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que pour l’oreille, la règle euphonique s'appliqueà y même suivi d’un infinitif et à en. || 5. Locut.vie. Il a plusieurs endroits à aller. Dites : Il lui fautaller en plusieurs endroits. En effet, on ne peutdire aller un endroit, aller plusieurs endroits.|| 6. L’Académie admet la locution : Cette essencefait en aller les taches. Elle a partout consacré cetteellipse par laquelle le langage populaire supprime lepronom personnel; disant : Je l’en ferai souvenir,vous le faites enfuir, etc. Mais, bien entendu, la lo-cution régulière reste toujours avec le pronom per-sonnel : je l’en ferai se souvenir, vous le faites s’en-fuir. || 7. Aller au-devant. Voici comme il se fautservir de cette phrase; par exempre il faut dire : Ilest allé au-devant de lui ; il faut aller au-devant delui; et non pas : il lui est allé au-devant; il luifaut aller au-devant. || 8. Va croissant, va faisant.« Cette façon de parler avec le verbe aller, dit Vau-gelas, est vieille, et n’est plus en usage aujourd’hui,ni en prose ni en vers. On n’emploie plus aller quequand il y a un mouvement local. Ainsi on dira biend’une rivière : elle va serpentant. » Cette remarquede Vaugelas, heureusement, n’a pas prévalu; etl’ondit très-bien : Le mal va croissant.
— SYN. 1° être allé, Avoia été. Cesdeuiexpres-sions font entendre un transport local ; mais la se-conde le double. Qui est allé a quitté un lieu pourse rendre dans un autre; qui a été, a de plus quittécet autre lieu oïl il s’était rendu. Tous ceux qui sontallés ii la guerre n’en reviendront pas. Tous ceux quiont été à Rome n’en sont pas meilleurs. || 2° aller,venir. « Aller se dit du lieu où Ton est à celui où Tonn’est pas; venir se dit, au contraire, du lieu où Tonn’est pas à celui où Ton est. Par exemple, si je suisA Paris, je dirai qu’un courrier est allé de Paris àRome en deux jours, et qu’il est venu de Rome & Paris dans le même temps. Vaugelas , dans satraduction de Quinte - Curce , a dit néanmoins:Alexandre vint mettre le siège devant Célène : ilsemble qu’il fallait dire, alla mettre le siège,Quinte-Curce , qui parle, n’étant pas à Célène lors-qu’il écrivait l’histoire d’Alexandre. Notre règle nereçoit aucune exception à l’égard du mot aller; mais,à l’égard de celui de venir, elle en reçoit plu-sieurs : 4* Ce mot se dit aussi du lieu où Tonest à celui où Ton n’est pas, lorsqu’on est près dequitter ce lieu où Ton est; par exemple, si je suissur le point de quitter Paris pour aller en Anjou, jedirai à quelqu’un qui pourrait avoir dessein de fairele même voyage : Voulez-vous venir en Anjou avecmoi ? 2 ° Il se dit encore du lieu où Ton est à celuioù Ton n’est pas, quand on parle de celui où Tondemeure ; ainsi, je dirai à quelqu’un que j’aurairencontré dans la rue : Voulez-vous venir demaindîner chez moi ? » ménage. En général, la différenceentre aller et venir étant que aller indique le mouve-ment seul, et que venir considère aussi l’arrivée, onpourra mettre venir partout où l’idée d’arrivée seraimpliquée.
— hist. x* s. Aler in Niniven, Fragm. de Va-lenc. p. 407.
— xi* s. E s’il à la terce fiée [fois] ne pot dreit aver,ait [qu’il aille] à conté, L. de Guill. 42. Alez en esten un verger souz l’ombre, Ch. de Roi. II. Franc s’enirrunt en France la lur terre, ib. iv. Dist A ses ho-mes : Seignur, vous en ireiz, ib. VI. Li empereress’envait dessouz un pin, ib. xii. Mais il me mandeque en France m’en alge [aille], ib. xm. [Il] vaits’apuier souz le pin à la tige, ib. xxxvi. Enz au ver-ger s’en est allez li reis, ib. xxxvn. Beste [cheval]n’i a qui encontre lui alge [aille], ib. cxm. Sei-gneur, dist-il, moût malement nous vait, ib. cliv.Àinz qu’en alast un seul arpent de champ.... ib.clxiii. Jointes ses mains [il] est alét à sa fin [estmort], ib. clxxiii. Qu’il ainz [aille] ad Ais où Char-les seult plaider [tenir le plaid], ib. clxxxix. Jevous cornant qu’en Saragoce algez [aillez], ib.
— xii* s. Je vei [vais] mostrer, Ronc. p. 2 . Auts’en [qu’il s’en aille] en France, «i>. p. 3. Or, baron,de l’aler [heure est d’aller] , ib. p. 6 . Ne s’en voudraaler, ib. p. 8. Se il i vait, ib. p. 13. François vontdisant, ib. Irez à Tamirant, ib. N’alez mie atardant,ib. p. 14. Qu’alez ici disant, ib. p. 20. [Il] s’en vaseoir, ib. p. 25. Va s’en li jors, si revint la vesprée,ib. p. 33. N’i a franzois [qui] sur lui ne soit alant,ib. p. 35 . Contre le ciel vait moût bien torniantSon fort espié, ib. p. 37. Granz quinze lieues enest la voix [du cor] alée, ib. p. 84. L’escu au col[il] lait [laisse] le cheval aler,th. p. 5t. Quant [il]eut alé la monte d’un arpent, ib. p. 100 . De main-tes choses [il] se va lors remembrant, ib. p. 106 .Dist Baligans : car en alez, baron, ib. p. 120 . Droiten sa chambre [elle] en est courant alée, ib. p. 146.
Oliviers voit la mort le vait hastant, ib. p. 92. Enla montaigne où je m’en fu allez, ib. p. 94. Con-querre [j’] allai d’Espaigne le pais, ib. p. 180 . Ledestrier [il] broche |pique], moût le fait tost aler,ib. p. 75. Le plus fort membre qui m’alloit soute-nant, ib. p. 4 64. Qui à saint Jacques en vont ledroit chemin, ib. p. !55. Vez-ci mon gage, je veuilqu’il aille avant, ib. p. 484 . [Nef] qui va là où ventl’empraint, Couci, ni. Ainz que j’aille outremer,ib. vi. Ne je ne veuil tout le siecle [m’] ennuier, Oualer m’en [m’en aller] mourant, ib vin. Chançon,va-t’en là où mes cuers t’envoie, ib. xvi. Je m’envois, dame ; à Dieu le creator [je] Commant vo cors[votre personnel, en quel lieu que je soie, ib. xxn.Cestui veulent [les dames] et à cestui s’otroient,Cestui tiennent, cestui laissent aler, quesnes, Ro-mancero, p. 87. Vostre clairs vis [visage] qui sem-bloit fleur de lis, Est si alés ore de mal en pis, Qu’ilm’est avis que me soiez emblée, ib. p. t07. Lasse,fait-ele, or m’y va malement; Livrée [je] sui à uneestrange gent, ib. p. 70. Guiteclins va par terreo sa grant baronie, Sax. vu. Vousirez à Cologne lafort cité garnie, ib. Quant fu faisli services [divin],si sunt alé laver, ib. xm. Si servez vo [votre] sei-gneur, où qu’il vait ne quel part, ib. xix. Maisonc homme n’allerent si perilleusement, ib. xxi. Ar-dant irons ses viles, ses chastiax et ses bors, ib.xvii. Mais arriéré [qu’ils] s’en aillent ainsi comsont venu, ib. xxvm. Respundi li evesches : ne t’a-pelaipas, mais va arriéré dormir, Rois, p. 4 4. Equant tu serras del siecle aled, beaus sire reis....ib. 223. L’arcevesque Thomas tut avant s’en ala; Lacruiz arceveskal il meïsmes porta, Th.leMart. 39. Làù sist sur le banc, entre lui e le rei, Alouent [allaient]libarun, dui e dui, trei e trei, ib. 40. L’escrierenten haut à hu e à desrei : Li traïstres s’en vait, veezlei, veez lei, ib. 46. Et cil du pais vont et vien-nent Et enz e fors à lor plaisir, la Charrette , 1908.....à sen annar Làverreiz tant baron por lui plorar,Gérard de Ross. p. 294. Quant sera au mostier, an-naz en lai [allez-vous-en là], ib. p. 363.
— xm* s. De là s’en alla-il vers le roi Phelipe d'A-lemaigne, qui sa serouravoit à famé, villeh. xlii.Le conte Gautier de Briene qui s’en aloit en Puilleconquerre la terre safemme, id. xx. Et se nus en vo-loit aler encontre, vos li aideriez encontre ceus quicontre li seroient, id. ex. Et quant notre gent virentce, si commencierent à aler le petit pas emprès lesbatailles des Grieus, id. lxxxii. S’il aloient seurcres-tiens, il iroient contre la loi de Rome , id. lii. Qu’àSaint-Denis [j’] iroie pour prier Dieu merci, Berte,i. Qui aloient jouant sur l’herbe qui verdie, ib. n.Vers le lion [il] s’en va, ou soit sens ou folie, ib.Le roy Charle Martel convint à fin aler [mourir], ib.ni. Il meïsmes ala trois serjans apoler, ib. xvii.Ha sire Diex I fait-elle, voirs est qu’ainsi alla [qu’ainsiles choses se passèrent], ib. xxv. Et li autre mouru-rent, sachez qu’ainsi aia, ib. cvm. Que mon afaireva toujours de mal en pis, ib. xxx. Car je sai vrai-ment, morte sui et allée [perdue], ib. xlvi. Perede paradis, or est ma vie alée [finie], ib. Quant elleeut, une pièce, la sentelette alée, ib. Laissez toutce aler, n’en soit parole dite, ib. liv.X mamere [je]m’en vois courant, lui monstrerai, ib. lvii. [Que]Dame Dieu la consaut [conseille], quele part qu’elevoise, ib. lxi. Amis, vous en irez en la vostre con-trée, ib. lxviii. Que li rois s’assenti à ce qu’ele yvoïst [allât], ib. il Je veuil qu’o vous s’en voist[aille] noble chevalerie, ib. lxxii. [Je] ne veuil pasque aillez à petite maisnie, ib. il. Je lo [conseille]en bonne foy que nous nous en aillons, ib. lxxvii.Quant Tybers et les serve voient qu’il va ainsi, ib.lxxxix. Mais contre jugement ne veuil-je mie aler,ib. xcvii. Tant [ils] ont par leur journées alé etpourseü, Que sont droit en Hongrie leur pais revenu,ib. ci. Tantost connut [elle reconnut] sa mere, aspiés lui est alée, t'i>. cxxvi. Endementiers, li des-loiaus rois Henris ala tant entour la damoisiele qu’ilfut carnelement à li, Chr. de Rains, p. 4 3. Mesqu’est alé n’est à venir, Lai du conseil. Or n’a peürque nus le voie; Seürement s’en va sa voie, Ren.7432. Li criz qui après lui engraingne Le fist alerplus que le pas, ib. 4913. Bien savoit le bois tôt en-tier, Que mainte foizl’avoit allé, ib. 489 1 . Onquesn’iquistne sel ne sauge; Encor ançois que il s’enauge, Getera-il son ameçon, Il n’en est mie ensoupeçon, ib. 840. Mès comment qu’il viegne neaut, X grant poine s’en est estors, ib. 24652. Lorsdist Poncet : au Deu plesir; Nos alomes la messeoïr; Tuit alomes vers Je mostier, ib. 4 2682 . Et ladame et le chevalier Tantost commande appareillierLes chevax, et tost enseler, Contre son pere veultaler [à la rencontre], ib. 22644 Que vous iroie-ge
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datant? la Rose, 6557. Or aut si cum aler porra,Or face Amor ce qu’il vorra, ib. 4207. N’il n’est nusqui cele part voise, Que tous li cuers ne li ren-voise [devienne plus gai], ib. 4027. Li tens qui s’enva nuit et jor, Sans repos prendre et sans sejer, Etqui de nous se part et emble, ib. 361. Les rosesovertes et lées [larges] Sunt en ung jor toutes alées[passées], ib. 4654. Tout li monde vait ceste voie,ib. 4356. Li fondement tout à mesure Jusqu’au piédu fossé descent, Et vait amont en estrecent [serétrécissant], ib. 3822. Et se tu os [entends] nulmesdisant Qui aille famés desprisant, Blasme-le, et dis qu’il se taise, ib. 24 28 . La sentencede la grignor partie et de la plus seine veit avant,Liv.deJust. 29. Li baillif,segont Tordre de droit,au-gent [aillent] avant ou [au] plet, ib. En tel saisine eten tel teneure corne le pere ou la mere avoient quantil alerent de vie à mort, Ass. de Jér. i, 246. Ainsen seroient tuit coupable cil qui seroient alé enl’ayde du fet, beaum. xxx, 68. Et por ce pot on, entix cas qui sunt apert, aler avant par voie de dénon-ciation, id. lxi, 2 . On ne me porroit pas dire queje allasse contre le jugié, id. vu, 7. Nous sommesalé contre le commandement Mahommet, qui nouscommande que nous gardons le nostre Seigneuraussi comme la prunelle de nostre œil, joinv. 248.Le grant roy desCommains li bailla unes lettres quialoient à leur premier roy, id. 266 . Seigneurs, ma-dame la royne ma mere m’a mandé et prié toutcomme elle peut, que je m’en voise en France , id.254. Le roy feust moult volentiers alé avant, sansarester, en Egypte , id. 24 0. Mon cheval s’agenoillapour le fez [faix] que il senti, et je en alé ouireparmi les oreilles du cheval, id. 225. Seigneurs,vous ne fetes pas bien ; car nous sommes là où en[on] nous a commandé, et vous alez outre comman-dement, id. 277. Mestre Geffroy, alez dire à laroyne que le roy est esveilié, et qu’elle voise versli pour li apaisier, id. 287. Je li requis que je etma gent alissiens jusques hors de Tost, id. 247. Iln’ot guieres alé [il n’avait guère fait de chemin]quant il ot plusieurs messages du conte de Poi-tiers son frere, du conte de Flandres, etc. id.227.
— xiv* s. En tele maniéré que tu déviés et vai-ses hors de vérité, oresme, Eth. 4 63. Et celui quiest incontinent, il est et va hors de raison, id. ib.
4 92. Bertran à l’aprochier ung petit Tenclina : Oravant! dit li princes, Bertran, comment vous va?Guescl. 4 300. La dilacion m’est greveuse, Et la de -meure trop ennuyeuse; Car j’ay trop plus chierla bataille Que le trecté, que qu’il en aille [quoi qu'ilen arrive], Liv. du bon Jehan, 4 228.... Ainsin va dela guerre; On voit sovent fortune torner en petitd’ore, Girart de Ross. v. 2260 .
— xv* s. Il me plait bien que cette ordonnameevoise ainsi; mais.... froiss. i, i, 234. Messire Gau-tier de Mauny s’en issit hors [du châtel] atoutcent ou cent vingt compagnons, et en alloient paroutre la riviere de leur costé fourrager, id. i, i,260 . Si vous disons que nous conseillons mon sei-gneur , qui cy est, qu’il s’en voise en Franceveoir leroy san cousin, id. i, i, 6t. Sitost qu’il vitle duc, il [Jean de Norvich] osta son chaperon etle salua. Adonc lui demanda le duc : Jean, com-ment va? vous voulez vous rendre? id. i, i, 256. Lediable alla entrer au corps de ce Jacques, id. ii, ii,30. Nous ne pouvons faire meilleur exploit que dealler ce chemin que nos ennemis sont allés, id. n,il, 237. Le duc.... bien savoit que il faisoit mal etpoint n’y pourveoit, mais souffroit les choses aller àl’aventure, id. iii, iv, 24. Il seroit bon que parlariviere nous alissions visiter nos ennemis, id. ii, ii,75. De ces responses fut le comte de Hainaut tou'grigneux, et dit qu’il n’iroit pas ainsi, id.i, i, 4 4 9.Ils estoient si foibles et si fondus et si affamés qu’àpeine pouvoient ils aller en avant, id. i, i, 44. Gau-tier, vous en irez à ceux de Calais , et direz au ca-pitaine que.... id. i, i, 320. Les nouvelles vinrentau roy de France de la besogne comment elle es-tait allée, id. i, i, 4 34. Et ces brigands brisoientmaisons, coffres et escrins, et prenoient quanqu’ilstrouvoient, puis s’en alloient leur chemin, chargésde pillage, id. i, i, 324. Beau frere, dit messireHenri, il ne va point ainsi, id. i,i, 464. Si aberentà conseil ensemble, id. i, i, 219. Je ne dy riens quetous nevont disant, ch. d’orl. Bal. 9. Tant vale potà l’eau qu’il brise, id. Rond. Donc il advint.... queil ouït dire que un chevalierd’Angleterre.... s’alloitvantant qu’il avoit traversé tout le royaume deFrance, mais oneques n’avaitpeu trouver chevalierqui eust oséjouster à luy, Bouciq.i, ch. 43. Si ad-vint que un des escuyers qui chevauchoit devant
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