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allumer, de à et un radical lue, lumière, qui estdans lucide (voy. ce mot).
| ALLUMAGE (a-lu-ma-j’), s. f. Action d’allumer;résultat de cette action.
ALLUMÉ, ËE(a-lu-mé, mée), part, passé et adj.j| 1° Mis en feu. Des feux allumés. || 2° Fig. Laguerre est allumée. Que le courroux du ciel allumépar mes vœux.... corn. //or. iv, 6. Prête à suivrepartout sa colère allumée, id. Nicom. i, 6. Lors-que des Juifs contre eux la vengeance allumée Chassatout Amalec de la triste Idumée, rac. Esth. ni, l.La fureur était allumée dans ses yeux, fên. Tél. v.Cette secte [des Manichéens] avait des charmes pourles imaginations allumées, volt. Phil. n, 376. Jedis à M. de Beauvilliers, d’un air allumé de crainteet d’espérance, que la conversation de la veillem’avait affligé, st-sim. a 5, (72. || 3° Allumé se ditd’une teinte rouge en parlant du visage, delà peau.Le sérieux des passions ardentes est sauvage, sombreet allumé, vauven. Du sérieux. Pourquoi êtes-vousallumée, pourquoi votre sang est-il en colère? sév.693. Si les femmes avaient le visage aussi alluméqu’elles se le font par le rouge, la bruy. 3. || 4“ Entermes de blason, se dit des yeux quand iis sontd’un autre émail que le corps de l’animal; et de laflamme d’un flambeau ou d’un autre objet.
f ALLUMELLE (a-lu-mè-1’), s. f. Fourneau decharbon.
| ALLUMEMENT (a-lu-me-man) , s. m. Actiond’allumer. || Ce mot mériterait d’être repris.
— hist. xii* s. Dont serat parfaiz li ans de nostrealumement, quand li permanables jugieres aparrat,Job, p. 46).
ALLUMER (a-lu-mé), v. a. || 1° Mettre le feu à.Allumer une chandelle, une bougie. Allumer un bû-cher. || 2° Par extension. Allumer du feu, le feu, pourallumer du bois dans un foyer, un poêle. Allumerune lampe, un bougeoir, pour allumer la mèche d’unelampe ou d’une bougie. Allumer un flambeau.(Il) Re-cherche votre fille etd’un hymen si beau Veut dansTroie embrasée allumer le flambeau, rac. Iphig. i,.t|| 3“ Fig. Quelle guerre intestine avons-nous allu-mée? rac. Esth. m. J’ai prévu ce tumulte et n’envois rien à craindre; Comme un moment l’allume,un moment va l’éteindre, corn. Nicom. v, ). Votreamour contre nous allume trop de haine, rac. Andr.i, 4. Vous avez vu quelle ardente colère Allumait dece roi le visage sévère, id. Esth. n, 9. Animés ducourroux qu’allume l’injustice, id. Brit. ui, 7. Ilprésenta mon cœur aux yeux qui le charmèrent, Ilprépara mon âme aux feux qu’ils allumèrent, corn.Iléracl. n, 2 . Ils allument contre eux une implacablehaine, id. Pomp. iv,3. Moil j’auraisallumé cet inso-lent amour ! id. Rod. iv,) .Oui, je ne pus souffrir de lesvoir si bien ensemble; le dépit alluma mes désirs,mol. Fest. i, 2. Ce qui avait allumé dans son cœurtant de haine contre Ulysse, fén. Tél. xv. Il allumele zèle des docteurs, fléch. Tur. Allumer leur am-bition [de leurs époux] par leurs désirs pressants des’élever au-dessus de leur condition, id. i, p. )36.Ce ne fut ni l’envie de vaincre ni le désir de se ven-ger qui allumèrent ce jeune courage; ce fut le désirdelà paix et de la sûreté publique, id. Panég. t. n,p. 10 . Les lâches courtisans se font une étude d’al-lumer le vice et d’éteindre la vertu, chateaub.Hart. ) 24. Les délais ne servent qu’à allumer la fu-reur des Juifs, mass. Pass. 2 . J’eusse aux rayonsd’Homère allumé mon génie, a. chén. 145. || 4° Met-tre en mouvement, agiter. Allumer le sang, labile,les humeurs. Le chocolat vous allume une fièvre con-tinue, sév. )45. Tout vous blesse, tout vous al-lume, massillon. || 5° Populairement. Allumer quel-qu’un, l’entraîner par des espérances trompeuses àdonner son argent. || 6° En termes de métier, intro-duire dans une pompe une certaine quantité d’eaupour en faire gonfler les parties intérieures et enexpulser l’air, || 7° S’allumer, v. réfl. Prendre feu,s’enflammer. Sur un autel sanglant l’affreux bûchers’allume, j. b. rouss. Cantate, Circé . La flamme dubûcher d’elle-même s’allume, rac. Iphig. v, 6.|| Poétiquement. Et que.... Jamais les feux d’hymenne s’allument pour elle, rac. Phèd. i, ). || 8“ Deve-nir brillant. Ses yeux s’allument. et s’éteignent enun moment, pasc. Amour. ||9°Fig. Une nouvelleguerre s’allume, boss. Hist. i, to. La guerre civiles’allume , id. f&.m, 7. Le dépit s’allumait dans soncœur, hamilt. Gramm. 8.
— hist. xi" s. Myrrhe et timoine [ils] i firent alu-mer, Ch. de Roi. ccix. || xii* s. Où feu n’eilst nichandele alumée, Ronc. p. )sa. Puisqu’en vous sonttout mal esteint Et tout bien à droit alumé, Couciiii. Si m’est au cors une autre amour emprise,Qui me requiert et allume et esprent, qdesnes,
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Romane, p. 90. Esteigniez, fait lur il, ces cirgesalumez, Th. le Hart. 52. Car qui veit le bordel [lamaison] sun veisin alumé, Il ad poür delsuen, ib.90. De la clarted ki est devant lui sunt alumez cil kifurent noir cume charbun, Rois, p. 206 . || xm* s.Et li feus aluma moût haut, si qu’il sembloit quetoute la terre ardist, villeh. xcv. Lors s’entorna enun essart, Droit devant le chastel Renart, Et vit lacuisine fumer Où il ot fait feu alumer, Ren. 938. Cedist Patous : garde de près, Se del veoir es si en-grés; Je n’i ai soing d’aboester, Ne m’i estuetpointalumer [regarder fixement], ib. 7)76. C’est la chan-dele en la lanterne ; Qui mil en i alumeroit, Jamains de feu n’i troveroit, la Rose, 7449. Qui cequ’il aime plus regarde, Plus alume son cuer etl’arde [brûle], la Rose, 2358. Lors escria le roy :alume, alume, et si fist l’en, joinv. 250 . || xiv* s.Lots ala Bonne-voulenté Tantost alumer la chan-delle, bruyant dans Hénagier, 11 , p. 36. || xv* s.Cessez vostre sermon, dirent les Iourdiers tout allu-més du feu de concupiscence charnelle, louis xi ,Nouv. xcviii. ||xvi*s. Un flambeau allumé, amyot,Cam. 66. Hz estoient desja espris du malheureux etcalamiteux désir de la Sicile, que depuis Alcibiades alluma d’avantage, id. Péric. 42. Allumer l’aird’esclairs, le troubler de diverses sortes de tempes-tes, calv. Inst. )8.
— ÉTYM . Wallon, aloumer, allumer, faire deséclairs; bourguig. élemai; provenç. alumenar,alumnar, alhumnar ; anc. catal. alumar; espagn.alumbrar; portug . alumear, allumiar; ital. allumi-nare; de al pour ad (voy. i), et lumen, lumière(voy. lumière).
ALLUMETTE (a-lu-mè-t’), s. f. || 1° Brin de boisou de chanvre soufré à un bout ou aux deux bouts.Un paquet d’allumettes. || Allumette phosphorique,chimique, préparée avec du phosphore, du chlo-rate de potasse. ||2°Fig. Dames qui sont navrées desflèches de vos yeux, et n’ont point de feux dont vo-tre beauté n’ait été l’allumette, Francion, liv. vi,p. 227 . Muse, de vos chansonnettes Aujourd’hui l’onva tâcher De faire des allumettes Pour ranimer cebûcher [de l’Émile], bérang. Muse en fuite. || 3° Entermes de marine, au plur. Sorte d’artifice employédans les brûlots.
— HIST. xiv* s. Et n’est bon [le soufre] qu’à cesfemmelettes Qui botellent des allumettes , Traitéd’alchimie, 48. ||xv* s. Je luy envoyé ces sornettesPour soy desennuyer; combien, S’il veult, face endes allumettes, villon , Grand testam. Legs au sé-néchal. || xvi* s. Les jésuites trouvèrent des cœursbien préparez, sur tout en Picardie , qui fut l’alu -mette de l’embrazement que nous verrons ci-après,d’aub. Hist. n, 223. Mais c’est au contraire : lahonte sert d’aiguillon et d’allumette, charron, Sa-gesse, 1 , 23.
— ÉTYM . Allumer; bourguig. élemàte.
t ALLUMETTIER (a-lu-mé-tié), s. m. Fabricantd’allumettes.
ALLUMEUR (a-lu-meur), s. m. Celui qui estchargé d’allumer régulièrement les réverbères, lesbecs de gaz.
■)■ ALLUMI (a-lu-mi), s. m. Petit morceau debois allumé dont on se sert pour éclairer l’intérieurd’un four.
f ALLUMIÈRE (a-lu-miê-ri), s. f. Fabrique d’al-lumettes. || Boite aux allumettes.
ALLURE (a-lu-r’), s. f. || 1" Façon de marcher.Ralentir son allure. On reconnaît certaines gens àleur allure. Il était guindé dans toutes ses allures,hamilt. Gramm. 7. || Il se dit du cheval. Les troisallures naturelles du cheval sont le pas, le trot et legalop. || Par extension, en parlant du soleil : Tu doista flamme à tout le monde; Et ton allure vagabon-de.... malh. 11 , 3. || 2° Fig. Marche habituelle des cho-ses. La monarchie avait son allure par des ressortsqu’il fallait toujours remonter, montesq. Esp.xxx, 4.L’intolérance, front levé, Reprendra son allure, Bé-ranger, Hission. || Tournure que prend une affaire.Cela prend une mauvaise allure. || 3° Conduite d’unepersonne dans une affaire. Son allure n’est pas fran-che. Je me défie des allures des gens paresseux, sév.302. || 4° Ce jeune homme a des allures, il a quelquecommerce secret de galanterie. Cettelocutionavieilli.
11 5° En termes de marine, di rection de la route d’un bâ-timent par rapport à celle du vent; disposition de voi-lure appropriée à cette route. || 6° En termesdechasse,distance de l’empreinte des pieds de devant à celledes pieds de derrière. Allures du cerf, les endroits paroù il passe. || 7° En termes de mineur, état d’un filondans la roche ou dans le terrain qu’il traverse. || 8° Entermes d’usine, allure d’un feu ou d’un fourneau,
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sa manière de se comporter dans les opérations mé-tallurgiques.
— HIST. xii* s. Si tost cum li ber fu sur sun chevalsailluz, Grant alure s’en est à la porte venuz, Th. lemart. 47. Sur les chiefs des trefs ki furent defors,furent faiz unes allures de set aines [ aunes ] deled [large], Rots, 246. Et li reis Achazias chaïd asalures amunt de une sue maisun qu’il out en Sama-rie, si en fud malade e mahaignez,t'b.844. || xm* s.Lors m’en alai grant aleüre [vitesse ], la Rose, 6)3.Dont chevaucha à toute sa bataille vers les fuiansgrant aleùre, villeh. )44. Les messagers le roi ari-verent au port d’Antioche et dès Antioche jusquesà leur grant roy trouvèrent bien un an d’aleüre àchevaucher dix lieues le jor, joinv. 202 . || xv* s. [Il]ot belle aleure, voix d’omme de beau ton, christ, depisan, Charles V , 1 , ch. )7. || xvi* s. Dont à l’heureThony s’en vint sur le pré grand alleure Nous accor-der, marot, 1 , 221 . S’ilz alloyent de cul, vous eus-siez estimé estre leur alleure naturelle, rab. Pant.v, 29. L’ennemy n’osa faire contenance de les at-tendre, ains print le chemin pour se retirer auxgrandes alleures à Verceil , m. du bell. 25).
— ÉTYM . Aller. La forme ancienne régulière estaleüre, dont la contraction s’est faite de très-bonneheure et qui suppose un bas-latin, alatura.
f ALLUSIF (al-lu-zif, zi-v’), adj. Qui contient uneallusion. Phrase allusive.
ALLUSION (al-lu-zion ; en poésie, de cinq syllabes),s. f. || 1° Figure de rhétorique consistant à dire unechose qui fait penser à une autre. On distingue lesallusions en historiques, quand elles rappellent untrait d’histoire; mythologiques, si elles sont fondéessur un point de la fable; nominales, si elles repo-sent sur un nom; verbales, si elles consistent dansle mot seulement, c’est-à-dire dans une équivoque.Benserade faisait des allusions délicates et piquantesaux caractères des personnes, volt. Louis XIV , 25 .Dieu par ces paroles fait allusion aux Juifs, boss.Var. ) 5. C’est une secrète allusion au mystère del’Incarnation, id. Nouv. Hyst. II. || 2° Application d’untrait de satire ou d’éloge. Le public est prompt àsaisir les allusions. || 3" Allusion de mots, jeu demots. Ne se dit plus en ce sens.
— ÉTYM . Ital. allusione; espagn. alusion; d’allu-sionem; de al pour ad, vers, et de ludsre, jouer(voy. ludion).
f ALLUVIAL, ALE (al-lu-vi-al, a-1’), adj. Termede géologie. Qui a les caractères, ou qui est le pro-duit d’une alluvion. Plaine alluviale. Terrains allu-viaux.
f ALLUVIEN,ENNE(al-Iu-viin,viè-n’), adj. Termede géologie. Se dit des terrains produits par l’ac-tion des eaux actuelles ; se dit aussi des dépôtsmeubles dus aux eaux dans les vallées et lesplaines.
ALLUVION (al-lu-vion), s. f. Accroissement deterrain résultant des dépôts terreux qu’abandonneune rivière. L’alluvion profite aux propriétaires rive-rains. Pendant ce temps, les alfuvions du Nifont été dé-posées le long du reste du rivage et l’ont immensémentétendu, cuv. Ilévol. p. 148. Il est bon de remarquerque les plaines faites par alluvion sont plus hautesvers les bords des rivières qui les ont produites, ettoujours ensuite plus basses, fonten. Guglielmini.
— HIST. xvi* s. L’on n’estime pas la grandeur d’uneriviere de l’eau qui lui est advenue par une subitealluvion et desbordement des prochains torrents etruisseaux, charron, Sagesse, 1 , t
— ÉTYM. Provenç. alluvio; espagn. aluvion; por-tug . alluviâo; ital. alluvione; de al pour ad (voy, À),et lucre, arroser, laver (voy. lotion).
f ALLUVIONNAIRE (al-Iu-vio-nê-r’), adj. Quitient de l’alluvion. Terres alluvionnaires.
t ALMADIE (al-ma-die), s.f. Sorte de grande pi-rogue de quelques parties de l’Afrique .
— ÉTYM . Arabe, al, le, et madhi, qui passe oufend l’eau.
ALMAGESTE (al-ma-jè-st’), s. m. Collection d’ob-servations astronomiques faites par d’anciens astro-nomes. L’Almageste de Ptolémée. Ce système [dePtolémée ] a subsisté pendant quatorze siècles; au-jourd’hui même qu’il est entièrement détruit, l’Al-mageste, considéré comme le dépôt des anciennesobservations, est un des plus précieux monumentsde l’antiquité, laplace, Expos, v, 2 .
— HIST. xm* s. Cil qui nous escrit l’Almageste ,la Rose, )8772.
— ÉTYM. Ital. almagesto; bas-lat. almageste ; mothybride, composé de l’article arabe al, la, et dugrec |uy£aT»i, très-grande. L’almageste de la basselatinité signifie: )• le grand œuvre des alchimistes,