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du monde, pasc. Prov. 7. Tout tombe sous son al-liance [tout a un lien avec lui], id. édit. Cous. Commel’alliance de la géométrie et de la physique fait laplus grande utilité de la géométrie et toute la soli-dité de la physique, fontes. Bernoulli. || 6° Al-liance de mots, toute réunion de mots formant uneexpression remarquable, telle est, dans Corneille,dévorer un règne. Il y a des alliances de mots qui sontbonnes, il y en a qui sont mauvaises. Cet autreexemple de Corneille est très-beau : Et, monté surle faîte, il aspire à descendre.
— SYN. ALLIANCE, CONFÉDÉRATION, LIGUE, COALI-TION. L’alliance est une amitié établie par des traitésentre des souverains. des nations, des Etats , despuissances.La confédération est une union d’intérêt etd’appui contractée entre des corps, des partis, des-villes, de petits Etats pour faire ensemble cause com-mune: c’est cette condition de faire cause communequi distingue la confédération de l’alliance qui, étantun mot plus général, n’implique pas la défense ré-ciproque. La ligue est une jonction formée entre dessouverains, des partis, des particuliers puissants,pour exécuter une entreprise commune et en par-tager les fruits. Ce qui sépare la ligue de la confé-dération, c’est que la ligue n’a pas la permanencede la confédération et a d’ordinaire un objet plusborné. Ligue prend souvent aussi une acception dé-favorable. Coalition diffère de ligue moins par lesens que par l’emploi; on s’en sert pour désignerla réunion des souverains qui, en 181 3 et en 181 4,abattirent l’empire français ; on s’en servirait fortbien pour exprimer toute ligue analogue; on s’ensert encore, et non pas de ligue, pour désigner dans■es assemblées législatives la réunion de plusieurspartis à l’effet de renverser un ministère. La coali-tion des torys et des radicaux renversa le ministèrewhig.
— hist. xn" s. Dune enveierent, si enporterentl’arche del aliance Deu, ki sires est des oz [armées]e siet sur Chérubin, Rois, p. 14. || xin" s. Et pour-parlerent entre lui et le conte Renaut que il feraientalliance au roi Jehan d’Engleterre et à l’empereourOthon , Chr. de Bains, 144. Si vous fais bien asa-voir que je ne serai plus de vostre allianche ne devostre acort, ib. 189. Et fu en cele alliance Huesle Braves, ib. 144. Si ne serait mie boin que vouscommencissiez la mellée, ne brisissiez l’aloiance,ib. 217. Brun, fet Renart, se je savoie Que je tro-vasse en vos fiance Et amistiez et alliance, Foi que(e doi mon fiz Rovel.... Ren. 10260 . Ou s’il a aucuneiliance à li ou aucune compaingnie, beaum. v, 19.
I| xiv" s. En la maniéré d’aucunes cités qui ont alian-ces ensemble pour aider l’une à l’autre à soy def-fendre en batalles, oresme, Eth. 236. ||xv's. Fi-nablement, le conseil se porta tout d’un accord,d’une voix et d’une alliance que on élirait au con-seil douze hommes notables et sages, froiss. ii, ii,66. Comme j’ay dit, au partement dudit prince es-taient logez toutes ces alliances [tous ces alliés]près dudit duc et venoient pour le combattre àl’heure du siégé qu’il avoit devant Morat , comm. v,3. Prendre alliance avec, comm. i, 1.1| xvi* s. Il re-tira plusieurs villes de leur alliance, amyot , Pyrrh.
,67.
— étym. Allier (voy. ce mot) ; provenç. aliansa,ilhiansa; ital. allianxa; espagn. aliansa; basse-atinité, alligantia.
| ALLIATH (al-li-at’), s. m. Nom de la premièreétoile de la queue de la Grande-Ourse .
ALLIÉ, ÉE (a-li-é, ée), part, passé. || 1“ Jointavec. Cuivre allié avec de l’or. La douceur alliée aucourage. || 2° Uni par des traités. Ces deux nationssont alliées. Etre allié de Rome et s’en faire un ap-pui, corn. Nicom. m, 2 . [| 3" Uni par ce genre deparenté qu’on nomme affinité, c’est-à-dire où, sansappartenir naturellement à la famille, on est parentdu mari ou de la femme. Allié de très-près aux Mont-morency. || Etre bien allié, avoir, par affinité, desparents bien placés. L’abbé d’Hervault était un hom-me de condition bien allié, st-sim. t4, 166 . || 4°S. m.et f. Celui, celle qui est jointe à un autre par affi-nité. C’était mon allié. Beaucoup de parents etd’alliés. Cette fille est alliée de M. d’Arrouy, sév. 428.|| 5“ Confédéré. Les alliés gagnèrent la bataille deLeipsig sur l’empereur Napoléon. Porter plus derespect à de tels alliés, corn. Nicom. ii, 3. Fouleraux pieds les droits d’une longue amitié Et m’ar-mer sans pudeur contre mon allié, m. j. chén. QEd.roi, ni, 2 . Je ne souffrirai pas que ce fils odieuxVous fasse des Romains devenir l’alliée, hac. Mithr.
ill, 6.
t ALITEMENT (a-ll-man), s. m. Technologie.Nœud de la corde de la grue.
ALLIER (a-li-é), v. a. || I" Combiner. Allier l’oravec l’argent. || 2" Réunir dans un intérêt commun,dans une action commune , en parlant des États,des peuples. C’est l’intérêt du commerce qui allie cesdeux États. || 3° Fig. Réunir, joindre ensemble.Allier la vérité au mensonge. Ils tâchent d’allier lerespect qu’ils doivent à la vérité avec la complaisancequ’ils conservent pour Hérode , mass. Avent, Épiph.Les raffinements ne sont nécessaires que pour sele dissimuler [le devoir] à soi-même et pour allier lespassions avec les règles saintes , id. Carême, Salut.Alliez, si vous le pouvez, cette situation avec despassions dissipées et mondaines, id. Confêr. Fuitedu monde. Les âmes qui allient les devoirs extérieursde la piété avec les plaisirs, id. Culte. Ce n’est pasd’aujourd’hui que tu sais allier La vertu, les for-faits, l’amant, le meurtrier, volt. Catil. n, 2 .|| 4° Joindre par mariage. Ils témoignèrent l’em-pressement qu’ils avaient d’allier leur maison à celledu duc. || Par analogie. Dis-lui que je lui donneCelui que la naissance allie à sa couronne, volt.Zaïre, ni, i. || 5° S’allier, «. réfl. Ces deux mé-taux ne peuvent s’allier. Ces deux familles se sontalliées. Il demanda qu’on révoquât la loi des douzetables , qui défendait aux patriciens de s’allier dansdes familles plébéiennes, vertot, Révol. rom. vi,p. 99. Le sang de César ne se doit allier Qu’à ceuxà qui César le veut bien confier, rac. Brit.i, 2 . Ledéshonneur d’un nom à qui le mien s’allie, id. Iphig.m, 3. Que l’orient contre elle à l’occident s’allie,corn. Hor. iv, 6. La dévotion chez elles [les fem-mes] s’allie avec l’amour, avec la politique, avecla cruauté même, volt. Louis XIV , 4.
— rem. Des grammairiens ont dit : Allier avecsuppose que les choses que l’on allie sont de naturedifférente, et qu’elles n’ont en elles-mêmes aucunrapport qui les dispose à être alliées. On dira, parexemple, il est difficile d’allier le fer avec l’or. Al-lier à suppose que les choses que l’on allie ont unrapport qui les dispose à être alliées : allier l’or àl’argent; allier les maximes des stoïciens à l’Évan-gile. Cette distinction subtile n’a aucun fondementdans l’usage; ce qui le prouve, c’est qu’avec al-liance, qui ne comporte pas la préposition à, on sesert, dans tous les cas, de la préposition avec,sans que le sens en souffre : l’alliance de la dou-ceur avec le courage.
— hist. xi' s. Le dragon [il] porte à qui la gents’alie [se rallie], Ch. de Roi. cxn. || xn" s. Aliumnous par serement Nos aveir et nous desfendum,Et tuit ensemle nous tenum, wacb, Rou, 6976,6074. Li reis Salomun fud afermez en sun régné;si se aliad par amur et par priveted à Pharaün lerei de Egypte , Rois, p. 233. Car il cremi formentque li fiers reis Henris Ne desist qu’il se fust e alieze mis Tut pur le guerreier od le rei Loewis, Th. leMart. 97. E les leis que vus dites, à quei li reis s’a-lie, Ne sunt de leauté, ainz sunt de felunie ContreDeueraisun, pur destruire clergie, ib. 40. Car senul plait valsist [il voulût] vers les clers comencier,Les evesques verrait tuz ensemble aliez, N’ensi nepurreitpas l’arcevesque plaissier, ib. 39. || xnr s.Et li dona Alexis sa fille, et s’alierent ensemble en telmaniéré, villeh. cxv. Car si tost cum li portiersorent Que si grant ost encontre eux orent, Ensem-ble tretuit trois s’alient Et s’entre jurent etaffient,Qu’à lor pooir s’entr’aideront, la Rose, 16317. LiTurc en Antioche sunt dolent del destrier; Isnele-ment sonerent un grant cor montanier, X la portede fer font lor gent aloier [assembler] , Ch. d’Ant.iv, 200. Sarrasin et Paien s’alerent allier, Bien fu-rent trente mil àl’estour comencier, ib. vi, 899.Puisque ele est aliie par mariage, ele n’a nule poestéde soi, de ses convenances acomplir, beaum. xxxiv,60 . Quant le soudanc de Damas sot que nous es-tions aliez à ceulz d’Egypte , joinv. 268 . || xv" s. Etsi bien le servirent [leur roi] et si avant se boutèrent
. sur les Anglois, que tous y demeurèrent, ni onquesnul ne s’en partit ; et furent trouvés lendemain surla place autour de leur seigneur et leurs chevauxtous alloiés ensemble, froiss. i, i, 288 . [Urbain]sentait le royaume d’Espaigne contraire à ses opi-nions et aloyé à Clement avecques le roi de France ,id. il, ii, 207. Les ditz alliez, comme me fut dit parceulx qui y estaient, pouvoient bien estre trente
mil hommes de pied_ comm. v, 3.jj xvi' s. Il ne de-
voit pas s’allier [par mariage] de oeluy, non duquell’alliance luy estoit plus honorable, mais plus aiséeet plus facile à avoir, amyot, iwf. et Cat. comp.12 . Et si luy arriva encore de renfort le secours dealliez Lucaniens et Samnites, id. Pyrrh. 37.
— ÉTYM . Provenç. aliar, alhiar; espagn. aliare talear, dans le sens d’allier des métaux; ital. aile-
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gare; du latin alligare, de al pour ad, à, et doligare, lier (voy. lier).
ALLIER (a-lié), s. m. Terme de chasse. Sorte defilet à prendre des perdrix, qui est tendu sur deuxbâtons.
— étym. Ménage le tire du latin aies, oiseau, àl’aide d’un mot forgé par lui, alitarium; ce qui nevaut rien. Le valaque a le mot haléu, filet; il seraitpossible que le mot allier eût le même radical, etque ce radical fût le grec âXieù;, pêcheur.
f ALLIGATOR (al-li-ga-tor), s. m. Terme de zoo-logie. Nom scientifique d’un genre de reptiles sau-riens dont les espèces sont appelées vulgairementcaïmans et crocodiles. Les eaux du Victoria, en Aus-tralie , sont hantées par de redoutables alligators,qui se précipitent avec voracité sur les chevaux.
— ÉTYM. Angl . alligator; allem. allegarden dansun passage d’un voyageur de 1649, cité par Gesner ,de Aquat. p. 306, qui ajoute que allegarden n’est pasun mot allemand, et qu’il vient sans doute de l’es-pagnol lagarto, lézard, avec l’article aî lagarto,d’où, par corruption, les Anglais ont fait alligator,comme si le crocodile liait quelque chose (voy. lé-zard).
f ALLINGREou ALLINGUE(a-lin-gr’ ou a-lin-gh’),s. m. Petit arrêt construit de perches, qui se faitdans une rivière.
ALLITÉRATION (al-li-té-ra-sion), s. f. Figure dediction qui consiste à répéter ou opposer plusieursfois la même ou les mêmes lettres, comme dans cetexemple : le riz tantale rat; le rat tenté tâta le riz.
— étym. Ad, à (voy. i), et littera (voy. lettre).
j-ALLIVRÉ, ÉE (a-li-vré, vrée), part, passé.
Taxé, imposé, Une terre allivrée est une terre im-posée suivant son revenu.
f ALLIVREMENT (a-li-vre-man), s. m. Termed’administration. La quote-part des impositions quesupporte chaque commune. Allivrement cadastrald’une commune. Allivrements cadastraux.
— ÉTVM. Allivrer.
f ALLIVRER (a-li-vré), v. a. Terme d’adminis-tration. Taxer, imposer, répartir les contributionsfoncières en proportion du revenu. Ce verbe vientde ce qu’on appelait livré ou livrée une portion deterre valant une livre de revenu.
ALLOBROGE (al-lo-bro-j’), s. m. || 1" Nom d’unpeuple de l’ancienne Gaule, occupant ce que nousappelons Dauphiné et Savoie . || 2° Familièrement.Un homme grossier qui manque de sens. C’est unfranc Allobroge. A-t-on jamais vu pareil Allobroge ï
—ÉTYM. Un scholiaste de Juvénal , Schol. inJuven.p. 347, édit. Cramer, ditque les Allobroges sont ainsiappelés parce que les Gaulois nomment broga, unchamp, et alla, autre. On croit retrouver ces motsdans ail, kimry et bas-breton, autre , et brô, terre,ou brog, habitation.
ALLOCATION(al-lo-ka-sion),i. f. || 1“ Action d’al-louer une somme pour dépense ; gratification.|| 2° Terme de jurisprudence. Approbation donnée auxarticles d’un compte. Rang où sont placés les créan-ciers à titres divers. Attribution même des biens dudébiteur.
— ÉTYM . Al pour ad (voy. A), et locare, louer(voy. location). On disait dans l’ancien français aloement.
f ALLOCHROÏTE (al-lo-kro-ït-’), s. m. Terme deminéralogie. Grenat verdâtre ferrico-calcaire(méla-nite).
— ÉTYM .’AAX.éxpwç, différent de couleur, deàAXoç,autre (voy. autre), et xpwÇw, je colore.
f ALLOCIIROMASIE ' ( al-lo-kro-ma-zie ), s. f.Terme de physiologie. Changement des couleurs;défaut de l’œil qui perçoitles couleurs autres qu’ellesne sont.
— ÉTYM . ’AAAo;, autre (voy. autre), et xpô>p.a,couleur (voy. chrome).
ALLOCUTION (al-lo-ku-sion ; en poésie, de cinqsyllabes), s. f. || 1° En termes d’antiquité, harangueque les empereurs ou les généraux adressaient auxsoldats. || 2° En général, discours d’une personne quiest en droit de parler. Le général a fait à ses sol-dats une allocution énergique. || 3° Médaille romainequi représente un chef haranguant ses soldats. Uneallocution bien conservée. || 4" Allocution se disaitdes lettres par lesquelles les anciens rois de France annonçaient l’arrivée des plénipotentiaires.
— ÉTYM . Allocutionem, de al pour ad (voy. A), etlocutio, action de parler (voy. locution)
ALLODIAL, ALE (al-lo-di-ai, di-a-1’ ; au plur.al-lo-di-ô). || 1 “Adj. Terme de droit féodal. Qui esttenu en franc alleu. Bien allodial. Les terres quepossédaient ces hommes libres étaient ce qu’on ap-