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Tome premier. A - C.
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luy, la vit par une fenestre, et va dire : 0 que voilàbeau chef! ib. iv, ch. 7. Et du faict du roy d’An-gleterre ne leur challoit au demourant commentil en allast, comm. iv, 7. Mais alla ledit duc deBourgongne de nouveau sur les Lyegeois, id. n, 3.Un an ou deux avant qu’allisionsen Italie, in. vii, a.Et qui ne fust allé à la bonne foy, c’estoit ung très dan-gereux chemin, id. iv, 9. Voulez vous que je voissetoute nue? L. xi, Nouv. lxviii.

— xvi' s. Comment te va? marot, i, 4 98. Et parles champs ne voy aucun berger Qui pour la nuit nes’en voise heberger, id. i, 319. Mal t’en ira, id.u,44. Or t’en va, quand et où il te plaira, id. n, 183.Il s’en va nuict, et des hauts monts descendent Lesumbres grands, qui parmi l’air s’espandent, id. iv,7. Et alissiez vous à tous les dyables, je proteste ja-mais ne vous laisser, rab. Pont, n, 9. Les cheminscheminent comme animaulx. Et veidz que les voyai-giers demandoyent où va ce chemin? id. ib. v, 26 .Qu’ils voisent maintenant, et facent un bouclier deleurs allégories, Calvin , lnstit. 489. Il va bien queprésomptueux qui voudroit imposer loy à Dieu ,n’est point arbitre en ceste cause, id. ib. 680 . Maisd’affermer cela, et principalement en telle hardiessequ’ils y vont, qu’est-ce autre chose, que.... id. ib.701. L’Escriture condescent à nostre petitesse, com-me une mere à l’infirmité de son enfant, quand ellele veut apprendre d’aller, id. ib. 738. Ne vous en-nuyiés de souvent faire savoir comme il vous va àcelle que toujours trouverés vostre, marg. Lett. 3.Et encores demain s’en va ma tante de Nemours enSavoye, id. ib. 8. Je m’esclatay la peau dessus legenou de près d’ung empan , mais cela s’en vagary, id. ib. 47. Et pensés, voyant vos affaires al-ler sy bien, en quel contentement et louange deDieu s’en va priant pour vostre prospérité, vostre....id. ib. 4 27. Elle alloit s’amollissant, mont, i, 4. Selaisser aller à toute sorte de conseils, id. i, 4 96. Sielle feust toujours allée ce train, id. i, 232. Us s’yen allèrent avecques leurs femmes et enfants, id. i,233. Us vont nus par dévotion. AUer la teste cou-verte, id. i, 269. Allez vous y en, id. i, 296. Je m’envais clorre ce pas par un verset ancien, id. i, 336.Je m’en voys quant et vous, id. in, 483. Et qu’ellesne se voisent pas coucher de si bonne heure, des-per. Cymbal. 4 27. Les Lacedæmoniens le regret-tèrent fort quand il s’en fut allé, amyot, Lyc. 7. Uprouvoira mieulx à son faict, quand il verra qu’il yira de sa vie et de son estât ensemble, id. Thém.32.Autrement, les affaires des Carthaginois s’enalloientruiner, id. Fab. 4 2 , Remporte donc ton or et tonargent, et t’en va, id. Cimon, 4 7. Toute la ville s’enalloit deserte sans l’accident qui arrivaàlacitadeUe,d’aub. Hist. n, 326. Le roi qui s’en alloit execrableà son peuple, se rendit inimitable aux dévotions, {id.330. Pour aUer trop tes beaux soleils aimant, hons. 7.Et de ces yeux qui me vont dévorant, id. 4 9. Voicyles fleurs où son pied va marchant, Quand à soymesme elle pense seulette, id. 86. Quelque part oùje voise.... id. 24 6. Que ne pensoy-je, alors que j’es-toy belle, Ce que je vay pensant? id. 456. Ainsitout va par fraudes et parfainte, id. 649. T’embras-sant en mon sein pour la derniere fois : Car là basaux enfers, Adonis, tu t’en vois, id. 796. S’il selaissent trop aller à prendre plaisir d’en deviser,LANOUE, 437.

— ÉTYM . Bourguig. aulai, ailai; provenç. etcatal. anar; espagn, et portug. andar; ital. andare;ital.ancien,d’aprèsCastelvetro, anare. Ici se présenteune première question : aller et andare sont-ils unseul et même mot? Diez paraît l’avoir résolue d’unefaçon satisfaisante. II rapporte un vers de Tristan :Que vos anez por moi fors terre ; et un vers de lachronique de Benoît : Si qu’en exil nos en anium.A la vérité Burguy, Gramm. 1. 1 , p. 286 , pense queanium, est une mauvaise leçon, et qu’il faut aujun(comp. qu’il aut, qu’il aille), se fondant sur ceque la forme aner ne peut appartenir au dialectenormand dans lequel Benoît a écrit. Mais je trouvedans la chanson de Roland, qui est aussi un textenormand, qu’il ainx, pour qu’il aille; ainx vientà’aner. L’objection de Burguy ne subsiste donc pas,et il faut admettre que, dans l’ancien français , àcôté de aller, il y a eu une forme aner, paraUèleaux autres formes romanes. La permutation de l’nen l n’est aucunement sans exemple dans le fran-çais : témoin orphenin et orphelin, venin et velin,entre lesquels la langue a hésité. Si l’on admet queles verbes romans viennent d’un mot latin (l’alle-mand wallen, aller, qu’on a cité, aurait donné gua-ler), le français et le provençal aner, anar, suppo-sent adnare; l’espagnol andar suppose ambitare ouac/i/arcjl’italien andare suppose aditare, avec l’in-

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tercalation d’une nasale. Diez remarque que ambi-tare, fréquentatif à’ambire, aller autour, a pu très-bien donner l’espagnol andar, mais que la syllabeamb ne se rend pas en italien par and, et qu’il fautl’exclure, à moins d’admettre que le mot italien dé-rive du mot espagnol ; dérivation que, historique-ment, rien ne justifie. Excluons donc ambitare. Diezs’attache -iaditare, fréquentatif d’adire, et employéquelquefois par les Latins eux-mêmes dans le sensd’aller ; il fait voir que aditare a pu faire andare enintercalant une nasale ; ce qui arrive, voyez rende-re, de reddere. Le fait est que l’italien andito estVaditus latin, et témoigne que le verbe adiré a laissédes traces. Maintenant entre adnare fourni paranar, aner, et andare fourni par aditare, quelchoix faire? Aditare donnerait en français atter ouander, en provençal andar, mais non aner ou anar;pour le faire prévaloir, il faudrait admettre qu’ilsviennent de l’italien , ce qui n’a dans l’histoire deces langues aucune preuve. Adnare, qui donne aneret anar, fournira probablement l’espagnol andar,bien que je ne connaisse pas de combinaison dn quien espagnol donne nd; mais fournirait en italienannare, et non andare. X la vérité Diez remar-que que le catalan supprime souvent le d, disantmanar pour mandar; que c’est le catalan qui a faitanar de andar, et que de là la forme sans d s’estétendue dans la langue d’oc et dans la langue d’oïl.Mais c’est là un pas que l’on ne peut franchir sansautre exemple que celui-là même qui est en ques-tion : le d en cette position ne disparaît pas dansces deux langues. Diez a prouvé pleinement, je crois,que andare peut venir de aditare; mais il n’a pasprouvé comment aditare aurait donné anar et aner.U se présente deux solutions de cette difficulté : ouadmettre qu’il y a eu deux formations : l’une, de anda-re, qui vient de aditare; l’autre, de anar, aner, quivient de adnare. Adnare est cité dans le Glossaire dePapias, avec le sens devenir; Virgile a dit en parlantde Dédale : Insuetum per iler gelidas enavit ad arc-tos, Æn. vi, 46; et adnare pour aller n’est qu’unemétonymie comparable à celle de adripare dit pourarriver. Cette solution est la seule qui satisfasse auxexigences de la dérivation dans les langues roma-nes ; mais elle pèche contre une exigence consi-dérable , à savoir l’exigence historique : d’ordinairela formation est analogue dans les quatre grandsembranchements; aner, andare, andar et anarsont trop voisins de forme et de sens pour qu’on nepense pas qu’ils émanent d’une même création.Le problème étymologique en est là : trouver com-ment anar ou aner s’accommode avec andare, sic’est aditare qui est le radical ; ou comment andares’accommode avec anar ou aner, si c’est adnarequi est le radical ; ou enfin trouver comment il se faitqu'il y ait eu une double formation pour un mot siusuel; s’il faut prendre adnare pour les langues cis-alpines, et aditare pour les langues hispano-itali-ques; ou bien enfin, dans l’incertitude qui reste, siquelque autre mot encore inexploré n’est pas l’ori-gine.

— rem. La conjugaison d’aller se complète avecdeux autres radicaux, savoir celui du futur et duconditionnel, qui se rapporte au verbe latin ire(voy. irai pour l’étymologie), et celui de je vais,tu vas, il vs., ils vont, dérivé du verbe latin vadere(voy. vais pour l’étymologie). Autrefois, je vais avaitun subjonctif, que je voise, conservé dans le picard,que je m’en voiche. Marg. Buffet, Observ. p. 79,

4 668, dit qu’à Paris ia bourgeoisie se sert ordinaire-ment de cette locution : vous voulez que je voise,et que c’est une des plus barbares.

2 . ALLER (a-lé), s. m. || 1° Action d’aUer. Lorsquele chevreuil a confondu par ses mouvements la di-rection de l’aller et du retour, büffon, Chevreuil.|| Proverbes. Au long aller petit fardeau pèse, c’est-à-dire, à la longue, légère charge devient lourde.|| Avoir l’aller pour le venir, faire un voyage,une course, une démarche inutile. || 2° Le pis aller,le pis qu’il puisse arriver. Voilà votre pis aller, sév.382. || 3° Au pis aller, avec le plus grand mal quipuisse arriver. Au pis aller, il en sera quitte pour uneamende.

— HIST. xn* s. Ses ieuz, son vis, qui de joiesautele, Son aler, son venir, Son beau parler et songent maintenir, Couci, xvm. || xiii* s. Puisquel’aler en France ne volez laisser mie.... Berte, lxxii.X l’aller que nous feismes outre mer, joinv. 4 92,|| xv' s. Tant à l’aüer qu’au retourner, comm. vii,Prologue. || xvi' s. Le temps, pour vray, efface tou-tes choses; Au long aller mes tristesses enclosesEffacera.... marot, i, 369. Encor posé le cas quel’eusse faict. Au pis aller n’y cherroit qu’une amende,

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id. n, 89. Au pis aller je serais trop heureuse demourir avec tant de vertueuses personnes, marguer.Lett. 4 27. Si ne perdit elle point le cœur ni l’allerfia force de marcher], id. Nouv. lxi. Us aront l’alerpour le venir, du guet, dans palsgr. p. 974.

j-ALLÉSÉ, ÉE (a-lé-zé, zée), part, passé.

fALLÉSER (a-lé-zé), v. a. Agrandir le calibred’un canon.

— ÉTYM . Probablement à l’aise ; mettre à l’aise.

ALLEU (a-leu), s. m. Auplur. alleus. ||1“ Termo

de droit féodal. Bien héréditaire. Tenir d’alleu, pos-séder héréditairt ment. La loi des Francs ripuaires,fidèle interprète de la loi salique dans le titre desalleus, montesq. Esprit, xvm, 22 . || 2°Franc-alleu,bien héréditaire exempt de tout droit seigneurial.Tenir en franc-alleu, c’est tenir terre de Dieu seu-lement. Le franc-alleu noble ne doit pas être con-fondu avec le franc-alleu roturier; quoiqu’ils fus-sent égaux en franchise, ils différaient en ce quele franc-alleu noble avait droit de justice et que lefranc-alleu roturier était terre sans justice.

—HIST. xii' s. Qui donc veïst le duc ses alues con-tredire [défendre], Sax. x. || xiii' s. Nus, seloncnostre coustume, ne pot pas tenir d’alues, et onapele alues ce qu’on tient sans rendre à nului nuhredevance, beaum. xxiv, 4. Monsignor Gerartdonné et otroyé en aumogne à l’eglise monsigno.S. Pierre de Castenai tout sen [son] alou quanque ilavoit à Landeville, du cange, alodis. ||xvi* s. Im-meubles sont biens aïeux, amortis, féodaux, rotu-riers, etc. LOYSEL , 240.

— ÉTYM . Provenç. aloe, alluc; espagn. alodio;ital. allodio ; basse-latinité, allodarum, aVodium,allodinum, alodes, alodis, alodium, alaudum,alaudis, aluelum. On trouve aussi dans l’ancien fran-çais les formes aloud et aleuf. De nombreuses éty-mologies ont été proposées pour ce mot. La suivantea pu paraître plausible : de al pour ad, et du motgermanique lod ou loos qui signifie ce qu’en latinon nommait sors, c’est-à-dire une portion de terreassignée par le sort à tout homme libre dans le par-tage des fonds attribués aux barbares après l’occu-pation des provinces de l’empire romain. Allodium serait ainsi un mot hybride, qu’on représenterait très-bien par le latin barbare adsortium; l’anglais allot,attribuer par le sort, favoriserait cette étymologie.Mais la véritable est celle qui tire alleu des motsgermaniques, ail, tout, et od, bien, propriété,c’est-à-dire propriété entière, complète. Ce qui lèvetoute incertitude, c’est que le radical od avec lesens de bien-fonds, s’est conservé dans le suédoisodal-man, propriétaire en franc-alleu, odal-stand,ordre des propriétaires, odla cultiver, odling cul-ture, et dans le danois , odel, héritage allodial,odels-mand, seigneur foncier. Ces rapprochementsne laissent aucun doute.

f ALLIABLE (a-li-a-bl’), adj. Qui peut être allié.La difficulté d’ajuster deux choses si peu alliables[le deuil et la joie] le trahit [le duc d’Antin], st-SIMON , 480, 469.

— étym. Allier .

ALLIACÉ, ÉE (al-li-a-sé, sée), adj. || l'Qui tientde l’ail. || 2° S. f. plur. Nom donné à un groupe dela famiUe des liliacées, qui a pour type le genre airlium.

— ÉTYM . Allium (voy. ail).

ALLIAGE (a-li-a-j’), s. m. || 1 • Combinaison dedeux ou plusieurs métaux. || 2° Fig. Mélange im-pur. II y a peu de vertus humaines sans quelquealliage.

ALLIA IRE (al-li-ê-r’), s. f. Plante bisannuelle,qui tire son nom de l’odeur d’ail qui la distingue.Elle est regardée comme diurétique et antiscorbu-tique.

— ÉTYM . Ail.

ALLIANCE (a-li-an-s’), s. f. || 1° Acte par lequelon s’allie. || 2° Union, confédération entre des États.Traité d’alliance. Alliance offensive et défensive. LesIndes recherchent son aUiance, boss. Hist. i, 9.Après avoir fait alliance avec le nouveau roi, fén.Tél. iii. L’alliance qui venait d’être jurée, id. ib.x. Avec nous tu juras une sainte alliance, rac.Esth.ï, 3. || Ancienne alliance, alliance que Dieu contracta avec Abraham . Nouvelle alliance, alliancede Dieu avec tous ceux qui croient en Jésus-Christ.|| 3° Union par mariage. Une riche alliance. Ah ! sei-gneur, songez-vous que toute autre alliance Feraithonte aux Césars auteurs de ma naissance? rac.Brit. n, 3. C’est là qu’il les attend pour bénir l’al-liance, corn. Bodog. v, 2 . Rome vous permet cettehaute alliance, îo.Nicom. 1,4. || 4'Bague de mariage.

|| 5“ Fig. Union, mélange. Pour faire voir l’alliancequ’ils ont faite des maximes de l’Évangile avecceliej