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Tome premier. A - C.
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tifs tirés du grec, laquelle signifie causant de ladouleur.

— ÉTYM . Voy. ALGIE.

f ALGOL (al-gol), s. m. Terme d’astronomie. Nomd’une étoile de deuxième grandeur située dans laconstellation de Persée. On l’appelle aussi tête deMéduse . C'est la plus remarquable des étoiles chan-geantes; car, dans sa période qui dure 2 jours2 heures 40 minutes, son éclat varie entre ladeuxième et la quatrième grandeur

t ALGONQUIN (al-gon-kin), s. m. Individu ap-partenant à une tribu de sauvages qui habitait dansle Canada , et dont on emploie quelquefois le nompour désigner un homme qui ignore les usages re-çus. C’est un algonquin. Il a l’air d’un véritable al-gonquin. Le chef branlant, la tête chauve, Les yeuxvairons, le regard fauve, L’air farouche d’un Algon-quin , beaumarch. Barb. de Sév. n, 13.

f ALGORITILME(al-go-ri-tm’), s. m. || 1° En termesd’algèbre, procédé de calcul. || 2" Genre particu-lier de notations. Algorithme différentiel.

— HIST. xm* s. Cette senefiance est apelée algo-risme de le [la] quele nous usons de tels figures :9,8, 7,6,6, 4, 3 V 2,1, Comput, f. t5. Quatreparties sont d’angorisme, assembler, abatre, divi-dier, multeplier, ib. || xv" s. Arismetique est sciencede gecter et compter par le nombre de angorismeet autre nombre commun, eust. deschamps , Art defaire chansons. || xvP s. Avecques eulx [les Véni-tiens ] leur duc serenissime, Qu’on peut juger unchiffre [zéro] en algorisme, J. marot, i, 80.

— ÉTYM . ’Api6(i.ôî, nombre, avec l’article arabe,d’après Adelung et Étienne Quatremère ; d’aprèsM. Reinaud, d’o l Korismi, le Kharismien, célèbremathématicien arabe, qui vivait sous le calife Al-mamoun, dans le premier tiers du ix“ siècle; éty-mologie bien préférable, puisqu’elle rend compte dug. Au xm" siècle, algorithme signifiait l’arithméti-que avec les chiffres arabes.

ALGUAZIL (al-goua-zil), s. m. || 1“ Officier depolice en Espagne . |) 2° Par extension, tout agentde la justice ou de la police. On rira des erreursdes grands, On chansonnera leurs agents, Sansvoir arriver l’alguazil, bérang. Amsi-soit-il. J’auraispu rester longtemps dans les griffes des alguazils, sion n’eût pas parlé de moi, p. L. cour. Lett. n, 73.

— ÉTYM. Portug . alguazil, alvacil, alvacir; es-pagn. alguacil, alvacil ; basse latinité, algatzarius,algatzerius, algozirius, alguazirus; de l’arabe al,le, et de razir, vizir (voy. vizir).

ALGUE (al-gh’), s. f. || 1° Sorte d’herbe qui croîtdans l’eau, soit douce, soit salée. Comme l’algue fu-gitive , Sur quelque sable de la rive La vague auraroulé mes os, lamart. iléd. n, 26 . || 2° En botani-que, classe de plantes acotylédones, entièrementcomposée de végétaux d’une structure très-simpleet vivant pour la plupart dans l’eau.

— HIST. xvi" s. Les gens de guerre estaient con-traints de prendre de la mousse et de l’algue quicroist en la mer, après en avoir lavé la salure avecde l’eaù doulce, pour la donner à manger à leurschevaulx, amyot, César, 68.

— étym. Alga .

f ALHAMBRA (al-an-bra), s. m. Palais desrois Maures à Grenade .

ALIAIRE (a-li-ê-r’), s. f. Voy. alliaire.

ALIBI (a-li-bi), s. m. Terme de palais. Présenced’une personne dans un autre lieu que celui où aété accompli le crime ou le délit dont on l’accuse.Plaider l’alibi. || Au plur. les alibi.

— REM. Il vaudrait mieux ne pas faire d’excep-tion et écrire au pluriel des alibis; d’autant plusque l’Académie, pour ce genre de mots, n’est paspartout conséquente avec elle-même, et qu’elleécrit des bonis, des macaronis, des parolis. Ontrouve d’ailleurs, dans d’anciens textes, alibis aupluriel (voy. alibiforain).

— HIST. xvi’ s. Et, se desrobant, vint en dili-gence trouver le roi en son camp, afin de témoi-gner , par cet alibi, qu’il n’estoit assistant à ce for-fait, yver, p. 621 .

—ÉTYM . Alibi , ailleurs, de alius, autre, etibi, ici (voy. y).

ALIBIFORAIN (a-li-bi-fo-rin), s. m. Propos sansrapport avec la chose en question; défaite. N’avoir àla bouche que des alibiforains. |j Vieilli.

— REM. On écrivait autrefois en deux mots, alibiforain. Un matou qui m’écrit sur les reins L t sgriffes et des dents mille alibis forains, Régnier ,Sat. xi.

— IIIST. xv" s. Les femmes sont coutumières d’enuser pour trouver les échappatoires et alibis fo-rains, louis xi, Nouv. c.

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— ÉTYM. Alibi, ailleurs (voy. alibi), et forain,étranger (voy. forain).

ALI BILE (a-li-bi-1’), adj. Terme de médecine.Qui est propre à nourrir. En physiologie, on en-tend par substance alibile la portion du chyme des-tinée à notre nutrition, celle qui se convertit ennotre substance.

— SYN. alibile, alimentaire. Substance alibilediffère de substance alimentaire; car les subs-tances alimentaires ou les aliments contiennent, ou-tre la partie alibile, une substance non alibile ouexcrémentitielle.

— ÉTYM . Alibilis, de alere, nourrir (voy. ali-ment).

f ALIBILITÉ (a-li-bi-li-té), s. f. Terme de physio-logie. Qualité qu’a un aliment de renfermer plus oumoins de substances alibiles.

— ÉTYM . Alibile.

ALIBORON (a-li-bo-ron), s. m. || 1» Maître alibo-ron, l’âne. Arrive un troisième larron Qui saisitmaître aliboron, la font. Fab. i, 13. ||2“ Hommeignorant et stupide. C’est un maître aliboron.

— HIST. xin" s. Et herbes i trova assez Dont li roissera respassez ; Aliboron [sorte d’herbe] i a trovéQue plusofs genz ont esprové, Ren. 19309. ||xv" s.Se je fusse roi ou regent, Ou un grant maistre ali-boron, Chascun ostast son chaperon, Mir. de Ste Ge-neviève. || xvi" s. Sur ce point nous despeschasmes cemaistre aliborum du Fay, justement trompeur ettrompé, d’aub. Conf. n, 3. Qu’il vienne de là lesmonts quelque messer qui se vante d’estre unmaistre aliboron en tout et guérir de toutes mala-dies, poissenot, l’Esté, f. HO, verso.

— étym. Mot d’origine douteuse. Dans le procèsd’Egidius de Rays (1440), cité par Du Cange , alibo-rum est dit signifier le diable ; et dans la dernièreédition de Du Cange on propose l’étymologie alle-mande altboran, de ait, vieux, et de boran, en-nemi, le vieil ennemi. Aliboron, on le voit à l’his-torique, a signifié aussi une plante. Ménage adoptel’opinion de Huet, qui regarde aliborum comme legénitif de alibi, pensant que maître aliborum aété dit premièrement d’un homme fécond et subtilà trouver des alibi. On fait venir aussi ce mot deari, va, et bourou, baudet (voy. bourrique). Cettedernière étymologie ne peut se concilier avec ali-boron, plante, et avec le sens primitif qui est, per-sonnage de conséquence.

j- ALIBOUFIER ( a-li-bou-fié), s. m. Terme de bo-tanique. Nom vulgaire du styrax officinal, arbrequi fournit le baume appelé styrax.

f ALICATE (a-li-ka-t), s. f. Sorte de pince dontse servent les émailleurs à la lampe.

f ALICHON (a-li-chon), s. m. Planche de bois surlaquelle l’eau tombe pour faire tourner une roue demoulin.

f ALICONDE (a-li-kon-d’),s. m. Arbre de Nigritie,dont on file l’écorce.

ALIDADE (a-li-da-d’), s. f. || 1° Règle de bois oude métal munie d’une pinnule à chaque extrémité,et servant à tracer, sur un instrument appelé plan-chette , les lignes déterminant la direction des ob-jets visés à travers les pinnules. || 2° Règle mobilequi, tournant autour d’un cercle divisé en degrés,sert à mesurer les angles ; celle-ci est munie d’unvernier et porte également des pinnules ou une lu-nette.

— ÉTYM . Bas-lat. alidada, alhidada, de l’arabeal, le, et idad, computation.

f ALIÉNABILITÉ (a-li-é-na-bi-li-t è),s.f. Qualitéde ce qui est aliénable.

ALIÉNABLE (a-li-é-na-bl’), adj. Qui peut êtrealiéné. Domaine aliénable. Les majorats n’étaientpas aliénables. || Il se place toujours après le sub-stantif.

f ALIÉNATAIRE (a-lié—na-tê-r’), s.m. et f. Ce-lui, celle en faveur de qui on aliène.

f ALIÉNATEUR, TRICE (a-li-é-na-teur, tri-se),s. m. et f. Celui ou celle qui aliène.

ALIÉNATION (a-li-é-na-sion), s. f. || I e Vente,transport d’une propriété, d’un fonds. || 2° Fig.Aliénation des esprits, aversion que des personnesont les unes pour les autres. Combien par làne voit-on pas de mérites qui, par l’aliénationdes cœurs ou par la contrariété des intérêts, bienloin d’activer la bienveillance et l’amour, exci-tent plutôt la jalousie et la haine, bourd. Avent,13. Des commandements qui, pouvant être exé-cutés à l’instant même , auraient créé dans laFrance un déplorable état de choses, mis l’aliéna-tion à la place de la confiance, et fait avorter toutesvos intentions généreuses, mirab. Collection, t. i,p. 327. ô corps mortel avec lequel je ne puis avoir

ni guerre ni paix, parce qu’à chaque moment ilfaut s’accorder, et à chaque moment il faut rompre!ô inconcevable union, et aliénation non moinssurprenante ! boss. Pensées chrét. 37. || 3° Aliéna-tion d’esprit, aliénation mentale, égarement d’es-prit, folie. J’ai vu en elle de l’aliénation d’esprit,mol. l’Am. méd. in, c. C’était une aliénation desens, une maladie surnaturelle, balz. Socrate ,dise. 3 . || Absolument. Folie. On a dit que la co-lère est une courte aliénation.

— HIST. xiii" s. Li rois, par ceste establison, ju-gea que les alienacions des clers fetes des fiez [fiefs]sanz la volenté le roi, fussent nules, Liv. de just. 1 1.|| xvi" s. Combien qu’ils aient une fois conféré en-semble, neanmoins il y avoit telle alienation, qu’ilss’en retournèrent sans aucun accord, Calvin , Inst.208. Excusant sa confession sur l’alienation de sonesprit, causée par le vin, yver, p. 666. Alienationd’esprit, syncopes.... paré, vin, 23. Ces hargneset riottes engendrent de grandes aliénations devoulentez entre les personnes, amyot, P. Æm. 7.Ptolomæus adonc revenant comme d’une pasmoisonou d’une alienation d’entendement en son bonsens.... id. C. d’Utiq. 47.

— ÉTYM . Provenç. alienatio; de alienationem, dealienare, aliéner.

ALIÉNÉ, ÉE (a-li-é-né, née), part, passé.|| 1° Dont la propriété a été transférée. Bien aliéné.Terre aliénée. || 2° Séparé. C’est déjà un scandalequ’un pasteur soit aliéné de ses brebis ; mais c’estune profanation et le comble du désordre qu’il s’au-torise là-dessus à leur refuser les saints mystères,mass. Confér. Amour despast. || 3° Eloigné, en parlantdes esprits. Cœurs aliénés. Combien voyons-nous dechrétiens aliénés de la vie de Dieu ! fén. t. xvii, p.328. Les soucis ou les espérances le tenaient toujoursaliéné, vauven. dlléon, Var . ||4° Rendu fou. Il al’esprit aliéné. Il est aliéné d’esprit. Il est aliéné.Canillac trouve le duc d’Orléans versant des larmes,aliéné par le désespoir, volt. Louis XIV , 27. Ah!seigneur, pardonnez X mes sens éperdus, d’horreuraliénés, id. Guèbres, n, 7. || 5 e S. m. et f. Un alié-né, une aliénée, un fou, une folle. L’hôpital desaliénés.

ALIÉNER (a-li-é-né. La syllabe én prend l’accentgrave quand la syllabe qui suit est muette, ilaliène, excepté au futur et au conditionnel, il alié-nera), u. a. || I e Transférer à un autre une propriété.Aliéner son bien, son revenu. Dieu , quoiqu’il vousen ait laissé l’usage [des biens ecclésiastiques], n’enaaliénéni le fonds, ni la propriété, puisqu’il peut vousles ôter par la mort, par l’injustice des hommes....mass. Usage des biens ecclés. || Fig. Il ne vous est paspermis d’aliéner un pareil soin, 3. J. rouss. i, 17.|| 2" Fig. Rendre hostile. Par là il aliéna les es-prits des peuples, boss. llist. i, n. Je choquerai lemaître qui m’emploie ; j’aliénerai de moi le protec-teur qui m’a placé, bourd. Pensées, t. i, p. 18 . Parses fureurs déplacées, elle aliène l’esprit de sonfils.... dider. Ess. sur. Claude.

s’aliéner, v. réfl. |j 1° Etre aliéné, vendu. Cetteterre ne peut s’aliéner. Si un homme peut légitime-ments’aliéner à un autre, J. J. rouss. Em.v. Il n’estpas permis de s’aliéner à des princes auxquels on nedoit rien, id. Hèl. i, 34. || 2° S’aliéner, se séparer.Toute société partielle s’aliène de la grande, 3. 3.rouss. Ém. 1 .1| 3° S’abstraire. Je sais aussi m’alié-ner, talent sans lequel on ne fait rien qui vaille,dider. Lettr. à Mme lliccoboni. || 4° Tourner à la fo-lie. Son esprit s’aliène. Cet homme s’est aliénétout à coup.

—HIST. xm" s. Bourgois ne puet pas aliéner lachose de la commune sanz le commandement le roi,Liv. de just. 47. Et se le clamant dit que.... fié ne sepeut vendre ne aliéner, que par l’assise des ventesou par partie de servise.... Ass. de J. 63. Chascunpeut le sien doner et aliéner par sa volenté, ib. i,183. || xiv" s. Et se leur tristece est alegée ou aliénéepour l’une cause ou pour l’autre, nous n’en dironplus à présent, oresme, Eth. 289. Laquelle choseeust le pueple aliéné en celui temps très périlleux,BERCHEURE,f. 38 ,recto. || xv e s. Le chevalier s’excusaet dit que l’heritage du roi d’Angleterre, il nepouvoit vendre, donner ni aliéner que il ne fusttrahistre, froiss. n, m, 10 . || xvi" s. Ils vous di-ront que vostre doux langage Les cœurs humainsaliéné et engage, st-gel. 32.... Et si du tout alié-nés vous n’estes Par nos deffauts de nous et nosrequestes,... id. 217. Il approuva seulement les do-nations qui ne seraient point procedées de sensaliéné par quelque griefve maladie, amyot, Solon,40. Ilz se partirent l’un d’avec l’autre, encore plusaliénez qu’ilz n’estoient auparavant, m. Lucul 72-