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|| 5° Terme de jurisprudence. Servitude,oommodité,service qu’un voisin retire d’un autre en vertu deconvention ou de prescription.
— REM. * Plusieurs personnes entendent par là,un air aisé et dégagé. Il y a pourtant des gens déli-cats qui ne peuvent souffrir ce mot, à cause dela signification qu’il a au pluriel , » bouhours ,Nouv. Rem. Heureusement cette puérilité n’a pasprévalu ; et aisance est resté dans le bon usage.
— HIST. xvi* s. Ils s’abstenoyent tant qu’il estoitpossible de tout ce qui appartenoit à l’aisance etsoulagement du corps, Calvin , Instit. -KH3. Cetteaysance que les bons esprits ont de rendre ce qu’ilsveulent vraysemblable, mont, n, 329. L’aysancequ’il a trouvé à desgosiller un passant, id. i, 402.Si aucun a jardin ou terre labourable, estable,cheminée ou aisances contre un mur metoien, il ydoit faire contre mur, loysel, 29t. Il avoit à fairebien long chemin sans trouver aisance d’eau quel-conque, amyot, Pomp. 63. Et estoit une belle assiettepour loger un camp à seureté, ayant commoditéet aisance de toutes choses, id. Marius, 38.
_ étym. Aise. On trouve dans les contrats de
vente de la fin du XV e s. : Maison, court, puits,lieux, aisances et appartenances, ainsi qu’elle secomporte. De là, selon M. Léon de Laborde , lieuxd’aisance (par abus).
f AISCEAU (è-sô), s. m. Terme de tonnellerie.Instrument recourbé qui sert à polir le bois.
AISE (ê-z’), j. f. || 1° Sentiment de bien-être et decontentement. Ils avaient toute l’aise que la situationcomportait. L’aise est vive et peut se manifester pardes mouvements du corps. Tressaillir d’aise. SaintJean l’entend et il saute d’aise, boss. n, Visit. \ .Ce pê-cheur d’aise tout transporté, corn. D. Sanc.Y, 8. Vousle pardonnerez à l’aise de vous voir, id. le Ment, i, 6.L’aise de voir la terre à son pouvoir soumise , id.Pomp. ni, t. Ne dois-je point encore en témoignerde Taise ?id. Médée, I, 6. En Taise de la victoireRien n’est si doux que la gloire, malh. u, 2. Aime....maintenant Taise de nos yeux, id.ii, 8. Sans jamaisen son aise un mal-aise éprouver, id. i, 4. Prince,Taise et l’amour des âmes et des yeux, racan, Son-net. || 2° État commode et agréable, liberté. Il est àson aise partout, comme s’il était chez lui. J’étais làbien à mon aise pour mentir, chateaub. J tin. 209.Je me trouve fort à mon aise toute seule, sév. 222 .11 est bien à son aise quand il est avec elle, id. 680 .Que j’en ai de vous voir belle et bien à votre aise,Régnier , Sat. xiii. Voilà les ecclésiastiques bien à leuraise, pasc. Prov. 6. || A votre aise, elliptiquement,à votre commodité, quand vous voudrez. || Êtremal à son aise, être indisposé. J’étais mal à mon aise,sâv. 359. Quand l’enfant pleure,il est mal à son aise,j. i. rouss. Ém. i. || Etre- mal à son aise , êtreembarrassé. Devant lui il était mal à son aise.|| 3° Mettre quelqu’un à son aise, l’encourager, dis-siper sa timidité. Le prêtre l’écoutait, le mettait àson aise, J. i. rouss. Em. iv. || Se mettre à son aise,pousser la familiarité jusqu’à l’oubli des convenan-ces. Il se met à son aise partout, et nulle considéra-tion ne le gêne. || 4° Familièrement. N’en prendrequ’à son aise, travailler en son temps, ne faire quece qui plaît. || 6“ En parler à son aise, discourir desang-froid des choses au succès desquelles on n’estpas intéressé. Vous en parlez bien à votre aise, pasc.Prov. 2 . Vous en parlez bien à Taise, mol. Fem. suc.H, 9. À. votre aise vousen parlez, id. Prol. Amph. Cemissionnaire fait son métier, il en parle bien à sonaise, fléch. Serm. a, 208 . Elle lui dit qu’il en parlaitfort à son aise, hamilt. Gramm. 10 . || 6° Être, vi-
vre à son aise , être dans une situation de fortunemodeste, mais heureuse. Des louanges toutes pu-res ne mettent pas un homme à son aise , mol. leBourg. G. i, t. On ne vaut et Ton n’est heureux qu’au -tant qu’on se voit à son aise et bien pourvu,bourd. Exhort. t.l, p. 465. L’argent est rare, c’estpour cela que les paysans sont à leur aise, J. J.rouss. Hél. i, 23. Celui qui travaille est aussi à sonaise que celui qui a cent écus de revenu sans tra-vailler, montesq. Esp. xxm, 29 . Voilà un hommebien iiche, bien à son aise, sév. 608. Ceux qui sontmal à leur aise, pasc. Prov. 8. || Il n’est malade quede trop d’aise, se dit d’un homme riche qui a defréquentes incommodités. || 7° Paix et aise, dou-'■ement, commodément. Il n’a pas un grand bien,mais il vit chez lui paix et aise (vieux dans cetteconstruction). Je ne demande que paix et aise.|| 8° S. f. plur. Les commodités de la vie. Dieu secontente de vous priver d’une partie de vos aises,fléch. Serm. n, 203. Les petites règles qu’il s’estfaites et qui tendent toutes aux aises de sa per-sonne, la bruy. u, 45. Elle nous prive du com-
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mode, c’est-à-dire des aises de la vie qui, quoi-1que absolument permises, ne laissent pas de fo-menter la rébellion de la chair, bourd. Carême,t. i, p. 86. || 9° X Taise, loc. adv. Commodément,librement. Qu’on est assis à Taise aux sermons deCottin, boil. Sat. ix. Celui qui n’a de partage avecses frères que pour vivre à Taise bon patricien, veutêtre officier, la bruy. 6. || Mettre à Taise , don-ner de l’espace. Les spectateurs étaient fort ser-rés; on les mit à l’aise avec des bancs qu’on ap-porta. || Fig. L’expédient pour rendre intelligible unauteur si concis et étroitement enveloppé dans sonstyle , c’est de mettre ses pensées plus à Taise dansune juste étendue de discours. || X son bel aise,loc. adv. X son aise. X son bel aise aura lieu de s’ins-truire, la font. Maset. La Fontaine a fait ici aisedu masculin ; aise en effet a été longtemps d’ungenre indécis; mais aujourd’hui il est fixé au fé-minin ; et il ne faudrait pas employer cette locutionde La Fontaine.
— UEM. Locution vicieuse : On ne peut pas avoirtous ses aises; dites : on ne peut pas avoir toutes sesaises.
— SYN. aises, commodités. Les aises disent quel-que chose de voluptueui et qui tient de la mollesse.Les commodités expriment quelque chose qui faci-lite les opérations ou la satisfaction des besoins, etqui tient de l’opulence. Les gens délicats et valétu-dinaires aiment leurs aises. Les personnes de goût,et qui s’occupent, recherchent leurs commodités,GUIZOT .
— HIST. xn* s. Car qui a à la gloire celestial par-tirai covient estre el cors à les eises fuir, Ensi cumsainz Polz dict.... Th. le Mort. 79. Jamais [nous]n’aurons tel aise [facilité] de nos hontes vengier,Sait. vi. || xia* s. Lors furent li nostre moût à aiseet moût riche, villeh. cxxxii. || xv 1 s. L’aise quej’ay, dire je ne sauroye, ch. d’orl. Bal. 38. En cemortel monde ne faut y prendre ses aises ni consti-tuersa fin, al. chart. Consolation des trois vertus.Et ainsi qu’ils venoient [les Écossais], ils se logeoientà l’usage de leur pays, et n’avoient pas tous leursaises, froiss. u, u, 236. C’est un mol chevalier quine veut autre chose que ses aises, de boire et demanger et de aloer le sien follement, id. ii, in, 12 .Je le remercie grandement des beaux presens qu’ilm’a présentés ; mais ce n’est mie Taise ni la paix duroi d’Angleterre, monseigneur, que je les retienne,id, J, I, 300. Pour avoir Taise de eux et de leurschevaux, m. n, n, 3. Le roy d’Angleterre lequel ay-moit fort ses aises et ses plaisirs, comm. iv, 3 . Etprièrent ledit Anthoinequ’il se parteist de leur escotet les laissast à leur privé et faire leur aise, du cange ,aisamenla. |] xvi' s. Ne pleurons plus si ce n’estde grand’aise, Puis qu’envers nous Tire de Dieu s’ap-paise, Tant nous aymant, que de mortel mesaise Tirele roy, marot, u , 272. Et de ma part, tant pourvostre aise que pour la nostre, il vous en prie autantque luy est possible, marg. Lett. I. Je sens vostre aisetel pour avoir Mme la Mareschale avecques vous, qu’ilne vous souvient de vos amys, id. ib. 2 . Là, assis ànos aises, chacun dira quelque histoire, marg. Nouv.Préface. Vous en parlez bien à votre aise ; mais....id. Nouv. 18. Elle vequit longtemps, par sa finessefort à son aise ; — c’est un aise bien malheureux, ditOisille, quand il est fondé sur le péché, id. ib. xxxix.Se mettre à son ayse, mont, i, 8. L’ame doibt faireluire jusques au dehors son repos et son aise, id. i,176. Les soeurs de Pernette estoient jalouses de sonaise, et de ce qu’elle marchait la première, desper.Contes, cxxix. Puis l’ayant prié de prendre son aise[de s’asseoir], commencèrent à deviser de diverseschoses, yver, p. 638. Le reste de l’armée eut toutloisir de marcheràson aise jusques là, amyot, Fab.17. Ceste nouvelle joye survenue par dessus Taise dela victoire.... id. Marius, 38.
— ÉTYM . Bressan, éso; franc-comtois, ase; bour-guign. ose; wallon, dha; namurois , auje; provenç.ais; anc. ital. asio; ital. mod. agio; anc. catal. aise;portug . aso ; angl. ease; anglo-sax. ddhe, eadhe,facile; vieux sax. ôdhi, ôthi, facile; gaél. dthais,ad-hais, aise; corn, aisia, mettre à Taise ; bas-bret. éas,es, aisé. Mot d’origine incertaine. On Ta rattaché augothique asêts, aisé. Quant au basque, aisia,aisina,il paraît venir du provençal et non en être l’origine.En somme,il y a dans l’allemand et dans le celtiqueune racine adh, as, ais, qui est sans doute la sourcedu mot roman.
AISE (ê-z’), adj. || 1° Qui a de Taise, qui est con-tent. Combien il sera aise, en apprenant cette nou-velle ! Je suis aise que vous ayez réussi. Cela me rendfort aise. On peut juger si Camille était aise, la font.Court. Elle était aise de parler à quelqu’un, sév. J 2 .
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Elle ne pouvait rien promettre qui me fit si aise,voit. Let. 66. Ce que vous me dites me fait aise, mol.Fest. n, 2 . Votre lettre me trouvera bien sain etme fera bien aise, p. l. cour. Lett. i, 27. Elle ensort plus aise de s’être acquittée d’un devoir oné-reux où elle n’a trouvé rien de plus consolant que leplaisir ue le voir finir, mass. Car. Chute, Tiédeur.Cette joie d’un père toujours aise de voir ses enfants,id. Conf. Zèle pour les âmes. Aussi aise d’être em-ployé aux ministères les plus obscurs qu’aux pluséclatants, id. Conf. Vices. Je suis bien aise d’appren-dre cela, mol. Scapin, h, 6. Je suis bien aise decette rencontre, id. Mar. f. 2 . J’ai voulu vous parleren secret d’une affaire, Et suis bien aise ici qu’aucunne nouséclaire, id. Tart. m, 3. Mais vous seriez pourlui fort aise d’obéir, corn. Agésil. n, 7. Je serai fortaise de vousdépeinure ce pays,FËN. Tél. vin. Vous se-rez bien aise de recevoir Nestor, id. ib. xxi. On futaise de le visiter, avant que la cour y vienne , sév.295.|| Je suis aise que, veut le subjonctif: 11 estbien aise que vous lui ayez écrit.
—SYN. aise, content.O n donne aussi ravi commesynonyme; mais ravi est un terme d’une bien plusgrande énergie et sur lequel personne ne peut setromper. Aise et content expriment tous deux un étatqui affecte l’âme agréablement ; mais on aura uneidée de la nuance qui les sépare en comparant cesdeux exemples : Je suis content de mon sort; je suisaise de mon sort ; le premier signifie que mon sortme satisfait et que je ne désire rien de plus; le secondsignifie que mon sort me cause un sentiment debien-être qui dépasse le contentement Là est ladistinction entre les deux termes, qui se manifesteaussi dans cette phrase : Je suis aise que vous soyezcontent de moi.
— HIST. xm* s. Or est ele moût aise , mais tostsera dolente, Berte, x. Je ne sui pas si aise com lepoisson qui noe [nage], ib. xxxm. Et mais [elle] nesera aise de ci qu’aura seü Se c’est Berte sa fille, ib.cxxiii. Je vous di que soiés tout aese, que vostre es-tât plet miex à nostre seigneur en ce cas que ne faitle mien, joinv. 4 98. J| xv* s. Comment ils pourraientfaire pont pour passer cette riviere et les crolieres[fondrières] plus aise et plus seurement, froiss. i,i, 133. Et la tint toute aise selon son estât [le sired’Aubrecicourt qui reçut la reine Isabelle], id. i, i,i 2 . Et si en mourray plus aise [si vous accomplissezmon vœu], id. i, i, 47. Un souper est tantost passé,vous serez demain plus aise [mieux traité], louisxi , Nouv. xcix. || xvi' s. Des tristes tristeur des-tournoit, Et l’homme aise en aise tenoit, marot, m,232. La bonne comtesse a esté très-aise de veoir quele roy se porte bien, marg. Lett. 38. Je suis bien aiseque vous estes de mon opinion, id. Nouv. lxx. Au-guste fut bien ayse d’avoir trouvé un.... mont, i, 129.Ceuxlif sont pleins et ayses [riches] qui peuvent nonpas seulement entretenir leur maison, mais encoresla combler de reserves, la boètie, i 99. Les uns bienaises de son malheur, amyot, Timol. 20 .
— ÉTYM . Provenç. ais (voy. aise, s. f.).
AISÉ, ÉE (è-zé, zée), adj. || 1° Qui se fait ou quiest sans peine. Tout deviendra aisé. 11 est aisé deprouver. Il était aisé à la reine de faire sentir unegrandeur qui lui était naturelle, boss. Reine d’Angl .Il était encore plus aisé au roi de lever des soldatsque de les armer, in.tb. Ce beau feu dont pour vousce cœur est embrasé, Trouvera tout possible et l’im-possible aisé, rotr. Vencesl. v, 2 . Il n’est pas bienaisé de m’obtenir de moi, corn. Rodog. m, 4. Quevous êtes heureuse ! et qu’un peu de soupirs Fait unaisé remède à tous vos déplaisirs ! id. Poly. n, 2 .Sans doute il est aisé de s’en laisser troubler, volt.Zaïre , iv, 7. Il est aisé de juger à quels mouvementset à quelles contentions tout cela engage, bourd.Pensées , t. i, p. 269. De grands pécheurs ouvrentles yeux, écoutent les remontrances qu’on leur fait,reviennent de leurs égarements ; et plus même ilssont grands pécheurs, plus il est quelquefois aisé deles émouvoir, id. ib.p. 208 . Sous ce terme nous com-prenons tout ce qu’il y a dans le monde qui peutéblouir les yeux, charmer les sens, piquer la curio-sité, nourrir l’amour-propre, rendre la vie aisée,commode, agréable, molle et délicieuse, id. ib. p. 224.Votre profession et tous les engagements, bienloin d’être encore pour vous un fardeau aussi pe-sant qu’ils Tétaient ou qu’ils vous le semblaient, vousdeviendront aisés , et vous porterez le joug du Sei-gneur avec une sainte allégresse, id. ib. t. n, p. 396.Il y a des places, des rangs, des professions, où laréputation est beaucoup plus précieuse, plus délicate,plus aisée à blesser que dans les autres, id. ib. t. m,p. 164. Gloire aisée, rac. Phèd. a, t. Vous aveztrouvé toutes choses si aisées qu’elles se pouvaient