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Tome premier. A - C.
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AMB

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Point d’ambages, de circonlocutions, mol. Le mar.f. o. Emprisonnez, tuez, on n’aurait jamais fait,s’il fallait tant d’ambages et de circonlocutions, p.l. cour, i, 473. || Au stng. L’ambage de ses dis-cours [du duc de Noailles] me fit entrevoir ce qu’ilse proposait par le duc de Beauvilliers , st-simon,

S 4 8* 4 49.

— hist. xiv* s. Menaces des quelles par ambageset par paroles doubteuses il li avoit parlé, ber-cheure, f* 32, recto. || xvi* s. Il y adjousta encoresassez d’autres indignitez à l’encontre du roy, ens’involvant et fourrant si avant en ambages et su-perfiuitez de paroles que .... M. du Bellay, 349.

— ÉTYM . Ambage, circuit, détour, de amb, au-tour (voy. àmbe), et de agcre , pousser (voy.agir) .

f AMBALARD (an-ba-lar), s. m. Brouette quisert à transporter la pâte dans les papeteries.

AMBASSADE (am-ba-sa-d’), s. f. || i° Fonc-tion, charge d’ambassadeur. Obtenir une am-bassade. || 2* Députation à un souverain. Envoyerune ambassade. Recevoir ambassade eu qualité dereine, corn. Nicom. ni, H. Voilà donc le succèsqu’aura votre ambassade, rac. Andr. m, 4. C’esttoi dont l’ambassade, à tous les deux fatale, L’a faitpour mon malheur pencher vers ma rivale, iD.iô.v, 3.| 3" La suite d’un ambassadeur. Il fait partie derambassade. || 4“ Hôtel d’un ambassadeur. Je logeà l’ambassade. || 5° Commission, message entre parti-culiers. Son frère arrive et lui fait 1’ainbassaUe,la font. Joconde . || Ironiquement. J’ai fait une bélleambassade, c’est-à-dire ma mission n’a pas étéheureuse. 0 ! juste ciel ! j’ai fait une belle ambas-sade, mol. Amph. i. 2.

— HIST. xv* s. Et pour certaines matières, icel-lui et autres avec lui avons envoié en ambaxadeauprès de notre très chier et très amé frere le royd’Escosse, Lettre de Charles VII , dans Chron.de laPucelle, édit, viriville, p. 76. Avant que le grand-maistre de Saint-Jacques de Portingal et LaurentienFougasse fussent venus en Angleterre en ambassa-derie, froiss. ii, iu, 29. ||xvi* s. Que le donneurn’en soit repris, Un sold en fit les ambassades,diasque chose vaut bien son prix, st-gel. 438. Laparole de réconciliation a esté mise en la bouchedes ministres, afin qu’ils portassent ceste ambassadeau monde de par Christ, calv. Inst. 526. Jésus a li-mité tout leur ambassade en ceste sorte, leur com-mandant d’aller et enseigner.... id. ib. 925. De né-gociateur il passa pour ambassade [ambassadeur],et fut laissé aller, d’aub. Hist. il, 90. Rome ne futpas courtoise au commencement aux premiers etseconds ambassades, id. ib. m, 356. Il veut pourambassade avoir mon lieutenant general, afin d’en-voyer ce pendant assaillir mon camp, m. du bell.290. Nous sommes appellés comme par un heraultet embassade envoyé du ciel, paré, xxiv, 53.

— ÉTYM . Froissard a dit ambassaderie ; dans lexvi* siècle, ambassade est tantôt féminin, tantôtmasculin, tantôt avec le sens actuel et tantôt avecle sens de messager. Provenç. ambaissada, et mas-culin, ambaissat; ital. ambasciata; espagn. em-baxada; bas-lat. ambascia, ambasiata, ambassala,ambasseria, ambasciata, ambaxata. L’italien aambascia, ambascio, dans le sens d’angoisse,peine. Ambassade et les formes ci-dessus relatéesviennent de ambaclia, qui figure dans les plusanciens textes du bas-latin (loi salique, loi desBourguignons et autres), avec le sens de service,emploi, mission. Ambactia rappelle aussitôt om-bactus, homme de service, qui est dans César. Cé-sar dit en parlant des chevaliers gaulois : Circumse ambaclos clientesque habent. De son côté, Fes -tus dit : Ambactus apud Ennium lingua gallica ser-ons appellaiur. Saumaise a prétendu que ambactusn’était pas gaulois; en effet ambactus s’expliqueraitsans peine par le latin : amb, autour, et adus,poussé, mené. Mais, outre que ambactus n’a aucunemploi et aucun appui dans la latinité, il faudraitne tenir aucun compte du dire de Festus. AussiZeuss ( Gramm. celtique, i, 89 et 4 79) a-t-il cherchéune origine celtique : kymri amaet (pour ambaeth,le b tombant souvent), laboureur, ouvrier. Mais ladifficulté croît, quand on reconnaît que les languesgermaniques ont un mot tout à fait analogue : an-cien islandais , ambat, ambot, et anglo-saxon,a-mbcht, serviteur; suédois , ernbete, charge, mi-nistère; hollandais, ambagt, métier; allemand ,amt, fonction; gothique andbalhs; ancien haut al-lemand , ambaht, serviteur; gothique, andbahti,service. M. Diez remarque, en faveur de l’originegermanique, que le bas-latin ambactia ne peut dé-couler de ambactus, le suffixe ta n’étant pas usité,

mais qu’il peut découler du gothique andbahti. Toutcela montre en tout cas que ambactus , ambactia , et parsuite les formes romanes, sont dues aux nations queles Latins nommaient transalpines. Cela posé, il estdifficile de décider entre le celtique et l’allemand ;mais sans doute en cette circonstance, comme enplusieurs autres, le celtique et l’allemand ont euune forme très-voisine qui est venue se confondredans le bas-latin.

AMBASSADEUR (am-ba-sa-deur), s. m. || 1° Re-présentant d’un souverain, d’une république, prèsd’une cour étrangère. L’ambassadeur auprès de lacour de France. Les privilèges d’un ambassadeur.Les ambassadeurs que les Scythes envoyèrent à Da-rius. Le rang d’ambassadeur doit être respecté,corn. Nicom. î, 4. Ambassadeur de France dans cettecour, la bruy. 5 . Par mes ambassadeurs mon cœurvous fut promis, rac. Andr. iv, 6 . Tout petit princea des ambassadeurs, la font. Fab. i, 3 . || 2° Toutepersonne chargée d’un message. Vous ne pouvez en-voyer un plus agréable ambassadeur. Et le baron cou-vert. de gloire Triomphe par ambassadeur, millev. leBaron Chrétien.

— SYN. AMBASSADEUR, ENVOYÉ, DÉPUTÉ. De Cestrois termes envoyé est le plus général ; l’envoyé aune mission, de quelque part qu’elle vienne, etquel que soit celui à qui elle s’adresse. Aussi peut-ondire l’envoyé de Dieu . Le député est nommé par descitoyens, par des corps particuliers, par des so-ciétés subalternes, ou bien par des sujets ou desvaincus pour faire des représentations, des demandesou des prières ; il a un mandat déterminé. Enfin en-voyé, par rapport à ambassadeur, exprime un ranginférieur ; l’ambassadeur représente son souverain,au lieu que l’envoyé ne paraît que comme simpleministre autorisé. Si, par une raison d’étiquette ouautrement, on ne veut pasavoir un ambassadeur au-près d’un gouvernement, on y a un envoyé.

— HIST xv* s. Vous ambasseurs et messagiers,Qui alez par le monde es cours Des grans princespourbesongnier, e. desch. dans le Gloss, de sainte-palaye. Et dévoient les ambaxadeurs .... avoir saufconduit allant et retournant parmi le royaume d’An-gleterre, FROISS . II, II, 240.

— ÉTYM . Provenç. ambassador, embaichador ;espagn. embaxador; portug . embaixador; ital. om-basciadore (voy. ambassade).

AMBASSADRICE (an-ba-sa-dri-s’), s. f. || 1° Lafemme d’un ambassadeur. C’est madame l’ambas-sadrice. || 2° Une femme chaigée d’un message. Laprincesse lui fit sentir qu’elle était indignée que sonfrère lui dépêchât une telle ambassadrice, volt. S. deLouis XV , 3.

— ÉTYM . Voy. AMBASSADEUR.

| AMBATTAGE (an-ba-ta-j’) , s. m. Terme de char-ronnage. Opération par laquelle on garnit une rouede son bandage ou d’un cercle qui en tient lieu.

AMBE (an-b’), s. m. Deux numéros qu’on a prisou qui sont sortis ensemble à une loterie. J’ai gagnéun ambe. Ambe déterminé, deux numéros dontl’ordre est indiqué par le joueur. || Au jeu de loto,deux numéros placés sur la même ligne horizon-tale.

— HIST. xi* s. Ambes [deux] ses mains en levantcontre-mont, Ch. de Bol. xxxi. || xn* s. Et d’ambesparz très bien jurer et fiancier, Sax. iv. || xv* s. Siy ot, par ces dicts vaillanschevaliers et leurs gens,plusieurs besongnes entre Françoiz et Angloiz, oùil ot pertes et gaignes, souventefoiz d’ambe les deuxparties, christ, de pusan, Charles V , m, ch. 25.

— ÉTYM . Latin arnbo, grec àwfu>, signifiant tousdeux, et venant de la préposition amb, ambi, qui n’estusitée qu’en composition, en grec àp. 9 ' 1 , qui si-gnifie autour, et par conséquent des deux côtés.Ambes, dans l’ancienne langue, signifiait deux,les deux, tous deux;’de là ambe, terme de jeu.

AMBESAS (an-be-zas’), s. m. Terme de jeu detrictrac. Deux as. On dit plus souvent bezet.

— hist. xn* s. Quant cil denier serunt despendue alé, E en malvaises genz e en guerre guasté,Malvaisement conquis, malement alué, Li dé se-runt mult tost sur ambes as turné, Qui unt estésovent sur sines ruelé, Th. le mart. 4 57 . || xm*’s.Tant ont fait Lombart que il ont jettés ambe-as,11 . de valenc.xx. Et se bien retenu les as, Tu n’aspas geté ambesas, la Base, 40436. Or t’est-il chetlambes as ; Or te tien à ce que tu as, ruteb. ii, 93 .

— ÉTYM . Ambe et as.

f AMBI (an-bi), s. m. Terme de chirurgie. Nomd'une machine employée à réduire la luxation del’humérus. || On ne s’en sert plus.

— hist. xvi* s. La sixième manierp de réduire laluxation de l’espaule, avec le ambi, paré xiv, 22 .

— ÉTYM . ’Aia&o, rebord, à cause du rebord qu'a-vait la pièce de bois principale.

AMBIANT, ANTE (an-bi-an, an-t’), ad}. Qui vaautour. Fluide ambiant. L’air ambiant, l’air danslequel un corps est plongé. L’air moins ambiantvous porte une autre sensation au visage, 1 . :.rouss. Ém. ti. L’air ambiant et pur semblait s’êtreadouci, Quelques oiseaux posaient sur le givredurci, lamart. Joc. iv, 4 47. || Il ne se met qu’aprèsle substantif.

— HIST. xvi* s. .. une pelle de fer rouge ; à finque par la réverbération d’icelle, l’air ambiens,c’est à dire qui est à l’entour, soit corrigé, paré,VIII, 4 4.

— ÉTYM . Ambiens, de ambi, autour (voy. ambe),et iens, allant, de ire, aller (voy. irai).

AMBIDEXTRE (an-bi-dèk-str’). || 1 ’ Adj. Qui sesert également des deux mains. Hermagoras vousrévélera que Nemrod était gaucher et Sésostris ambidextre, la bruy. 5. || 2“ S. m.C’est un ambidextre.|| Il ne se place qu’après le substantif : Un enfantambidextre.

— hist. xvi* s. Où beaulté est, ambidextre jesuis, amyot, Comment il faut lire les poètes, 4 4.

— ÉTYM . Ambidexter, de ambo, deux (voy. ambe),et dexter, droit (voy. dextérité) ; mot à mot, qui adeux mains droites.

f AMBIECX, EUSE (an-bi-eû, eû-z’), adj. Quia des détours, des tortuosités. [Le duc d’Orléans res-sentait] l’aiguillon de l’honneuret del’esprit ambieuxet imaginaire de Mme sa fille [la duchesse deBerry ], st-simon, 309, 46. || Mot inusité.

— ÉTYM . Mot mal formé sur le modèle d’ambtanf(voy. ce mot).

AMBIGU , UË (an-bi-gu, guê. On met le trémapour indiquer que gue ne se prononce pas ghe,mais que i’u y est articulé), adj. || 1° Qui est à plu-sieurs sens, et par conséquent d’un sens incertain.Langage ambigu. Martian n’en a parié qu’en termesambigus, corn. Olhon,i, 3. Ce n’est pas s’expli-quer en termes ambigus, mol. Sgan. 10 . || 2" Parextension. Il se tenait dans un état ambigu entre lespoissons et les oiseaux, pasc. P. Jés. 8. Aristote adit que le phoque était d’une nature ambiguë etmoyenne entre les animaux aquatiques et terrestres,buffon, Phoque. Le chapeau ambigu, couvert d’unétui de toile cirée, hamilt. Cramm. 8. || 3° S. m.Repas où l’on sert à la fois les viandes et le dessert.On noas a dressé un somptueux ambigu. C’étaientdes ambigus qui partaient de France pour renché-rir, au milieu de Londres , sur les collations du roi,hamilt. Gramm. 7. || 4° Fig. Mélange de chosescon-traires. C’est un ambigu de précieuse et de coquette,mol. Préc.rid. 4. || 5°Sorte de jeu de cartes qui réu-nitplusieurs manières de jouer propres à divers jeux,ce qui s’opère avec un jeu dont on retire toutes lesfigures.

— SYN. AMBIGU , ÉQUIVOQUE, AMPHIBOLOGIQUE,

louche. Ce qui est ambigu offre plusieurs sens. Cequi est équivoque offre deux sens. Ce qui est am-phibologique offre un sens incertain, à cause que laconstruction grammaticale est mauvaise. Ce qui estlouche n’a pas de netteté, par la faute, soit de laconstruction, soit de l’expression. Ambigu et équi-voque sont plus généraux et ne supposent pas unefaute, soit d’expression, soit de construction.

— hist. xvi* s. Le parler obscur, ambigu et fan-tastique du jargon prophétique, mont, i, -47. Lavictoire qui jusques alors avoit esté suspense et enambigu, se commença d’incliner à l’emiemy, M. du

BEL. 374.

—ÉTYM . Ambiguus, de ambigere, douter,de amb,autour (voy. ambe), et igere, pour agere, pousser(voy. agir) ; mot à mot, qui pousse de deux côtés.

AMBIGUÏTÉ (am-bi-guï-tê. On met un tréma surl’t pour indiquer que gui ne s’y prononce pas ghi,mais que l’u y est entendu. Le mot est de quatresyllabes. Au xvi* s. la prononciation était la même,palsgr. p. 40), s. f. Défaut d’un discours, d’unterme équivoque et à plusieurs sens. Ces passagesn’ont aucune ambiguïté, boss. Exp. Aiert. Jésusayant dit ces choses sans aucune ambiguïté, id.(juinq. 4. Comme si la profession de foi laissait uneambiguïté dans la créance des fidèles, pasc. Prov.IG. Dans tout ce qu’il m’a dit,ce n’est qu’ambiguïté,piron , Courses de Tempé.

— SYN. AMBIGUÏTÉ, DOUBLE SENS , ÉQUIVOQUE.

L’ambiguïté a plusieurs sens, plusieurs interpréta-tions ; d’où obscurité, incertitude. Le double sensprésente deux interprétations, qui peuvent être toutesdeux manifestes et apparentes ; en cela il est plusgénéral que l’équivoque, où l’un des sens est mani-feste, tandis que l’autre, caché, fait une allusion.