AMI
(voy. ce mot) pourvu de finales très-différentes,entre lesquelles le français moderne a adopté al.
+ AMIRALAT (a-mi-ra-la), s. m. Dignité d’amiral.
t AMIRALE (a-mi-ra-1’), s. f. Galère que mon-tait l’amiral des galères.
— HIST. xvi* s. Le feu du ciel brusla son ami-ralle près de Catare, d’aub. Ilist. i, 346. Le comteenvoia en course en divers endroits, ne gardantque son amiralle et vice-amiralle, id. ib. n, 87.
AMIRAUTÉ (a-mi-rô-té), s. f. || 1° Anciennement,office de grand amiral. || 2° Tribunal qui connaissaitde toutes les affaires relatives à la marine. || 3° Ad-ministration supérieure de la marine; conseil d’a-mirauté.
— hist. XVI" s. Le roi lui donna l’amirauté,d’aub. Hist. m, 416.
•f AM1SSIRILITÉ (a-mi-ssi-bi-li-té), s. f. Terme dethéologie et de jurisprudence. Qualité de ce qui estamissible.
f AMISSIBLE (a-mi-ssi-bl’), adj. Terme de théo-logie et de jurisprudence. Qui peut être perdu. Lagrâce, la justice amissible.
f AMISSION (a-mi-ssi-on), s.f. Terme de théologieet de jurisprudence. Perte. L’amission de la grâce.
— ÉTYM . Amissionem, de amittere, de a, ab,exprimant séparation, et mitlere, envoyer (voy.mettre).
AMITIÉ (a-mi-tié ; de trois syllabes), s. f. |j 1° Sen-timent qui affectionne, attache une personne à uneautre. Les liens d’une étroite amitié. Mon amitiépour vous. Rompre l’amitié. Retirer à quelqu’un sonamitié. Bien placer son amitié. Une haute amitié.Les grandes amitiés vontjusque-là, pasc. édit. Cou-sin. La grande amitié que vous avez faite avec toutl’hôtel de Rambouillet, voit. Lett. 430. Oui, mon-sieur veut faire amitié avec vous et lier ensemble unpetit commerce de visites et de divertissements, mol.le Mar. forcé, 4 2 . L’amitié qu’il avait eue avec leroi Philippe, yaug. Q. C. 346. Mais enfin l’amitién’est pas de même rang, Et n’a point les effets de l’a-mour ni du sang, corn. Hor. m, 5. Qu’aisémentl’amitié jusqu’à l’amour nous mène! id. Héracl.m, 4. L’amitié d’un grand homme est un bienfait desdieux, volt. Œdipe, i, 4. Le capitaine prit amitiépour moi, mol. l'Av. v, 6. Leur tuante amitié de touscôtés m’arrête, id. Amph. m, 4. Quoi ! vous avez Nes-tor dans l’Hespérie, et vous n’avez pas su l’engagerdans vos intérêtsI Nestor dont vous aviez l’amitié,fên. Tél. x. Télémaque que Narbal prit en amitié,ib. ib. vin. Si je ne vous aimais que d’amitié, j’a-voue que je ne vous aimerais pas tant qu’elle, voit.Lett. 23. J’ai cru qu’il était impossible qu’une per-sonne qui fait naître de l’amitié en tous ceux qui lavoient, n’en eût point en elle, id. ib. 26. Veut-il unprêtre qui s’insinue dans l’esprit des grands, qui ai-me mieux gagner leurs amitiés que leurs âmes?fléch. Panég. i, p. 343. || Par bonne amitié, debonne amitié, à bonne intention. Quoi que ce soitqui apprenne aux hommes à persécuter leurs sem-blables, par bonne amitié.... dider. Ess. sur la vertu.|| 2° Affection profonde, tendresse, amour. Ta dou-leur, Dupérier, sera donc éternelle; Et les tristes dis-cours Que te met en l’esprit l’amitié paternelle, L’aug-menteront toujours, malh. àDupér. Je voue à votrefils une amitié de père, rac. Andr. v, 3. ô Dieux!tant de respects, une amitié si tendre, Que de rai-sons pour moi si vous pouviez m’entendre 1 id. Andr.il, 2. Rarement l’amitié désarme sa colère, id. Mithr.i 6. Je ne murmure pas qu’une amitié communeSe range du parti que flatte la fortune, id. Brit. ni,7. C'est une obligation de la nature que les hommesfassent les avances pour gagner l’amitié des dames,pasc. édit. Cousin. Vous me gâtez si fort par l’a-mitié que vous avez pour moi, que je ne puis plusêtre contente de toutes les amitiés que je vois dansles familles, sév. 345. Qui te porte amitié, c’est àlui quetu nuis, mal. i, 4. || 3“ La liaison, l’union desamis. Les unions et les amitiés humaines, mass. Car.Offenses. L’illusion des amitiés de la terre qui s’envont avec les années et les intérêts, boss. Anne deGons. Sensible aux amitiés raisonnables, fléch.Panég. t. n, p. 495. Renonçant aux sentiments lesplus naturels des amitiés et des bienséances humai-nes, id. ib. i, p. 305. || 4° Objet de l’affection. Onvoudrait être l’amitié et, pour ainsi dire, l’idole detout le monde, fléch. Serai, i, 244. || 5“ Accord, re-lations entre nations. Il y a paix et amitié entre lesdeux puissances. Ma funeste amitié pèse à tous mesamis (alliés), kac. Mithr. m, 4 . || 6° Bienveillance.
AMM
Ce ministre a de l’amitié pour vous. Ménélas me re-çut avec amitié, fén. Tél. 1.1| Faire amitié à quel-qu’un, lui témoigner de la bienveillance. || 7° Bonoffice, service de bienveillance , don. Pleine detrahison, sans âme et sans pitié, Capable de toutfaire, hormis une amitié, voit. Poésies. La vieilleJuisy donna presque tout ce qu’elle avoit à la du-chesse de Noailles, et fit une amitié de 40 000 livresau cardinal d’Estrées, st-sim. 447, 25 || Faire l’a-mitié de, terme de politesse amicale, avoir la bontéde, la complaisance. Faites-moi l’amitié de m’é-crire. || 8° Affection de certains animaux pour leshommes. Le chien a de l’amitié pour son maître.|| 9° Fig. Attraction, sympathie. Il y a de l’amitiéentre le fer et l’aimant. || 10° S. f. plur. Paroles obli-geantes, caresses. Il m’a fait beaucoup d’amitiés, lesplus tendres amitiés. Mme de Puy du Fou qui vousfait mille amitiés, sév. 4 6. Elle vous dit mille ami-tiés, id. 49. Il vient de nous quitter en nous faisantmille sortes d’amitiés, id. 24 7. || Proverbe. Les petitsprésents entretiennent l’amitié.
— REM. Faire amitié à quelqu’un, c’est lui témoi-gner de l’affection, de la bienveillance. Faire desamitiés à quelqu’un, c’est lui faire bon accueil, avoirpour lui des prévenances, lui dire des paroles obli-geantes. Faire amitié avec quelqu’un, c’est se lieravec lui par le sentiment de l’amitié.
— SYN. amitié, affection, attachement. L’ami-tié a un sens plus étendu: elle suppose réciprocité,et, d’ordinaire, une certaine égalité entre ceux quis’aiment. L’affection ne suppose ni réciprocité, niégalité; elle exprime l’ensemble des sentimentsbien-veillants que nous ressentons pour une personne,même pour une chose. L’attachement est un senti-ment plus vague, sinon plus faible que l’affection ; ilconsiste à tenir d’une manière quelconque aux per-sonnes ou aux choses, à n’y être point indifférent.
— HIST. xi° s. Detlz services et moût granz amis-tez, Ch . de Roi. m. Par amistié, Bel sire, [je] lavous don, ib. xlvii. || xn* s. Par amistié vous enfaiz ci le don, Ronc. p. 29. E pur ço que li reis l’aveittant eshauciê, Emustréli aveitsovent grant amistié,Th. le Mart. 37. || xni° s. Car encor cuidoit-elle quece fust amisté, Berte, xv. ||xiv° s. Premièrementc’est raison, pour ce que amisté est une vertu,oresme, Eth. 228 . ||xv°s. Longis, ceste lance tenez ;En vostre main la porterez, Et ses compaignons ai-derez : Je vous en pry par amitié, la Pass. de N. S.J. C. Et envoya tantost par certains messages ceslettres et ces amitiés devers le duc et la duchesse,froiss. n, m, 38. ||xvi°s. Comme s’il n’eust eud’autres bornes pour limiter son amitié ou inimitié,que le droit et la justice seulement, amyot, Brut,et Dion, 6. Mesurant ses amitiés ou inimitiés à lamesure du bien et de l’utilité publique, id. Aratus ,
4 2 . Il ne faut point trencher en deux une amitié ;Un est nombre parfait, imparfait le deuxiesme,rons. 264. Pour amitié garder, faut paroys entrepo-ser, génin, Récréat.n, p. 247.
— ÉTYM . Picard, amikié; Berry, amiquié; pro-venç. amistati ; catal. amislat; espagn. amistad ;ital. amistà; d’une forme non latine, amicitas, deamicus (voy. ami). Amicitia aurait donné amiesse.
AMMAN (a-mman), s. m. Titre de dignité quel’on donne en Suisse aux chefs de quelques cantons.
— ÉTYM . Allem. amman, de amt, fonction, etmann, homme.
AMMEISTRE (a-mmè-str’), s. m. Titre qu’ondonne aux écbevins de plusieurs villes d’Alle-magne .
— ÉTYM . Allem. amt, fonction, et meister, maî-tre (voy. maître).
AMMI (a-mmi) ,*. m. Plante annuelle de la familledes ombellifères, croissant sur le bord des champs,des prairies, et dont les semences petites,oblongues,striées, comptent parmi les espèces carminatives.
— ÉTYM . 'Agp.i, nom grec de cette plante.
f AMMODYTE (a-mmo-di-t’), adj. Terme d’his-toire naturelle. Qui s’enfonce dans le sable.
— ÉTYM . ’A[l(lo8ijtti?, de âp.|AO;, sable, etSûsiv,entrer dans.
AMMON (a-mmon) (CORNE D’), voy. ammonite.
— ÉTYM. Ammon est le surnom de Jupiter, adorédans un temple situé au milieu des déserts de la Li-bye . Les Grecs ont tiré ce mot d’iggo;, sable ; maisils se sont laissés aller à leur habitude de chercherl’étymologie des mots étrangers dans leur proprelangue. Ammon est certainement égyptien et signi-fiait bélier d’après Plutarque ; il figure sous la formed'Amoun dans Jérémie, 46, 25 ; ce qui montresurabondamment que le mot n’appartient pas à lalangue grecque.
f AMMONÉEN, ENNE (a-mmo-né-in, è-n’), adj.
AMN 131
Se dit en géologie d’un terrain dans lequel ontrouve des cornes d’Ammon .
AMMONIAC , AQUE (a-mmo-ni-ak, a-k’), ad).[] 1° Terme de chimie. Le chlorure ammonique ouchlorhydrate d’ammoniaque a eu le nom de sel am-moniac, parce qu’on le préparait autrefois dans laLibye, près du temple de Jupiter Ammon. || 2° Gazammoniac (voy. ammoniaque). || 3° Gomme ammonia-que, gomme résine d’une odeur forte et d’uDe sa-veur âcre.
— HIST. xvi* s. Le sel armoniac, palissy, 242.Il y faut appliquer ammoniac et galbanum dissoulten vinaigre et eau de vie, paré,v, 20 . De la gommeammoniac dissoulte en eau de vie, id. v, 2 t. Unelozenge d’armoniac rozat, o. de serres, 94 8 .
— ÉTYM . ’A[j.|j.wviaxoç, de'Agp-Mv, surnom de Ju-piter en Libye (voy. ammon) ; Berry, armoniac. Dutemps de Ménage, l’usage voulait que l’on dît ar-moniac.
AMMONIACAL, ALE (a-mmo-ni-a-kal, ka-1’).|| 1° Adj. Qui contient de l’ammoniaque. Sel, savonammoniacal. || 2° S. m. plur. Terme de médecine.Les ammoniacaux, médicaments excitants, diffu-sibles, formés par l’ammoniaque et ses principalescombinaisons salines, telles que le carbonate, lechlorhydrate, le sulfate , l’acétate.
,f AMMONIACÉ, ÉE(a-mmo-ni-a-sé, sée), adj. Quicontient de l’ammoniaque.
AMMONIAQUE (a-mmo-ni-a-k’), s. f. Terme dechimie. Alcali ainsi appelé parce qu’on le retire dusel ammoniac. On ne peut l’obtenir pur que sous laforme de gaz. Le gaz ammoniac, gaz ammoniacal,ammoniaque gazeuse , est incolore, très-âcre, très-caustique. Ce n’est jamais qu’en dissolution dansl’eau qu’on emploie le gaz ammoniac; il constituealors l’ammoniaque liquide.
f AMMON1ATK (a-mmo-ni-a-t’), s. m.Ammoniure.
AMMONIQUE, adj. Tenant de l’ammoniaque.
AMMONITE (a-mmo-ni-t’), s. f. Terme d’histoirenaturelle. Nom d’un genre de mollusques céphalopo-des fossiles, appelés cornes d’Ammon , à cause de laressemblance de la volute de leur coquille avec lescornes de Jupiter Ammon représenté sous la figured’un bélier.
f AMMONIUM (am-mo-ni-om’), s. m. Terme dechimie. Nom d’un radical hypothétique composé,que quelques chimistes considèrent comme formantla base de l’ammoniaque.
f AMMONIURE (a-mmo-ni-u-r’) s. m. Terme dechimie. Combinaison de l’ammoniaque avec un oxydemétalliuue, dite aussi ammoniate.
f AMNÉSIE (a-mné-zie),s. f. Terme de médecine.Diminution notable ou perte totale de là mémoire.
— ÉTYM . lâpvriaîa, de à privatif, et pvâopoti, jeme souviens (voy. amnistie).
f AMNICOLE (a-mni-ko-I’), adj. Terme de zoo-logie. Qui vit sur le bord des rivières.
— ÉTYM . Amnis, rivière, et colere, habiter (voy.culture).
AMNIOS (a-mni-os’), s. m. Terme d’anatomie.La plus interne des membranes qui enveloppent lefœtus. [L’enfant] était moins comprimé dans l’am-nios qu’il n’est dans ses langes, j. s. rouss. Ém. i.
— HIST. xvi* s. La seconde tunique est appeléeamnios ou agnelette, paré, xvui, 7.
— ÉTYM . ’Agvioç, d’agneau, sous-entendu-jp-iiv,membrane : mot à mot, la membrane d’agneau. L’am-nios a sans doute été ainsi dénommé à cause de samollesse. ’Apvio; vient de àpvo;, qui est le mêmeque âpvoç, ancien latin arnus, puis agnus (voy.agneau).
f AMNIOTIQUE (a-mni-o-ti-k’), adj. Terme d’a-natomie. Qui appartient à l’amnios.
AMNISTIE (a-mni-stie), s. f. || 1° Pardon collec-tif accordé par le souverain. 11 fut compris daml’amnistie. On donna une amnistie générale au ducde Rohan, anquet. Ligue, iii, 365. || 2° Par exten-sion. Ces jubilés qui amènent les .pécheurs à l’am-nistie de la religion, chatf.aub. Génie, iii, v, 6.
—SYN. amnistie, grâce. La grâce est individuelle ;l’amnistie est collective.
— hist. xvi* s. Pardonnant tout le passé avecoubliance sempiternelle de toutes offenses prece-dentes, comme estait l’amnestie des Athéniens, rab.dans ménage.
—ÉTYM .’A|avy,<7ti'i, de à privatif, et p.vào|xai, je mesouviens, au parfait (iép.vrip.*t, de même radical quele latin meminisse, memoria (voy. mémoire). Rabe-lais disait amnestie, reproduisant l’orthographegrecque; nous disons amnistie, reproduisant laprononciation dans laquelle l’êta a le son de 1 1 .