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Tome premier. A - C.
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pelait terres allodiales, montesq. Esp. xxx, 17.|| 2° S. plur. m. Le clergé avait acquis une grandepartie des allodiaux mêmes, montesq. Esp. xxxi, 9.

— ÉTYM . Bas-lat. alloiialis ; de allodium (voy.alleu).

ALLODIALITÉ (al-lo-di-a-li-té), s. f. Qualité d’unbien tenu en franc alleu.

— ÉTYM . Allodial.

f AI.LOÏTE (al-lo-ï-t’), s. f. Terme de minéralogie.Variété de tuf volcanique ou de pouzzolane.

| ALLOMORPHIE ( al-lo-mor-fie) , s. f. Terme dephysique et de physiologie. Métamorphose, passaged’une forme à une autre toute différente.

— ÉTYM . ’AXXoc, autre (voy. autre), et (lopcpn,forme.

f ALT.OMORPHITE ( al-lo-mor-fi-t’), s. m. Termede minéralogie. Variété de sulfate de baryte.

ALLONGE (a-lon-j’), s. f. || 1° Pièce ajoutée àune chose pour l’allonger. On dit aussi rallonge.|| 2° Fig. C’est une petite allonge à mon voyage,sév. 280 . || 3" Terme de marine. Pièce de bois oumembre d’un vaisseau, qui sert à allonger une autrepièce de bois. || 4° Terme de commerce. Morceau depapier qui se colle à une lettre de change. lorsqu’elleest déjà couverte d’ordres. || 5" Technologie. Instru-ment de verre, ordinairement de la forme d’un fu-seau, qu’on adapte au col d’une cornue ou d’un bal-lon, dans certaines opérations chimiques. || Se dit,chez les ceinturonniers, des deux bandes qui sup-portent le pendant; et, chez les cordonniers, d’unmorceau de cuir qui se met entre le couche-point etle sous-bout. || Crochet de fer porté par un nerfde bœuf tortillé, et qui sert à attacher la viande.|| 6° Terme de vétérinaire. Mode de claudication ducheval dû à l’écart violent des membres postérieursen arrière ou en abduction forcée, suite de glisse-ment sur le pavé.

— hist. xiii* s. Je n’ai mestierde faire alonge [re-tard], Ne de controver à mençonge, Ren. 14235. Orm’en repens sans plus d’aloignes, Et pri que tu leme pardoignes, la Rose, 21363.

— ÉTYM . Voy. allonger.

ALLONGÉ, ÉE (a-lon-jé, jée). || V Part, passé.Rendu plus long. Une robe allongée par la coutu-rière. || 2“ Ce qui a une forme longue. Ce poisson aune tête allongée. Ces fruits ont une forme allongée.|| En anatomie, moelle allongée, partie de la moelleépinièrequi s’étend de la partie inférieure de la protu-bérance jusqu’au trou occipital. || 3° Fig. Un visage al-longé, une figure allongée, qui exprime le déplaisir,le désenchantement. M. de Saint-Aignan, revenuchez lui, y trouva la mine de ses gens fort allongée,st-sim. 95 , 3. Les uns ont le visage allongé d’undemi-pied, sév. 119. || 4” En termes de chasse, sedit d’un chien dont le gros nerf crural s’est allongépar une trop forte course. || B” En termes de faucon-nerie, oiseau allongé, celui qui a ses pennes en-tières et de longueur convenable.

ALLONGEMENT (a-lon-je-man), s. m. || 1" Aug-mentation de longueur. L’allongement d’une rue.|| 2“ Fig. Retard calculé, lenteur affectée. Il cherchetoujours des allongements.

— HIST. xiii* s. Que vaut alongemens? h. de va-lenc. vu. De ce ne vous ferai plus long aloignement,Berte, 9. || xvi* s. Ils eussent esté contrains d’allercercher la source de la riviere, qui esloit un alon-gement de plus de soixante lieues, lanoue, 674.Dont se composera un vin tel, que difficilement sepourra remarquer l’allongement d’icelui, o. de ser-bes, 222 .

— ÉTYM . Provenç. alongament, alonhament;anc. espagn. alongamiento; ital. allungamento (voy.allonger).

ALLONGER (a-lon-jé. Devant un a ou un o, le gprend un e : il allongea), t>. a. || 1" Rendre pluslong. Allonger une table, une robe. Allonger unerue. Six chevaux pour allonger un équipage, labruy. 7. || Fig. Sidrac, à qui l’âge allonge le che-min, boil. Lutr. 1 .1| Allonger le visage, rendre tristeou penaud. J’allonge les visages de ceux qui attris-taient le mien, volt. Lelt. à Cath. 48. || Allonger lepas, presser sa marche. Notre suisse , allongez le pas,bérang. Bedeau. || Fig. Allonger la courroie, traî-ner en longueur une affaire, ou tirer parti de res-sources médiocres. || Allonger le parchemin, fairede longues écritures pour en tirer plus de profit ; ti-rer un procès en longueur. || 2° Déployer, étendre,en parlant de certaines parties du corps. Allongerle bras, le cou. L’éléphant peut raccourcir, allon-ger, courber sa trompe et la tourner en tous sens.|| Absolument. Retarder, apporter des longueurs.Une lettre de M. de Cambrai qui ne sert qu’à al-longer, boss. Quiét. 218 . || Familièrement. Al-

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longer un coup d’épée, de poing, de pied; ledonner. Un cheval allonge la ruade, il rue. || 3“ Enlangage culinaire, allonger une sauce, c’est yajouter du bouillon ou de l’eau, et en diminuerainsi la force. || 4° En termes de chasse, Ce cerf atout allongé, il a poussé sa nouvelle tête après avoirmis bas. Cet oiseau s’allonge, il se revêt de sesgrosses plumes. || B* En termes de marine, allon-ger la ligne, augmenter les distances entre les vais-seaux qui la forment. || 6° S’allonger, v. ré fl. De-venir plus long. Les jours s’allongent du solsticed’hiver au solstice d’été. || 7° S’étendre. Un serpents’allonge sur l’herbe. Là les heures, pour moi, s’al-longeaient dans l’attente, delav. Paria, il, 6.|| 8“ Terme de manège. Baisser la main et augmen-ter progressivement l’effet des jambes.

— REM. Allonger pris absolument ou commeverbe neutre, signifie retarder, apporter des lon-gueurs, et non devenir plus long. C’est donc unelocution vicieuse que: les jours allongent; dites: lesjours s’allongent.

—SYN. allonger, prolonger. C’est rendre pluslong. Allonger, c’est ajouter de la longueur; prolon-ger, c’est ajouter de la longueur dans un sens déter-miné. Au propre, on allonge un chemin, quand onfait le chemin plus long, sans autre indication ; onprolonge un chemin, quand on le poursuit dans ladirection qui lui est donnée. Au figuré, on allongeune discussion, quand on la rend plus longue; onla prolonge, quand, à dessein, on la fait durer. Al-longement et prolongement offrent les mêmes dis-tinctions.

- — HIST. xii* s. Grant demi pié [il] les a fait alon-gier, Ronc. p. <89. Fors seul itant qu’ele ne me faitdon De lui [T] amer pour alongier ma vie, Couci,il. || xiii* s. Garsions s’enfoî, por sa vie alongier,Amont el haut castel qui siet en haut rochier, Ch .d’Ant. vi, <017. Se ses sergans avoit le bois venduet le premier terme assis, n’avoitil pas pooir ne au-torité du terme alongier, beaum. xxxiv, 7. Li piesne doit mie por ce demorer ne alongier, par le [la]coustume de le [la] cort laie, id. v, 20 . Et si alongeet met en delay moult de coses par se [sa] parece,lesqueles il deflst haster, id. 20. Noz traiterons eche[en cet] endroit de le [la]division des lignages, etcomment et en quel maniéré lignages s’alonge, id.xix , <. || xvi* s. Que ceux qui avoient alongé le ser-ment à la mesure des bonnes mœurs, l’avoient misà usage d’estrivieres, d’aub. Hist. m, <50. Des vinspressés, trempés, allongés, et autres de mesnage,o. de serres, 2<9.

— ÉTYM . Bourguign. elongé; provenç. alongar,alongnar, alonjar, alunhar; anc. catal. alongar;ital. allungare; de à (voy. A) et long (voy. long).

f ALLONYME (al-lo-ni-m’). || 1° Adj. Se dit d’unouvrage publié sous le nom d’un autre. Un livre al-lonyme. || 2“ S. m. Un allonyme, un homme quipublie son livre sous le nom d’un autre.

fALLOPATHE (al-lo-pa-t’), s.m. Médecin quitraite par l’allopathie.

f ALLOPATHIE (al-lo-pa-tie), s. f. Nom de lamédecine traditionnelle, dans le langage des ho-méopathes.

— ÉTYM . ’AXXo;, autre (voy. autre), et irâ6o;,maladie, affection (voy. pathos) ; ainsi nommée paropposition à homéopathie (voy. ce mot), à causeque, dans la médecine traditionnelle, on n’a ni pourbut , ni pour effet de produire chez le malade dessymptômes semblables à ceux de la maladie.

f ALLOPATHIQUE (al-lo-pa-ti-k’), adj. Qui arapport à l’allopathie.

f ALLOPATHIQUEMENT (al-lo-pa-ti-ke-man),adv. D’une façon allopathique.

f ALLOPATIIISER (al-lo-pa-ti-zé), v. a. Traiterallopathiquement.

f ALLOPHANE (al-lo-fa-n’), s. f. Terme de miné-ralogie. Variété d’argile.

f ALI.OTEMENT (al-lo-te-man), s. m. Termed’ancienne jurisprudence. Partage par lots.

f ALLOTIR (al-lo-tir), v. a. Terme d’ancienne ju-risprudence. Partager, distribuer les lots.

— ÉTYM . A et lot.

f ALLOTRIOLOGIE (al-lo—tri-o-lo-jie), s. f. Termescolastique. Défaut qui consiste à introduire, dansun discours ou dans une doctrine, des idées étran-gères au fond.

— ÉTYM . ’AXXtjtpio;, étranger, et Xôyoç, discours(voy. logique).

t ALLOTRIOPIIAGE (al-lo-tri-o-fa-j’), s. m. Celuiqui est atteint d’allotriophagie.

j ALLOTRIOPIIAGIE (al-lo-tri-o-fa-jie) ,s. f .Termede médecine. Dépravation de l’appétit qui porte àmanger des substances non alimentaires.

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— ÉTYM. ’AXXovpioç, étrange, de 4XXo;, autre(voy. autre), et çayeïv, manger (voy. phagédê-nique).

t ALLOTROPIE (al-lo-tro-pie), s. f. Terme dephysique. État de corps simples pouvant se présen-ter sous des états différents, et jouir de propriétéschimiques et physiques très-distinctes. Le carbone,sous la forme de charbon ou de diamant, offre unexemple frappant d’allotropie.

— ÉTYM . ’AXXoç, autre (voy. autre), et Tpojro;,changement (voy. trope).

ALI.OUABLE (a-lou-a-bT), adj. Qui peut être al-loué, accordé.

— étym. Allouer.

f ALLOL'CUIER (a-lou-chi-é), a. m. Voy. alou-

CIIIER.

ALLOUÉ, ÉE (a-Iou-é, ée), part, passé. || 1” Ac-cordé. Des sommes allouées pour une dépense.|| 2° S. m. Autrefois, nom du second des juges danscertaines juridictions; le premier se nommait sé-néchal, et le troisième, lieutenant.

ALLOUER (a-lou-é), v. o. Approuver, accorderune dépense portée dans un compte ; accorder unesomme comme indemnité. Allouer un supplémentde traitement, une gratification, une indemnité.

— HIST. xi* s. [Mon âme] entre les leuretaluée etmise, Ch. de Roi. ccvn. || xn* s. Et en sarquez [cer-cueils] poser et aloer [les corps], Ronc. p. <76. Sei-gnur, fait il àels, tut senz en plait entrer, Ne medeit pas mis sires acuinte demander, Car tut cestgrant aveir que ci vus oi numer, En ses busoignesl’ai fait métré ealuer, Th. le mart. 43. En malvaisestoc vei [je vois] bon ente mal fruchier; Qui mal-vais arbre aluhe, malvais fruit deit mangier, ib.< 28. Et sur l’altel la busche et les pièces ordenée-ment aluad, Rois. 3<7. || xiii* s. Nulle ne doit alouerautrui aprentice ne autrui ouvrière, Liv. des Met.8< . Cil qui est aloez àun an puet demander son Ioierde tout l’an, Li ordinaires, f* <3. Li un se sont cilqui font monnoie à essient de malves metail et lesvoelent alouer porbone, beaum. xxx, <2. S’ilavoientle lor folement aloué, il n’ont pas à retorner ne arecouvrer à lor peres ne à lor meres sans lor vo-lenté, id. xxxi, <2. Et se je, el tans que le [la]coze me fust prestée, l’ai alouée ou perdue.... jesui tenus à rendre la value que le [la] coze valoit,id. xxxiv, <8. || xiv* s. Jehan coutelier se alloua ouaccueilli à un maistre dudit mestier, du cange, ac-colligere. || xv* s. Cils dedans l’artillerie que ilsavoient, alouerent [employèrent] si nettement queils n’avoient mais rien que traire, froiss. ii, iii,8. Des rentes du comté il n’allouoit nulles, maisles mettoit et avoit mises toudis arriéré en depost,id. i, i, 248. || xvi* s. Mais certes monsieur au-rait honte De t’allouer dedans le compte De sesplus jeunes apprentifs, marot, ii, <99. Et quoyqu’ils brassent puis après pour l’honorer et servir,ne sera point aloué en ses contes [compté par Dieu ],calv. Instit. < 0 . Bien-heureux celui auquel Dieu impute ou alloe la justice sans œuvres, id. ib. 67(.Il ne doute pas que cela ne lui soit alloé par jus-tice, id. ib. 609. Ayant couché un article de des-pense de dix talents, qu’il disoit avoir employez oùil falloit, le peuple l’alloua sans vouloir enquérircomment, ny en quoy, amyot, Péric. 43. Ce qu’ildénonça au magistrat dit en ce pays-là [Vitré , euBretagne ] l’aloué, lequel.... Ledit aloué fitchercherce maistre gueux.... paré, xix, 22.

— ÉTYM . Wall, alouwer, dépenser, user, con-sommer; provenç. alogar; ital. allogare; de al pourad (voy. X), et locare, placer (voy. louer, lieu).

fALLOXANE (al-lo-xa-n’), s.f. Terme de chimie.Corps qui provient de l’acide urique et de l’acideazotique chauffés ensemble légèrement.

— Étym. Allem. alloxan; de al, premières lettresde allantoïnc, et oxa, premières lettres de oxali-que, leschimistes qui ont analysé Yalloxane en ayantregardé les éléments comme la somme de ceux deYallantoine et de l’acide oxalique.

ALLUCHON (a-lu-chon), s. m. Terme de méca-nicien. Dent en bois ou même en fonte qui ne faitpoint corps avec la roue sur laquelle elle est montée.Les alluchons entrent par leur queue dans des mor-taises pratiquées à la circonférence de la roue et ysont retenus par des clavettes; la tête, saillantau-dessus de la circonférence, forme les dents del’engrenage.

— HIST. xv* s. Icelly Robin dist qu’il venoit dudit moulin afin défaire des alleuchons, du cange,aleuba.

_ÉTYM . Berry, allochon; anc. franc, aluchier,

attirer (Luxureest uns pechièsquegiotonie aluche, J.demeung, Test. <749); provenç. aluchar, al)ma r .