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a fe vertus, à la douceur , à l’é-Salité, à l’amour de l’ordre & de^ paix. II laissa tranquillement laFrance réparer ses pertes & s’en-richir par un commerce immense ,lans faire aucune innovation. “ II” gouverna (dit M. l’abbé Mil-” ), sinon en génie élevé qui
” exécute de grandes choses; du” moins en homme prudent qui« s’accommode aiix conjectures,
« qui préféré l’essentiel au fpé-" cieux, 8t qui regarde la tranquil-w lité publique comme le fonde-ment du bonheur». S’il accordaUne protection trop marquée auxfinanciers, s’il fit trop d’attentionaux querelles du Jansénisme , ondoit moins s’en prendre à lut, qu’àquelques personnes qui l’appro-choient. II n’étoit pas porté delui-même à faire de la peine ; iln’aimoit ni à troubler la tranquil-lité des autres , ni qu’on troublâtla sienne. B fut heureux, autantqu'un ministre peut l'être. II con-serva dans l’âge le plus avancé >
& dans les embarras des affaires,la sérénité & la gaieté de ses pre-mières années. Jamais ministre n’amoins coûté à l’état. II n’eut nile faste de Richelieu, ni l’aviditéde Malaria. Tout fou revenu u’al-loit pas à cent mille Uvres. II enemployoit la moitié à faire du bien«n secret, & l’autre étoit pourl’entretien d'une maison modiqueêc d’une table fans profusion. SonAmbition , plus adroite qu’impé-tueufe, née des circonstances plu-tot que du caractère , fut fe con-tenir dans les bornes les plus étroi-*es. Le cardinal de Fleury étoit de1 académie Françoise , honorairede celle des sciences & des belles-jettres-.ilnefitpas pourtant, pourles hommes à talents, tout ce qu’ilau roit pu faire. Son âge & sonle portoient à penser’ U n’y avoit plus en Fr an te
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d’homme de génie, & que quandmême il y en auroit, on pouvoits’en passer... Dans ta Vie du Maré-chal de Villars, écrite par luì-méme,le cardinal de F leur y est représentécomme une tête saine plutôt queforte ; comme un courtisan souple,sans énergie dans le caractère, fansattachement sincère pour l’état, &beaucoup plus propre à concilierdes cabales de cour, qu’à veiller furles intérêts politiques de la monar-chie. II raconte qu’un jour dans leconseil, le cardinal ayant dit queles ministres ne'devoient comptequ’au roi de leur conduite, il luîrépondit : Ils en doivent une plus sé-vère à Dieu & à leur propre gloire. Ceportrait, tracé par Villars, est unpeu différent de celui que nousavons fait de Fleury dans cet ar-ticle. Mais la rigueur qu’il a exer-cée contre ce ministre, prit vrai-semblablement fa source dans lerefus qu’jl fit d’employer les me-sures vigoureuses proposées pacle maréchal : mesures qui auroientreplongé la France dans uneguerre d’autant plus fâcheuse,que les finances étoient épuisées.Dans l’état de désordre où les pro-fusions de Louis XIV, & les opé-rations de la régence, avoient jetéles ressources du gouvernement& des particuliers, il fut heureuxque l’humeur pacifique de Fleurybalançât l’impétuosité belliqueusede Villars. Si le cardinal avoirété cru, il auroit aussi épargné àla France la guerre de 1741. IIdisoit que le roi ayant, par lespréliminaires de la paix signés le3 octobre 173 î, garanti l’exécu-tion de .la pragmatique sanction,qui affuroit à la reine de Hon-grie l’indivístbilité des états^ del’empereur, la France devoir êtrefidelle à ses engagements. Mais Ufut entraîné par les sollicitationsdu roi & de la reine d’Espagne,Ss iv