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Tome premier. A - C.
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AME

AME

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nace, quant le mauvais serjant ne se veut amender,le seigneur fiert ou de mort ou.... id. 197. Le comtede la Marche, comme cil qui ne le pot amender,s’en vint en la prison le roy, id. 206 . || xv* s. Le roiEdouardsejournoit àVilvort.... et perdoit son temps,dont il lui ennuyoit moult, et ne le pouvoit amen-der, froiss. i, i, 78. Bonne gens, que vous faut? Quivous meut? Pourquoi estes-vous si troublés sur moi ?En quelle maniéré vous puis-je avoir courroucé? Di-tes le moi, et je l’amenderai pleinement à votre vo-lonté, id. i, i, 248. Si mandatantostà celui Parot leBiernois, que incontinent rendist les forteresses etamendast les forfaitures, Bouciq. i,ch. 20. Etdeuxgrans princes qui se voudroient bien entr’aimer, ne sedevroientjamais voir, mais envoyer bonnes gens etsages, l’un vers l’autre, et ceux les entretiendraientou amenderaient les fautes, comm. i, 14. Et ne pensepoint mentir de dire que depuis ceste première batailledeGranson jusques au trespasduroynostre maistre,lesdictes villes et particuliers ont amendé de nostreroy d’ung million de florins du Rhin , id. v, 2. Xl’heure que fut achevé le mariage dessus dit, leursaffaires n’en amendoient gueres, car ils estaientjeunes tous deux, ledit duc Maximilien n’avoit con-gnoissance de riens, id. vi, 3. Je confesse bien quetousjours en y a en telles mutations [révolutions desroyaumes entre eux] qui en ont joye, et qui enamendent, id. viii, 17. Diles-moi, je vous requiers,qui a esté votre recteur, ou, par saint François,vous l’amenderez [le payerez] I louis xi, Nouv. lx.|| xvi* s. Il y a peu de paroles qui ne se puissentamender, mais la vie perdue ne se peut recouvrer,marg. Nouv. x. La medecine qu’elle lui bailloit pouramender sa douleur la lui rendoit beaucoup plusforte, id. ib. Il n’y a méfait ne crime qui ne sepuisse amender; mais après la mort, n’y a pointd’amendement.—Commentsauriez-vous amender lahonte? dit Longarine, id. ib. xxxü. Le médecin luidict que son habitude s’en pourrait amender, mont,i, 9t. Non seulement ils n’amendent pas ce qu’onleurcommet, mais l’empirent, id. i, 140. On di-soit à Socrates que quelqu’un ne s’estoit aulcune-ment amendé en son voyage, id. i, 275. Chascunedes parties esperoit que sa condition amenderaitparle changement, amyot, Solon , 60 . Ilalloit flat-tant et caressant les femmes pour en amender [ti-rer profit], ip. Crassus et Nicias , 2 . A mesure queson ulcéré coûtait, tousjours alloit en amendant, defaçon qu’il recouvra du tout sa veue, paré,viii, 25.

— étym. Emendare (de e, indiquant extraction,et mendum, faute) , altéré de très-bonne heuredans le français et même le provençal (voy. amende-ment) en amendare.

AMENÉ, ÉE (a-me-né, née). || 1" Part, passé.Amené devant le tribunal. Un cheval amené par labride. Cet homme amené à résipiscence. || 2” S. m.En termes de droit, un amené sans scandale, ordred’amener q elqu’un devant le juge, sans bruit,sans lui faire affront. Tout douxl un amené sansscandale suffit, rac. Plaid, n, t4.

AMENER (a-me-né; se conjugue comme mener),v. a. || 1° Mener vers. Je l’amènerai dîner chezvous. Amène-le devant nous. Cet ingénieur amenales eaux de fort loin dans la ville. Le lapin ne faitsortir ses petits de leur retraite pour les amener endehors que quand ils sont tout élevés, buff. Lapin.Quels motifs jusqu’ici peuvent nous l’amener? corn.Sertor. I, 2 . Hélas! qui peut savoir le destin quim’amène? rac. Andr. i, t. || Mandat d’amener,ordre de comparaître devant un juge. || 2" Fig.Amener quelqu’un à une opinion, à un sentiment,faire qu’il l’adopte. Il amena les autres à ses senti-ments. L’amour où je voulais amener sa tendresse,rac. Brit. iv, 2 . A quel excès d’amour m’avez-vousamenée ! id. Bérén. iv, 5. Jouis de mes travaux,mais crains d’empoisonner Ce bonheur difficile oùj’ai su t’amener, volt. Ali. i, 4. || Amener quel-qu’un à faire une chose, à prendre un parti, etc.|| 3° Tirer à soi. Il amène à. lui tout le tapis. L’ac-coucheuse a amené un enfant fort et bien portant[du sein de la mère]. || 4° En termes de marine,abaisser, faire descendre. Enfin, nous amenâmes lavoile, chateaub Itin. n, 18. |[ Amener pavillon,et, absolument, amener, se rendre. || 5” Intro-duire, donner occasion à. Ce sont les jeunes gens etles femmes qui amènent les modes. C’est vous quiavez amené l’entretien. Les brusques changementsamènent les maladies. || Amener un incident,unereconnaissance, un dénoûment, les préparer avecart. lia très-bien amené cette comparaison, il l’aprésentée d’une manière heureuse et naturelle.|| 6° Terme de jeu de dé, de trictrac. Amener beset,double deux, sonnez, double six.

— HIST. xi* s. E s’il pot dedenz un an e un jurtrover le larun e amener à la justice... Lois deGuill.4. Diz blanches mules fist amener Marsiles, Ch . deB l. vu. || xii* s. Et vint ostages qui ci sunt amenez,Bonc. p. 3i. On lui amene un destrier de Ongrie,ib. p. 65. Sim’ament [qu’il m’amène] Aude , qui tanta le vis clair, ib. p. 467. Tant qu’ [il] aitocis celuiqui sa terre lui art, Ou il l’en amaint pris enchaaine ou en hart, Sax. xix. Et sainz Pois ne se re-penlivet [repentait] mie de ceu k’il ses disciplesavoitameneiz àtristeee ,st. bern. 6G4. || xiii* s. Pour laraison decequ’o moi [je] l’ai amenée [la terre], Berte,xvi. Et je fui amenée en la cit de Paris , t'b.xxx. Qu’eleamaint, s’ele peut, ou Rainfroy ou Heudri.ib. lxxi.Ou Heudri ou Rainfroi [j’]en amenrai o mi [avec moi],ib. lxxi. En leurgalies montèrent et en amenèrentavec eux le bon conte Perron de Bretaingne, joinv.249. Nous l’amenames i la meson,là où le roy et laroyne et touz les barons la reçurent moult honorable-ment, joinv. 242. || xv* s. Là une anesse trouverezLiée, vous la deslierez, Etla m’amarrez maintenant,la Pass. de N. S. J. C. Ils trouvèrent les nefs et lesvaisseaux tous prests que on leur avoit amenésd’Angleterre, froiss. i, i, 29. Il ameine avec lui grantmonde pour quelque occasion de guerre, comm. vi,3.|| xvi* s. Et me semble qu’il n’en faudra point ame-ner [produire] de grandes preuves, lanoue , 447.Les propres parents ne peuvent demeurer longtempsensemble, sans entrer en des débats,qui après lesamènent aux armes, id. 247. Estant fort, vousamenez vos ennemis à raison bien tost, soit par vic-toire ou composition, id. 446. En suivant le fleuve,on abonderait de toutes provisions necessaires quis’ameneroient par icelui, id. 422. Comme ceux de lacaraque lui commandèrent de ameiner, il abat etamure sa grand voiletout d’un coup, d’aub. Ilist. n,60 . Les Portugais ne crurent pas qu’ils osassent parlerà eux jusqu’à ce qu’ils crièrent ameine, id. ib. n,208 . Voyla cinq esclaves, mange-les, et nous t’enamerrons davantage, mont, i, 4 29. Il desfeit etmeiten pièces dix mille barbares, et en amena trèsgrande quantité de butin, amyot, P. Æm. 4 3.

— ÊTYil. A (voy. À) et mener; bourguig. emenè;Berry, j’amerrai, j’amènerai (archaïsme) ; provenç.amenar.

AMÉNITÉ (a-mé-ni-té), s. f. }| i” Agrément ac-compagné de douceur. Aménité d’un lieu. Aménitéde l’air, de la température. Vous pourrez jouir de l’a-ménité de la France , que vous aimez, montesq. Cor-resp. 4 7. || 2° Douceur accompagnée de grâce et depolitesse. D’Artaguette offrait en lui la loyauté des an-ciens jours et l’aménité des mœurs du nouvel âge,

CIIATEAUBR. Natch. III, 4 59.

— REJl. Laveaux conteste à l’Académie sa défi-nition d’aménité : Ce qui fait qu’une chose estagréable. Suivant lui, l’aménité ne se dit pas deschoses, et on ne peut dire avec l’Académie : L’amé-nité d’un lieu. Malgré la remarque de Laveaux etbien qu’en effet aménité soit plus souvent employéen parlant des personnes, cependant on peut suivrel’Académie et le dire des choses.

— étym. Provenç. amenitat; d’amœnitatem, d’o-m œnus. agréable.

f AMÉNORRHÉE (a-mé-no-rrée), s.f. Terme demédecine. Absence du flux mensuel chez une femmeen âge d’être réglée ; suppression de la menstrua-tion par maladie.

— ÉTYM . ’A privatif, gr,v, mois (voy. mois) , etpeïv,couler.

AMENTACÉES (a-man-ta-sée), s. f. plur. Nomdonné à la famille des plantes à chatons.

— ÉTYM . Amentum, qui signifie lien , courroie,attache.

f AMENTIFÈRE (a-man-ti-fè-r’), adj. Terme debotanique. Qui porte des chatons.

— ÉTYM . Amentum, chaton, et ferre, porter.

f AMENTIFORME (a-man-ti-for-m’), adj. Termedidactique. Oui est en forme de chaton.

AMENUISÉ, ÉE (a-me-nui-zé, z ée), part, passé.Rendu menu. Un bâton amenuisé. Bien.... Qu’elle aitsèche la chair, le corps amenuisé, Régnier, Sat. n.

AMENUISER (a-me-nui-zé). || 1° V. «.Rendre plusmenu. Amenuiser une planche. || 2“ S’amenuiser,!;.ré fl. Devenir plus menu. Le cœur se dilate au dedans,quand il s’apetisse et s’amenuise au dehors, boss.Connaiss.n, 3.

— HIST. xiii* s. Einsi aloit li os [armée] ame-nuisans de jor en jor, vii.lf.h. liv. Amant ne mevuelent prisier, Ains s’efforcent d’amenuisier Mesbiens, quant ge les lor départ, Et les regietentd’autre part, la Rose, 4 0298. Ne ne soufferront nosdroiz que il soient soustrait, neosté, ne amenuisié,joinv. 294 . Nulz vers ne la puet pertuisier , Ne son

vernis amenuisier, Car elle est de tous vers tueuse.j. demeung, Tr. 635. || xv* s. Quand ceux deWanvichveirent qu’ils n’estoient confortés de nul costé, etque les vivres leur amenuisoyent, froiss. i, i, 63.

— ÉTYM . A (voy. À) et menu (voy. ce mot).

AMER. ÈRE (a-mèr, mê-r’), adj. || l°Quiaune

certaine saveur désagréable, comme l’absinthe oule quinquina. Avoir la bouche amère, sentir dansla bouche un goût d’amertume. || En poésie, l’ondeamère, l’eau de la mer. Les chevaux du soleil,sortant de l’onde amère, fEn. Tél. iv. || 2° FigTriste, pénible. Une douleur amère. Sa perte,que jeveux, me deviendrait amère, corn. Cinna, i, 2.Cependant mon destin est à ce point amer, id. Agé-sil.y, 5. Ce sont des répugnances qui ne sont amèresqu’aux sens. mars. Car. Dégoûts. La piété et la viechrétienne sont trop amères à la nature pour êtrejamais le parti du plus grand nombre, id. Car.Élus. Les dégoûts de la vertu ne sont pas siamers que ceux du monde, id. Dégoûts. Pour épar-gner les moments les plus amers d’une sainte tris-tesse , id. Mélanges. Ils menèrent une vie pau-vre, dure, amère, id. Confér. Revenus. Ce bonheuramer que la crainte empoisonne, delav. Paria,i, 2. Mes premières paroles furent amères à monpère... montf.sq. Lett. pers. 67. || En style maroti-que et en parlant d’ui>e maîtresse, cruelle. Depuis lejour qu’amour trouva Celle qui me fut tant amère,chaul. t. I, 240. || Larmes amères, celles qu’une pro-fonde douleur fait répandre. Je versais des larmesamères. fén. Tél. iv. Malgré tes pleurs amers dontj’arrose ces lieux, créb. Electre, i, 6. || 3° Dur, of-fensant. Une raillerie amère. Un reproche amer. Lezèle des saints Pères était encore bien plus amor,sêv. 344. || Familièrement, il est d’une bêtise am're,il est extrêmement sot. || 4° S. m. Ce qui est amer.L’amer et le doux sont deux qualités contraires.|| 5° Fiel de quelques poissons. L’amer d’une carpe.L’amer d’un brochet. On le dit aussi en parlant dubœuf : l’amer du bœuf. || 6° S. m. plur. Les amers.Terme de médecine. Groupe de médicaments remar-quables par leur amertume plus ou moins pronon-cée. || Proverbes. Oui est amer à la bouche est douxau cœur; c’est-à-dire des choses désagréables peu-vent être salutaires. || On ne peut mâcher amer etcracher doux; c’est-à-dire les mauvais traitementsaigrissent le caractère.

— HIST. xii* s. Puis il fu en Egipte asez plusqu’emperere, E guardi ses parenz de la famine ame-re, Th. le Mart. 65. || xiii* s. Li nature a une vesiequi se tient à une des brances du foie, qui est ape-lée l’amer, alebkand, f° 39. Ne soiez vers les pau-vres ne sure ne amere, Berte, iv. Lasse! com j’aitrouvé gent mauvaise et amere, ib. xviii. Car lanuit qu’ai passée, [j’] ai trouvé ,mout amere, ib.xliv. Se vers moi [vous] eussiez eü pensée amere Sicomme avoit Tybers, ib. cxi. Ysengrin a fet sor Re-nart Fol jugement et fol esgart; Trop est d’aus deusla guerre amere , Ren. 48031. Certes, Honte, ja n’a-merai Ne vous, ne Raison votre mere, Qui tant estas amans amere, la Rose, 20982. Amant sentent lesmaulx d’amer [aimer], Une hore dous, autre horeamer, ib. 24 93. Comment le maulvais empereur Né-ron , par sa grande fureur, Fist devant luy ouvrirsa mere, Et la livrer à mort amere, Parceque veoiril voûtait Le lieu où conceü l’avoit, tb.64 98. || xiv's.Et les choses qui sont douces selon vérité leur sem-blent aucune foiz ameres, oresme, Elh. 70. ||xv* s.Vrais Diex, en qui n’a point d’amer, Vueilles noussecourir, sy te plaist; Perdu avons, dont nous des-plait, L’estoille qui nous conduisoit, le Jeu des troisrois. || xvi' s. X- vous elle est trop plus douce quemiel, Aux desloyaux plus amere que fiel, marot, i,287. Le sens est une puissance naturelle de discer-ner et cognoistre autant le blanc comme le noir, etnon plus le doulx que l’amer, ou le mol et enfon-drantcomme le dur et le ferme, amyot, Démétr. 4.

— ÉTYM . Berry, amar; provenç. amar; espagn.amargo; ital. amaro; A'amarus.

AMÈREMENT (a-mê-re-man), adv. Avec amer-tume. Il ne s’emploie qu’au figuré. Regretter amère-ment. Je pleurais amèrement en vous écrivant, sév. 42.

— HIST. xii' s. EFenenna iço li turna à repruce,e acoustuméement l’en atarjout , e amerementrampodnout, Rois, 3. Por ceu plorerêht li engelede paix amerement, et si disoient.... st. bern. 647.’|| xv* s. Ce bon orfevre avoit un serviteur qui estoitamoureux et jaloux très amerement de sa dame,louis xi, Nouv. lxxxv. Si commença à soi desmen-ter et crier plus amerement que devant, id. ib. 98|| xvi* s. Or est ma cruelle ennemie Vengée bienamerement, marot, ii, 243. Ce que le roy ayantentendu, s’en aigrit et courroucea si amerement,