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Tome III.
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II. FLEURY, (André-Herculede ) naquit à Lodeve le 22 juin1653 , & fut mené à Paris á l'âgede 6 ans. II fit ses humanités aucollege des Jésuites, 8c fa philo-sophie au college d’Harcourt : ilbrilla dans l’un 8c dans l’autre.Destiné à l’état ecclésiastique, ilfut d’abord chanoine de Montpel-lier & docteur de Sorbonne. In-troduit à la cour , il fut aumônierde la reine & ensuite du roi. Unefigure agréable, un esprit délicat,une conversation assaisonnée d’a-necdotes, une plaisanterie fine, luigagnèrent les coeurs des hommes& desfemmes. On sollicita vive-ment pour lui. louis XIV le nom-ma, en 1698, à l’évèché de Fré-jus, Je vous ai fait attendre Iontemps , kii dit ce prince , mais vousave\ tant d’amis, que f ai voulu avoirseul ce mérite auprès de vous, L’Evê-que de Fréjus étoit dans son dio-cèse , lorsque l’armée des alliés serépandit en Provence. I! plurauxgénéraux ennemis-, le duc de Sa-voie 8c le prince Eugcne lui accor-dèrent ce qu’il voulut. La contri-bution fut modique. La ville deFréjus n’éprouva aucun désordre,& la campagne des environs futépargnée. Louis XIV, près demourir , le nomma précepteur delouis XV, Successeur (les Boffuets& des Tendions dans Remploi im-portant de former les rois, il -Rat-tacha , comme eux , à cultiver l’es-prit 8c le cœur du jeune monar-que. Pendant les agitations de larégence, il fut conserver la bien-veillance du duc d'Orléans, parcequ’il ne cherchoit point à se fairevaloir, qu’il ne demandoit pointde grâces, 8c qu’il n’entroit dansaucune intrigue. Ce prince ayantremarqué le goût du jeune roi pourson précepteur , lui proposa l’ar-chevêché de Rheims, comme un6ége de la première distinction ;

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mais il refusa d'être premier due& pair de France, pour ne pass’éloígner d’auprès de son éle ve. En1726, il fut fait cardinal, & bien-tôt après , Louis XV le plaça à latête du ministère. II a voir alorsplus de 70 ans. Le fardeau du gou-vernement ne l’effraya point. Hs’étoit instruit en secret, pendantassez long-temps , de l’adminiftra*tion du royaume 8c de la politi-que étrangère ; 8c dès qu’il eutobtenu la première place , il mon-tra , jusqu’à près de 90 ans, unetête faine, libre, 8t capable d’affai-res. Depuis 1-726 jusqu’à 1740,tout prospéra. II commença & ter-mina glorieusement la guerre con-tre Charles VI, II obtint la Lor-raine pour la France. Cette guerrede 173 3 fut finie en 1736, par unepaix qui ne donna le calme à l’Eu-rope que pour quelques annees-Une nouvelle guerre, en 174°•vint troubler les derniers momentsdu cardinal de Fleury. II mourutà Issy, près de Paris , le 29vier 1743, dans fa 90 e année*avec la douleur de u'avoir vu »dans cette derniere guerre, <i uedes malheurs , Sc des malheurs q u . ele public lui reprochoit. H avoittoujours négligé la marine; le P eUqui restoit à la France des f° rcesmaritimes, fut détruit par les An-glois. L’économie qu’il mettoit dan*fa maison , il voulut, autant q ulétoit possible, l’introduirel’adminislration publique. 0 e^pour cette raison qu’il ne fit Pconstruire des vaisseaux. Sonractere tranquille lui fit p eumer, 8c même craindre, lesprits actifs & profonds; >*écarta trop des grandes P* ac ,.jII se défioit plus des hommes,ne cherchoit à lés connoitre. ^lévation ( dit un homme qui ^voit beaucoup connu ) manquà son caractère. Ce défaut te®

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