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clère comme le sujet qui perçoit ou sent une impres-sion quelconque. Le sceau de la divinité est dans lesaperceptions d’un ciron, volt. Colim. 3 . Les élé-ments du plus vil excrément n’ont pas l’apercep-tion, id. Newt. i, 9. || Aperception pure, dans lesystème de Kant , conscience primitive de nous-mêmes, qui précède toute pensée et se mêle à toutepensée.
APERCEVABLE (a-pèr-se-va-bl’), adj. Qui peut
être aperçu.
— hist. xiv' s. Choses plus sensibles et plus ap-percevables, oresme, Thèse de meunier.
— étym. Apercevoir.
APERCEVANCE (a-pèr-se-van-s’), s. f. Facultéd’apercevoir.
— HIST. xiii“ s. Li cordelier dedens PontoiseVousissent estre; mult lor poise Que la dame de ceparole ; Quar poor ont d’apercevance, huteb. 267.Par quoi Renart dou tôt faudra X ce que promis liavez, Se vos fere ce li savez Coiement sanz apar-cevanee, Ren. 16489. ||xiv“ s. Et tele apercevanceest selon soy delettable, oresme, Eth. 286 . || xv's.De Pontoise estoit capitaine un gentilhomme nomméMaurigon, qui ne s’en doubtoit point, ny n’envoioit aucune appercevance, jov. des ursins, Char-les VI , 1417. || xvi* s. Et m’avoit la coustume ostél’appercevance de cette estrangeté, mont, i, ho,C’est le privilège des sens d’estre l’extreme bornede nostre appercevance, m. n, 357.
tAPERCEVANT (a-pèr-se-van), adj. m. Termed’hippiatrique. Cheval apercevant, cheval dont lesyeux sont trop saillants.
APERCEVOIR (a-pèr-se-voir), j’aperçois, tu aper-çois, ilaperçoit, nous apercevons, vous apercevez, ilsaperçoivent; j’apercevais, nous apercevions ; j’aper-çus, nous aperçûmes m’apercevrai, nousapércevrons;j’apercevrais, nous apercevrions; aperçois, aperce-vons, apercevez; que j’aperçoive, que tu aperçoives,qu’il aperçoive, que nous apercevions, que vous aper-ceviez, qu’ils aperçoivent; que j’aperçusse, que nousaperçussions;apercevant; aperçu, ue, v.a. || i'Com-mencer à voir; découvrir. Les objets qu’on peutapercevoir. Vapeur si subtile qu’on ne peut l’aper-cevoir. Se laisser, se faire apercevoir. Apercevoir deloin. Il n’a pas aperçu Jeannette, mol. l’Étour. iv,7.|| 2“ Fig. Apercevoir ce qu’il y a de vrai dans chaquechose. Il aperçut qu’on le trompait. Si vous aperce-vez que j’y manque d’un mot, mol. l’Étour. il, 1.[13' Suivi d’un infinitif, voir. Mais j’aperçois venirsa mortelle ennemie, rac. Phèd. v, 6. Je sais....mais Vinius, que j’aperçois venir.... corn. Othon,i,i. || 4° Absolument, en termes de métaphysique,recevoir des perceptions. Apercevoir est un desdegrés de la connaissance.
s’apercevoir, v. ré/l. || 1° Se voir imparfaitement.Je me suis aperçu dans la glace. Ils se sont aper-çus de loin, ils se sont aperçus l’un l’autre. || 2° Re-marquer, connaître. L’ennemi s’aperçut du départ.De sorte qu’on s’aperçut de son arrivée avant gue....Je m’aperçois que tu as fait beaucoup de pro-grès. Sans qu’on s’en aperçoive. On vieillit sanss’en apercevoir. [Les saintes femmes au tombeau]Croyant parler à l’homme, chose étrange, Leursregards dessillés s’aperçurent de l’ange, lamart.Joc. m, 108 . La Perse s’aperçut bientôt que....boss. Hist. i, 8. || Avec suppression, comme en quel-ques autres verbes, du pronom se. Maulevrier eutsoinde la laisser apercevoir [la princesse des Ursins]des privances....sT-siM.l57, 67. || 3° Être aperçu. Ilne se passe nuit que lesmorts ne s’aperçoivent avecdes formes étranges et un attirail épouvantable,balz. le Prince, ch. vu.
— REM. 1. L’Académie écrit apercevoir par unseul p. Voyez la remarque là-dessus, à apaiser.
!] 2. D’après Laveaux et quelques grammairiens, ondevrait écrire : Elle s’est aperçu de son erreur. Au-jourd’hui l’usage est établi, et l’on écrit sans con-teste : Elle s’est aperçue de son erreur; ils, elles sesont aperçus, aperçues de leur erreur; comme onécrit: Elle s’est tue-, elle s’est écriée. Mais le fait estque s’apercevoir de reste une locution difficile à ex-pliquer. S’apercevoir veut dire voir soi. Commentvoir soi peut-il signifier remarquer? Voici l’explica-tion de cette difficulté : on comprend que, si aper-cevoir a été pris au sens neutre, il aura pu se con-juguer a\ec le pronom réfléchi, comme tant deverbes neutres, se taire, s’écrier, se pâmer, etc.Or, si on ne trouve pas d’exemple d’apercevoir ausens neutre, on en trouve, ce qui est équivalent,de percevoir : Qu’on ne perciust de son iestre [qu’onne s’aperçût de son êtrel, Ph . Mouskcs, v. 28448.
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Apercevoir de, puis s’apercevoir de, afin de lui don-ner le sens réfléchi, si naturel avec ces verbes, setaire, s’écrier, se pâmer, etc. En un mot, s’aper-cevoir de est fait comme se connaître en, s’enten-dre à; et ceux-ci à leur tour sont faits comme lesverbes neutres réfléchis, se taire, et, dans l’an-cienne langue, se dormir, se gésir. On remarqueraque s’apercevoir de est une locution très-ancienne;il est certain, à cause de cet emploi du pronom ré-fléchi, qu’on n’aurait pas pu la former dans les tempsmodernes, pas plus qu’on ne peut former se gémirsur le modèle de se taire. || 3. Les poètes peuventsupprimer l’s à la 1 ™ personne du présent. Ce dis-cours te surprend, docteur, je l’aperçoi, boil. Sat.vin. Cette orthographe, qu’ils prennent pour larime, est non une licence, mais un archaïsme.
— SYN. apercevoir , s’apercevoir. Apercevoirmarque le fait en lui-même et l’action de voir ; s’a-percevoir y ajoute l’idée de remarque, d’observa-tion. Il aperçut qu’on le suivait, il vit qu’on le sui-vait. Il s’aperçut qu’on le suivait, il remarqua qu’onle suivait.
- HIST. xi' s. Ainz que Rolanz se seit aperceüt,Ch. de Roi. cl. Li amiralz auques s’en aperceit, ib.cclix. || xii' s. Trois maniérés de sainteit poonsapparzoivre en cez trois festes, st bern. p. 642'. Etsi nos eswardons la cause de nostre exil, tost paraventure porons aperzoyvre cum covenaule chosesoit ke nos fussiens délivrait maiment [mêmement]par lo fil, id. p. 622. Ne voioit pas qu’ilfust aperceü,Ronc. p. 103. Au matin par som l’aube, quand aper-çut le jour, ib. p. 198. |f xiii' s. Si tost com il porentapercevoir lejor, cueillirent leur voiles , villeh.cxlviii. La serve l’aperçoit, plus n’i a séjourné, Ber te,xv. Quant Berte l’aperçut, moût fut espoentée, ib.xl vi. Bien [il] s’aperçoit comment Bertelui futchan-gie, ib. xc. Mès qu’il ne puissent aparçoivre Quevous li beés à deçoivre, la Rose, 7455. S’il avientquetu aperçoives T’amie.... ib. 2403. Dès le commen-cement que il vint à son royaume tenir et il se sotaparcevoir [se reconnaître], il commença à edefiermousfiers et pluseurs mesons de religion, joinv.298. Gel connois bien à cel senblant, Que vos enalez repentant; Orainz m’apercui au plorer, Parlh.de Blois , 6437. || xiv‘ s. 11 prendront et apercevront[percevront] chascun an sur les lieus qui s’ensui-vent, du c ange, accipere. || xv's. Et quand elles[les rentes du roi de Hongrie ] seront retournées etrecouvrées.... il plaise vous savoir qu’il y pourvoira sigrandement que vous vous en apercevrez, froiss.iii,iv, 69. Se logèrent tout environ [Auberoche], telle-ment que nul ne pouvoit entrer en la garnison qu’ilne fust aperçu, id. i, 1,227. Car bien pevent appar-cevoir, Ce 1 n’est que miraclesd’Amours, ch. d’orl.Bal. 18 . L’abbesse, qui veoit clair et estoit bien aper-cevante, connut tantost à ses réponses.... louis xi,Août), xl vi. || xvi* s. Il fut apperçeu par.... mont, i,49. Lors il s’appercevoit de ses eschauldures etmeurtrisseures, mont.i, 93. Les ouïes des créaturesde ça bas ne le peuvent appercevoir [percevoir], id.1 , 107. Ayants apperçeu que les Portugais usoientd’une aultre.... id. i, 239. S’appercevants combienson usage estoit pernicieux , id. i, 380.
— ÉTYM . À et percevoir; bourguig. êporsu, ap-perçu; Berry, aparcevoir; picard, aperchevouer;provenç. apercëbre, apercepre; espagn. apercebir;portug . aperceber.
f APERCHER (a-pèr-ché), v. a. Terme d’oiseleur.Apercher un oiseau, c’est remarquer l’endroit où ilse retire, où il se perche pour y passer la nuit.
— étym. À et percher.
f APERÇOIR (a-pèr-soir), s. m. Technologie.Plaque de tôle qui se met à chaque côté du billotde la meule de l’épinglier.
— étym. À et percer.
APERÇU, ÇUE(a-pèr-su, sue), part, passé d’aper-cevoir. || 1° Aperçu de loin. Cette vérité aperçue parles anciens philosophes. Aperçu de tous, il chemi-nait en butte aux coups de feu. || 2° S. m. Aperçu,une première vue, une vue rapide sur un objet. Jen’ai sur cet objet qu’un aperçu. || 3“ Estimation aupremier coup d’œil. Un aperçu de la dépense.j| 4“ Exposé sommaire. Donner un aperçu de la cau-se. || 5' En termes de marine, pavillon d’aperçu,celui qui indique qu’on a vu et compris un si-gnal.
APÉRITIF , IVE (a-pé-ri-tif, ti-v’), adj. || i» Quiouvre. Vertu apéritive d’une clef, pasc. P. Eloq. 37.Inusité en ce sens. || 2° En termes de médecine,qui ouvre les pores, qui rend les humeurs plus flui-des et facilite le mouvement des liquides. Le laitdoit être presque apéritif, 1. J. rouss. Ém. 1.|| S. m. Les apéritifs, un apéritif.
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— HIST. xvi' s. Attenuans, incisifs et apéritifs,PARÉ, V, 14.
— ÉTYM . Provenç. apertiu, aperitiu; espagn.aperitivo; ital. apertivo, aperitivo; de aperitivus,de aperire, ouvrir.
f APERTEIvlENT (a-pèr-te-man), adv. D’une fa-çon ouverte. Ce qui répugne apertement aux lois dela nature, desc. Lettres à Mersenne , 16 septembre1632. Là, dans la chambre, et par tout l’apparte-ment, on lisait apertement sur les visages.... st-sim.293, 940.
— HIST. xiii* s. Et li empereres conut aperte-ment que il le devoit faire, villeh. cxii. Aperte-ment lui va Pépins tel cop doner, Berte, 111 . Assez[vous] dites apertement De cest conseil vostre ta-lent, Lai du Conseil. Quant li rois Felippe le vist,si traîst l’espée et li courut sus apiertement, et 1equida ferir parmi la teste, Chr. de Bains, p. 16. Carli plusor songent de nuitz Maintes choses couverte-,ment Que l’en voit puis apertement, la Rose, 20 .Mal apertement se partirent les Turs de Damiete,quant il ne firent coper le pont, qui grant destour-bier nous eust fait, joinv. 215 . ||xv' s. Furent leduc d’Anjou et les capitaines en conseil commenton pourroit le plus tost et le plus apertement greverceux de Bergerac , froiss. ii, ii, 3. || xvi's. Il déli-bérait de toutes choses à part soi, et puis comman-doit apertement ce qu’il avoit arresté luy tout seul,amyot, Dèmétr. 37. Eschappé suis d’elle secrète-ment, Et suis venu vers toi apertement, marot, i,340. || Adverbe tombé en désuétude, mais bon à re-prendre.
— ÉTYM . Aperle, et le suffixe ment (voy ment);provenç. apertamen; espagn.' abiertamente; ital.apertamente. Apert est, dans l’ancien français , unadjectif qui vient de apertus, ouvert, de aperire.Apertement avait, dans l’ancien français , deux si-gnifications : ouvertement et adroitement.
f APERTISE (a-pèr-ti-z’), s. f. Preuve d’adresse,de force,de courage. Montant chevaux à poil et fai-sant autres apertises que jeunes filles n’ont pointaccoutumé à faire, volt. Moeurs, 80 .
— HIST. xiv' s. En chasses de bois se deportoit[Dagobert] assiduelment, en apertisses et en legie-reté de cors estoit moult aüsés, Chr. de St-Denis,dans du cange, apparentia. || xv' s. Ces quatre setinrent vaillamment plus de demie heure et y firentde grandes apperties d’armes, froiss. ii, ii, 229.Et là y eut plusieurs belles bacheleries et appertisesd’armes faites, id. i, i, 69. Un homme estoit à Pa-ris qui faisoit plusieurs apertises sur cordes tendueshault en l’air, christ, de pisan, Charles V , m, 10 .Voyant les peres et les meres prendre grand plaisirà voir leurs enfans jouer et faire souplesses et ap-pertises, louis xi, Nouv. c. || xvi* s. Par vous se-ront faictes apertises d’armes non encore veues denostre mémoire, rab. Pant. iv, 39.
— ÉTYM . Ane. franc, apert, ouvert, manifeste,d’où apertise, signifiant chose manifeste, et, delà,exploit, prouesse.
APÉTALE (a-pé-ta-T) ou APÉTALÉ, ÉE (a-peta-lé, lée), adj. || 1' Terme de botanique. Qui n’apoint de pétales, et, par conséquent, point de co-rolle. || 2“ S. f. plur. Apétales, nom donné à ungroupe de plantes dicotylédones composé de cellesqui manquent de pétales.
— ÉTYM . ’A privatif, et pétale.
fAPÉTALIE (a-pé-ta-lie), s. f. Absence de pétales.
APETISSÉ, ÉE (a-pe-ti-sé, sée), part, passé.Rendu plus petit. Sa fortune apetissée peu à peupar des pertes successives.
APETISSEMENT (a-pe-ti-se-man), s. m. Dimi-nution.
— HIST. xiii’ s. L’on est [est pour ist, sort] de sacompaignie par mort ou par apeticement de chief[perte de rang], et par reniement et par besong,Livr. de just. 168 .
— étym. Apetisser.
APETISSER (a-pe-ti-sé). || 1' V. a. Rendre pluspetit. Apetisser un manteau. On dit plus ordinaire-ment rapetisser.Cadeaux, festins, bienfaits
Apetissaient les fonds de l’ambassade, la font.Belph. || 2° V. n. Devenir plus petit. Ce tas apetissetous les jours. || 3“ S’apetisser, v. réfl. Devenir pluspetit, se raccourcir. Cette étoffe s’apetisse à l’eau.Dans la systole le cœur s’apetisse et s’allonge, boss.Conn. de Dieu , 11 , 3.
— hist. xii* s. Quant voit Gerars, cui fine amoursjustise, Que sa dolors de néant n’apetise, audefr.le bast. Romane. || xiti' s. Ele [la guerre] n’ape-tisa mie, ains crut plus et plus, villeh. xcix. Et lidist que la garnisons [les vivres] estoit jà si apeticiequ’il ne i avoit ou poi ou nient laiens,C/w\ de Bains,