O
de cordonnerie. Cuir cousu à l’empeigne d’un sou-lier.
fALEUROMANCIE (a-leu-ro-man-sie), s. f. Termed’antiquité grecque . Divination qui se pratiquait aumoyen de la farine de froment.
— ÉTYM . ’AXevpov, farine, et pavcria, divina-tion.
f A LEVIER (a-le-vié), s. m. Voy. alevinier.
ALEVIN (a-le-vin), s. m. Menu poisson qui sertà peupler les étangs.
— Êtym. On écrivait aussi alvin et alvain. Mé-nage fait venir ce mot du latin albamen, qui signi-fie la partie blanche d’une chose, et qui vient de al-bus, blanc. Suivant lui, on appelle le menu poissonemployé à peupler les étangs, alevin, par la mêmeraison qui fait qu’on nomme poissons blancs unecertaine catégorie de poissons. Mais, cette étymolo-gie ne rendant pas compte de Te du mot alevin, ilfaut chercher ailleurs. Du Cange a alevamum,plant, pépinière, allevamentum, même significa-tion, allevaticius, enfant trouvé; l’italien , allevare,nourrir, élever;l’ancien français , alever pour élever,(comme dans ce vers de Berte, cxv : Depuis l’avonscéans norrie et alevée) ; alevée, plant nouveau; aile-vin et aillevan, enfant trouvé. Il résulte du rap-prochement de ces mots que dans la basse latinité,dans le vieux français et dans l’italien moderne onemploie alever dans le sens de élever, nourrir. Dèslors, rien de plus naturel que de rattacher à ces motsalevin, qui signifie pour le poisson ce qu’on appelleélève pour les bestiaux. Au reste on peut citer, enconfirmation, le mot nourrain, venant évidemmentde nourrir, et qui signifie, comme alevin, le menupoisson destiné à peupler un étang. Quant à alever,synonyme de élever, il indique comme lui, porterà un point plus élevé, et de là faire croître, gran-dir; il vient du latin allevare, élever, de ad, vers(voy. X), et de levare, lever, lever vers soi (voy. le-ver). Alevin dérive régulièrement de la forme nonlatine allevamen, et serait mieux écrit alevain,comme airain de æramen ; mais aleviner, mainte-nant consacré, s’oppose à ce qu’on prenne cette or-thographe.
ALEVINAGE (a-le-vi-na-j’), s. m. || 1° Art de con-server et de propager l’alevin. || 2“ Il se dit aussid’un petit poisson que les pêcheurs rejettent dansl’eau.
ALEVIN®, ÉE (a-le-vi-né, née), part, passé.Étang aleviné.
ALEVINER (a-le-vi-né), v. a. Jeter de l’alevindans un étang pour le peupler.
t ALEVINIER (a-le-vi-nié), t. m. Petit étang oùTon élève de l’alevin.
ALEXANDRIN (a-lè-ksan-drin). || 1° Adj.m. Il sedit du vers français de douze syllabes. Les versalexandrins sont aussi appelés vers héroïques.
|| 2" S. m. Quel trait d’orgueil! dira la calomnie :Ferait-on plus pour des alexandrins? béiiang.In-Octavo .
— hist. xvi* s. Encores que les vers alexandrinsrespondent plus aux senaires des tragiques qu’auxmagnanimes vers d’Homere et de Virgile , rons.581.
— ÉTYM . On ne sait pas au juste d’où vient cettedénomination. « Quelques-uns ont cru, dit Ménage,que c’est parce qu’Alexandre Paris,vieux poète fran-çais , s’est servi particulièrement de ce genre devers;et les autres.à cause que Lambert li cors, c’est-à-direle court, Alexandre Paris, Pierre de St-Cloct et Jeanli Nivelois s’en servirent en écrivant la vie d’A-lexandre le Grand . » Quoi qu’il en soit, ce motvient d’Alexandre , ’AXé£av8poç, de àXélUiv, pro-téger, et de àvpp, homme ; qui protège les hommes.Pour àXÉ^eiv, voy. alexitère; et pour àvpp, voy.andr....
ALEXIPIIARMAQUE (a-lè-ksi-far-ma-k’). || 1° Adj.Terme de médecine. Se dit des remèdes qui ex-pulsent du corps les principes morbifiques, ou quipréviennent l’effet des poisons pris à l’intérieur.
|| 2“ S. m. Un alexipharmaque.
— hist. xvi" s. On peut dire que le plomb estalexipharmaque et antidote contre les ulcérés ma-lins, paré, v, 9.
— ÉTYM . ’AXeÇiçàpiiaxov, de àXéljeiv, protéger(voy. alexitère), et <pàpp.axov, remède;remède quiprotège (voy. pharmacie).
ALEXITÈRE(a-lè-ksi-tè-r’). || i “Adj. Terme demé-decine, en parlant des médicaments qui préviennentl’effet des poisons et des venins. || 2° S. m. Un alexi-tère.
—hist. xvi* s. Et est [le feuj par ce moyen leDICT. DE LA LANGUE FRANÇAISE.
vrai alexitere et contre-poison du mal qu’il avoitcausé, paré, x, 9.
— ÉTYM . ’AXsl;r)v?ipiov, de àXe'Üeiv, protéger, mé-dicament protecteur. ’AXéÇetv est une forme pour àXt-xeiv, être fort, à quoi se rattache âXx 7 ], force (voy.alcée). Mot incorrectement formé; il faudrait direalexétère.
ALEZAN, ANE, ou ALZAN, ANE (a-le-zan, za-n’,ou al-zan, za-n’). || 1 ° Adj. Ne s’emploie qu’onparlant du cheval ou de la jument. Il désignece genre de robe dans laquelle le corps est recou-vert de poils rouges ou bruns plus ou moins foncés,les crins et les extrémités étant de même couleurou d’une nuance plus claire. L’alezan fauve, l’ale-zan clair , l’alezan cerise, l’alezan doré, l’alezanchâtain, l’alezan brûlé : telles sont les espèces queTon distingue. On voit au côté droit, sur un chevalalezan, un cavalier enveloppé dans un manteaurouge, fén. xix, 335. || 2" S. m. Un alezan.
— ÉTYM. Espagn. alazan ; portug . alazâo. On lefait venir de l’arabe : ou al hasan, le beau, l’élégant ;ou al hisan, cheval beau et de race ; ou al’ athan,la fumée, par comparaison avec la couleur qu’indi-que alezan.
ALÈZE (a-lê-z’), s. f. || 1° Linge d’une cer-taine étendue dont on se sert pour garnir le lit desmalades, afin de le garantir du sang, du pus,de l’urine, etc. Un drap ordinaire, plié en plusieursdoubles,fait une bonne alèze. || 2° Technologie.Planche étroite qu’on ajoute à une autre pourl’élargir. || 3° Allonge d’osier pour fixer une bran-che.
— hist. xvi* s. Envelopper les febricitans debonnes alaises chaudes.... paré, xx bis, 27.
— étym. À, V (voy. le) et aise (voy. aise); parceque ce drap ainsi placé met les malades à Taise.
f ALÉZË,ÉE (a-lé-zé,zée), adj. Terme de blason.Raccourci. Sautoir alézé. Croix alézée. On dit aussialisé. Sautoir alisé. Pal alisé.
— ÉTYM . Ce mot est le même que le verbealéser.
f ALFANGE (al-fan-j’), s. f. Sorte de cimeterre.Contre nous de pied ferme ils tirent leurs alfanges,De notre sang au leur font d’horribles mélanges,corn. Cid, iv, 3. || Il est hors d’usage.
—ÉTYM . Espagn. et portug. alfange, de l’arabeal chandjar (voy. kanjar).
ALGALIE (al-ga-lie), s. f. Terme de chirurgie.Sonde creuse.
— SYN. On distingue l’algalie, la sonde et lecathéter en ce que : la sonde est le terme généralpour désigner tout instrument qu’on introduit dansun trajet naturel ou accidentel; l’algalie est unesonde creuse qu’on introduit dans la vessie par lecanal ordinaire pour évacuer l’urine ou pour ex-plorer l’organe ; et le cathéter est une sonde solideet cannelée dont on se sert pour faire l’opérationde la taille.
— hist. xvi* s. Algaries, sondes droites et cour-bées, closes et ouvertes, conducteurs, paré, t. ni,p. 639.
— ÉTYM . Bas-lat. algalia, argalia. Des diction-naires signalent ce mot comme venant de l’arabe,sans indiquer le radical auquel on le rattache. Aureste cette étymologie est fausse ; et Ménage a mon-tré la véritable. Algalie ou argalie vient du motde basse grécité àpyaXEîov, I* instrument decharpentier, 2* vase, 3“ instrument à injecterde l’eau. ’ApyaXeîov est une corruption pour èpya-Xeïov qui, dans la basse grécité, a les mêmes si-gnifications que àpyaXeîov, mais qui dans le grecancien signifie instrument. ’EpyaXûov vient deIpyetv, travailler, lequel est la racine de êpyavov,instrument, organe (voy. organe).
ALGANON (al-ga-non), s. m. Chaîne qu’on metaux galériens qui ont la permission de circuler horsdu bagne ; on dit aussi arganeau.
— ÉTYM . Bas-lat. arganum, toute espèce d’en-gin; espagn. arganel, petit anneau. Le mot précé-dent ( algalie ) fait voir le changement de ar en al ;celui-ci en est aussi un exemple, et alganon pro-vient d’une forme non latine, argano, onis, qui ale même radical que algalie.
ALGARADE (al-ga-ra-de),s. f. || 1* Incursion mili-taire. J’ai rendu compte à M. Louvois de l’expéditionque M. de Bellefonds afaite à Roncevaux , où il a mar-ché avec 2000 hommes par ordre du roi, qui luiavait mandé d’aller faire une algarade aux Espagnols,Mémoires de Foucault, Bibl. impér. Ms. suppl. fr.n“ 1 60 , p> 39 bis. || Vieilli en ce sens. || 2° Vive sortiecontre quelqu’un, insulte brusque, inattendue. Leduc de Noailles ne pouvait plus souffrir les al-garades et les scènes que je lui faisais essuyer,
st-sim. 470, 214. Je ne me trompe point! —Oui,ventrebleu, c’est moi, Vous venez de me faire unerude algarade, regnard, Légat. ni, 7. Mon basque lessuivit avec les laquais de Clérante, qui leur firentune infinité d’algarades pendant les chemins, fran-CION, liv. VI, p. 255.
— HIST. xvi* s. Le duc, indigné de toutes les al-garades que luy faisoit cet aventurier, jura.... qu’ilnelerelascheroitjamais, Mém. sur du G.ch.iv. Ayantapprins toutes les traverses et algarades [mauvaistours] qu’elle avoit jouées à son mari, perper.Contes , cxxvit. Pour lui donner une brave algarade[ une gaillarde bienvenue ] à une lieue ou deuxde Nancy , carl. vi, 44. Cette-ci avoit fait plu-sieurs algarades à Montai, lieutenant de Roi enla basse Auvergne , mesme lui aiant de nouveaudéfiait deux compagnies, d’aub. Hist. n, 168 . À laveuê et approche des asnesses, ils font mille alga-rades, desordonnans tout un marché, o. de serres,311.
— étym. Portug . algazara, algarade, tintamar-re; espagn. algara, troupe à cheval, algarada,cris de gens de guerre qui se battent, algarear,crier, algazara, cri des Maures sortant d’une em-buscade pour tomber sur l’ennemi; basse latinité,algara, tumulte militaire, algaru, algarum, nomdes expéditions militaires des Maures; de l’arabe al,le, et gharct, expédition de cavaliers pour piller leterritoire ennemi, de gâr, faire des incursions surl’ennemi.
f ALGAROTII ou ALGEROTH (al-ga-rot’ ou al-je-rot’) (POUDRE D’). Terme de pharmacie. C’est unoxychlorure d’antimoine. Cette poudre est émétique,purgative et diaphorétique.
fALGASELLE (al-ga-zè-T), s. f. Histoire natu-relle. Antilope à longues cornes courbes; elle habitela Nubie et le Sénégal. Cuvier écrit algazel et le faitmasculin.
— Étym. Gazelle avec l’article arabe al.
ALGÈBRE (al-jè-br’),s. f. || 1° Science desgrandeurs
considérées d’une manière absolument générale etsous des signes généraux.Quoique l’Italie ait été, dumoins en Europe , le berceau de l’algèbre, cettescience n’y avait pas encore beaucoup prospéré dutemps de M. Guglielmini, et elle avait trouvé lesclimats du Nord bien plus favorables, fonten. Gugli-elmini. Ils ont résolu une question d’algèbre, pasc.Div. 2 . || 2° C’est de l’algèbre pour moi, se dit d’unechose à laquelle on ne comprend rien. || 3“ Traitéd’algèbre. L’Algèbre de Bezout .
— ÉTYM. Espagn. algebra , algèbre, etaussi l’artde remettre les membres disloqués ; ital. algebra;basse latinité, algebra; de l’arabe al, le,etdjabroun,réunion de plusieurs parties séparées; en mathéma-tiques, réduction des parties au tout ou des fractionsà l’intégralité, de djabara, il a relié, consolidé,réuni.
ALGÉBRIQUE (al-jè-bri-k’), adj. Qui appartient àl’algèbre. Quantité algébrique. Calcul algébrique.|| Il se met après son substantif.
f ALGÉBRIQUEMENT (al-jè-bri-ke-man), adv.D’une manière algébrique, selon les règles de l’al-gèbre.
— étym. Algébrique et ment.
ALGÉBRISTE (al-jè-bri-st’), s. m. Celui qui est
versé dans l’algèbre. Il est vrai que, si tous ceux quijouent étaient de bons joueurs, ils seraient ougrands algébristes ou nés pour l’être, fonten. Dan-geau. Ilne faut pas être grand algébriste pour voir....j. j. rouss. Ilél. vi, 10 . Ce sont des métaphysiciensou des algébristes qui font la réputation des poèteset des musiciens, vauven. Max. cclxxxi. Maudit soità jamais le pointilleux sophiste Qui le premier nousdit en prose d’algébriste : Vains rimeurs, écoutez mesordres absolus, gilb. XVIII e siècle.
— étym. Algèbre.
f ALGÉNIB (al-jé-nib’), s. m. Terme d’astronomie.Nom d’une étoile de la deuxième grandeur qui estsituée dans la constellation de Pégase .
f ALGEROTH, voy. algaroth.
ALGIDE (al-ji-d’), adj. Terme de médecine. Quifait éprouver une vive sensation de froid. Fièvre al-gide, fièvre intermittente pernicieuse, dans la-quelle le commencement de l’accès est marqué parun froid glacial. Période algide du choléra, périodedu choléra dans laquelle le malade est glacé.
— étym. Algidus, froid, de algere, avoirfroid. Ona -attaché ce mot au grec âXyoi;, douleur, parce quele froid cause de la douleur.
f ....ALGIE (al-jie), finale de différents substantifstirés du grec, laquelle signifie douleur.
f....ALGIQUE (al-gi-k’), finale de différents adjec-
I. - >4