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altère tous les animaux. || Absolument. Les salai-sons altèrent. || 6” S’altérer, v. ré fl. Se changer enmal. Levin s’altère à l’air. Les bonnes coutumes s’al-tèrent peu à peu. La bonne humeur ne s’altère ja-mais, boss. Lett. quiét. <77. Monsieur, votre visageen un moment s’altère, mol. l’Étour. in, 2 .
— hist. xiv" s. Et ainsi sa félicité n’est en riensaltérée ne muée, oresme, Eth. 25. || xv* s. Mais quis’altere en trop chantant Peut bien trois fois ou qua-tre, Sans vergongne, boire d’autant, basselin, i.|| xvi" s. Le vin s’altere aux caves, mont, i, 20 . Ilssouffraient d’estre fouettez jusques à la mort sansaltérer leur visage, ic. i, 307. Le degousté chargela fadeur au vin ; l’altéré, la friandise, id. n, 373.Il se sentit tellement embrasé et altéré, que touteson attente n’estoit qu’à complaire à sa chere cap-tive, yver, p. 644. Et y estait la peinture en réputa-tion de retenir la vraye perfection, sans y avoirrien de corrompu ny d’alteré, amyot, Aratus , <4. Ilne beuvoit jamais estant à la guerre que de l’eau,si ce n’estoit aucunefois qu’il se trouvoit excessive-ment altéré, id. Caton, 3. De ne pluss’alterer con-tre [se brouiller avec] les femmes, carl. ii, 9. Celales altéra tellement que chacun d’eux taschoit àdésarçonner son compagnon, Salir, Min. p. < <4. Desestrangersaltérez de nostresang, ib. p. <63. La dé-coction de deux poulets ou chapons altérés avecozeille, scabieuse.... o. de serres, 947. Estant lapersonne fort altérée en temps chaud, pourraboire.... id. 948. Les rois de France etdePolongne,sous couleur de porter un mommon, entrent chezNantouillet, mettent tout par place jusques à rom-pre les coffres, piller la vaisselle et l’argent mon-noié au profit de quelques altérez qui les suivoient,d’aub. Hist. Il, <04.
— ÉTYM . Provenç. et espagn. alterar; ital. alte-rare; d’alterare, de aller, autre (voy. autre). Onvoit la série des sens : changer, émouvoir, affecter,et, finalement, causer de la soif.
t ALTERNANCE (al-tèr-nan-s’), s. f. Il 1” Actiond’alterner. || 2“ En botanique, loi d’alternance dans ladisposition des pièces qui composent les verticillesfloraux, qui fait que chacune d’elles correspond àl’intervalle qui sépare les deux pièces voisines,placées devant ou derrière. || 3°Onappelleaussialter-nance la superposition des couches de terrain stra-tifiées. || 4° Succession naturelle des espèces végéta-les sur un sol non cultivé.
ALTERNANT, ANTE (al-tèr-nan, nan-t’), adj.|| 1° Qui alterne. Deux professeurs qui font tour àtour le même cours sont des professeurs alternants.
|| 2“ Se dit, en minéralogie, d’une roche dont lesfeuillets sont alternativement de nature différente.
ALTERNAT (al-tèr-na), s. m. Action ou droitd’alterner.
ALTERNATIF, IVE (al-tèr-na-tif, ti-v’), adj.
|| 1» Qui vient tour à tour. Mouvement alternatif.Culture alternative. Un mouvement alternatif del’appétit au dégoût, boss. Am. des plais. ^"Pro-position alternative, proposition contenaiit deuxparties opposées dont l’une doit nécessairement êtreadmise, comme par exemple : Il faut ou payer ourendre. || 3" En termes de botanique, pétales alter-natifs, pétales qui sont insérés aux points qui sépa-rent les lobes du calice. ||4” En termçs de droit,obligation alternative, obligation dans laquelle ledébiteur a le choix de se libérer par la délivranced’une des choses spécifiées.
— HIST. xvi" s. Et estoyent les compaignies si al-ternatives, que, quand les unes se retiraient, il enrevenoit d’autres, carl. v, <.
— ÉTYM. Alterner.
ALTERNATIVE (al-tèr-na-ti-v’), s. f. || 1" Succes-sion de deux choses qui reviennent tour à tour. Vi-vez-vous encore dans ces alternatives de grâce et depéché’? mass. Rech. [Si on ne menait une vie égaleet uniforme] on ne pourrait comparer, sans beau-coup d’erreur ou d’incertitude, les transpirationsde différents temps; une alternative irrégulièred’intempérance et de sobriété brouillerait tout,fonten. Dodart. || 2° Option entre deux choses, en-tre deuxpropositions. Vous jugez bien que dans l’al-ternative qu’elle me proposait je n’avais qu’un partià prendre, fonten. Candaule, Gygès .
— hist. xvi' s. Par la vicissitude et alternationdes heureux succès et malheureux evenemens,
M. DU. BELL. 294.
ALTERNATIVEMENT (al-tèr-na-ti-ve-man), adv.Tour à tour. Des plages alternativement sèches etnoyées. Us ont commandé alternativement.
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— HIST. xvi' s. Et avoient l’authorité souverainede commander alternativement l’un après l’autre,Aratus et luy, amyot, Arat. 38. Et affin que l’on tirenuict et jour, il fault que les canoniers alternati-vement s’entre-raffraischissent, carl. v, 25.
—ÉTYM . Alternative, et le suffixe ment.
ALTERNE (al-tèr-n’), adj. || i" Terme de géomé-trie. Angles alternes internes, ou simplement al-ternes, angles formés par une sécante et deux pa-rallèles, et situés l’un d’un côté, l’autre de l’autrede la sécante, en dedans des deux parallèles. Anglesalternes externes, angles disposés de même, maisen dehors des deux parallèles. || 2" En termes debotanique , feuilles alternes, feuilles disposées lesunes au-dessus des autres des deux côtés opposés dela tige.
— ÉTYM . Alternas, de alter (voy. autre).
ALTERNÉ, ÉE (al-tèr-né, née), adj. En termesde blason, se dit des pièces qui se correspondent.
ALTERNER (al-tèr-né) ,v. n. || i'Faire une chose àdeux et tour à tour. Ces deux employés alternenttous les mois. || 2° Se succéder régulièrement. Danscette allée les ormeaux alternent avec les tilleuls.|| 3° Terme d’agriculture. Varier la culture. On al-terne chaque année. || 4" V. a. Dans le même sens,alterner un champ ; alterner une culture.
— HIST. xvi' s. Mais en ton cabinet quelquefois il teplaist De Henry nostre prince escrire les histoires, Sescombas alternez de pertes et victoires, rons. 866.
f ALTERQUER (al-tèr-ké), v. n. Avoir des al-tercations. Il n’y avait pas moyen d’alterquer beau-coup là-dessus, J. J. rouss. Hél. iv, <2. || Peu usité.
— hist. xvi’ s. Il advient en telle maniéré qu’onlanguist en combat de paroles, que la vérité en al-tercant est perdue, et la charité détruite, calv.Inst. 7<.
— ÉTYM . Altercari, proprement prendre la paroleà son tour , et de là le sens d’altercation qu’il a enlatin; de alter (voy. autre).
ALTESSE (al-tè-s’),s. f. |l l°Titred’honneur donnéordinairement aux princes et aux princesses dusang.... Je sais, sage princesse, Quelles soumis-sionsje dois à Votre Altesse, rotrou, Vencesl. ii, <.Le cardinal de Bouillon prétendait à Rome l’altesseéminentissime, st-sim. 63, <40. L’Italie , fertile enmots honorifiques, nous a donné l’altesse vers < 600 ,et les gens d’Église même s’en sont emparés ; elle estdue aux princes du sang, et on la donne par cour-toisie aux princes étrangers sortis de maisons sou-veraines, quand on leur écrit, de caillières, <690.|| 2° La personne même qui porte ce titre. Je vaisau palais d’une altesse, Et j’achète un habit decour, bérang. Hab. de cour.
— ÉTYM . Provenç. aliéna, auteza; ital. altezza.Ce mot est exactement le même que hautesse. Seu-lement dans le premier la prononciation conformeà l’étymologie a prévalu, tandis que dans l’autre laprononciation est conforme à l’usage français quiveut que al des Latins se change en au. Altessevient de altus, haut (voy. ce mot).
ALTHÆA (al-té-a), s. m. Plante, espèce de gui-mauve.
— HIST. xvi" s. Gargarismes faits de racines dealtliea, figues, etc. paré, vi,8.
— ÉTYM . Latin althæa, du grec àX0ata, du verbeâMw, guérir, parce que la guimauve était regardéecomme un remède excellent.
ALTIER , 1ÈRE (al-tié, tiê-r’. Cet homme altieret dur; dites : al-tié-et-dur. Des grammairiens veu-lent qu’on prononce al-tiê-r’ et-dur; mais cela estmauvais, même en poésie: l’hiatus vaut mieux quecette articulation de l’r), adj. Qui a de l’orgueil, dela hauteur ou qui marque l’orgueil, la hauteur. Uncaractère altier. Humeur altière. Démarche altière.Don Diègue est trop altier, et je connais mon père,corn. Cid, ii, 3. Le Jourdain ne voit plus l’Arabevagabond Ni l’aitier Philistin par d’éternels rava-ges.... rac. Athal. n, 6. Peut-être on t’a conté lafameuse disgrâce De l’altière Vasthi , dont j’occupela place, id. Esth. i , <. Pour un si bas emploi mamuse est trop altière, boil. Sat. i. Et fausse tropsouvent, cette altière sagesse N’attend qu’un crimeheureux pour montrer sa bassesse, gresset,Édouardlîl, ii, 6. Incapable de ces passions altiè-res et véhémentes qui sont presque les seules sour-ces du sublime, vauven. Mont, et Pasc. || En prose,il suit toujours le substantif ; en vers et dans laprose élevée, il le précède souvent.
— REM. Quelques grammairiens soutiennent qu’ondoit faire sentir IV, et ils s’appuient sur ces deuxvers de Boileau : La colère est superbe et veut desmots altiers : L’abattement s’explique en des termes
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moins fiers, A. p. m, <33. Mais d’autres leur répli-quent par ces deux vers du même auteur : Ce per-ruquier superbe est l’effroi du quartier, Et son cou-rage est peint sur son visage altier, Lutr.i, 223 . Lavérité est que la rime cCaltier et fier n’est plus qu’unerime pour les yeux et doit être bannie aujourd’hui •mais autrefois elle était exacte; Chifflet, Gramm.p. <88, note que altier se prononce comme enfer,hiver. Mais alors il ne rimait pas avec quartier.
—hist. xvi" s. Fort altier [en bonne part] en soname d’avoir eu un si bon visage, et tant de louangesdu plus grand capitaine de France , carl. 1 , < 9 .
— ÉTYM . Ital. altiero; de altus, haut (voy. haut).
f ALTIÈREMENT (al-tiê-re-man), adv. D’unemanière altière.
— ÉTYM . Altière au féminin, et ment.
f ALTIMÉTRIE (al-ti-mé-trie), s. f. Mauvais mot
Voy. HYPSOMÉTRIE.
t ALTITUDE (al-ti-tu-d’), s. f. Terme de géo-graphie. Hauteur par rapport au niveau de la mer.Les altitudes de plusieurs localités et de diversesmontagnes.
— ÉTYM . Altitudo, hauteur, de altus, haut (voy.haut).
ALTO (al-to), s. m. || 1° Instrument à quatre cor-des, de même forme, mais un peu plus grand quele violon. On le nomme aussi, mais très-rarement,viole, de son nom italien viola, et plus souventquinte, parce qu’il descend une quinte au-dessousdu violon. || Au plur. des altos. || 2° Nom donné autre-fois au genre de voix intermédiaire entre le dessusou le soprano et la taille ou le ténor. On dit au-jourd’hui contralto en parlant des femmes, et haute-contre en parlant des hommes.
—ÉTYM . Ital. ofto,haut(voy. haut) , ainsi nommé,non qu’il ait un son élevé, mais par opposition àbasse.
fALTO-BASSO (al-to-ba-sso), s. m. Instrumentcarré, à cordes, et que l’on frappe avec des ba-guettes. || Dans les quintettes où se trouvent deuxparties de violoncelle, on remplace quelquefois lapartie de second violoncelle par une seconde partied’alto; alors le premier alto s’appelle alto-vio!a, etle second, alto-violoncelle ou alto-basso.
— ÉTYM . Ital.alto, haut, et basso, bas (voy. alto).
f ALTRUISME (al-tru-i-sm’), s.m. Terme de phi-losophie. Ensemble des penchants bienveillants. L’al-truisme est opposé à l’égoïsme. Mot dû à a. comte.
t ALTRUISTE (al-tru-i-st’), adj. Qui a rapport àl’altruisme (voy. ce mot).
ALUDE (a-lu-d’), s. f. Basane colorée dont on sesert dans la reliure.
— HIST. xiii" s. Ne bourse d’alue n’est preux, Livr.des mét. 206 .
— ÉTYM . Provenç. aluda; du latin aluta, peau àfaire des souliers, des sacs, etc.
ALUDEL (a-lu-dèl), s. m. Terme de chimie. As-semblage de pots ou chapiteaux qui s’emboîtent lesuns dans les autres, de manière à former un tuyau.
— HIST. xm" s. Por quoi donc en tristor demo-res? Je vois maintes fois que tu plores Cum alam-bic sus alutel, la R ose, 6406. || xvi" s. Cornue,cuenne, recipiens, aludel, materas, paré, t. m,p. 638.
— ÉTYM . Mot dont l’origine est inconnue, à moinsqu’on ne le fasse venir de a et de lutum , lut, donton se sert pour luter les vases employés en chimie.Il signifie le vase en verre employé dans la subli-mation; il signifie aussi un chapiteau doublé, oumême quadruplé ; c’est un terme des anciens alchi-mistes.
f ALUINE (a-lui-n’), s. f. Synonyme d’ABSiNTHE .
— HIST. xvi" s. De plant enraciné et de semences’edifie l’aluine ou absinthe, o. de serres, 565. Lespoulailles ayans mangé de l’aluyne, leur chair estamere, paré, xxiii, 4.
—ÉTYM . Sans doute ainsi nommée à cause deson amertume (voy. aloès).
ALUMELLE (a-lu-mè-1’), s. f. ||I° Lame de cou-teau ou d’épée. Vieux. || 2° Terme de marine. Petit*plaque de fer qui sert à garnir la mortaise du gou-vernail. || 3'Outil d’acier qui sert à polir et à ache-ver les peignes.
— HIST. xm" s. Qui tel fait faire li velst, Duifust qui pitié n’en preïst, Quand si veïst Dido labele Sorlapointe de l’alemele, la Rose, <3412. Quia deux cornes à la teste, Si tranchans comme unealemele, le Bestiaire . ||xiv" s. Portant une grant ha-che à son col, laquelle avoit bien trente deux pos-ses [pouces] d’alemelle, du cange , alumella|| xv" s. Et ont Irlandois couteaux aigus devant,à largeallumelle à deux taillans, froiss. m, iv, 4*.