel-lier , le 16 février 1710 , à 78 ans »pleuré des Catholiques , regrettédes Protestants, & ayant toujoursété pour fes confrères un dignemodelé de charité , de simplicité Scd éloquence. Ce font les expressionsde M. d’ Alembert. Fléchier laissa plusde 2.2,000 écus aux pauvres. L'ab-bé du Jarry prononça son Oraisonfunèbre. L’académie Françoise s'é-tqit associé Fléchier après la mortde Godeau . C’est fur le modelé decette compagnie qu’il forma celledc Nîmes , dont il fut le Mentor 8çle pere. On a de lui : I. Des Œu-vres mêlées r in 12 , en vers & enprose. On a loué avec raison sesvers françois & latins ; les penséesen font délicates , les expressionsheureuses , les termes bien choisis,la cadence harmonieuse. II. L’édì-tion d'un ouvrage fort curieuxd ’Antoine Marie Gratiani, De caji-bus illustrium Virorum , in-4 0 , avecune préface en latin. Le style en estaussi pur qu’élégdnt. III. Des Pa-négyriques des Saints , mis au rangdes meilleurs ouvrages de ce genre»Paris 1690 , en i vol. in 4°, & en2 tom. in-12. IV. Un recueil d’O-raisons funèbres , en I vol. in-4 0 &in 12. II y a moins d’éiégance & cepureté de langage dans celles deBossuet -, mais on y trouve une élo-quence plus forte, plus mile, plusnerveuse. Le style de Fléchier estplu, coulant, plus arrondi, plusuniforme. Celui de Bossuet , moinségal, moins soutenu , est plus rem-pli de ces traits hsrdis, de ces figu-res vives & frappantes qui caracté-risent le génie. Fléchier est plusheureux que lui dans le choix &dans l’arrangement des mots ; mai»
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