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ALITER (a-li-té), ». a. || 1“ Forcer à se mettreau lit. U n’y a qu’une grande maladie qui puissel’aliter. || 2° Èntermesde pêche, aliter des sardines,les arranger par lits. || 3° S’aliter, ». réfl. Se mettreau lit. Il a été contraint de s’aliter.
— SYN. s’aliter, se mettre au lit. Se mettre aulit est plus général; on se met au lit pour se cou-cher ; les élèves se mettent au lit à neuf heures dansce collège; on se met aussi au lit pour causede maladie; la fièvre le prit, il se mit au lit, et nese releva plus. S’aliter, c’est, exclusivement, secoucher parce qu’on se sent malade, parce qu’onne peut plus se tenir debout.
— HIST. xnr s. Bien la [la maladie] porta unequinzaine Li bers, ai ns qu’il s’en alitast, l’Escoufle.Cis maus m’a si alité Que la mort est au degré, Quimedefie, Hist. litl.X. xxm, 686. Ains qu’il soient enlorpechiés morteusAlité.... mâtzner,p. 67. || xv* s.Une maladie le prit sur le chemin, dont il le con-vint aliter et mourir, froiss. i, i, 147. ||xvi*s.Deux mois avant que mourir, elle s’allita pour caused’une fievre continue, paré, v, 19.
— étym. A et lit.
f ALITRONC (a-li-tron), s. m. Terme de zoolo-gie. La partie postérieure du tronc des insectes surlaquelle les ailes sont placées.
— ÉTYM . Ata, aile, et truncus, tronc.
t ALITURGIQTJE (a-li-tur-gi-k’), adj. En litur-gie, se dit des jours qui n’ont point d’office particu-lier.
— ÉTYM . A privatif et liturgie.
f ALIVRER (a-li-vré), ». a. Terme de commerce.Diviser par poids d’une livre.
f ALIZARI (a-li-za-ri), s. m. Nom commercial dela racine de garance.
f ALIZARINE (a-li-za-ri-n’), s. f. Principe colo-rant que la chimie retire de la garance , en lui fai-sant subir divers traitements.
ALIZE, s. f. Voy. alise.
ALIZÉ (a-li-zé), adj. m. Vents alizés, vents quisoufflent généralement entre les tropiques, de l’està l’ouest. Ils se servirent des moussons et des ventsalizés qui étaient une espèce de boussole pour eux,montesq. Esp. xxi, 9. Sur le soir, la pluie cessa, levent alizé du sud-est reprit son cours ordinaire,bern. de st-pierre, Paul et Virg. Pour l’obser-vateur qui se croit immobile, l’air parait soufflerdans un sens opposé à celui de la rotation de laterre, c’est-à-dire d’orient en occident, c’est en ef-fet la direction des vents alizés, la place, Exp.IV, 13.
— ÉTYM. Espagn. alisios . On a fait venir ce mot del’italien alita , souffle, étymologie bien peu proba-ble ; car il faudrait que les Espagnols et les Français eussent pris à l’italien alita qui n’est pas dans leurlangue pour en former un mot qui n’est pas dansl’italien . « Grande question, dit l’abbé de Choisy,Journal du voyage de Siam, in-4, 1087, p. 392:L’avis le plus suivi est qu’il faudrait dire ventselisez , comme qui dirait vents elccli, vents choisis.»On a cité le bas-breton avel e-leiz, le vent enplein; mais comment admettre sans document qu’unmot bas-breton a pris domicile dans l’espagnol ?L’espagnol alisios fait penser à alisar qui signifielisser, rendre uni; à l’ancien français alis, uni;par conséquent alisios , alisés , seraient les ventsunis, réguliers (voy. lisse). Voici des exemples decet ancien adjectif alis: Vestue fu la dame parcoin-tise; Moult est bele, grele, gente et alise, Romane.p. 9. Si ot [Beauté ] le vis [visage] cler et alis, laRose, 1006 . Pain trop levé, pain aliz, Livre desMét. 16 . Atant [ils] manjuent aus dens la michealise, Tant que chascune a sa force reprise, ducange , assisiœ. Alizés sont les choses serrées commele caillou, et le pain broyé auquel n’a esté donnélieu de se lever, et toutes choses qui sont si biencondensées qu’il n’y a aucuns pores apparens, pa-LISSY, 377.
ALIZIER (a-Ii-zié), s. m. Voy. alisier.
f ALKAEST (al-ka-èst’), s. m. Voy. alcahest.
ALKALI (al-ka-li) et dérivés. Voy. alcali, etc.
ALKÉKENGE (al-ké-kan-j’), dit aussi alkékengère,coqueret ou coquerelle , s. m. Plante vivace dontles baies, arrondies, d’un rouge orange, renferméesdans un calice vésiculeux très-large et rougeâtre,sont acidulés, légèrement rafraîchissantes et diuré-tiques. Ces baies entrent dans le sirop dit de chi-corée.
— ÉTYM . Arabe, al, le, et kakendj, mot d’origineincertaine, qui est expliqué dans le dictionnaire depreytag, par résina arboris in montibus llerati cres-centis, cui usus in medicina est.
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f ALKÉKENGÈRE (al-ké-kan-jê-r’), s. f. Voy. AL-
KÉKENGE.
ALKERMÈS (al-kèr-mès’). || 1° Adj. Confectionalkermès, élixir alkermès, médicaments composésrenfermant le suc du kermès animal. || 2° S. m. Sedit pour la confection et pour l’élixir. L’élixir estparfois appelé alkermès liquide, alkermès des Ita-liens.
— HIST. xvi* s. Des potions cordiales qui se fe-ront de confection d’alkermes, paré, xx, 31. Grained’alkermes, id. xxi, 2. Les sachets du cœur doiventestre faits de soye cramoisie ou sandal, parce quetelles matières sont teintes en escarlate, de laquellela graine nommée alkermes resjouit le cœur, id.xxv, 39.
— ÉTYM . Arabe, al, le, et kirmiz (voy. kermès).
f ALLA BREVE (al-la brè-vé), loc. adv. C’est un
terme italien qui marque une sorte de mesure àdeux temps fort vites, et qui se note néanmoinsavec une ronde pour chaque temps. Cette mesuren’est en usage que dans la musique d’église.
— ÉTYM . Ital. alla breve, à la brève.
f ALLAGITE (al’-la-gi-t’),*. f. Terme de minéra-logie. Variété de manganèse silicifère.
ALLAII (al-la), s. m. Nom que les Arabes don-nent à Dieu .
— ÉTYM. Mot arabe signifiant Dieu , de même ra-cine que l’hébreu al ou el, dieu.
f ALLAISE (a-lê-z’), s. f. Amas de sable qui seforme en travers des rivières.
ALLAITANT, ANTE (a-lè-tan, tan-t’), adj. Quiallaite. J’ai six brebis dont deux allaitantes.
f ALLAITE (a-lè-t’), s. f. Terme de chasse. Il sedit des tettes de la louve.
ALLAITÉ,ÉE (a-lè-té, t te),part.passé. || l°Nourride lait. Un enfant allaité par sa mère. || 2° Fig. Dansl’ivresse, l’orgueil et le luxe allaité, volt. Triumv.iv, 4.
ALLAITEMENT (a-lè-te-man), s. m. Action d’al-laiter ; alimentation d’un enfant par le lait.
ALLAITER (a-lè-té), ». a. Nourrir de son lait.
— hist. xii* s. Ke faites vos, signor roi, ke fai-tes-vos? Aoreiz-vos donc un alaitant enfant en unevil bordele et envolepeit en vils dras? st-behn.p. 650. || xiii* s. Et vostre filz qui mès n’alete [senourrit de lait], Qui a en cestan esté nez, Aura,se vos si le volez, X son mengier cel veelet Qui esttendre et est de let, Ren. 6136. Ceste l’aletade sonlait; N’ot autre boulie à li pestre, laRose, 10182 .Autre amor naturel i a, Que nature es bestes créa,Par quoi de lor faons chevissent, Et les aleitent etnorrissent, ib. 6789. Vierge fu norrie, Vierge Dieuporta, Vierge l’aleta, Vierge fu sa vie, ruteb. ii,8.Là où la mere vuet son enfant alaitier, Ne trove eleen son pis qu’il en puisse sucier, Les ieus clôt, si semuert por le grant desirier, Ch. d’Ant. vu, 267.Quant les meres sont mortes, si crient li enfant,Sorlespis lor montaient, les mamelles querant,La mere morte alaitent [tettent], ce fu dolor moultgrant, ib. m, 41. Donques porroit uns enfes quialaiteroit encore se [sa] mere, dessaisir se de sonhéritage, beaum. xv, 22 . || xv* s. Et durant le che-min prirent plusieurs enfants allaitans leurs meres,et les jetaient sur les espines et sur les haies en leslapidant très horriblement, monstrel. liv. il, ch. 39.Ces Anglois mangeoient des raisins à foison, quandils en pouvoient avoir, ce qui estoit chaud, douxet alaitant, froiss. ii, iii, 83. ||xvi* s. Semblable-ment les enfans allaitans nourrices verollées en sontinfectés, paré, xvi, 2 . L’un Bissipat, que neufsœurs allaicterent, marot, iii, 308.
— étym. Allactare, de al pour ad (voy. X), etlactare, donner du lait, de lac, lait (voy. ce mot).
f ALLA MILITARE fal-la-mi-li-ta-ré), loc. adv.Terme de musique. Indique le caractère des mar-ches militaires.
— étym. Ital. alla militare, à la militaire.
ALLANT, ANTE (a-lan ,lan-t’),adj. || 1° Qui aime
à aller, à courir. Elle voulut se promener ; elle savaitque le marquis n’était pas allant, j. j. rouss. Conf.vi.C’était [la princesse d’Harcourt] une grande etgrosse créature, fort allante, couleur de soupe aulait, st-sim 413, 230. || Suit toujours le substantif.|| 2“ S. m. Celui qui va. Usité seulement dans cetteexpression : Les allants et les venants. Je ne suispas si bien ici qu’à Luynes pour causer avec toi ; unemaudite auberge, des allants et venants, un vacar-me d’enfer, p. l. cour. Lett. n, 97.
— hist. xii* s. Truvad le vesche Hely al entrée,kiasis iert, qu’il as alanz e asvenanz parole de salumustrast, Rois, p. 3.
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ALLANTOÏDE (al-lan-to-ï-d’), s. f. Terme d’a-natomie. L’une des membranes qui appartiennentau fœtus de certains animaux.
— hist. xvi' s. L’autre tunique est appelée al-lantoïde, et la tierce amnios, paré, i, 36.
— ÉTYM . ’AXXavTtmSri;, deàXXâ;, boudin, eteîSo:,forme (voy. idée), parce que cette membrane a unecertaine analogie avec un boudin.
f ALLANTOÏDIEN, IENNE (al-lan-to-ï-diin,diè-n’), adj. Terme d’anatomie. Se dit du liquidecontenu dans la cavité de l’allantoïde.
fALLANTOÏNE (al-lan-to-ï-n’), s. f. Terme dephysiologie. Substance neutre qui existe dans le li-quide allantoïque de la vache, par l’évaporation du-quel on l’obtient. Elle a été aussi appelée acide al-lantoïque.
f ALLANTOÏQUE (al-lan-to-i-k’), adj. Le mêmeque ALLANTOÏDIEN.
fALLA OTTAVA (al-la o-tta-va), loc. adv. Termede musiqüe. Indique qu’un passage doit être exé-cuté à l’octave au-dessus ou au-dessous.
— ÉTYM . Ital. alla ottava, à l’octave.
f ALLA PALESTRINA (al-la pa-lè-stri-na), loc.adv. Terme de musique. Indique un contre-pointfugué, ainsi appelé du nom du musicien célèbrequi le premier sut y mettre la majesté convena-ble à la musique d’église.
— ÉTYM. Ital. alla Palestrina , à la façon de Pale-strina.
f AI.LAPOLACCA (al-la po-la-ka), loc. adv. Termede musique. X la polonaise, indique un mouvementà trois temps modéré et rhythmé d’une façon parti-culière.
— ÉTYM . Ital. alla polacca, à la polonaise.
f ALLARGUER (a-Iar-gué), ». n. Terme de ma-rine. Porter largue pour éviter un danger.
f ALLATURCA (al-la tour-ka), loc. adv. Termede musique. Rondeau alla turca.
— ÉYM. Ital. alla turca, à la turque.
fALLA ZOPPA (al-la zop-pa), loc. adv. Terme domusique, qui indique un mouvement contraint etsyncopant entre deux temps,sans syncoper entredeux mesures , ce qui donne aux notes une marcheinégale et comme boiteuse.
— ÉTYM . Ital. alla zoppa, à la boiteuse.
ALLÉ,ÉE (a-lé, lée), part, passé. Monti, allé àMadrid pour le plaisir de le voir [Albéroni], revêtu dola pourpre, eut peine à voir le roi et la reine d’Es-pagne , st-sim. 478,164. Maulevrieralléen Espagne,comme un malade aux eaux, demeure à Madrid ,ID. 144, 94.
— REM. Des grammairiens disent que allé nepeut pas s’employer sans son auxiliaire. Cela est eneffet peu usité; mais il n’y a aucune raison pour nepas s’en servir comme de descendu, de sorti, ainsiqu’a fait Saint-Simon.
f ALLÉCHANT, ANTE (a-lé-chan, ehan-t’), adj.Le plaisir alléchant d’un bon dîner.
ALLÉCHÉ, ÉE (a-lé-ché, chée), part, passé.Attiré. Maître renard par l’odeur alléché, la font.Fabl . i, 2. L’un alléché d’espoir de gagner vingtpour cent, Régnier, Sat. xiv.
ALLÈCHEMENT(a-lè-che-man), s. m. || 1“ Moyenpar lequel on allèche. Par offres, par conseils oupar allèchements, rotrou, S. Gen. m, 6. || 2° Enternies de graveur, se dit de la beauté et de la net-teté du burin, et du soin qui parait avoir été pris àle conduire.
— hist. xiv* s. Les alechemens que fesoient litribun pour celle folle largicion, bercheure, f* 42,verso. || xvi* s. Nous renonçons aux allechemenset delices présentes pour.... calv. Instit. 791. Parl’importunité et allichement de deux grandes pro-messes, carl. ni, 1. Les allechements du plaisir,amyot, Comment il faut lire les poètes, 3.
ALLÉCHER (a-lé-ché; la syllabe lé prendl’accentgrave, quand suit une syllabe muette : j’allèche,exceptéauxfut.et cond.),».a. || l°Attirerparquelqueappât. Les noix allèchent les souris. || 2° Fig. Atti-rer, séduire. On l’avait alléché par la promessed’une grande place.
— HIST. xiii* s. De cuer trestuit devons haïr mortelpechié, Dont moult de gens, c’est duel [deuil],sunlsovent entechié; Par droite accoustumance isuntsialechié, Que Dieu veoir ne pueent.... i. de meung,Test. 1640. || xvi* s. Ce n’a pas esté son appétit infe-rieur seulement, ou sensualité, qui l’a alléché àmal, calv. Inst. 177. Les pescheurs usent d’appastpuants pour allicher les poissons, paré, Mumie , 8.Puis donne voile, et sans plus t’allecher [te laisser