AU
Avec puissance de vendre et aliéner ce qui apparte-noit à la chose publique, amyot , Cicéron , 4 4. Cæsar,qui plus est, aliéna fort Pompeius de luy [Cicéron ],id. ib. 39. Et ne faut point s’estonner si ce malheu-reux print plaisir à souiller cette chair aliénée [pri-vée] de sentiments, yver , p. 664. Ce qui lors futjugé aliéné [bien éloigné] des protestations qu’ilsavoient faites, de ne prendre autre chose que lamanutention de ladite religion, d’aub. Hist. ra, 334.Les susdits humeurs se convertissent en diverses etaliénées substances, qui ne ressemblent en rienaux humeurs, mais à plusieurs choses estranges,paré, v, 4. Vous ne luideveriez pas aliéner ses biens,palsgr. p. 420. Vous avés aliéné ce jeune homme devous à tort et sans cause, id. ib.
— ÉTYM . Alienare, de alienus, de alius, autre;provenç. alienar.
f ALIÉNISTE (a-li-é-ni-st’), s. m. Médecin de fous.
t ALIFÈRE (a-li-fê-r’), adj. Terme d’histoire na-turelle. Qui porte des ailes.
— ÉTYM . Ala, aile, et ferre, porter.
t ALIFORME (a-li-for-m’), ad;. Terme technique.Qui est en forme d’aile.
— ÉTYM . Ala (y oy. aile), et forma, forme (voy.forme).
ALIGNÉ, ÉE (a-li-gné, gnée}, part, passé. Ar-bres alignés. Les soldats restèrent alignés. Les pal-miers paraissaient alignés sur la rive, comme cesavenues dont les châteaux de France sont décorés,chateaub. Itin. 6* partie.
ALIGNEMENT (a-li-gne-man), s. m. || 1" Arran-gement sur une ligne droite. Pas une pierre nepousse hors de son alignement, balz. le Prince,ch. 4 4. Je me suis mise dans la rosée jusqu’à mi-jambe pour prendre des alignements, sëv. 94.
|| 2° Direction donnée pour une rue par la voirie.Rues sans alignement. Cette maison n’est pas dansl’alignement. || 3° L’action d’aligner, en parlant desoldats. Après chaque mouvement, on rectifie l’ali-gnement. || Alignement 1 Terme de commandementmilitaire pour régulariser l’alignement. || 4° En ter-mes de comptabilité militaire, nivellement d’uneallocation et d’une dépense de corps ; équilibre dudoit et avoir. || 6° Terme d’antiquités. Rangée depierres brutes élevées par les Druides .
—HIST. xvi* s. Les os sont joints par allignement,que l’on dit harmonie, quand les os opposés et ap-pariés vis à vis et teste à teste l’un de l’autre, sontjoints parle moyen d’une seule ligne, paré, iv, 43.Afin qu’en nos vergiers rien ne défaille, diverse-ment les ordonnerons, c’est à sçavoir, et enaligne-ment et en confusion, o. de serres, 663.
— ÉTYM . Aligner ; provenç. alignamen. On a écritsouvent dans le xvn' siècle allignement.
ALIGNER (a-li-gné et non ali-nié, prononciationvicieuse de quelques-uns), v. a. || 1° Ranger sur uneligne droite. Aligner des maisons. Nous alignonschaque pièce à la règle, i. J. nouss. Ém. v. || 2° Dis-poser en ligne droite. On alignera successivement lesrues. Aligner les troupes. || 3° Fig. Aligner sesphrases, ses mots, écrire, parler avec recherche etprétention. || 4” En termes de vénerie, couvrir, enparlant duloup. Un loup aligne une louve. || 5° Termede marine. Dans les constructions navales, dis-poser certaines parties suivant une ligne droite oucourbe, selon les circonstances. 11 6° S’aligner, v. réfl.Se ranger sur une même ligne. || 7° Populairement.S’aligner, se battre en duel.
— HIST. xh* s. Si font les mençonges rimer Et lesparoles alinier, Roman du Hen, éd. fr. Michel, p. 48.|| xiii* s. Lors commença en [on commença] àalinerles nés et les galies por movoir, villeh, xxxiv. Ty-bert li chaz, n’en dotez mie, Sera o vous par compa-gnie, Et Ysengrin et sa mesnie Qui moult est beleet alignie, Ren. 26322. Si ot [Beauté ] le vis [visage]cler et alis, Et fu greslete et alignie , la Rose, 4 007.|| xiv* s. Droit qui tout adresse et aligne, Et qui nefait riens fors à ligne.... bruyant dans Ménagier ,t. il, p. 28 . || xvi* s. Et prenoit luy-mesme la peinede faire planter les paux, aligner le cordeau, nive-ler, etc. carl. i, 34. Qu’il s’esbahissoit qu’il n’avoitencores mis en l’allignement de ses fortifications,avec la haute et la basse ville et les fauxbourgs,toute la banlieue ; qu’il faudrait plus de dix millehommes pour garder tout ce qui estoit alligné et oùilavoit fait planter les paux, id. v, 4. Il commenceaà faire aligner et tirer le cordeau pour la citadelle,ID. VI, 44.
—ÉTYM . À et ligne (voy. ce mot) ; provenç. alin-har; espagn. alinar.
t ALIGNETTE (a-li-gnè-t’), s. f.Terme de pêche.Ba -guette avec laquelle on embroche les harengs à saurer.
ALI
t ALIGNOIR (a-li-gnoir), s. nv. Instrument quisert à fendre les blocs d’ardoise.
t ALIGNOLE (a-li-gno-1’), s. m. Terme de marine.Filet employé par les pêcheurs de la Méditerranée.
ALIMENT (a-li-man),s. m. || l"Cequmourrit.Dansle langage de la physiologie, aliment est un termegénérique qui sert à désigner toutes les matières,quelle qu’en soit la nature, qui servent habituelle-ment ou peuvent servir à la nutrition. Au point devue des besoins qu’ils satisfont, les aliments sontdivisés en boissons, condiments ou assaisonnements,et aliments proprement dits, composés surtout de prin-cipes d’origine végétale ou animale. L’intempérancedes hommes change en poisons mortels les alimentsdestinés à conserver la vie, fén. WZ. xvii. Si l’onconsidère combien est lente et insensible l’insinua-tion de l’aliment dans les parties qui le reçoi-vent.... boss. Conn. ru, e. || 2° Au plur. Termede jurisprudence. Les frais de nourriture et d’entre-tien d’une personne. Il fallait prendre une autrefemme pourvu qu’on fournît les aliments à la pre-mière, boss. Déf. || 3° Action de nourrir. Des biensdestinés à l’aliment des pauvres. || Peu usité en cesens. || 4“ Fig. Le bois est l’aliment du feu. Lessciences sont l’aliment de l’esprit. Je trouverai par-tout l’aliment de ma haine, volt. Triumv. u, 4.|| 5” En termes de dévotion. Divin et salutaire ali-ment [l’eucharistie], où nous participons par la com-munion, bourd. Pensées, t. i, p. 34 3. L’aliment devotre âme le plus salutaire, c’est le sacrement deJésus-Christ, id. ib. p. 34 9.
— SYN. aliment, nourriture. Ce qui distingueces deux mots, c’est que aliment désigne un objet,et nourriture, une action. L’aliment est la matièrequ’on introduit dans le corps pour le nourrir ; lanourriture est l’action de nourrir. A ce point de vue,l’aliment sert à la nourriture ou, comme on dit enlangage physiologique, à la nutrition. Mais quandensuite le langage dépouille nourriture de son senspropre, il devient synonyme d’aliment : les ali-ments du paysan ou la nourriture du paysan ; on luidonne des aliments abondants ou une nourritureabondante ; le bœuf est une nourriture substantielleou un aliment substantiel.
— HIST. xvi* s. Les poursuites de l’esprit humainsont sans terme; son aliment est doubte, ambi-guité, charron, Sagesse, i, 4 6.
— ÉTYM. Alimentum , de alere, nourrir. Motscongénères, àlûeiv, faire croître; gothique, aids,qui a crû, âgé; celtique, ait, nourriture, altruim,nourrir. Aliment est un mot nouveau; dans les hautssiècles, au lieu d’aliment, on disait viande, quisignifiait tout ce qui sert à entretenir la vie, ànourrir.
ALIMENTAIRE (a-li-man-tê-r’), adj. || 1“ Qui arapport à l’alimentation. Substances alimentaires.Principes alimentaires, || 2° En termes de physiolo-gie, régime alimentaire, régime que l’on suit quantà la nourriture. Bol alimentaire, la masse qu’on avaleaprès l’avoir mâchée et réduite en bol. Canal ouconduit alimentaire, le canal digestif. || 3° Terme dejurisprudence. Pension alimentaire, somme fixéepar autorité de justice pour frais de nourritureet d’entretien. Provision alimentaire , somme at-tribuée par les juges à l’une des parties jusqu’à lafin d’un procès. || Se place toujours après le sub-stantif.
— ÉTYM . Alimentarius , de alimentum (voy.aliment).
ALIMENTATION (a-li-man-ta-sion), s. f. || 1° Ac-tion de nourrir, de se nourrir. Pour que l’alimen-tation soit suffisante, il faut qu’elle fournisse unequantité de principes assimilés égale à la quantitédes principes désassimilés, ou, si l’individu croîtencore, qu’elle soit en rapport avec les conditionsde développement des jeunes sujets. || 2“ Terme dephysique. Alimentation des chaudières à vapeur,renouvellement de l’eau.
ALIMENTÉ, ÉE (a-li-man-té, tée), part, passé.Des populations alimentées insuffisamment devien-nent malades et dépérissent. Des haines alimentéespar l’opposition des intérêts.
ALIMENTER (a-li-man-té ), v. a. |J 1° Nourrir,fournir des aliments. Les provinces alimentent Pa-ris . || 2° Fig. Ces matières alimentaient l’incendie.Des sources qui ne tarissent pas alimentent ceruisseau. Ce qui alimentait la rivalité de Rome et deCarthage .
— HIST. xiv* s. Il est tout vray et sans mentir,Ne sans vérité divertir, Que toute chose elementéeEst d’elemens alimentée, l’Alch. ànat. 734.
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ALIMENTEUX, EUSK (a-li-man-teû, teû-z’),adj. Terme de médecine. Qui a des propriétés nu-tritives. Sucs, médicaments alimenteux.
— HIST. xvi* s. Les remedes propres aux ulcérésde l’estomach doivent estre médicamenteux et ali-menteux, PARÉ, XI, 4 8.
f ALIMENTIVITÉ (a-Ii-man-ti-vi-té), s. f. Nomdonné par les phrénologues à l’instinct qui portel’animaî à prendre de la nourriture.
f AI.IMOCHE (a-li-mo-ch’), s. m. Terme de zoolo-gie. Un des noms du vautour percnoptère.
ALINÉA(a-li-né-a). || 1 °Loc. adv. X la ligne. Endictant, on disait autrefois alinéa pour indiquer qu’ilfaut quitter la ligne pour en commencer une autre.En ce sens, l’Académie aurait dû écrire a Iinéa.||2°S.m. Ligne nouvelle dont le premier mot rentresur les autres lignes. || 3* Par extension, passagecompris entre deux alinéa. J’ai indiqué au crayonquelques alinéa remarquables.
— REM. L’Académie écrit des alinéa. Mais il seraitmieux qu’elle fit rentrer ce mot dans la règle com-mune, et qu’elle dit des alinéas, comme elle ditdes sophas, des opéras.
— ÉTYM . À, ab, de, et linea, ligne (voy. ligne).
f ALINETTE (a-li-né-t’), s. f. Le même que ali-
GNETTF..
f ALIPÈDES (a-li-pè-d’), s. m. plur. Terme dezoologie. Voy. chiroptères.
— ÉTYM . Ala, aile, et pes, pied.
f ALIPTIQUÉ (a-li-pti-k’), s. f. Art d’appliquerdes onctions pour l’entretien de la santé et le trai-tement des maladies.
— ÉTYM . ’AIetiruar)* de àXsùpeiv, oindre.
ALIQUANTE (a-li-kan-t ’), adj. Terme de mathé-matiques usité seulement dans cette locution : Par-tie aliquante, partie qui n’est pas exactement con-tenue dans un tout. Deux est une partie aliquantede trois.
— ÉTYM . Aliquantus, composé de ali pour alius,autre (voy. autre), et de quantus, combien grand,c’est-à-dire d’une certaine grandeur. Aliquantus,dans l’ancien français , avait donné li auquant, quisignifiait quelques-uns.
ALIQUOTE (a-li-ko-t’). || 1" Adj. Terme de mathé-matiques. Se dit des parties contenues un certainnombre de fois et exactement dans un tout. Deux,trois, quatre, six, sont des parties aliquotes dedouze. || 2 °S. f. À des aliquotes précises, il substituedes aliquotes par appréciation, j. J. nouss. Ém. n.|| 3° Sedit, en musique, des parties égales en les-quelles se divise spontanément une corde pour pro-duire , avec le son principal, les sons secondaires ouconcomitants qu’on nomme ses harmoniques. Cettedix-septième est produite par ul„ aliquote de lacorde entière, savoir la cinquième partie, J. J. nouss.Dict. de mus. au mot Dix-septième.
— ÉTYM . Aliquot, de ali pour alius, autre (voy.autre), et de quoi, combien (voy. quote-part),c’est-à-dire un certain nombre.
ALISE (a-li-z*), s. f. Fruit de l’alisier. L’alise estun peu astringente.
— REM. Les botanistes écrivent alise; l’Académieécrit alizé.
— HIST. xn* s. Il ne valt pas la moitié d’une alie,Ronc. p. 474. Je te deffen toute ma manantie, Jàn’i prendras vaillissant une alie, Raoul de C. 76.|| xiv* s. Car il vouloit donner journée À Charleset prenre mellée ; Car bien veoit que courtoisie n’yvaloit vaillant une allie, le Livre du bon Jehan,829.
— ÉTYM . Berry, alis; espagn. aliso, aune;bas-lat. alierius, alisier, alisariæ, aliguerium, lieuplanté d’alisiers; sans doute de l’allemand els ou else,alisier et aune; anc. haut-allem. eliia.
ALISIER (a-li-zié), s. m. Arbre de la famille desrosacées; il croît naturellement dans les bois, etproduit des fruits appelés alises.
— rem. Les botanistes écrivent alisier ; l’Académieécrit alizier.
— HIST. xn* s. Baron , dist Wedes, nobile cheva-lier, Hons sans mesure ne vaut un alier, Raoul deC. 83. || xiii* s. Fuz qui soient bon et loial à fere leurmestier, c’est à savoir de fin cuer de chaisne sanzaube, de perier, d’alier et d’erable, Liv. des Kit.
4 03. Benus [ébène], plantoine, n’alyer, Ente nulene boins figiers, Fl. et RI. 2024. || xvi* s. Les ali-ziers ou mycacouliers, coudriers, meuriers.... o. deSERRES, 785.
— ÉTYM. Génev. alier, comme dans l’ancien fran-çais .
ALITÉ, ÉE (a-li-té, tée), part, passé. Couché dansle lit. Le malade est alité depuis hier.