AMA
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AMB
|| 5“ En géologie, masse informe, bloc irrégulier quine constitue pas un terrain.
— hist. xv* s. Le roi de France faisoit un grandamas des nobles de son royaume, froiss. i, i, 84.Il [Louis XI ] avoit envoyé deux ambassadeurs auLyege pour les solliciter contre ledit duc; lesquelzambassadeurs avoient si bien diligenté qu’ilz avoientjà fait un grant amatz, et vindrent d’emblée lesLyegeois prendre la ville de Thongre, comm. xi, 7.Survint en la ville la vefve dudit chevalier blanc etmere dudit Mathias bien fort acompaignée, car elleestoit riche femme d’argent contant, que son mariavoit laissé, parquoy elle avoit peu faire grantamatz soudainement, id. vi,13. || xvi* s. Des amaset pièces de chair informes [môles|, mont, i, 3t. Ilpresta lors sa ville à Timoleon pour y faire son amas,et persuada à ses citoyens d’entrer en ligue avec lesCorinthiens, amyot, Timol.t 4. Il feit amas de gensde cheval, id. Eumènes, 7. Le prince voyant sonamas [armée] pressé de faim, refusé de passage auLiege , d’àub. Hist. i, 339.
— étym. Provenç. amas (voy. amasser).AMASSÉ, ÉE (a-mâ-sé, sée), part.passé. Misenamas. Décombres amassés.Richesses amassées à grand’peine. Eaux amassées dans un creux. Foule amas-sée. Colère amassée depuis longtemps. Vous cachezles trésors par David amassés. '&kc..Athal. i, t. Il s’estfait apporter ces annales célèbres Où les faits deson règne avec soin amassés.... m.Esth.n, t. Toutesles provisions de guerre et de bouche amassées parles ennemis pour la campagne, volt. Louis XIV , 23.
AMASSER (a-mâ-sé), v. a. || 1° Faire un amas.Amasser des provisions, des matériaux. Ce spectacleamassait la foule. Le jeune Hartsoeker amassa ensecret le plus d’argent qu’il put: il le dérobait aux di-vertissements qu’il eût pris avec ses camarades, fon-ten. Hartsoeker . L’abondance est si grande qu’il fautamasser les restes [des pains multipliés par J.-C.],mass. Confér. Communion. Ce général du sénat, quivoulait tirer la guerre en longueur pour avoir letemps d’amasser de plus grandes forces, passa d’I-talie en Ëpire , vertot, Révol. rom. xm, 267. Vingtmille hommes, archers et frondeurs, qu’il avaitamassés dans sa province, vaugel.Q. C. 589. || 2° Ab-solument. Thésauriser. La vieillesse chagrine in-cessamment amasse, boil. A. P. m. || Absolument,mais avec un sens général. Par mon propre bras elleamassait pour lui, corn. Nie. iv, 2. Voltaire a con-damné ce vers, disant: Amasser quoi? Mais amas-ser peut être employé absolument comme beaucoupd’autres verbes. || 3" Fig. Amasser des preuves. Ilamassait sur sa tête les malédictions du ciel.
|| 4° S’amasser, v.réfl. Les eaux pluviales s’amassentdans cette citerne. La foule, le monde s’amassaitautour de lui. Et ce qu’on voit de peuple autourd’eux s’amasser, Frémit de leur audace et les laissepasser, corn. Othon, iv, 7.
— REM. Dans le xvn* s. amasser avait le mêmesens que ramasser présentement. Dans la t '* éd. duDict. de l’Académie , amasser est défini : Relever deterre ce qui est tombé, amasser ses gants, amasserun papier. La Fontaine a dit : L’un se baissait déjàpour amasser la proie, Fabl . ix, 9. Dans le Berry,amasser signifie encore ramasser; mais la languea varié, et aujourd’hui l’usage a séparé amasser deramasser, et l’on dit ramasser ses gants, ramasserun papier (voy. syn.).
— SYN. || 1° amasser, ramasser. C’est faire unamas. Mais amasser indique simplement l’idée d’a-mas, tandis que ramasser marque les soins qu’on apris, la peine qu’on a eue pour rassembler les cho-ses. On amasse de l’argent, quand on en acquiertsuccessivement. On en ramasse de tout côté, dansun besoin pressant, et pour une affaire qui en exige.
|| 2“ AMASSER, ENTASSER, ACCUMULER, AMONCELER.
Amasser, c’est réunir ensemble des choses de mêmenature : un amas de blé, de foin. Entasser, c’estfaire un amas de forme déterminée : un tas de blé,de foin. Accumuler, c’est joindre amas sur amas: onaccumule des richesses, des héritages. Amonceler,c’est faire une accumulation, en désordre, de chosesmêlées: amonceler des ruines, des cadavres.
— hist. xii* s. Mais les armes et la despuille Fi-rent coillir et amasser, Chron. des ducs de Norrn.t. m, p. 216 . Nous ferons amasser princes et vavas-sors, Chevaliers et sergens, les granz et les me-nors, Sax. xxvn. || xm* s. Uns vilains entules et :riches, Qui moult estoit avers et chiches, Qar dedespendre n’avoit cure, En l’amasser ot mis sa cure,lien. 4967. D’oisiaus chantans avoit assés Par tout ;le vergier amassés, la Rose, 678. Car cil qui ri- icheces amassent, ib. 5166. ||xiv* s. Us amassent etamoncellent un secret et couvert courroux en leurs
cuers, Mènagier , i, 6. || xv* s. Pour ce vous vueilje requérir Qu’il vous plaise de me tollir Les maux. que m’avez amassez , ch. d’orl. Bal. 40. Et àl’exemple des vaillants anciens.... ne luy chailloit detrésor amasser, Bouciq. i, ch. 2 . Quand le duc Al-bert de Bavière.... entendit que le duc d’Irlande es-toit venu loger et amasser.... en sa ville de Dour-drech, si pensa sus un petit, froiss. ii,iii, 80 .Amasser une armée, comm. vi, 6. A Arras il amas-soit gens tant qu’il pouvoit, id. iii, 2 . || xvi* s. Us sebaissent à terre pour amasser [ramasser] en dulinge son ordure, mont, i, -ho. Qui sçauroitle poidsd’un sceptre ne daigneroit l’amasser quand il letrouveroit à terre, id. i,330. Cette prévoyance d’a-masser et espargner pour le temps à venir, id. ii,1 86. Je feis sortir de sa playe l’ordure qui s’y amas-soit, id. ii, 193. U estoit homme trape, bien amassé,et mesme qui savoit bien jouer des couteaux, des-per. Contes, l. Tout artifice pour amasser argenty estoit permis aux esclaves, amyot, Lyc. et Numacomp. 4. Ayant receu le royaume d’un peuple nou-vellement amassé, qui ne luy contredisoit en rien....id. ib. 9. Le sable que les undes de la mer y amas-soient et entassoient, id. Slarius, 26 . Hz s’amassè-rent en grosse trouppe, et s’en allèrent dans la ri-vière, id. ib. 32. II amassa ces lettres et papiers deSertorius en un monceau, et les brusla toutes, id.Serlor. 41. La bastine de son cheval tumba à terretoute ensanglantée, et un page de celuy qui l’avoitfrappé l’amassa, id. Artax. 13. La femme du Pontenquise par lui où estoit son mari, respondit assezbrusquement qu’il amassoit des chastaignes à S.Christol, d’aub. Hist. n, 60 .
— ÉTYM . A (voy. À) et masse ; bourguig. emassey ;provenç. amassar; espagn. amasar ; ital. ammas-sare.
+ AMASSETTE (a-mâ-sè-ff), s.f. || 1»Palette, lamedont les peintres se servent pour amasser les cou-leurs broyées. || 2° Petit instrument aveclequelonamasse la pâte.
f AMASSEDR (a-mà-seur), s. m. Celui qui amasse.— HIST. xm* s. Uns useriés, uns amasseras, ducange, amassator. || xiv* s. Si fontli amasseur, quiles deniers musis Gardent en leurs escrins, et lesvairs et les gris, Baud. deSeb. vm, 1217. || xvi* s.Ne prisant rien que l’avare amasseur, marot, iv,244. Tout à coup les uns tuent les amasseurs de noix,d’aub. Hist. iii, 387. Si la nourriture des amasseursde feuille vous importune, avec de l’argent seulvous vous ferés faire tel service, o. de serres, 460.On est bien aise d’ouïr ceulx qui se nomment amas-seurs de sagesse, amyot, Morales, t. ii, p. 411. Àpere amasseur fils gaspilleur, cotgrave, Dict.
— étym. Amasser; provenç. amassaire, amassa-dor ; espagn. amasador; ital. ammassatore. Amas-sere du vieux français et amassaire du provençalsont le nominatif, du bas-latin amassator; amas-seor et amassador, le cas du régime, de amasstx-lorem.
AMATELOTAGE (a-ma-te-lo-ta-j ’), s. m. Termede marine. Action d’amateloter.
AMATELOTÉ (a-ma-te-lo-té), part, passé.AMATELOTER (a-ma-te-lo-té), u. a. Terme demarine. Classer deux à deux les matelots d’un équi-page pour qu’ils s’aident ou se remplacent dans unmême service.
AMATEUR (a-ma-teur), s. m. || 1° Celui qui a ungoût vif pour une chose. Un amateur de peinture,de musique. Ô le soin inutile, diront les fols ama-teurs du siècle, boss. Fr. de P. ii, 1. On est ama-teur de son repos : quiconque peut le troubler passepour importun et fatigue par saprésence,BOURD. Pen-sées, t. ii, p. 252 . J’ai parlé avec quelque étenduedes ruines d’Athènes , parce qu’après tout elles nesont bien connues que des amateurs des arts, cha-teaub. ltin. 6* partie. Profanes amateurs de specta-cles frivoles, rac. Esth. prol. Les entreprises lesplus éclatantes des amateurs du monde, mass. Resp.On se donne pour amateur de la patrie, id. Obst.
|| 2° AbsolumMit. Celui qui cultive les beaux-artssans en faire «a profession. C’est un amateur dis-tingué. || 3° En mauvaise part. C’est un amateur,c’est un homme d’un talent médiocre.
— SYN. U y a une différence entre aimer et êtreamateur. Aimer est un terme général : j’aime les ro-ses exprime que je les aime, sans ajouter à cette idéerien de particulier. Être amateur indique toujoursune préférence particulière et devenue, en quelquesorte, une étude : je suis amateur de roses signifieque je les recherche, que j’en fais collection.
— hist. xn* s. Et j’ai plus haute pensée Que tuitli autre ameor [amants]. Coud, i. Courtois ameor,
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Qui à sejor [en repos] Gisez en chambre coie, Ro-mancero, p. 67. ||xm* s. Et si cuidast bien li don-siaus Estre ameres de dames beles, Fables et contesanciens, t. m, p. 118 . Ki a les iex gros et grans ettremblans, si est lens et de grande vie et ameres defemmes, alebrant, f° 69, verso. || xvi* s. Amateur devraye gloire, amyot, Flamin. 9. Si estoit bien aisede s’ouyr saluer et nommer Philellen, c’est-à-direamateur des Grecs, id. Anton. 27.
— ÉTYM. Aimer; provenç. amaire, amador ; es-pagn. amador; ital. amatore. Le vieux français amere et le provençal amaire sont le nominatif," deamator; ameor et amador, le cas du régime, deamatorem. Le français actuel a été directement cal-qué sur le latin à une époque plus récente.
f AMÂTINER (a-mâ-ti-né), v. a. Faire couvrirune chienne par un mâtin.
AMAT1, IE (a-ma-ti, tie), part-passé. Or amati.AMATIR (a-ma-tir), v. a. Terme d’orfèvrerie.|| 1* Rendre mat, ôter le poli. || 2“ Dans les mon-naies, blanchir les flans, les rendre mats.
— HIST. xn* s. L’orgueil Carlon à la barbe florieAmatirez ains l’heure de complie, lionc. p. 126 .Quant li sainz veit venir les suens à lui fuitiz, Eles enfanchunetz pendre as meres az piz [aux poi-trines des mères], E que lui e les suens aveitli reisproscriz, Mielz volsist estre morz, mult fort est ama-tiz, Th. lemart. 65. || xv* s. Lesquels Liégeois géné-ralement demeurèrent en leur pays très dolents etamatis de la douleur qui leur estoit advenue, monstr.liv. H, ch. 60. Comme les jeunes et tendres fleu-rettes se sechent et amatissent [se fanent], quandaucun accident leur advient, louis xi , Nouv. c.|| xvi* s. Il pensoit que l’empereur à la premièreville qu’il assaudroit sans en venir au dessus et à sonintention, amattiroit et affoibliroit le coeur de sesgens, m. du bell. 365.
— ÉTYM. A (voy. A) et mat. Dans l’ancien fran-çais , mot a toute l’étendue de sa signification et s’ap-plique à toute chose pour signifier rendre mat,faible , vaincu. La signification , dans le françaismoderne, en est réduite à ôter le brillant, le poli.
f AMATIVITÉ (a-ma-ti-vi-té), s. f. Nom que lesphrénologues donnent à l’instinct qui préside à lapropagation de l’espèce.
— ÉTYM . D’un adjectif amalif qui n’existe pas, etqui voudrait dire disposé à aimer.
f AMATRICE (a-ma-tri-s’), s. f. Féminin d’ama-teur. Cette capitale est pleine d’amateurs et surtoutd’amatrices qui font leurs ouvrages comme M. Guil-laume inventait ses couleurs, i. J. rouss. Ém.m. || Mot qui, bien que bon et utile, a beaucoup depeine à s’introduire.
— HIST. xvi* s. Parce qu’ils ne se pouvoient per-suader que la nature en de telles choses fust dedansle corps humain, comme dedans une ville amatriceet inventrice denouvelleté, amyot, Propos de table,liv. vm, quest. 9.
— ÉTYM . Voy. amateur; provenç. amairitx.AMAUROSE (a-mo-rô-z’), s. f. Terme de méde-cine. Cécité causée par la paralysie de la rétine etdu nerf optique.
— ÉTYM .’ApaOptcTi;, obscurcissement, de à aug-mentatif, et de p.aùpo;, obscur.
f AMAUROTIQUE (a-mo-ro-ti-k’). || 1 °Adj. Termede médecine. Qui a rapporté l’amaurose. || 2;' S.m. etf. Un amaurotique, une personne atteinte d’amaurose.
AMAZONE (a-ma-zô-n’; d’autres prononcent a-a-ma-zo-n’), s.f. || 1“ Terme de mythologie. Nomde femmes guerrières qui vivaient sans hommes.|| 2* Dans le langage général, femme d’un couragemâle et guerrier. C’est une véritable amazone.
|| 3“ Habit d’amazone ou amazone, longue robe dedrap que portent les femmes pour monter à cheval.
— étym. ’A|xc<îwv, mot d’origine fort incertaine.Les uns l’ont tiré de à privatif, et paÇoc, mamelle ;parce que, dit-on, les Amazones détruisaient unemamelle chez les petites filles ; mais on a un grandnombre de monuments anciens où les Amazonessont figurées et où leur sein n’est pas mutilé ; etHippocrate, qui parle de cette mutilation, l’attribuenon aux Amazones , mais aux femmes scythes ;il dit seulement que les amazones estropiaient, dansle bas âge, les enfants du sexe masculin. Les au-tres ont fait venir amazone de a augmentatif, etpaî[6;, mamelle; qui a de grosses mamelles ; d’au-tres, de oipa, ensemble, et Ç9)v, vivre. Toutes cesétymologies sont incertaines ; et il est possible queamazone soit quelque nom géographique, ou quel-que terme mythologique d’une étymologie aujour-d’hui méconnaissable.
AMBAGES (am-ba-j’), s. f. plur. Circuit de paroles.