AMNISTIÉ, ÉE (a-mni-sti-é, ée). || 1° Part, passé.Les chefs de la rébellion amnistiés. || 2° Subst. Lesamnistiés rentrèrent dans le pays.
AMNISTIER (a-mni-5li-é), v. a. Accorder uneamnistie.
AMODIATEUR (a-mo-di-a-teur), s. m. Celui quiprend une terre à ferme.
AMODIATION (a-mo-di-a-sion), s. f. Bail à fermed’une terre.
AMODIÉ, ÉE (a-mo-di-é, ée), part, passé. Terreamodiée en grain, en argent.
AMODIER (a-mo-di-é) , v. a. Donner à ferme.Syno-nyme d’affermer.
— H1ST. xiv" s. Admuidier ou aboumer du vin àvendre en detail, du cange, amodium.
— ÉTYM . Bas-Iat. admodiare, de ad, à (voy. A),et modus, mesure (voy. mode).
AMOINDRI, IE (a-moin-dri, drie), part, passé.Les revenus amoindris par les impôts. L’autoritéroyale amoindrie.
AMOINDRIR (a-moin-drir), t>. a. || 1° Rendre moin-dre, au propre et au figuré. L’éloignement amoin-drit les objets. Seigneur, s’il vous plaisait d’enten-dre ma défense, Possible que l’excuse amoindriraitl’offense, Tristan, M. de Chrispe, v, 2 .112“ Abso-lument. Les lunettes qui amoindrissent, pasc.Pens. part, i, art. 2 . || 3" V. n. Devenir moindre. Vo-tre revenu en amoindrira considérablement. || ^S’a-moindrir, v. réfl. Son revenu s’amoindrit tous lesjours.
— HIST. m* s. Et si vostre penitence estoit aman-de, st-bern. 572. || xm" s. Il laissa le pleuvoir,s’amenri la froidure, Perte, xlii. Par sa très grantconvoitice, il amenrisçoit cescun jour les garnisons[provision] de laiens, Chr. de Rains, u i.||xiv's.Mais pourtant sa perfection Amoindrira sans fiction,Et mercure ne sera plus Parfaict, Trait. d’Alch. 290.|| xv“ s. Je ne di mie que nous affoiblissions niamendrissions l’heritage de monseigneur de Flan-dre , froiss. Discours de Jean Lyon, H, n, 63. Etpour ce que les pourveances de la cité commence-rentà amenrir, froiss. i, i, 1 32. Et virent bien queen la fin ils ne le pourraient tenir [le pont] ; car lesAnglois croissoient toujours, qui issoient hors deCalais , et leurs gens amenrissoient, id. i, i, 327. Etveulent les aucuns dire que on trouva les viandestoutes entières que en lui avoit portées, ni rien neles avoit amenries au jour de sa mort, id. ii, iii, i 3.|| xvi* s. Quand il n’y aurait autre mal, il [Dieu ]est amoindri de sa dignité, et est rendu contempti-ble, calv. Inst. 289. Croistre je voy d’un costé tadouleur, Et amoindrir d’un autre ta couleur, ma-rot, ii, 2)7. Il se retirait en sa maison, où tant decompagnie l’alloitvoir, que sa dépense n’amoindris-soit guere en son ménagé, marg. Nouv. lix. 11 dé-clara à ses compagnons son entreprise, sans enamoindrir le péril, d’aub. Hist. in, 1 4. Son obliga-tion s’en amoindrissoit et luy en poisoit moins,mont, i, 94.
— ÉTYM . À et moindre. Une des anciennes formesde moindre était mendre, d’où l’ancien verbe amen-drir ou amenrir.
AMOINDRISSEMENT (a-moin-dri-se-man), s. m.Action de rendre moindre. L’amoindrissement devotre fortune, de son crédit.
— HIST. xvi* s. La fin du discours fut un jure-ment de fidelité entr’eus, et l’amoindrissement desGuisars, d’aub. Hist. i, 104.
t AMOISE (a-moi-z’), s. f. Voy. moïse.
AMOLLI, IE (a-mo-li, lie), part.passé. || 1°Rendumou. La terre amollie par les pluies. || 2° Énervé.Amolli par les voluptés. || 3“ Se dit, en gravure, descontours équivoques, qui ne sont pas assez ressentis.
AMOLLIR (a-mo-lir), t). a. ||1” Rendre mou. Lachaleur amollit la cire. || 2“ Fig. Énerver, adoucir.Amollir le courage. N’amollissez pas l’enfance dansles délices. Pour amollir son cœur, je n’ai rien né-gligé, CORN. Poly. v, 4. Une larme d’un fils peutamollir sa haine, id. Rodog. ir, 4. || 3“ S’amollir,v. réfl. Devenir mou. La cire s’amollit à la chaleur.|l 4“ Devenir efféminé. S’amollir dans les délices etl’oisiveté, fén. Tél. m. || 5° S’adoucir. Son cœur s’a-mollissait par degrés. Courage ! ils s’amollissent, corn.Hor. n, 6 . || 6° Terme de marine. Le vent s’amollit,devient moins violent.
— hist. xii* s. Ke la chars, se ele dist aspreschoses, ne l’atraiet à impatience, u, se ele dist lo-senges, ne l’amolisset à luxure, Job, 452. ||xm* s.Si mandèrent au connestahle que il vint parler à
eus; et ili venist, et parlèrent ensamble, atant queli empereres s’amollia auques, et si taillèrent entreels une pais telle que, etc. h. de valenc. xxxii.Molt les a fait amollier Li biaus parlers dou cheva-lier, Laid’Ignaur. Il [Danger] se set bien amoloier,Par chuer [flatter] et par soploier, la Rose, 3147.Mès quant ele ot bien arousé De lermes l’ort vilainhousé, Si le convint amoloier, ib. 15609. Moult adur cueur qui n’amolie, Quant il trove qui l’en su-plie, ib. 3295. || xiv* s. Car onques pour prières soncuer ne s’amoli, Guescl. 12998. Cuidiés-vous pourmenaces nous soions esbahis? Nous cuidiez-voustrouver tellement amollis Que nous rendons à voussi tost nos edifis?... ib. 2I678-2I696. ||xv* s. Cetexemple amollia grandement le courage du roi d’An-gleterre [fléchit la rigueur], froiss. i, l, 320. Soncueur ne se admollit jamais, comm. iv, 13. || xvi* s.O bienheureux tombeau ! la manne, comme roséetombante de l’air serein, puisse amollir ta pierre!yver, p. 667. Il le pria d’amollir son courage enpriant, amyot, Sylla, 49.
— ÉTYM. À et mou. Dans l’ancien français , il yavait deux formes : amolir et amolier ou amo-loier.
AMOLLISSANT, ANTE (a-mo-li-san, san-t’), adj.Des voluptés amollissantes.
AMOLLISSEMENT (a-mo-li-se-man), s. m. || 1°Ac-tion d’amollir; état de ce qui est amolli. L’amollis-sement de la cire. || 2“ Fig. L’amollissement ducourage.
— HIST. xvi* s. Et un amolissement aux couragesde ses serviteurs, d’aub. Hist. ii, 24.
f AMOMACÉES ou AMOMÉES (a-mo-ma-sée oua-mo-mée), s. f. plur. Famille de plantes monocoty-lédones, vivaces, voisine des orchidées.
— êtym. Amome.
AMOME (a-mô-m’), s. m. Terme de botanique.Genre de plantes presque toutes exotiques, etdouées, en général, d’une saveur piquante et aro-matique.
— ÉTYM. ’Au.wp.ov, aromate de l’Inde .
AMONCELÉ, ÉE (a-mon-se-lé, lée), part, passé.
Les cadavres amoncelés autour de la redoute.
AMONCELER (a-mon-se-lé. J’amoncelle; j’amon-cellerai ; j’amoncellerais ; j’amoncelai ; amoncelant ;quelques-uns mettent un accent grave et une seule l :j’amoncèle, j’amoncèlerai), r. a. || 1“ Mettre en mon-ceau. Amonceler des gerbes. || 2° Fig. Amonceler desrichesses. Amonceler les pre uves, les citations. 113“ S’a-monceler, v. réfl. Etre mis en tas. Les nuages s’a-moncellent.Les figures, l’onyx, le cristal, lesmétauxPartout sur les buffets, sur la table étincellent.... etpartout s’amoncellent, a.chénier, 49. || Fig. Hélas!je vous le dis, ne vous endormez pas, Tandis que l’a-venir s’amoncelle là-bas, v. hugo, Crép 15. 11 4° F.
n. En termes de manège, se dit d’un cheval bienensemble, bien sous lui, et qui marche sur les han-ches sans se traverser.
— hist. xm* s. Il amoncelé or et argent Por luilever et essaucier, Theophilus. Et en l’esperite de taforsenerie sunt amoncelées les eves [eaux], Psau-tier, f° 183. ||xiv* s. Car la douce parole les amis amon-celé , Girart de Ross. v. 1 278. || xvi* s. Nous sommestouts contraincts et amoncelez en nous, et avons laveue raccourcie à la longueur de nostre nez , mont, i ,170. Lors la cholere et la fureur, s’emmoncelant enun, esclatte touts ses efforts à la première charge,id. ni, 351. Je lui appris à escrimer des deux bras, às’amonceler le ventre, à reculer la teste, à la bor-deliner de bonne grâce, d’aub. Conf. n,i. Il a lefront refrongné, ridé et amoncelé, ses cheveux sehérissent, pare, Inlrod. 18 . La tunique cornéese ride et se amoncelle, id. iv, 6. Aucunes fois lesveines sont courbées et repliées en plusieurs circon-volutions emmoncelées, id. xi, 21 . La pluspart dubled en roulant s’emmoncelle dans lefons des lignes,
o. de serres, 113. Pour vuider l’humeur que ren-dent les olives estans amoncelées, o. de serres,706.
— ÉTYM . k et monceau; picard, amoncheler.
AMONCELLEMENT (a-mon-sè-le-man), s. m.
Action d’amonceler; état de ce qui est amoncelé.L’amoncellement des sables, à l’embouchure desrivières.
AMONT (a-mon), s. m. || 1” Le haut d’où descendun fleuve, une rivière, par opposition au bas qui estdit aval. Pays d’amont, pays en amont, le pays si-tué dans le haut du fleuve, de la rivière. || Enamont de, au-dessus de. En amont de la ville.|| 2° Vent d’amont se dit, sur les côtes où la terre estau levant, de tout vent qui souffle de l’un des points
compris entre le nord-est et le sud-est, passant parl’est. || 3“ Terme de fauconnerie. Mettre l’oiseauamont, le jeter. || Tenir amont, se dit de l’oiseauquand il se tient en l’air en attendant qu’il découvrele gibier.
— HIST. xi* s. Gardez [regardez] amunt deversles porz d’Espaigne, Ch. de Roi. lxxxv. [11] Regardeaval et si regarde amont, ib. clxiii. || xii* s. Il sedresa amont en son esté, Ronc. p. 35 . Amont leSebre font les voiles tourner, ib. p. il8. Enmi laville parvinrent en amont, ib. p. 120. [Ils sefrappent] Amont es haumes où luisent li cristal,ib. p. 144 . Amont au ciel où joie est esclarcie, ib.
p. 174 . Reynaus passa lès le meis [logis] [d’]Erembor, Ains ne daigna dresser le chef [la tête]amont [en haut], Romancero, p. 49. Amont par mile Rin li orages [le temps] les guie, Sax. vii.|| xm* s. Le coutel [elle] a saisi, si l’a amont levé,Perte, xv. Et Bel-Acueil est en prison Amont enlator enserré, la Rose, 3927 . Si ot dedens la pierreescrites Ou [au] bort amont Ietres petites Qui di-soient.... ib. 1444 . Mès onques si bel [homme] ar-mé ne vi; car il parait [paraissait] desur toute sagent dès les espaules en amont [en haut], joinv.
226. Sire, nous n’avons pooir d’aler au roy parmiceste gent; maiz alons amont, et metons cest fosséque vous veez devant vous, entre nous et eulz, id.
227. Et disoient qu’il avoient trouvé merveilles debestes sauvages, lyons, serpens, oliphans, qui lesvenoient regarder desus la riviere, aussi comme ilaloient amont, id. 220. || xv* s. J’appelle aussi, eten bas et amont, Loyal espoir; mais je pense qu’ildort, Oujecuide qu’il contrefait le mort, ch. d’orl.Rond. || xvi* s. Je marche plus sur et plus ferme àmont qu’à val, mont, i, 161. Le moust bouillantdans un vaisseau, poulse à mont tout ce qu’il y adans le fond, id. n, 12. L’aigle s’envolant à mont,signifioitque.... id. ii, 269 . Quand la criminelle estdescendue, on retire à mont l’eschelle, amyot, Nu-ma, 18 . Il tiroyt à la butte, du bas en mont, d’amonten val, devant, de cousté, en arriéré, rab. Garg. 1 ,23. X ceste heure fays bien à point l’arbre fourchules piedz à mont, la teste en bas, id. Pant. iv, 19
AMORCE (a-mor-s’), s. f. || 1° Appât pour pren-dre certains animaux. Mettre l’amorce à l’hameçon.|| 2“ Fig. Tout ce qui fait mordre à, tout ce qui at-tire. Se laisser prendre à l’amorce des voluptés. Etquand l’âme une fois a goûté son amorce [de l’a-mour] , corn. Hor. m, 4. Mais au lieu de goûter cesgrossières amorces, id. Cinna, v, 3 . Permettez ce-pendant qu’à ces douces amorces Je prenne unnouveau cœur et de nouvelles forces, id. Pomp. 1 v,
3 . Je verrai leur amour, j’éprouverai sa force, Sansflatter leurs désirs, sans leur jeter d’amorce, id.Rodng. iii, 3 . L’hymen où je prétends ne peut trou-ver d’amorces Au milieu d’une ville où régnent lesdivorces, id. Sertor. iv, 2. Que pour lui cette gloireeût eu trop peu d’amorces, id. D. San. m, 1 . Plus j’yvois de hasard, plus j’y trouve d’amorce, malh. v,
4. Sa grâce et sa vertu sont de douces amorces Qui,pour tirer les cœurs, ont d’effroyables forces, mol.l’Étour. iii, 2. Craignez d’un vain plaisir les trom-peuses amorces, boil. Art poét. 1. Il ne suffit pasd’Ôter aux passions les amorces qui les irritent,mass. Pécheresse. || 3° Poudre avec laquelle on en-flamme la charge d’un fusil, d’un canon, d’une mine.Je brûle d’abord une amorce dans un pistolet, j. 1 .rouss. Ém. 1. L’amorce brûla les moustaches duplus jeune spahi, chateaub. Itin. 57. L’amorce estdéjà conduite, et la mine prête à jouer, la bruy. 8.|| Prendre une ville sans brûler une amorce, sans ti-rer un coup de fusil. Puységur eut la gloire de l’oc-cupation de toutes les places espagnoles des Pays-Bas sans brûler une amorce, st-sim. 408 , 108. Tessécroyait déjà tenir le bâton de maréchal, quoiqu’il n’eûtjamais vu d’action, ni peut-être brûlé une amorce,id. 91 , 202. || 4“Technologie. Dissolution d’or, d’ar-gent ou de platine, dans laquelle on trempe lesplanches, lames ou vases de cuivre qu’on veut pla-quer. || Une petite quantité d’eau qu’on verse dansune pompe, pour qu’elle fonctionne.
— hist. xvi* s. Ce sont amorces pour escumerl’argent des bourses, calv. Inst 957. Ces amorces[promesses] les firent retourner à la charge avecune nouvelle vigueur, Mém. s. du G. ch. 29. Pen-sans que ce fussent les mesmes ruses, et les mes-mes amorces de bonne esperance et de belles paro-les.... amyot, Timol. 16. Il appelle la volupté laprincipale amorche et le plus grand appast de malfaire que les hommes ayent, id. Caton, 6 . Ce jeunehomme et ses compagnons ne faillirent pas, dèsqu’ils ouïrent siffler l’amorce [de la mine], de pren-