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[Le comte de Foix ] fit ouvrir l’huis de la prison,et vint à son fils, ettenoit l’alemelle de son coulelpar la pointe, id. ii, iii, (3.
— ÉTYM . Norm. armelle. Alumelle est venu d’a-lemelle, par une fausse assimilation avec le verbeallumer, qui n’a rien de commun avec alumelle. Ale-meïle est composé de la préposition S, et de lamelle,petite lame (voy. lamelle). On trouve dans une or-donnance de 1680 la forme correcte : allemelles decouteaux de toutes sortes, le cent pesant payeratrente sols.
f ALUMINAIRE (a-lu-mi-nê-r’), adj. Terme deminéralogie. Se dit des pierres volcaniques qui con-tiennent de l’alun tout formé.
ALUMINE (a-lu-mi-n’), s. f. Terme de chimie.Base salifiable qui existe dans l’alun et dans les di-verses argiles; à l’état de pureté, elle est blanche,douce au toucher, insipide, adhérente à la langue.
—ÉTYM . Alumine, ablatif de alumen (voy. alun).
f ALUMINÉ , ÉE (a-lu-mi-né, née), adj. Où ona mis de l’alumine.
f ALUMINER (a-lu-mi-né), V. a. Mettre de l’alu-mine.
ALUMINEUX, EUSE (a-lu-mi-neû, neû-z’), adj.Qui contient de l’alun. Un terrain alumineux; terrealumineuse.
— HIST. xvt® s. Galien loue fort l’eau alumineuse,paré, xi, 6. S’il est alumineux, elles auront legoustd’alum, id. xxv, 4).
— ÉTYM . Alumine; provenç. alluminos.
f ALUMINIUM (a-lu-mi-ni-om’), s. m. Termede chimie. Métal qui est le radical de l’alumine.
ALUN (a-lun), s. m. Sulfate acide d’alumine etde potasse ou d’ammoniaque, sel d’une saveur as-tringente. Quatre boites d’onguents, une d’alunbrûlé, régn. Sat. xi.
— HIST. xm* s. Nus tainturiers ne puet ne nedoit métré alun de bouquauz ne fuel de fuelle, carce sont fausses taintures, IÀv. des mét. 135. Et surces cercles getent piaus de mouton conrées [cor-royées] en alun, joinv. 230. ||xiv* s. Tu cuisalumz, nitre, atramens, Fonds metaulz, brûles or-pimens, Nat. à l’alch. err. 1 9. || xvi's. Alum, escorcede grenade.... un peu d’alun de roche, paré, vi,8. Alun calciné, in. vu, 7. Alun de glace, id. xxv,32. Alum de roche. Alum de glace bruslé réduit enpoudre, o. de serres, 906.
— ÉTYM . Wall, alon; provenç. alum, alun; es-pagn. allumbre; ital. allume; du latin alumen. C’estla formation régulière, comme de legumen , on fitleun; alumine, légume sont des formes modernes.
ALUNAGE (a-lu-na-j’), s. m. Terme de teinturier.Action de plonger les étoffes dans une dissolutiond’alun pour les préparer à la teinture.
— étym. Aluner.
ALUNATION (a-lu-na-sion), s. f. Terme de chi-mie. Formation de l’alun, soit naturelle, soit arti-ficielle.
ALUNÉ, ÉE (a-lu-né, née), part, passé. Étoffealunée.
ALUNER (a-lu-né) , v. a. Tremper une étoffedans une dissolution d’alun pour que la couleur yadhère. Aluner une étoffe.
—• étym . Provenç. alumenar; espagn .alumbrar;ital. altuminare (voy. alun).
fALUNERIE (a-lu-ne-rie), s.f. Fabrique d’alun.
T AI.UNEUX, EUSE (a-lu-neû, neû-z’), adj. Quicontient de l’alun. Terrain aluneux.
ALUNIÈRE (a-lu-niê-r’), s.f. Lieu d’où l’on tirede l’alun.
f ALUNIFÈRE (a-lu-ni-fê-r’), adj. Qui porte del’alun.
— ÉTYM . Ahm, et ferre, porter.
f ALUNITE (a-Iu-ni-t’), s. f. Terme de minéralo-gie. Roche d’où on tire l’alun du commerce.
fALUNOGÈNE (a-lu-no-jê-n’), s. m. Terme deminéralogie. Sulfate d’alumine hydraté, en petitesmasses blanches, fibreuses ou écailleuses.
ALVÉOLAIRE (al-vé-o-lê-r’), adj. Terme d’ana-tomie. Qui appartient aux alvéoles. Nerfs, artèresalvéolaires.
ALVÉOLE (al vé-o-1’), s. m. || 1° Petite celluleoù l’abeille dépose ses œufs et son miel. Les unesde leurs toits font sortir leur jeunesse Aux rayonsdu soleil et dans les champs fleuris, Epaississent lemiel, ou dans leurs alvéoles De ce nectar si douxamassent les trésors, malfil. Génie de Virg. || 2° Ca-vité dans laquelle les dents sont enchâssées.
— HEM. Buffon, par une faute assez commune,
DK T. DE LA LANGUE FRANÇAISE.
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a fait alvéole du féminin ; Les mouches construisenttel nombre d’alvéoles plus grandes que les pre-mières, buff. Abeilles.
— HIST. xvi* s. Les dents sont fichées dans lesmandibules en certaines cavités appellées alvéolés,comme un pau fiché en terre, paré, iv, 2 . X finde réduire et rassembler l’alveole qui aura esté eslar-gi,etquelques fois rompu en tirantla dent, id. xv,28.
— ÉTYM. Alveolus , diminutif d’alveus, qui signi-fie lit d’un fleuve, auge, vase, vaisseau, etc. (voy.
AUGE).
f ALVÉOLÉ, ÉE (al-vé-o-lé, lée), adj. Termed’histoire naturelle. Qui est pourvu d’alvéoles.
f ALVIER (al-vié) ou ALVINIER (al-vi-nié), s. m.Petit étang destiné à élever de l’alevin pour peuplerles grands étangs.
ALVIN, INE (al-vin, vi-n’), àdj. Terme de mé-decine. Qui a rapport au bas-ventre. Évacuation al-vine. Flux alvin.
— ÉTYM . Alvinus, de alvus, ventre, radical d’al-veus, auge (voy. auge).
f ALYSSE (a-li-s’), s.f. ouALYSSON (a-li-sson),s. m. Plante d’agrément. Alysse jaune, corbeille d’or.
— ÉTYM . ’A privatif, et AOÇeiv, avoir le hoquet;parce que les anciens attribuaient à cette plante lavertu d’arrêter le hoquet.
ALZAN, ANE (al-zan,za-n’), adj. Y oy. alezan.
[ AMABILE(a-ma-bi-lé), adv. Terme de musique.Marque une exécution douce et gracieuse.
— étym. Ital. amabile, aimable (voy. aimable).
AMABILITÉ (a-ma-bi-li-té), s. f. Qualité de ce
qui est aimable. L’amabilité de ses manières. Jesuis persuadée de toute l’amabilité de la belle Ro-chebonne, sév. 318.
— HIST. xiv* s. Puis que il n’ont en soy chosequi soit aimable ou digne d’estre amée, il ne peventavoir amiableté à soy meisme, oresme, Eth. 268 .
— étym. Amabilitas, de amabilis (voy. aimable).
f AMADE (a-ma-d’), s. f. Terme de blason. Il se
dit de trois listes parallèles qui traversent l’écu sanstoucher aux bords.
AMADIS (a-ma-dis’), s. m. Manche de robe quis’applique exactement sur le bras et se boutonne surle poignet.
— ÉTYM . v On appelle ainsi, dit Ménage, depuisquelques années, la manche d’une veste d’hommeserrée et boutonnée jusqu’au poignet. Et elle a étéainsi appelée parce que dans l’opéra d’Amadis lesacteurs avaient de ces sortes .de manches. » Ama-dis, nom du héros d’un roman célèbre du moyenâge et qui vient de amare, aimer (voy. aimer).
f AMADOTE (a-ma-do-t’). Poire amadote. Termeformé par corruption du mot damoudot ou plutôtdame Oudet, laquelle dame était du village de De-migni, entre Beaune et Châlon , et eut la premièrede ces fruits en ce pays-là.
AMADOU (a-ma-dou), s. m. Substance qui, rece-vant une étincelle, prend feu. L’amadou est la par-tie spongieuse de l’agaric du chêne, réduite enplaques minces par le martelage sur un billot enbois, bouillie ensuite dans une solution de nitratede potasse, puis battue de nouveau et séchée.
— HEM. Il y a beaucoup de tendance à faire ama-dou du féminin ; c’est une faute grossière.
—étym. Voy. amadouer ; génev. madou.
AMADOUÉ, ÉE (a-ma-dou-é, ée), part, passé.Amadoué par de belles paroles. Qu’on est aisémentamadoué par ces animaux-làI mol. le Bourg. G. iii,io. Glorieux de me voir si hautement loué, Je de-vins aussi fier qu’un chat amadoué, Régnier, Sat.VIII.
f AMADOUEMENT (a-ma-doû-man), s. m. Actiond’amadouer.
— hist. xvi* s. L’autre plus ordinaire est par flatte-rie et amadouement ; car il ne lui faut pas résistertout ouvertement, charron, Sagesse, liv. m,chap. 4.
— ÉTYM . Amadouer. Il est écrit amandouementdans cotgrave, Dict .
AMADOUER (a-ma-dou-é), V. a. Flatter quel-qu’un, le caresser de manière à le rendre favorableet facile. Voilà les discours qu’elle tenait à son mari;et l’ayant su amadouer, Francion, n, p. 60. Il l’a-madoue, elle le flatte, lafont. Fo 6 .ii, is. Quant àVulcain, elle le flatte, le supplie, l’implore, l’ama-doue, bern. de s. p. Arcad. Mme de Soubise ama-doua et intimida si bien Châteauneuf, qu’elle lui fitécrire sur ses registres que ces messieurs [de Sou-bise et comte d’Auvergne] n’avaient pas pris l’ordrepour n’avoir pas voulu céder à des cadets de la mai-son de Lorraine , st-sim. 58, 222 . Demeure, toi, jeveux te parler sans témoins (Il faut l’amadouer, j’aibesoin de sessoins), regnard, Folies am. i, 3 .
hist. xvi* s. Puisque desja nous ne sommes quetrop enclins àhypocrisie, il n’estoitjamestier d’attiserlefeu, ou bien nous faire crouppir en nosorduresenamadouant nostre paresse, calv. Inst. 317. Il nenous faut imaginer une fiance, laquelle amadouel’ame et lui donne un repos souef pour l’endormir,id. ib. 683. Ores le guerroiant comme il pouvoit,ores l’amadouant par trefve, brant. Ferdinand I.
— étym. Picard, amidouler, ramiouler; wallon ,madoûler, amadoûler, amidoûler, et aussi adavn,adoûler, amadoûler, amidouler, amilourder; et en-core, agnoûler. andoûler; rouchi, amadoûler. ami-touler; madoule, enjôleuse. Ménage tire ce mot deamatus, aimé, sans aucun fondement. Diez fait venirnon pas amadouer d’amadou, mais amadou d’ama-douer : l’ancien Scandinave mata, danois made, veutdire donner de la nourriture, par exemple aux petitsoiseaux; gothique, matjan, manger; amadouer enaurait été formé avec l’introduction de la voyelle dedérivation ou (comp. évanouir) : a-mad-ouer, attireravec des aliments ; ital. ad-escare; à la vérité, on de-vrait attendre amatouer; mais que le t gothique sechange en d, c’est ce que prouve guider d evitan;la forme picarde est amidouler. Cette étymologieest savante et probablement bonne. On remarqueraqu’amadouer est récent dans la langue française (jen’ai pas d’exemple plus ancien que le xvi* siècle ; etmême amadou n’est pas dans la première édition duDictionnaire del’Académie).Onremarqueraaussi queamadouer, dans ses diverses formes, appartient auxpays du Nord (Picardie, pays wallon, Namur, Rou-chi ). Cette circonstance favorise l’opinion deM. Diez, en même temps qu’elle fait croire que c’estdu patois de ces pays que le mot a passé dans lefrançais . M. Grandgagnage, vu les formes adawi,adouler, préfère une étymologie latine, adulari,flatter, avec une m épenthétique par raison d’eu-phonie. Toutefois, de mon côté, prenant en consi-dération les formes agnoûler, andoûler, je suisporté à croire que les formes ont subi cette dégra-dation-ci ; amadoûler, andoûler, agnoûler, adoû-ler; par conséquent j’incline du côté de l’opinionde M. Diez.
f AMAI)OUEUR,EUSE (a-ma-dou-eur, eû-z’), s.m. et f. Celui, celle qui amadoue.
} AMAD0UV1ER (a-ma-dou-vié), s. m. Terme debotanique. Nom donné particulièrement à l’agaricamadouvier, sorte de champignon.
—étym. Amadou.
AMAIGRI, IE(a-mè-gri,grie), part, passé. Ren-du maigre. Un bœuf amaigri. Son visage amaigripar la douleur.
AMAIGRIR (a-mè-grir), u. a. || 1° Rendre mai-gre. Le jeûne l’amaigrissait. || Absolument. On pré-tend que l’usage du vinaigre amaigrit. || 2**.Fig.Bien qu’il soit infiniment sensible à la misère etaux plaintes de son peuple, il n’a pu néanmoinss’empêcher de l’amaigrir, ealz. Le Prince, ch. 17.|| 3“ Amaigrir un terrain, le rendre stérile. Le chevalet la plupart des autres animaux amaigrissent en peud’années les meilleures prairies, buff. Bœuf. || ^Ter-me d’architecture. Diminuer l’épaisseur. Amaigrirune pierre, une pièce de charpente. || En peinture,amoindrir. Ce muscle est trop fort ; il faut l’amaigrir.|| 5° S’amaigrir, v.réfl. Se rendre maigre. S’amaigrirpar l’abstinence. Pour m’aller amaigrir avec un tel cha-grin, mol. Te Dépit, i, 2 . || En parlant d’un modèleen terre glaise, diminuerde volume, se resserrer enséchant. Cette figure s’est amaigrie.
— hist. xm* s. lois venirs, icisalers,Icis veilliers,icis parlers l'ont as amans sous lor drapiaus [vête-ments] Durement ameigrir lor piaus , la Rose,2558. A li [papelardise] et as siens est la porte De-veée de paradis; Car ices gent si font lor vis [vi-sages] Amegrir, a dit l’Evangile , Pour avoir lozparmi la ville, la Rose, 433. || xv* s. Il convientqu’il soit amesgriz; Il a trop grasse laventraille,Mart. de S. P. et S. P. || xvi* s. En lieu d’amaigrirpour le jeune de caresme, elle estait plus belle etplus fraische qu’à caresme-prenant, marg. Nouv.xxxv. Lesciches emmaigrissentla terre,o. de serres,too.
— ÉTYM . Provenç. amagrexir; catal. amagrir; es-pagn. amagrecer; de à (voy. A) et maigrir (voy. mai-grir).
AMAIGRISSEMENT (a-mè-gri-se-man), s. m. Di-minution d’embonpoint.
— hist. xvi's. L’atrophie ou amaigrissement vientd’avoir trop longtemps tenu la partie en repos, etaussi pour l’avoir tenue liée, paré, xiv, 62.
AMALGAMATION (a-mal-ga-ma-sion) , s. f.Terme d’arts. Procédé métallurgique au moyen du-
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