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lerie. Aimé. A nos amés et féaux conseillers, etc.Henri V [d’Angleterre] nomma son très-amé filsHenri, héritier, régent du royaume, volt. Mœurs,
1 85.
— ÉTYM . Amattis (v oy. aimer).
+ AMELET (a-me-lé), s. m. Petit listel ou filet quiorne les chapiteaux.
t AMÉLIORANT, ANTE (a-mé-li-o-ran, ran-t’),adj. Qui améliore. Culture améliorante, culture quiaccrott la fécondité du sol.
AMÉLIORATION (a-mé-li-o-ra-sion) , s. f.|| 1" Changement en mieux; meilleur état. Il y aunegrande amélioration dans l’état de ce malade. ||2° Enparlant d’un bien-fonds. Il a fait une améliorationconsidérable dans sa terre. || 3° En termes de droit,améliorations voluptuaires, améliorations d’agré-ment.
— HIST. xvi* s. Cet argent se consommera pourses édifices et en l’ameliorement de sa maison, carl.i, 31. Outre l’ameliorement delà chair par lechas-trer, la furie de ces coqs est abbatue,o. de serres,306.
— étym. Améliorer.
AMÉLIORÉ, ÉE (a-mé-li-o-ré, rée), part, passé.Des terres améliorées par la culture. Des hommesaméliorés par l’éducation.
AMÉLIORER (a-mé-li-o-ré). || 1° V. a. Rendremeilleur. Leurs travaux ont amélioré le sol. Cetévénement a amélioré sa fortune. || 2° Dans l’an-cienne chimie, améliorer un métal, l’épurer. || 3° S’a-méliorer, v. ré fl. Devenir meilleur. Sa santé, saconduite s’améliore de jour en jour.
— HIST. xir s. Car or savum bien senz devise QueDeus nos a toz regardez ; Tant nos somes amélio-rez, Que reial sûmes; mult vait bien, benoit, ir,1497t. ||xvi* s.La terre est ameilleurée par la marnel’espace de dix ou trente ans, palissy, 329. L’eau ycharrie de la graisse tant fertile, que le fonds s’enemmeliore beaucoup, o. deserres, 9b.
— étym. À (voy. X) et meilleur.
f AMÉLIORISSEMENT (a-mé-li-o-ri-se-man), s.m.Terme particulier à l’ordre de Malte, et qui signi-fiait lamême chose qu’amélioration.Un commandeurne pouvait passer d’une commanderie à une autremeilleure, s’il ne prouvait qu’il avait fait des amé-liorissements dans celle qu’il voulait quitter.
— étym. Améliorer.
AMEN (a-mèn’), s.m. || i°Mot hébraïque usité dansles prières de l’Église, et signifiant : Ainsi soit-il. Leprélat fait l’action de grâce; l’assistant répond amen,chateaub. Génie, t. i, i, 8. Les élus auront un au-tre nom et un amen bienheureux, boss. Jlist. ii, 4.|| 2° Il sert à exprimer le consentement. Amen, soit.Il dit amen à tout, il ne fait aucune objection. J’aiété ravie que vous ayez dit amen sur toutes les ba-gatelles que je voiA mandais, sév. 630. || 3° Familiè-rement. La fin d’une chose. Il m’a tout dit jus-qu’à amen. || De pater à amen,du commencement àla fin.
— hist. xm* s. L’oroison dist apertement Tybertet le per omnia, Devant l’autel s’agenoilla, Et Re-nart respondi amen; Puisli a dit : levez vos en, Etsi alez fermer ces huis, Je dirai benedicamus, Ren.21 369. || xvi* s. Il ne faut pas prendre cela commel’opinion d’un seul homme, car tous disent amenaprès lui, calv. Instit. 05. Toutes les promesses deDieu, sont Oui et Amen en Jésus Christ , id. ib. 320.Tant qu’il y a de promesses de Dieu , elles sont enlui Oui et Amen : c’est-à-dire ratifiées, id. ib. 448.
f AMENAGE (a-me-na-j’), s. m. La peine et lesfrais pour amener, voiturer quelque chose.
— hist. xvi* s. Les frais de l’amenage du sel sontpar trop grands, palissy, 255.
AMÉNAGÉ, ÉE (a-mé-na-jé, jée) , part, passé.Forêts, prés aménagés.
AMÉNAGEMENT (a-mé-na-je-man), s. m. Actiondé régler les coupes d’une forêt; résultat de cetteaction.
— REM. Au pluriel il a été abusivement employépour emménagement, terme de marine.
— Étym. Aménager.
AMÉNAGER (a-mé-na-jé), v. a. || 1 ° Régler lescoupes d’une forêt, d’un pré. || 2° S’aménager, v.réfl. Être aménagé. Des prés qui sont regardés com-munément comme le bien qui rend le plus et quis’aménage avec le moins de frais, vauban, Dîme,p. 193. || 3° Débiter en bois de charpente. Aménagerun arbre. || ge devant a et o : aménageant.
— hist. xv* s. Le suppliant amesnagié [pourvu]«le chevaux, bestiaux, du canoë , auctorabilis. Quandmessire Jean de Vienne, qui capitaine estoit de Ca-
lais , vit que le roi d’Angleterre se ordonnoit et ame-nageoit pour là tenir le siégé.... froiss. i, i, 297.|| xvi* s. S’il retourne s’amesnager chez soy, etqu’il ait donné forme à une famille complété, il neprisera pas, comme il doist, sa femme et ses en-fans, ni le revenu de sa maison, lanoue, 149.
— étym. A (voy. À) et ménage.
AMENDARLE (a-man-da-bl’), adj. || 1* Qui peut
être amendé, corrigé. Sol , terre amendable. || 2° Su-jet à l’amende. Cas amendable. || Vieux en ce sens.|| 3* En droit féodal, crimes amendables, crimes donton évitait le châtiment en payant une certainesomme.
— étym. Amender.
AMENDE (a-man-d’), s.f. || 1° Peine pécuniaire.Mettez des amendes sur ceux qui.... fén. Tél. xii. Ona condamné à des amendes tous lesdonatistes, boss.I.ett. 237. Me mettrait-on à l’amende? Non ,la font.Cas. Dix mille francs, dix mille francs d’amende!Dieu ! quel loyer pour neuf mois de prison ! Bé-ranger, Dix m. f. || 2° Amende honorable, peine in-famante, aveu public et forcé d’un crime. Son arrêtqui était de faire amende honorable devant Notre-Dame , sév. 208 . || Fig. Faire amende honorable, de-mander publiquement pardon. Si on ne vous eût faitamende honorable pour l’affront... hamilt. Gramm.9. Il a fait une grande amende honorable de sa viepassée, sév. 173. Va, va-t’en faire amende honora-ble au Parnasse.... mol. Femmes sav. iii, 5. Pourlui faire amende honorable de ses infidélités, boss.Prière, 3. || Proverbe. Les battus payent l’amende,celui à qui une réparation serait due, souffre unnouveau dommage. Hé quoi donc? les battus, mafoi ! paieront l’amende, rac. Plaid, ii. Outre la pertede son procès, le battu payait encore l’amende àl’époque où la plupart des différends se vidaientdans un champ de bataille à coups de mains.
— hist. xii' s. Sire Reinaus, je m’en escondirai[excuserai] :A cent puceles, sur sains [je] vousjurerai Qu’oncques nul home fors vostre cors [je]n’aimai ; Prenez l’emmende, et je vous baiserai,Romancero, p. 60 . || xm' s. Pour Dieu , prendésl’amende [réparation] que li rois vous offre, Chr.de Rains. p. 143. Et s’il i a nule parole Que sainteeglise tiengne à foie, Prest sui qu’à son voloir l’a-mende, Se ge puis suffire à l’amende, la Rose,15504. Il fut jugié quelitaverniers seroit en amendeenvers Pierre, beaum. xxvi, 15. Se cil devant Dieuli demande, Je ne respont pas de l’amende, ruteb.73. Nous establissons que nufz de nos baillifs nelieve amande pour debte que nos subjez doivent, nepour malefaçon, se ce n’est en plein plet où ellesoit jugée et estimée, joinv. 295. La quarte amendefu telle, que frere Hugue de Joy, qui estoit maré-chal du Temple, fut envoié au soudanc de Damasde par le mestre du Temple, id. 268 . || xv* s. Ceuxde l’ost estaient moult courroucés, et ne savoientsur qui prendre l’amende, froiss. ii, ii, 76. Et,quant pour parler il avoit reçu quelque dommage[Louis XI ] ou en avoit soupçon, et le vouloit repa-rer, il usoit de ceste parole au personnage propre :Je sçay bien que ma langue m’a porté grand dom-mage, aussi m’a elle fait quelquesfois du plaisirbeaucoup ; toutes fois c’est raison que se reparel’amende, comm. i, 10 . || xvi* s. Par l’amende etréparation qu’il en fit aux ombres des amants morts,yver, p. 549. Lés autres furent condamnez en l’a-mende, partie honorable et partie profitable, Cas-telnau, b. Si l’enfant est jàformé, qu’il [celui quifait avorter] en perde la vie : mais s’il n’est encoreformé, qu’il soit condamné à amende pecuniere,paré, xxvn, p. 658.
— étym. Amender; bourguig. aimande.
AMENDÉ, ÉE (a-man-dé,dée), part, passé. Un sol
amendé. Une terre amendée. Projet de loi amendé.
AMENDEMENT (a-man-de-man), s. m. || 1* Chan-gement en mieux. L’amendement d’une terre, d’unsol. Il n’y a point d’amendement à sa santé, à saconduite. L’amendement que les années apportent àma pauvre cervelle, sév. 421. Ceux qui récidivent,sans qu’on y voie aucun amendement, pasc. Prov. 10 .Satisfaites les deux par votre amendement, ro-trou, Antig. v, 6. || 2° En agriculture, moyens parlesquels on améliore ou on modifie le sol, à l’aidedu colmatage, de la chaux, de la marne, du sable,de l’argile, de l’humus, ou par le mélange des ter-res. || 3°Modification d’un projetde loi. Onaproposéplusieurs amendements. || 4° Dans l’ancienne juris-prudence, correction d’un jugement. Il voulut que l’onpût demander amendement des jugements rendusdans ses cours, montesq. Esp. xxvm, 29.
— SYN. AMENDEMENT, CORRECTION, RÉFORME, c’est
changement en mieux. La correction ôte une faute,
un défaut, un vice. L’amendement rend meilleur.La réforme modifie tout à fait le sujet. On se corriged’un défaut ; on s’amende, en gagnant des qualités ;on se réforme, en substituant à un genre de vie dé-réglé un genre de vie tout contraire.
— hist. xii* s. Quant par amendement lur adDeus pardoné, N’erent par mun escrit elsiecle ver-gundé, Th. le Hart. 136. Encuntre saint Iglise aesté lungement, Mais des ore trarra à sun delivre-ment, La pietez de Deu l’a trait à amendement, ib.72. || xm* s. Quant aucuns se deut d’aucun tort qu’onli a fet, dont il veut avoir amendement par jus-tice, il convient qu’il faoe.... beaum. 45. Li sires, àqui li amendemensapartient, doit donner jordeveue,id. ix, 9. Sire, je dirai pour Pierre, par amende-ment de liet de son conseil.... id. v,7. Ce ne soufistpas, ains convient qu’il raporte l’heritage, à tout[avec] son amendement, id. xiv, 13. Li labeurs et liamendemens qu’on met sur le liu fet le [la] seurté,par coustume, vers celi qui baille se [sa] terre, id.xxxiv, 17. Et se li quens voit que ce soit li porfitdu pais et li amendemens du cemin, bien le doitsoufrir, id. xxv, 7. Et s’il a avoué, il doit présenterli et son avoé, et se présenter par amendementd’armes, id. lxiv, 4. ||xiv* s. Mais il n’a en mes-faire fors que amendement, Baud. de Seb. vu, 34.Nous voulons que nos amendements soient faiz parla main de nos exécuteurs, du cange , amendamen-tum. Le dit Juhannin mena une chartée d’amende-ment [fumier] aux champs, id. ib. || xv' s. Les deuxprincipaulx et les complices, Iesquelx et non autresferontl’amandise du méfiait, id. ib. ||xvrs. En cesbains-là demeurèrent tous les malades, jusqu’à ceque, par leur amendement, ils connurent qu’ilss’en pouvoient retourner, marg. Préf. Puisque lebon traitement que je vous ai fait n’a pu servir à vo-tre amendement, id. Nouv. vi. Je voy que l’amen-dement ne vault pas la douleur qu’il en fault endu-rer, amyot, ilarius, 9.
— ÉTYM . Amender; provenç. amcndament.
AMENDER (a-man-dé), U. a. || 1° Rendre meil-leur. Les labours amendent les terres. Les bonsexemples ont amendé ce jeune homme. Le réveille-matin eut la gorge coupée; Ce meurtre n’amendanullement leur marché, la font. Fab. v, 6. J’es-père avec usure amender mon défaut, Régnier,Élég. iv. || 2° Modifier un projet de loi. On a amendéle projet présenté par le ministre. [| 3“ Autrefois,amender signifiait aussi condamner à l’amende.|| 4“ V. n. Faire des progrès en mieux. Ce maladen’a point amendé depuis sa saignée. || 5° Baisser deprix. L’abondance étant universelle, et le blé étantamendé, scarr. i, 62 . Vieux en ce sens. || 6' V. réfl.S’amender. Cette terre s’est bien amendée. Et disaisà part moi : mal vit qui ne s’amende, Régnier,Sat. xm. || Proverbe. Jamais cheval ni méchanthomme n’amenda pour aller à Rome ; c’est-à-dire onne se corrige pas de ses vices en voyageant.
— HIST. xi* s. E qui enfraint la pais le ’rei, centsolz le amendés, Lois de Guill. 1 . ||xn* s. Dame,valeur, beauté et courtoisie [il y] A tant en vousqu’on n’y sait qu’amender, Couci, xxi. Al gentil reiEnglois, conte d’Ango, Henri, Duc norman,aquitan,sun seignur e ami, Thomas li arcevesques, qui ja-dis le servi. Mais or est suens en Deu, saluz eovressi Qu’il guerpisse e ament tuz mais que a fait ci,Th. le Mart. 71. Et se li reis Henris a de rien me-serré Encuntre l’arcevesque, par els seit amendé,ib. 56. Aine mais si bons romans ne fu faiz ne tro-vez; A Cantorbire fu e faiz e amendez: N’i admis unseul mot qui ne seit veritez, ib. 166 . || xm* s. Sonten terre establi li juges Por estre deffense et refugeA cel cui li monde forfet, Por faire amender le mef-fet, la Rose, 6486. Bele robe et biau garnementAmende les gens durement, ib. 2164. Dangier, siDiex m’amant [me favorise], Vous avez tort vers celamant, Quant par vous est si mal menez, ib. 3269.Se chevaliers maine chevaliers, il ne les garantistpas, ne escuiers escuiers, ains convient que cascunsamende le meffet ense[sa] personne, beaum. xxx, 68.Li hoirs a bone reson de soi deffendrei, à qui ondemande qu’il amende le meffet que ses peres ou sidevancier firent, id. vii, 8. Et par cex doit estre ostéet amendé ce que li baillis a fet trop, id. 30. C’estbone seurté quant cil qui le [la] coze prent y mettoz jors du sien en amendant le lieu dusqu’à tantque ce vient audespouillier [récolte], id. xxxviii, 12 .Or vous agenoillés et m’amendés ce que vous yestes alés contre ma volenté, joinv. 268. Par cestestablissement [le roi] amenda moult le royaume,id. 296. Ils cuevrent [couvrent] dedans la terre lesfourmens, les orges, les ris, et viennent si bien quenulz n’i saurait qu’amender,' id. 220 . Après la me-