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Tome premier. A - C.
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AME

qu’il commanda incontinent que l’on luy tranchast lateste, amtot, Artax. < 8 .

— ÉTYM . Amère, au féminin, et ment; provenç.amaramen; ital. amaramente.

AMERS (a-mêr), s.m.plur. Terme de marine. Mar-ques apparentes sur les côtes, telles que clochers,tours, rochers, propres à guider les navigateurs quisont à vue de terre.

— ÉTYM . A (voy. A) et mer (voy. mer).

AMERTUME (a-mèr-tu-m’), s. f. || 1“ Saveuramère. L’amertume de l’absinthe. || 2“ Fig. Peine,déplaisir, tristesse. L’absence jette une certaineamertume qui serre le cœur, sëv. 209 . Elles mefont sentir plus tristement l’amertume de votre ab-sence, id. 436 . Il [l’amour] a de l’amertume à soncommencement, malh. v, 26. Pour repasser dansl’amertume de son âme toutes les années de sa vie,fléch. Dauph. L’amertume de leur pénitence, id.Serm. i, 229. Sa douleur sera grande à ce que jeprésume ; Mais j’en saurai sur l’heure adoucir l’a-mertume, corn. Rod. iv, 4 . Il trouve l’amertumeAu milieu des plaisirs, rac. Esth. 11 , 9 . Ma plusgrande amertume, en ce funeste sort, C’est d’en-tendre Alvarez prononcer notre mort, volt. Ali. v,4 . Il meurt dans l’amertume, et son âme incertaineDemande en soupirant si vous êtes chrétienne, id.Zaïre, 11 , 5. Que cet étatnouveauoùvous allez en-trer console toutes les amertumes de votre pénitencepassée, mass. Confér. Jubilé. Vous écrivez contremoi, dans le livre de votre colère, toutes les amer-tumes de mes passions, id. Avent. Mort dupèch. Ré-pandez des amertumes sur des passions insensées,id. Prof. 2. L’amour du monde répand sur le cœurune amertume universelle, id. Prière. Vous êtesvenu répandre l’amertume de votre coeur au pieddes tribunaux sacrés, id. Rech. Il faut boire toutel’amertume de ce calice, id. Car. Dégoûts. Répan-dre mille amertumessurleursplaisirs, boss. Snuff. I .Ils ont goûté en esprit les amertumes de la croix,id. llist. 11 , 2. Cet inconnu m’a répondu comme unhomme qui écoute â peine ce qu’on lui dit et qui estplein d’amertume, fén. Tél. xxiv. Ames mercenai-res, qui ne peuvent veiller une heure en amer-tume avec Jésus agonisant, id. t. xvn, p. 268. LeChrist a bu jusqu’à la lie le calice d’amertume, cha-teaub. Génie, n, n, 8. M. de La Trappe excusaittout ce qu’il ne pouvait nier, et avalait à longs traitsl’amertume de ce calice [les duretés de Gervaise],st-simon, 6 ), 23 . Bien que tout reconfort lui soit uneamertume, Avec quelque douceur qu’il lui soit pré-senté, malh. vi, 44. || 3° Ce qu’il ya d’amer, d’offen-sant, de mordant dans des paroles, des écrits, etc.Seigneur, trop d’amertume aigrirait vos reproches,sac. Jphig. m, 7 . L’amertume et le zèle d’Élie surles scandales et l’idolâtrie d’Israël , mass. Car. Pas-sion.

—HIST. xii* s. Mais de ço est en mun quer grantamerté asise Que ne vus ai el chief la corune d’ormise Sulunc la dignité de nostremere iglise, Th. leMart. 129. Et tuz ces ki furent en anguisse, e ces kifurent traveillez pur dette qu’il durent, e ki furentenamertume de lur curage, s’asemblerent od David,Rois, 86. Envelopeiz soit d’amertume, Job, 469.

|| xm* s. Que lupin soient tempré en l’ewe, tant queleur amertune soit ostée, alebrant, f° 61. Mès quibien les esproveroit, Tant d’amertume i troveroit,Qu’il s’i craindroit moult à bouter; Tant fait lorgrâce à redouter, la Rose, 18784. Vierge qui duhaut fil de Dieu t’enceinturas, Qui le dous fruit devie en tes flans meüras, Dont toute l’amertume dumonde assavoras, Ne nos oblie mie.... J. de meung,Test. 2123 , || xvi* s. Voy mes compaings lesquels ontde coustume Faire grands plaints de pareille amer-tume, marot, 1 , 316 . Sçais-tu pas bien qu’amour ade coustume D’entremesler ses plaisirs d’amertume?id. 1 , 340 . Elle engendre en l’ame une mauvaisehabitude, que l’on appelle cholere, laquelle finable-ment devient un feu d’ire soudain, une amertumevindicative, amyot, Comm. refren . la cholere, 6 .

— ÉTYM . Provenç. amaruns ; de amaritudinem ,de ornants (voy. amer). On a dit aussi amerté dansl’ancien français .

t AMESTRER (a-mè-stré), v. a. Terme de teintu-rier. Mêler le carthame lavé avec de la cendre gra-velée, en les piétinant par petites portions.

AMÉTHYSTE (a-mé-ti-st’), s. f. Pierre précieuse ,de couleur violette. C’est le nom donné par les la-pidaires au quartz hyalin violet des minéralogistes.

|| Fausse améthyste, le spath-fluor violet.

— hist. xi* s. Pierres i a, ametiste et topaze, Ch.de Roi. cxiii. || xii* s. Jagonces, safirs, calcédoines,Esmeraudes, bonnes sardoines , Et bons coraus etcrisolites, Et diamans et amatistes, Romancero,

D1CT. DS LA LANGUE FRANÇAISE.

AMI

p. 69. || xiii* s. Pelles [perles], coraus et crisolitesEt diamans et amecites, Fl. et RI. 667. ||xvi*s. Es-tant entaillé en un camoïeu d’amatite, yver, p. 688.

— ÉTYM . ’AnéOuoTo;, de à privatif, et p,e0ûeiv, eni-vrer, de pieu vin, à cause que Ton attribuait à cettepierre la vertu de prévenir l’ivresse.

— REM. On lit dans Ménage : « Du Bartas etBel-leau ont dit améthyste, et plusieurs le disent en-core aujourd’hui. Pourtant la meilleure et la plussaine partie des écrivains disent amathyste, de l’ita-lien et l’espagnol amatista : il y a plus de 200 ansqu’on dit ainsi : Vermeille comme une amathyste,villon. On ne parle pas autrement à la cour. » Au-jourd’hui on ne dit qu 'améthyste.

AMEUBLEMENT (a-meu-ble-man), s. m. Tous lesmeubles qui garnissent un appartement, une pièce.

— ÉTYM . Ameubler, verbe factice, de d (voy. A)et meubler.

AMEUBLI, IE (a-meu-bli, blie), part, passé.Biens ameublis. Des terres bien ameublies.

AMEUBLIR (a-meu-blir), v. a. || 1° Terme dedroit. Faire entrer ses immeubles dans la commu-nauté. Un époux peut ameublir ses immeubles entout ou en partie. || 2° Terme d’agriculture. Rendremeuble. On ameublit un terrain par des façons,labours, binages, hersages, etc. qui divisent laterre, et en rendent la couche superficielle plus per-méable aux engrais, aux agents atmosphériques,aux racines, et plus légère aux semences.

— ÉTYM . À et meuble, adj.

AMEUBLISSEMENT (a-meu-bli-se-man) , s. m.|| 1* Action d’ameublir; état de ce qui est ameubli.Par l’ameublissement, les époux font entrer dans lacommunauté tout ou partie de leurs immeublesprésents ou à venir. || Claused’ameublissement, cellepar laquelle on fait entrer des immeubles en com-munauté, en leur donnant fictivement la qualité demeubles. || 2” Terme d’agriculture. Action d’ameublirun sol.

— ÉTYM . Ameublir.

f AMEULONNER (a-meu-lo-né), t). a. Terme d’é-conomie rustique. Mettre les foins, les pailles enmeule, pour les conserver.

— ÉTYM . A et meule.

AMEUTÉ, ÉE (a-meu-té, tée), part, passe. Chiensameutés. La fouie ameutée.

f AMEUTEMENT (a-meu-te-man), s. m. || 1” As-semblage de chiens dans une meute. || 2“ Action d’a-meuter. Ces ameutements, en apparence contre lesducs, ne furent en effet pratiqués que pour se for-tifier contre les princes du sang, ST-SIM. 262, 186.

— ÉTYM . Ameuter.

AMEUTER (a-meu-té), v. a. || i" Mettre les chiensen meute pour chasser. || 2° Fig. Attrouper pour unbut de désordre ou de sédition. Il ameuta les oisifsdu quartier. Il ameuta les faubourgs. Ces peuplesavilis qui se laissent ameuter par des ligueurs, j. j.rouss. Pol. 6. Est-ce moi qui menace? ai-je ameutél’empire? m. j. chén. Tibère , 111 , 3. || 3* S’ameuter,v. réfl. Le peuple s’ameuta contre les patriciens.

— REM. Ameuter, v. n. s’est dit pour se réunirà la meute, et, figurément, se réunir àun parti, àune coterie. Chamillart l’emporta [sur Bagnols], etBagnols quitta l’intendance et vint ameuter à Paris ,st-sim. 499, 448. Inusité encetemploi.

— HIST. xvi* s. Les reformez, quoique tous es-perdus par les divers combats, s’ameutoient à reti-rer le Prince, d’aub. Hist. 1 , 216. Trois puissansfléaux de Dieu furent en mesme temps desploiez surla France occidentale ; car la famine et la peste s’a-meuterent à la guerre, id. ib. hi, 6. Je descouplaymes chiens et for-huant après, Les nommant parleurs noms, il n’y eut ny forés, Montagnes nychemins, ny lande inhabitée,Qui ne fissent un bruitsous ma chasse amutée, rons. 670.

— ÉTYM . A (voy. A) et meute.

AMI, IE (a-mi, mie), s. m. et f. || 1“ Celui, cellequi nous aime et que nous aimons. Ami de cœur. Unami d’enfance. Avoir beaucoup d’amis. Prendre quel-qu’un pour ami. Unefemmeestsouvent pour un hom-me une excellente amie. Qu’un ami véritable est une

douce chose I la font. Fab. vm, 4 4. cet ami

sincère Du secret de nos cœurs connaît tout lemystère, rac. Rérén. 11, 4. Il a été l’ami de votreadversité, mass. Rech. Mais je veuxbien vous répon-dre en amie, corn. Nicom. m, 2. Voilà, mes chersamis, ce qui me met en peine, 10 . Cinna, 11 , 4. Ilse fit des amis fidèles qui ne le trompèrent jamais,boss. Polit. Il est un peu de mes amis, mol. Fest.ni, 5. Je suis ami de don Juan, id. ib. m, 5. D’uneheure encore, ami, mon bonheur se diffère, volt.Zaïre, m, 4. Et j’aurais les mortels et les dieux pouramis, En révérant le père et punissant le fils, in.

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Alt. m, 6. || Ami de table, de jeu, etc. compagnonde plaisir. Vous êtes de l’humeur de ces amis d’é-pée Que Ton trouve toujours plus prompts'à dégai-ner Qu’à tirer un teston, s’il le fallait donner, mol.l’Étour. m, 6. || Ami de tout le monde, du genrehu-main, homme qui accorde indistinctement son amitiéà tout le monde. L’ami du genre humain n’est pointdu tout mon fait, mol. Mis. 1 ,4. || Ami de cour, celuiqui n’a que de fausses apparences d’amitié. Allons,ferme, poussez, mes bons amis de cour, mol. Mis.n, 6. || Mon ami, mes amis, termes d’affection avecdes égaux, de familiarité avec des inférieurs. || L’ami,se dit à l’égard d’inférieurs. L’ami, ferez-vous cemessage pour moi? || Mon petit ami, est quelquefoisaussi un terme de hauteur : Mon petit ami, je veuxque vous sachiez.... || M’amie, abréviation de maamie, expression familière en s’adressant à sa fem-me, à sa fille ou aussi à une femme d’une con-dition inférieure. ||2°Amie, en langage de che-valerie, dame des pensées. Beaumanoir dit qu’ilfallait combattre pour savoir qui avait la plusbelle amie, volt. Moeurs, 76. || 3“ Bon ami, bonneamie, se disent familièrement pour amant, maî-tresse. Comment Mlle N. traiterait le bon amide sa maman, 3 . 1 . rouss. Conf. vi. || 4° En termesde généalogie, amie, maîtresse, en parlant de bâ-tardise. Un tel eut d’une telle, son amie, un fils....|| 6° Allié, en parlant des États. La France tira peude secours de ses amis. Ceux que tu laisseras enpaix te seront bons amis, vaugel. Q. C. 424. J’enobtiendrai pour fruit le nom de son amie, Je vousverrai, consul, m’en apporter les lois, corn. Sertor.iv, 2 . || 6* Ami, qui a de l’attachement pour. Ami deson pays. Lequel de nous deux est l’ami du peuple?|| 7° Qui a du goût pour. Les amis des lettres. Amide la modération. Je suis fort ami de la brièveté.Naturellement, le jeune prélat était plus ami de sesaises que jaloui de commander, anquetil , Ligue,111,467. |18° Personnes liées par un intérêt de parti,de coterie; fauteurs. Ami delà noblesse. Les amis deCatilina . Nul n’aura de l’esprit hors nous et nos amis,mol. F. sav. m, 2 . || 9° Qui a de la sympathie pour,en parlant des animaux et des végétaux. Le chienest ami de l’homme. Le concombre est ami de l’eau.|f 10° Adj. Qui appartient à un ami, favorable. Sen-timents amis. Une divinité amie. Visage ami. Toutesles fois, tyran, qu’on se laisse adopter, On veut unemaison illustre autant qu’amie, corn. Héracl. v, 3.Jugez si les coups qui partent d’une main si amieet si favorable peuvent n’être pas proportionnés ànotre faiblesse , mass. Avent, Afflict. Il 11° Allié.Peu-ples amis, cités amies. Les prenant pour une troupeamie. || Couleurs amies, couleurs qui produisentensemble un effet agréable. || Pôles amis, les pôlesqui s’attirent, en parlant des aimants. || Proverbes.Ami au prêter, ennemi au rendre , c’est-à-dire onse fait souvent un ennemi de celui à qui on a prêtéde l’argent, en le lui redemandant. || Jamais honteuxn’eut belle amie ; en amour, il faut être entreprenant|| Les bons comptes font les bons amis; c’est-à-direil faut régler les intérêts réciproques et se bien en-tendre, si Ton veut rester amis.

— REM. Suivant Laveaux, on dit ami de quelqu’un,et non ami avec quelqu’un, et il ne faut pas imiterVoltaire , dans cette phrase : «Claveret, avec qui ilétait ami, avait été celui qui avait fait courir cettepièce. » Malgré cette remarque, on peut dire avec,qui ne choque en rien la grammaire. || On dit aussiami à : Quelque ami que vous lui soyez, mol. DonJuan, m, 4. La neutralité entre des femmes quinous sont également amies, la brüy. 4 3. Il fautobserver que ce genre de régime ne doit s’employerqu’avec des pronoms qui se mettent avant le verbe.

— HIST. xi* s. Et si nul [quelque] parent n’ami cestejustice deforcent [s’opposent de force].... Lois deGuill. 46. Et Pinabel mon ami et mon pair, Ch. deRoi. xxvi. Pour sa beauté dames lui sont amies,ib. lxxv. Eh! reis amis, que [pourquoi] vous icinen estes? ib. cxxvi. Ami Rolans, Deusmete t’ameen flursl ib. cciv||xn*s. Ami prisé, Ronc. p. 4 7.Tant fu blasmés de ses meillors amis, ib. p. 24 .Tante pucele gaste [privée] de lor amis, ib. p. 72.Atant es-vous Braimimonde s’amie, ib. p. 4 4 6. Licuens Rolant cui vous estes amie, ib. p. 4 60 . Oùest Rolant, qui de moi fit s’amie? ib. p. 468. Quevous amez [aimiez] vostre loial ami, Coud, vil.Tuit mi penser sont à ma douce amie, ib. 11 . l as !pourquoi l’ai de mes ieuz regardée La douce rienqui fausse amie a nom? ib. vi. Assez aim [j’aime]mieuz mourir en bon désir Que vivre irez et m’a-mie haïr, ib. ix. Li cuens de Blois devroit bien mer-cier Force d’amoursqui lui dona amie, ib. xxi. Rois,vous savez que Diex a peu d’amis; Ne onques mais

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