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—HIST. xvi* s. Les poursuites de l’esprit humainsont sans terme ; son aliment est doubte, ambi-guïté, charron, Sagesse, i, 15.
— ÉTYM. Ambiguitas (voy. ambigu).
AMBIGUMENT (am-bi-gu-man. L’Académie, quimet un accent circonflexe dans assidûment, n’en metpas dans ambigument), adv. D’une manière ambi-guë. L’Eglise anglicane parle ambigument, boss.Variât, tb. Il sait encore mieux parler ambigument,la BRtiY. i o. Ceux [des cardinaux] à qui il [le cardinalde Bouillon] en parla [de la calotte], lui répondirentambigument, st-simon, 384, 483.
— ÉTYM . Ambigument pour ambigûment, pourambiguement, de ambiguë, au féminin, et ment(voy. ment).
f AMB1TÉ (an-bi-té), adj. m. Se dit du verre qui,après avoir été affiné, perd sa transparence, et sem-ble rempli de boutons.
AMBITIEUSEMENT (an-bi-si-eû-ze-man), adr.|| 1° Avec ambition. Bien loin de se produire et devouloir ambitieusement étaler les études de la loi deDieu, flécii. Panég. i, p. 335. || 2° En parlantdu style, avec recherche. Ecrire ambitieusement.
— HIST. xiv* s. Tarquinius ha demandé ambi-tieusement le royaume, bercheure, f® 49, recto.|| xvi* s. Il se porte trop ambitieusement et chaude-ment en tout ce qu’il faict, à louer, s’offrir et servir,charron, Sagesse, p. 495 dans Lacurne.
— ÉTYM . Ambitieuse, au féminin, et ment (voy.ment).
AMBITIEUX, EUSE (an-bi-si-eû, eû-z’), adj.|| 1° Oui a de l’ambition, et aussi, qui a l’ambitionde. L’ambitieux César. Un homme ambitieux. Am-nitieux d’honneurs. Ce n’est plus des Romains l’es-clave ambitieuse, corn. Nicom. v, 10 . Âme ambi-tieuse, in. Ilor. ni, 2 . Cœur ambitieux, rac. Baj.v, 4. Ambitieux du pouvoir, st-évrem. ii, 7. Ils [lessaints] sont ambitieux de plus nobles richesses,L. rac. Itelig. ch. ni. Ambitieux de vaincre et nonde discourir, id. ib. ch. v. Je suis ambitieux;tout homme l’est sans doute, volt. Fanat. n, 6.|| 2’ Il se dit de tout ce qui annonce de l’ambition.Une politique cruelle et ambitieuse. L’ode avec plusplus d’éclat et non moins d’énergie, Elevant jusqu’auciel son vol ambitieux, boil. A. p. n. Cette concur-rence ambitieuse dans les deux premiers hommesde l’univers causa de nouvelles révolutions, vert.Bévol. rom. xm, 221 . || 3° Fig. Prétentieux, re-cherché. Style ambitieux. Une traduction ambitieuse.|| 4° S. m. Celui qui a de l’ambition. Un ambitieux.L’esclave n’a qu’un maître ; l’ambitieux en a autantqu’il y a de gens utiles à sa fortune, la bruy. 8.
— Il EM. Des grammairiens ont prétendu qu’onne pouvait pas dire ambitieux de. C’est à tort; ni laraison, ni l’usage ne s’y opposent.
— hist. xv* s. Laissons vivre malheureuses Cesâmes ambitieuses, Et joyeusement vivons De si peuque nous avons, basselin, xxxii. || xvi* s. Les hy-pocrites qui par une monstre ambitieuse de prièrescerchent d’estre glorifiez et favorisez du peuple,calv. Inst. 708. Les serpens ne perdent pas leur ve-nin pour estre engourdis par le 'froid ; ni l’ambitieuxses vices pour les couvrir par une froide dissimula-tion, charron, Sagesse, i, 2 ).
— ÉTYM . Ambitiosus (voy. ambition); provenç.ambecios.
AMBITION (an-bi-sion; de quatre syllabes enpoésie), s. f. || 1° Désirardentdegloire, d’honneurs,de fortune. Une ambition effrénée. L’ambition chezles princes est une passion dangereuse. Une géné-reuse, une indigne ambition. De l’ambition, quandun certain âge est passé, où l’on n’a plus assez deforce pour la soutenir, on va se perdre dans l’ava-rice, boss. Pensées chrét. 7. L’ambition, appelée àtout mériter au lieu de tout envahir, Mirabeau,Collection, t. iii, p. 26 . Ayez moins de faiblesse oumoins d’ambition, corn. Cinna, iv, 4. L’ambitiondéplaît quand elle est assouvie; D’une contraire ar-deur son ardeur est suivie, id. ib. n, i. L’indigneambition que ton cœur se propose, id. ib. m, 4.J’ai de l’ambition ; et, soit vice ou vertu.... id.Pomp. ii. i. Tous ceux qui auront de l’ambition,pasc. Prov. 12 . Voilà l’ambition d’un cœur commele mien, rac. Bérén. ii, 4. L’ambition des intérêtshumains, mass. Paraph.psaume 25. || 2° En unsensgénéral, désir, recherche. Ce qui avait été l’objetdeson ambition. Ilmet son ambition à.... Ce grand nomdeviendra l’ambition des rois, corn. Ilor. iii, 6. Unprince sans ambition d’étendre sa gloire, perrotd’abl. Tacite , 216 . L’ambition d’un nouveau consu-lat, id. ib. 85. Toute mon ambition est de rendreserviceauxgensde nom et de mérite, mol. le Sicil .sc. n.
— rem. Suivant Laveaux, ce motne régit pas lesnoms : on ne dit pas, l’ambition de la gloire; maisil régit les verbes et l’on dit, l’ambition d’acquérirde la gloire. Cette règle n’est pas bonne (voy. lesexemples).
— HIST. xiv* s. Ambition et convoitise de hon-neur, bercheure, f" 19, recto. || xvi* s. L’ambition,qui est une faimd’honneurs, est une bien douce pas-sion qui se coule aisément es esprits plus genereuxetne s’en tire qu’àpeine, charron, Sagesse, i, 21 .
— ÉTYM . Ambitio, de amb, autour (voy. ambe),et ire, aller (voy. irai).
AMBITIONNE, ÉE (an-bi-sio-né, née ; en poé-sie, de cinq syllabes), part, passé. Le duché de Milan ambitionné par François I * r .
AMBITIONNER (an-bi-sio-né; en poésie, de cinqsyllabes), v. a. Rechercher avec ardeur. Ambition-ner les dignités, les places. La duchesse de Mazarin à qui l’on ambitionnait de plaire Mon cœur n’am-bitionnera Que d’être auprès de vous tout ce qu’ilvous plaira, mol. l’Étour.v, 3.
— HIST.xvi*9. Jeluy appris encore àdire souvent,....courir risque, symboliser, jalouser, ambitionner,un esprit poly, et mille autres termes en cette fa-çon, à quoy on connoit aujourduy une belle ame,d’aub. Conf. ii, 1.
— REM. Ce mot, dénoncé par d’Aubigné commeun néologisme affecté, fut attaqué par Vaugelas, quidéclara qu’il n’était pas du bel usage, par Marg.Buffet, qui dit que ambitionner une charge n’est plusune manière reçue de parler. Mais il fut défendupar Th. Corneille, et aujourd’hui il est en pleinusage.
AMBLE (an-bl ’), s. m. Allure dans laquelle le che-val lève ensemble les deux jambes du même côté,alternativement avec celles du côté opposé. Le ma-gnifique avait un cheval d’amble, la font. Magn.|| Amble rompu, allure particulière à certains che-vaux (voy. traquenard).
— HIST. xvi* s. Courtaux, bestesd’emble, mulles,mullets et bagage, m. du bel. 330. Hacquenées etautres bestes d’ambles, id. 333. Un cheval d’Espa-gne fort aisé et allant l’amble, id. 482. Il m’est per-mis de vous dire combien Elle me couste, et quelemble elle va, marot, iii, i 49.
— ÉTYM . (Voy. ambler) ; génev-. ambe ; provenç.amblanza, ambladura; ital. ambiadura. On disaitaussi ambleure dans l’ancien français .
AMBLER (an-blé), v. n. Aller l’amble. || Termevieux.
— HIST. xii* s. Li clers i vint sur un mulet am-biant, Bonc. p. 163. || xm* s. Et fu montés sour uncheval moriel ambiant, et ot viestue une grant capefourrée de cendal vert, Chr. de Bains, 170. Et lidestrier sorkoi [elles] seoient Molt tost et molt souefambloient, Lai du trot. Or s’en vont li baron en-semble ; Diex ! con la mule Grinbert amble ! Ben.1 0921. || xv* s. Adonc monta le roi anglois sur unpelit palefroi moult bien ambiant, froiss. i, i, 93.De beaux mulets tous blancs et très bien amblans,id. ii, III, 39.
— ÉTYM . Provenç. amblar; ital. ambiare; es-pagn. amblar; vallaque, êmblà, dans le sens de sepromener; de ambulare, se promener.
t AMBLEUR (an-bleur), adj. || 1° Dontl’amble estl’allure naturelle ou acquise. Cheval ambleur. || 2” Sedit du cerf dont la trace du pied de derrière dépassecelle du pied de devant.
| AMBLYGONE (an-bli-go-n’), adj. Qui a les an-gles obtus. || Peu usité.
— ÉTYM . ’A|iëAÙ;, obtus, et yüvoc, angle.
f AMBLYOPE (an-bli-o-p’), s. m. Celui qui estaffecté d’amblyopie.
f AMBLYOPIE (an-bli-o-pie), s. f. Terme de mé-decine. Affaiblissement de la vue.
— ÉTYM . ’A|iëXv<u7tia, de àtiê'kii;, émoussé, et û<]/,œil (voy. optique).
f AMBOUTISSOIR (an-bou-ti-soir), s. m. Poinçond’acier trempé qui sert à faire les têtes de clous.
AMBRE (an-br’), s. m. Nom donné à deux sub-stances différentes : i* l’ambre, proprement dit, ouambre gris : matière concrète, ayant la consistancede la cire et une couleur cendrée, parsemée de ta-ches jaunes et noirâtres, répandant une odeur par-ticulière très-forte, que beaucoup de personnestrouvent suave: 2® l’ambre jaune ou succin (voy. cemot). [Ils] voguaient vers ces climats où l’Océanpour eux Sur l’ambre et le corail roulait ses flotsheureux, delav. Paria, i, 4. Que l’ambre le pluspur s’exhale à tes festins, millev. hlég. liv. il,Homère . Qui n’avait pas le goût de musc, civetteou d’ambre, Régnier, Sat. xi. Chercher jusqu’au
Japon la porcelaine ou l’ambre, boil. Sat. vin.Qu’un fat soit l’aigle des salons ; Qu’un docteur sentel’ambre, Béranger, Marotte. || Proverbe. Il est fincomme l’ambre, se dit d’un homme d’une grandepénétration.
—HIST. xm* s. Il estacordé entre les mestres patre-nostriers d’ambre et de gest [jayet J que il ne ouvre-ront jamès de nuiz des dites patenostres, Livre desmétiers, 7t. Adonc est li sires levez, Et est entrezdedenz sa chambre, Qui tote estoit ovrée à l’ambre,Ben. 22164. Moult ierent gent b autre membre, Etplus oknt que pomme d’ambre, la Ilose, 21006 , Ettoutes ces choses estoient fleuretées de ambre ; etestoit l’ambre lié sur le cristal à beies vignetes debon or fin, joinv. 200 . || xvi® s. Boire de l’ambrejaune subtilement pulvérisé, 0 . de serres, 934. Dumusc, de l’ambre gris, de la civette, id. 934.
— ÉTYM.Provenç. ombra, ambre; espag. ambar;ital. ambra; de l’arabe anbar.
AMBRÉ , ÉE (an-bré, brée), part, passé et adj.Qui a la teinte de l’ambre jaune ou le parfum del’ambre gris. Couleur ambrée. Odeur ambrée. L’airqui les enfle et les colore [les bulles de savon], Envoltigeant sous nos lambris, Leurdonnela fraîcheurde Flore, Ou le teint ambré de l’aurore, Ou le vertinconstant d’iris, bernis, Sur la mode. Ohl si j’é-tais capitane [femme d’un capitan] Ou sultane,Je prendrais des bains ambrés, v. iiugo, Orient, xix.Si j’avais des melons ambrés au cœur de l’hiverj. J. rouss. Ém. iv.
f AMBRÉINE (an-bré-i-n’),s. f. Terme de chimie.Matière particulière formant les 85 centièmes del’ambre gris, duquel on l’extrait par l’alcool bouil-lant.
AMBRER (an-bré), t>. a. Parfumer avec de l’ambre.
AMBRETTE (an-brè-t’), s. f. Semence provenantd’une plante appelée herbe à la poudre de Chypre ,et ayant l’odeur de l’ambre. On s’en sert dans cer-tains parfums. || Poire d’ambrette, espèce de poirequi a quelquefois une odeur d’ambre ou de musc.
— HIST. xiii* s. Herbe prenez, k’a nun amblete, Laracine me fetes nete, E puis mettez au mal de dent,Manuscr. St-Jean.
AMBROISIE et quelquefois AMBROSIE (an-broi-zie ou an-bro-zie), s. f. ||l“Mets des divinités del’Olympe. L’ambroisie donnait l’immortalité à ceuxqui en goûtaient. D’hommes vous faisant dieux vouspaissait d’ambroisie, Régnier, Sat. v. Il répanditune odeur d’ambroisie dont l’Olympe fut parfumé,fên. Tél. ix. Tout ce que Nélée boit devient nectar,tout ce qu’il mange devient ambroisie, id. xix, 87.|| 2” Fig. et poétique. L’abeille, qui pourtant n’avaitvécu qu’un matin, comptait déjà son ambroisie pargénérations de fleurs, ciiateaub. Génie, 1 , iv, 4.Que vos heureux destins, les délices du ciel, Cou-lent toujours trempés d’ambroisie et de miel,a. chén. 92. [Elle] Enivre les humains de sa douceambroisie, gilb. Au prince de Salm. Ce fut en vainqueCymodocéepriala Nuit de lui verser l’ambroisiede ses ombres, ciiateaub. Mart. xxxi. Enivrons-nous de poésie ; Elle est un reste d’ambroisie Qu’auxmortels ont laissé les dieux, Béranger , Sciences.|| C’est de l’ambroisie, se dit familièrement d’unmets délicieux. Ils mangeaient à sa table, avalaientl’ambroisie, Régnier. Sat. xiv. || 3° Terme de botani-que. Ambroisie du Mexique ou thé du Mexique, nomd’une plante à odeur forte et agréable, saveur âcreet aromatique, employée en infusion comme toni-que et digestive. || Ambroisie des jardins, un desnoms vulgaires du chénopode ambrosioïde.
— rem. La Fontaine a dit ambroise : Et Tien-nette est ambroi se, Dit son époux, les Troqueurs.
— ÉTYM . ’Ap.ëpo<ria, de àpêpovo; ou dëpoTOç, im-mortel, de à privatif, et Ppoxo;, mortel.
f AMBROSIAQUE (an-bro-zi-a-k’), adj. Qui a uneodeur d’ambroisie, une odeur agréable.
AMBROSIEN, IENNE (an-bro-zien, ziè-n’), adj.|| 1° Attribué à saint Ambroise, évêque de Milan .Chant ambrosien. || 2° Qui est selon le rite de l’é-glise de Milan. Messe ambrosienne .
— ÉTYM . Ambrosius, Ambroise, nom d’homme,de àpêpooia (voy. ambroisie).
f AMBULACRE (an-bu-la-cr’), s. m. En horticul-ture, se dit d’un lieu planté d’arbres en rangées ré-gulières.
— ÉTYM . Ambulacrum, promenoir, venant de am-bulare, se promener (voy. ambler).
AMBULANCE (an-bu-lan-s’), s. f. || 1“ Etablisse-ment hospitalier temporaire, formé près des corpsou des divisions d’armée, pour en suivre les mou-vements, et destiné à assurer les premiers secours