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quasi faire d’elles-mêmes, balz. £t». iv, lett. 1*.|| Cela est aisé à dire, se dit quand quelqu’undonne un conseil difficile à pratiquer et qu’il n’est pasobligé de suivre. || 2° Où l’on est à l’aise. Routeaisée. Une voiture aisée. Un habit aisé. Des souliersaisés, larges. || 3“ Fig. Libre, dégagé. Une tailleaisée. Un air aisé. Mouvements aisés. || 4° En termesde peinture, pinceau aisé, celui dont la touche estfranche, libre, facile. En gravure, pointe aisée, cellequi est nette etcoulante. || 5° Peu sévère, relâché. Unedévotion aisée. Une morale aisée. || 6° Facile, agréa-ble. Des vers naturels et aisés. Manières aisées. Oh!que j’aime bien mieux cet auteur plein d’adresse Qui,sansfaire d’abord de si hautes promesses, Médit d’unton aisé, doux, simple, harmonieux.... boil. A.P.m.]| 7° Qui jouit de quelque fortune. C’est un hommeaisé. Cette famille est aisée. || 8° Familièrement. Cethomme n’est pas aisé, il est d’une humeur, d’uncaractère difficile. || Cet homme est aisé à vivre,il est d’un commerce facile et doux. Les conditionsles plus aisées à vivre selon le monde sont les plusdifficiles à vivre selon Dieu , pasc. P .jés. 19. || 9°S.m.plur. Les gens â leur aise, qui ont quelque fortune.La taxe des aisés. Le rôle des aisés. Vieux en cesens. || Aisé suit d’habitude son substantif.
— REM. Il est aisé (impersonnel) prend de avecl’infinitif : Il est aisé de voir. Cependant, au tempsde Descartes , cela n’était pas constant : Il est aisé àremarquer que cette altération estsentie, desc. Pass.i, 33. Mais aisé prend à devant un infinitif dans lesautres cas, c’est-à-dire quand il n’est pas employé im-personnellement : Cela est aisé à faire ; homme aiséà vivre. Mme de Sévigné a dit aisé à, dans le sensde qui se laisse aller : Si j’étais aussi aisée à suc-comber à l’envie de vous entendre.... 402.
— s YN. aisé , facile. Ils marquent ce qui ne coûtepas de peine. En ce sens ils sont à peu près syno-nymes, et il est difficile d’y saisir une nuance, mal-gré les efforts des auteurs pour en signaler. Une dé-monstration aisée, ou une démonstration facile ; celaest aisé à apprendre, ou cela est facile à apprendre,ne présentent pas de distinction bien sensible. Maisles distinctions deviennent manifestes dans les em-plois dérivés : un habit est aisé , et non facile ; lecœur, le caractère, un homme, sont faciles, c’est-à-dire qu’ils inclinent à des actes d’indulgence etde bonté, et non aisés. Mais on dit également facileà vivre, et aisé à vivre.Une chese est aisée à croire,c’est-à-dire à être crue.; mais une personne est facileà croire, c’est-à-dire qu’elle croit facilement.
— HIST. xnr s. De quoi je sui certein que se ileussent esté en leur cloistre , il ne fussent pas si ai-sié comme il sont avec le roy, joinv. 288. L’un despoins de la loy Haali est que quant un homme se faittuer pour faire le commandement son seigneur, quel’ame de li en va en plus aisié cors qu’elle n’estoitdevant, id. 260 . || xvi” s. Et s’il te plaist, menu lesbriseras , Aussi aisé comme un vaisseau de terre,marot, iv, 228 . Au demeurant vous m’avez laisséeen une compaignie tant aisée à vivre, quejen’ayencores ouy une seule parole que une seur ne deustdire à l’autre, mars. Lett. xcvin. Enfin, Cinna, jet’ai rendu accommodé et si aysé [à son aise, ri-che] que.... MONT, i, 129. Us sont plus aysez àconcevoir qu’un conte de Boccace , m. i, t 80 . A me-sure qu’elle se treuve plus molle, U est plus aisé à yempreindre quelque chose , id. i, 199. Je suis bienaysé que les tesmoings nous sont plus à main oùnous en avons plus affaire, id. i, 309. J’avais prinsun cheval bien aysé, id. i, 62 . Un mesme pas decheval me semble tantost rude, tantost aysé, id. n,324. Ceulx qui estaient plus aysez desfrayoient lesplus nécessiteux, id. i, 175. L’aysé et le malaysé luisont un, id. n, 161 . Sa voix estait doulce, sa languediserte et sa parole aisée, amyot , Péric. 11. Il n’estpas aisé de dire quelle raison l’en détourna, id. Fab.34. Entendement aisé [vif, pénétrant], id. Marcel.27. Son pere luy faillit en l’aage de sept ans , et lelaissa assez aisé, car son bien ne valoit gueres moinsde quinze talents, id. Démosth. 6. Quant à Marius,qui estait pesant et mal aisé de sa personne, amyot ,Marius, 67.
— ÉTYM . Participe de l’anc. franc, aiser, aisier,faciliter; picard, aisié ; provenç. aisado ; angl. easy(voy. aise).
AISEMENT (ê-ze-man), s. m. Commodité. À sonpoint et aisément, à ses bons points et aisements, àson aise, à son loisir. || Vieux.
— hist. xni e s. Si ferai je certainement, Se j’enpuis avoir l’aisement, la Rose, 21638. Je ne dis pasqu’en doigne [donne] quan qu’en a requesté, Maisselon l’aisement que Diex t’ara presté, j. de meung,Test. 370. Aisemens d’hostel,c’est assavoir vaissel où
on met vin et tout aisément d’or et d’argent, ducange, aisamenta. Une place où ils pourront édifierà lor aisément une mareschaussée, id. ib. Entre lesautres cozes que noz avons dites des aisements com-muns que cascuns doit avoir es quemins por aler etpor venir pesivlement, beaum. xxv, 26 . || xiv" s. Leprisonnier demanda pour Dieu au dit sergent qu’il ledefferrast, pour aller faire son aisément [ses besoins],du cange , ib. Louis fit fuir le dit sergent tout au horsde son lit, le poursuivit jusques à uns aisemens oùil s’estoit retrait, id. ib. || xv e s. Vousveez tous lesaisements de céans; veez là mon lit, et là sus gis-sent mes enfans, froiss. n, n, 157. La tierce batailleeut le roi pour son corps, et grand foison,selon bai-sement où il estait, de bons chevaliers et escuiers,id. i, i, 284. Le deable, qui onques ne dort, res-veilla ceux de Bruges à faire fossés pour avoir l’ai-sement de la riviere du Lis, id. n, u, 62 . || xvi”s.Heureuse fut d’honneur et d’aisement La chere es-pouse à un roy tant heureux, J. mar. v, 88.
— ÉTYM . Ane. franç. aisier, rendre facile (voy.aisé).
AISÉMENT (è-zé-man), adv. || 1° Sans peine.Celui qui a l’habitude de mentir se parjure aisément.On n’aime point à passer pour une personne que l’onpuisse aisément attaquer et qui ne sache pas se défen-dre, bourd. Exhort. 1. 1 , p. 499. Ne me demandez pasd’où vient qu’ils résistent si rarement à la tentation,qu’ils y succombent si aisément, qu’ils se relèvent sidifficilement, id. Carême, 1. 1 , p. 232. Obsédées detant d’adorateurs qui les flattent.... et qui leur ten-dent des pièges, à quoi elles ne se laissent prendre quetrop aisément, id. ib. p. 239. Mais qu’aisément l’a-mour croit tout ce qu’il souhaite ! rac. Baj. i, 4. Votrecœur aisément se montre magnanime, id. Iphig. i,3. S’il est prêt à partir, il peut en ce moment Enle-ver avec lui son otage aisément, corn. Nicom. v, 6.Je doute que le flot des vulgaires humains  cediscours pourtant donne aisément les mains, boil.Sat. n. Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement,Et les mots pour le dire arrivent aisément, m. A. P. i.Si nous ne savions qu’il est le fils d’un mortel, on leprendrait aisément pour Bacchus , pour Mercure ,ou même pour le grand Apollon , fén. Tèl. vu.|| 2° Commodément. Ce cheval va, galope aisément.Le discours marche plus aisément.
— SYN. aisément, à l’aise. L’emploi en est biendistinct. Aisément répond à facilement, et à l’aise àcommodément. Où l’on marche aisément, on mar-che sans difficulté; où l’on marche à l’aise, on mar-che sans embarras ni gêne.
— HIST. xiv e s. Plus aisiéement, Ménagier,n,s .
|| xv” s. Entrementes fut le pont refait, bon etfort pour passer son ost aisément et sans péril,froiss. i,l, 273. || xvi” s. Aiséement, amyot , Phi-lop. 11.
— ÉTYM . Aisée et ment. L’adverbe régulier est,comme dans Amyot, aiséement, d’où par contractionaisément. Aisément de Froissard est l’adverbe deaise.
j- AISSADE (è-sa-d’) , s. f. Terme d’agriculture.Sorte de pioche en fer pointue.
f AISSANTE (è-san-t’), s. f. Technologie. Bout deplanche mince qui sert à faire une couverture detoit.
t AISSAUGUE, ASSAUGUE ouESSAÜGUE (è-SÔ-gh’, a-sô-gh’) ,s.m. Terme de pêche. Filet formé dedeux ailes ou bras, avec une manche placée au milieu.
f AISSEAU (è-sô ), s. m. Petit ais ou planche très-mince, qui sert à couvrir comme la tuile.
AISSELLE (è-sè-1’), s. f. || 1° Cavité qui se trouveau-dessous de la jonction du bras avec l’épaule. Auprintemps, on les [les vers à soie] arrose de vin etd’eau tiède : ils sont couvés sous les aisselles des fem-mes, fén. xix, 470. || 2“ Terme de jardinage. Inté-rieur de l’angle formé par une feuille avec un ra-meau, par un rameau avec une branche, par unebranche avecunetige. || 3” Terme de marine. Aissellesd’une ancre, angles formés par la verge et les bras del’ancre. || 4” En architecture, partie de la voûte d’unfour, depuis la naissance de cette voûte jusqu’à lamoitié de sa hauteur.
— hist. ttit » s. Le roy sailli en la mer, dont il fuen yaue jusques aus esseles, joinv. 216. Et il mistle glaive dessous s’essele et l’escu devant li, et eustcouru sus aus Sarrazins, se ses preudeshomes lieussent souffert, m. t'6. ||xV” s. Messire Tresilienfutdélivré au bourrel.... et puis pendu au gibet du roipar les aisselles. Ainsi fina messire Robert Tresilien,froiss. H, m, 76. Boutant son sac soubz sonesselle,
Il vint racompter la nouvelle A ses compaignons, etcomment II falloitfaire sagement, villon, 2 ” Repuefr. || m” s. Avoir l’eseille surette et les pieds fu-
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mants, d’aub. Fœn. iv, 7. La puanteur des aiscellesvient.... paré, xvi, 39.
— ÉTYM . Provenç. aissela; catal. ascella; ital. as-cela; du latin milia. Allem. Aihsel; suéd . axel;anc. haut ail. ahsala;ga.ê\.achlais,asgall, aslaich,bras, aisselle, sein.
AISSIEU (è-sieu), s. m. Voy. essieu.
t AISSON (è-son), s. m. Terme de marine. Petiteancre à quatre bras.
AITIOLOGIE (é-ti-o-lo-jie), s. f. Voy. étiologie .
t AJOINTER(a-join-té), v. «.Technologie. Joindredes tuyaux bout à bout; joindre deux planches en-semble.
AJONC (a-jon), s. m. Arbuste fort épineux, àfleurs légumineuses, dit aussi genêt épineux.
— hist. xiii” s. Autres terres qui sont appeléesadjoubs, du cange, adjotum. Pour la moitié d’unadjoub, séant vers le bois de Arcies, id. ib. || xiv” s.Pour ce que le dit Pierre Sarre, sans congié ou con-sentement du dit chevalier, en icelle terre ou fief,avoit cueilli et emblé certains biens et choses dudit chevalier appelez ajoous selon le langage dupays [diocèse de Luçon].... ajous sont défendus decueillir et prendre sanz licence de celui à qui il ap-partient ; et yceulx ajous avoit mis sur une jument
et sur une mule_m. ib. En laquelle terre avoit
ajoous, is. ib. || xvi” s. Ajous, furze, sorte de genêt,cotgr. Dict. gall. angl.
— ÉTYM . Berry, aujon, ajon, ajonsi; bas-lat.adjotum, ajoudum. Les formes de l’ancien français et du bas-lalin ne permettent pas de rattacher cemot h jonc. Un adjoub, adjotum, est une terreplantée d’ajoncs. Faudrait-il y voir la préposition àet une forme altérée de genista? Il y a, dans l’an-cien français , jaam, avec une signification très-ana-logue : De hous et de jaam sauvage, Vie du bien-heureux Thomas.
j-AJOUPA (a-jou-pa), s. m. Espèce de hutte portéesur des pieux et qu’on recouvre promptement defeuilles et de ramée. Je te ferai avec les feuilles[d’un palmiste] un ajoupa pour te mettre à l’abri,bern. de st. p. Paul et Virg. p. 72. La pureté del’air et la douceur du climat nous permettaient dedormir sous un ajoupa au milieu des bois, id. ib.p. 107.
f AJOUBÉ, ÉE (a-jou-ré, rée), adj. Terme de bla-son. H se dit de pièces percées à jour.
AJOURNÉ, ËE (a-jour-né, née), part. pasi.|| 1” Ajourné à comparaître. || 2” Différé. Nos pro-jets sont ajournés.
AJOURNEMENT (a-jour-ne-man) ,s. m. || 1” Termede pratique. Assignation, sommation de comparaîtreen justice à un jour désigné. Exploit d’ajourne-ment. Être décrété d’ajournement. Dès le lende-main de la représentation il reçut un ajournementpersonnel, balz. Le prince, ch. xxv. || 2” Remised’une affaire. Il y a ajournement à quinzaine.
|| 3" En général, retard. Ajournement d’une dé-cision.
— HIST. xm” s. Sire, sauve vostre grâce, je n’en-ten que je tel ajornement deie acuillir, corne vozme faites, Ass. de J. 81 . ||xiv” s. Illec se reposa jus-qu’à l’adjornement [retour du jour], Guescl. 1368|t xv” s. Aucuns preux chevaliers et bacheliers d’E-cosse chevauchèrent à la fois, et par vesprées, etpar adjoumemens, reveiller l’ost aux Anglois,froiss. I, i, 68. Droit à un ajournement et unpetit devant soleil levant arrivèrent à Mortaigne,id. i, i, 79. || xv* s. Tous ajournemens doivent estrefaits à personne ou domicile, loysel, «»i.
— ÉTYM . Provenç. ajornament Voy. ajourner.AJOURNER (a-jour-né), ». a. || i" Assigner quel-qu’un en justice à un jour marqué. || 2° Renvoyerune affaire à un autre jour. Ajourner une affaire,une délibération. || 3° Remettre à un temps indéter-miné. Ajourner un projet, un travail, une dé-pense. Ajourner la guerre. Trop de sécurité fitajourner les précautions.
— HIST. xi” s. Corn pesmes [très-mauvais] jurznous est hoi ajurnez [s’est levé pour nous] ! Ch. deRoi. CLXvm. || xii” s. Quant li rois vit le matin ajor-ner, Ronc. p. 157. Tute la nuit erreient entresqu’àl’ajurner; E le jur se muçowent d’ici qu’àl’aves-prer,Od muines,od noneins, en bois, pur els celer,Th. le Mort. 49. || xiii” s. Lors commença àajorner, et li os [ost] commença à armer toutcommunalment, villeh. lxxxv. Devant l’aubeaparant, ains qu’il fust ajourné.... Berte, xv.Me sire li rois vous semont et ajourne à Paris , sacité, d’ui en quarante jours, Chr. de Rains, p. 132.Et estait ainsi establi que, se nus des ouvriers desmestiers dessins diz fussent adjourné devant le dit