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quel on sépare l’or et l’argent de leur minerai, àl’aide du mercure.
AMALGAME (a-mal-ga-m’), s. m. || 1° Alliagedu mercure avec un autre métal. Quand on ditamalgame d’étain, on indique l’alliage de ce métalavec le mercure. || 2° Fig. Mélange de personnes oude choses de nature, d’espèce différente. Un amal-game d’hommes de tous les rangs. Cet homme,étrange amalgame de défauts et de qualités.
— HIST. xv" s. Car si ne fais purs corps et ame,Jane feras bonne amalgame, la font. 460. || xvi* s.Amalgame est appellé par les alchimistes l’or, quantil est dissout, et entremeslé avec le vifargent, pa-LISSY, 377.
— ÉTYM . Ital. amalgama. On trouve aussi alga-mqla dans du Gange , comme terme d’alchimie. D’a-près Diez, de p.'iXïYp.a, ramollissement.
AMALGAMÉ, ÉE (a-mal-ga-mé, mée), part, passé.L’étain amalgamé constitue le tain des glaces. || Fig.Des opinions incohérentes vainement amalgamées.
AMALGAMER (a-mal-ga-mé), v. a. || 1”Terme dechimie. Combiner le mercure avec un autre métal.|| 2° Fig. Unir des choses différentes. Les philoso-phes néoplatoniciens essayaient d’amalgamer lamythologie avec des idées prises au christianisme.|| 3° S’amalgamer, v. réfl. S’unir. Je ne sais quellemétaphysique de Platon s’amalgame avec la secte na-zaréenne, volt. Phil. il, 69. Fénelon vit M”” Guyon;leur esprit se plut l’un à l’autre; leur sublime s’a-malgama, st-simon , 3t, )07. Pontchartrain s’étaitbassement mis sous la protection du maréchal Be-sons, dont il réclamait la parenté, et d’Effiat parlui, à qui Besons s’était depuis longtemps amal-gamé, id. 42), 74. lien résultait.... un ensembled’arts et de talents qui n’en formait qu’un peuple,propre à s’amalgamer avec le reste du genre hu-main, EF.HN. de s. -p. Arcad. prol. La civilisation etla nature semblent ne s’être pas encore bien amal-gamées ensemble, staèl, Allemagne , i, ch. 2 .
— hist. xiv" s. Qu’il ne falloit pour vraye estoffeFors prendre le bel vif argent Tout crud, et estrediligent De l’amalgamer avec l’or, l’Alchim. ànat. 495.
f AMALGAMF.UR (a-mal-ga-meur), s. m. Celuiqui est chargé de vérifier l’amalgame, le minerai,en en lavant un peu dans une augette.
f AMANDAIE (a-man-dê), s. f. Lieu planté d’a-mandiers.
—hist. xvi" s. Esolivetes, amendaiesetcoudraies,cinq ou six toises d’entre-fossé satisferont, o. deSERRES, 642.
AMANDE (a-man-d’), s. f. || 1" Fréit de l’aman-dier. || Amandes à la praline, amandes pralinées,ou simplement pralines, amandes cuites dans dusucre brûlant. || Amandes lissées, dragées faitesd’amandes couvertes de sucre. || Huile d’amandedouce ou d’amandes douces. || En amande, en formed’amande. Les Arabes ont les yeux grands et coupésen amande, chateaub. Ilin.n, 4 92. || 2“Toute grainecontenue dans un noyau. L’amande du noyau de l’a-bricot. || En termes de botanique, ce qui est con-tenu dans l’épisperme. || 3“ Dans la fabrication des ar-mes,partie ovale et occupant le milieu de la brancheou garde de l’épée.
— rem. Amandre, prononciation de quelques per-sonnes, est un provincialisme qu’il faut éviter.
— hist. xiii" s. Amandie, Ass. de Jérus . n, 180 .Quiconques est huiliers à Paris , il puet faire huilede olives, de amandes, de nois, de chenevis et depavoz, Lie. des Mit. 159. || xvi" s. Ces glandulessont de grandeur et figure d’une amende, et pourceste cause sont dites amydales, paré, vi, 6. Huiled’amendes douces, id. vi, 8. Huile d’amendes tantdouces qu’ameres, id. xxv, 24.
— ÉTYM . Génev. amandre; bourguign. aimandre;provenç. amandola, amella, amenta; ital. mandor-la, mandola; espagn. almendra; portug . amendoa;catal. ametlla; de amyqdala, de àp'jyôiiri, amande.
AMANDÉ (a-man-dé), s. m. Boisson faite avecdu lait et des amandes broyées et passées. Boire unamandé.
— hist. xvi" s. Son manger sera panade, orgemondé, et non amendé, pour ce que les amendescausent douleur de teste, paré, viii, )4
AMANDIER (a-man-dié. L’r ne se lie jamais : unamandier en fleurs, prononcez un a-man-dié enfleurs), s. m. Arbre de la famille des rosacées, quiproduit les amandes.
— HIST. xii" s. Grant masse i avoit de loriers, De
figiers et d’alemandiers, Le beau desconeus, dansArch. des missions scientifiques, t. v, p. )73.|| xiii" s. Alemandiers i ot planté, Et si ot ou ver-gier planté Maint figuier et maint biau datier, laRose, )345. || xvi" s. Le noyer, allemandier, et plu-sieurs autres especes d’arbres fruitiers, palissy, 85.Palmiers, amandiers.... id. 274. Estant l’amandierarbre primerain, aussi sera-il mis des premiers enterre, o. de serres, 679.
— ÉTYM . Amande; provenç. amelier; catal. amet-ller; espagn. almendro; portug . amendoeira; ital.mandorlo.
AMANT, ANTE (a-man, man-t’), s. m. et f.|| 1° Amant, celui qui, ayant de l’amour pourune femme, a fait connaître ses sentiments, etest aimé ou tâche de se faire aimer. Amante,celle qui est attachée à un homme par des senti-ments tendres et passionnés. Un amant fidèle , unetendre amante. Elle reçoit les vœux de son nouvelamant, hac. Brit. m. 6. J’aime assez mon amantpour renoncer à lui, id. Baj. m, ). Et le sultan l’a-vait chargé secrètement De lui sacrifier l’amanteaprès l’amant, id. ib. v, ) i. Ne désespérez pas uneamante en furie, id. ib. h. ). Et vous doutez en-cor qu’elle en fasse un amant, id. Alex, i, ). Quelspleurs par un amant ne sont point essuyés! id.Iphig.n, 3. Je sais jusqu’où s’emporte un amantirrité, id. ib. m, 7. Que la mort la rassure [uneamante] ou qu’un rival l’emporte, La douleur d’unamant est également forte, corn. Rodog. Vf, 6.
|| 2" Galant. Cette femme a un amant. || 3° Il sedit de celui qui aime une chose avec passion. Cethomme, amant de la vérité. Non, je ne puis souf-frir, en quelque rang qu’il monte, L’ennemi de magloire et l’amant de ma honte, rotr. Yencesl. n, ).|| Les amants des muses, les poètes. || Poétique-ment. Non, ce n’est.... Ni l’or ni la victoire, amantedu carnage, Que les fils d'Apollon s’empressentd’obtenir, lebrun, Ode, i, liv. i. || 4° S. m. plur.En parlant de deux personnes de sexe différent quis’aiment. La gloire et le plaisir, la honte et lestourments, Tout doit être commun entre de vraisamants, corn. Cinna, v, 2 . Mais il faut des amantsexcuser l’injustice, rac. Iphig. n, 5. Amants, heu-reux amants, voulez-vous voyager? Que ce soit auxrives prochaines, la font. Fab. ix, 2 .
— SYN. 1° amant, amoureux. M. Guizot a très-bien indiqué la différence. « Il suffit d’aimer pourêtre amoureux. Il faut témoigner qu’on aime pourêtre amant. On est souvent très-amoureux sans oserparaître amant. Quelquefois on se déclare amantsans être amoureux, v || 2° amant, GALANT.Unhommese fait amant d’une personne qui lui plaît. Il devientle galant de celle à qui il plaît, guizot.
— HIST. xii" s. Et fins amans destrois etangois-seus Doit joie avoir par jugementd’amours, Coud,vu. A maint amant [ils] ont fait ire et damage,ib. xix. 11 xlv" s. Et en amisté aucune fois l’aman accusel’amey pour ce que il aime plus que il n’est amez,oresme, Et/i. 247. Il semble une dérision ce que au-cuns amans dient simplement que il doivent estreamés autant corne il aiment, id. ib. 244. || xv" s. Tuas oy parler les malheureux, Non pas amans quicongnoissent qu’est joye, ch. d’orl. ). || xvi's. L’amed’un amant vit au corps d’autruy, non pas au sien,amyot, Anton. 85. Les amants, pour l’affection ve-hemente qu’ils porteraient à leurs aimez, ne lesabandonneraient jamais, id. Pelop. 33.
— ÉTYM . Provenç. amans ; espagn. et ital. amante(voy. aimer).
f AMAPER (a-ma-pé), t\ a. Terme de marine.Empoigner une voile avec vigueur pour la serrer.
AMARANTE (a-ma-ran-t’), s. f. || 1° Fleur d’au-tomne d’un rouge pourpre et velouté. Des prés se-més d’amarantes et de violettes, fén. Tél. i. Talouange dans mes vers D’amarante couronnée [ren-dus immortelle], malii. ii, 2 . || 2° Adj. De couleuramarante. Velours, étoffe amarante. Ne dis plusqu’il [ce beau carrosse] est amarante; Dis plutôtqu’il est de ma rente, mol. F. sav. m, 2 .
—ÉTYM . Amarantus, de àp.àpavroç, de à privatif,et papaivEiv, flétrir; la fleur qui ne se flétrit pas(voy. marasme).
f AMAREILLEUR (a-ma-rè-lleur, Il mouillées),s. m. Ouvrier chargé des soins qu’exige le parcagedes huîtres.
t AMARESCENT, ENTE (a-ma-rè-ssan, ssan-t’),adj. Terme didactique. Légèrement amer.
— ÉTYM . Amarescere, devenir amer, de amarus(voy. amer).
AMARINAGE (a-ma-ri-na-j’), s. m. Action d’ama-riner un bâtiment capturé sur l’ennemi.
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AMARINÉ, ÉE (a-ma-ri-né, née), part, passé.Les prises furent amarinées, malgré une grossemer.
AMARINER (a-ma-ri-né), v. a. || 1° Envoyer dumonde â bord d’un vaisseau pris sur l’ennemi poury tenir garnison. || 2° Habituer à la mer.
t AMARQUE (a-mar-k’), s. f. Terme de marine.Bouée ou balise.
AMARRAGE (a-ma-ra-j’), s. m. || 1° Action d’a-marrer. || 2° Union de deux cordages par un autreplus petit qui fait plusieurs tours symétriques, etqui est dit non pas amarre, mais ligne d’amarrage.Les galères hivernèrent à Rouen , et celui qui les yavait amenées devait naturellement les préserver desaccidents dont elles étaient menacées dans ce séjourétranger ; aussi imagina-t-il une nouvelle sorte d’a-marrage, fonten. Chazelles.
AMARRE [a-rna-r’), s. f. || 1° Câble servant à re-tenir un vaisseau. Ce bâtiment est sur ses amarres,il est àl’ancre. ||2° Toutcordage employé au serviced’un navire. Jeter une amarre dans une embarca-tion. || 3°En architecture et charpente, se dit de deuxmorceaux de bois, percés au milieu d’une ouver-ture, par où l’on fait passer le bout d’un moulinet.
— ÉTYM . À et le holl. maaren; angl. to moor,amarrer. On a cité l’arabe marr, corde; mais il estbeaucoup plus naturel de chercher dans les lan-gues du Nord, qui ont fourni tant de termes de ma-rine, l’origine de celui-ci,.
AMARRÉ (a-ma-ré), part, passé. Le bâtimentétant amarré. Canons amarrés.
AMARRER (a-ma-ré), v. o. Attacher, lier avecune amarre. Je m’arrêtai à l’extrémité de l’Ue, et j’yamarrai mon vaisseauàune grosse roche, fén. xxi,4)3. || S’amarrer, v. réfl. Se fixer avec une amarre.
— hist. xvi" s. Pour ce que le hable [havre] deladite ville [de Honfieur] pourrait empirer, dont ilconvendroit les diz marchans et leurs gens amareren la ville de heure, du cange, amarrare.
AMARYLLIS (a-ma-ril-lis’), s. f. Terme de bota-nique. Plante d’agrément de la famille des narcisses.
— ÉTYM . Nom .transporté dans la botanique, etqui est celui d’tfftè jeune bergère dans Virgile etThéocrite (’ApapuXXîç). Il est probable que ce mot,pourvu d’une désinence diminutive ( yllis ), qui setroutje dans d’autres noms grecs, est identique pourle re?te (amar) avec amarante (voy. ce mot), etsignifie celle qui ne se fane pas.
AMAS (a-mâ. L’s se lie : Un amas immense ; di-tes : un a-mâ-z-immense), s.m. || 1° Ensemble dechoses accumulées ou réunies. Un amas de ruines.Amas d’eaux pluviales. Amas d’humeurs. La conta-gion, suite nécessaire des trop grands amas de toutematière vivant dans un même lieu, buff. Lièvre.Pourquoi ne voir dans la pyramide de Chéopsqu’un amas de pierres et un squelette ? chateaub.
Itin. 6" partie. d’un amas confus des vapeurs de
la nuit, corn. Poly. i, ).où se garde caché Ce
formidable amas de lances et d’épées, rac. Ath. m,7. ô vous qui croyez être un amas de boue, sortezdonc du monde où vous vous trouvez seul de votreavis, mass. Car.Vér. d’un avenir. || 2° Par extension.Pendant qu’il faisait amas d’armes et de troupes pours’emparer, la force à la main, du gouvernement,vertot, Révol. rom. xii, )74. Hors Céthégus et toi,dignes de mon estime, Le reste est un amas élevédans le crime, volt. Catil. i, ). Si c’est un sénatqu’un amas de bannis, corn. Sertor. ni, 2. || 3° Ac-tion d’amasser. Biens dont l’amas ne lui a coûté au-cunes peines, boss. Amb. 2 . || 4° Fig. En lui mon-trant, comme réunis en un point de vue, cet amasmonstrueux de crimes, mass. Avent,Bonh. des justes.Cet amas de civilités mondaines, fléch. Serm.n, 9.La justice gémit sous un amas de liens et de for-malités, id. dans girault-duvivier. Il a fait grandamas de matériaux, boss. Soumiss. 2 . En fai-sant amas de plusieurs expériences, desc. iléth. Milleet mille douceurs y semblent attachées, Qui ne sontqu’un amas d’amertumes cachées, corn. lléracl.\,i.Leur fier amas de puissance et de gloire, id. Sertor.ii, ). Ne lui laissez plus voir ce long amas de gloireQu’â pleines mains sur vous a versé la victoire,id. Nicom. m, 6. Ou plutôt mille amas de carnageet d’horreur, id. Jlor. i, 3. Un long amas d’hon-neurs rend Thésée excusable, rac. Phèd. i, l. Decet amas d’honneurs la douceur passagère Fait surmon cœur à peine une atteinte légère , id. Esth.n, ). Et tout ce vain amas de superstitions Qui fer-ment votre templeaux autres nations, id. Ath. ii,4.