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Tome premier. A - C.
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son tour à souffrir des mépris, rac. Andr. n, 4.Qu’en vous aimant, vos fils apprennent à vouscraindre, pir. Éc. des Pères, n, B. || 3° S’aperce-voir, reconnaître. Il apprendra qui je suis. Apprendsque rien n’a jamais été si honteux. || 4° Etre in-formé. J’ai appris par votre lettre.... J’apprends quevotre ennemi est mort. Apprends le reste. Tu de-mandes d’où j’ai appris cela si bien. J’avais apprisde fâcheuses nouvelles. J’ai tout appris de lui et parlui. Dès que César eut appris par ses éclaireurs........ De votre bouche, 6 ciel! puis-je l’apprendre?rac. Prit, iv, 3. || B” Enseigner. Apprendre à quel-qu’un les belles-lettres. Il lui apprenait à monter àcheval. L’habitude apprend à supporter la fatigue.L’expérience nous a appris.... Mes exemples, unjour, ayant fait place aux vôtres, Ce que je vous ap-prends, vous l’apprendrez à d’autres, corn. Sertor.ni, 2 . On n’apprend pas aux hommes à être honnê-tes gens, et on leur apprend tout le reste, pasc.dans bouhours. || S’apprendre, enseigner à soi. Cettedame s’est appris à filer. Ce n’est pas d’aujourd’huiqu’ils méditent ce dessein, ils se sont appris à tourmen-ter les gens sur la bulle et sur les brefs d’innocent X,pasc. Prov. 19. || Faire savoir. On m’a apprislamortde votre oncle. L’histoire ou la tradition nous ap-prend.... Des auteurs dignes de foi nous appren-nent.... Quel est donc ce secret que tu me veuxapprendre? rac. Esth. H, 1 .1| Familièrement Ap-prendre à vivre à quelqu’un, l’obliger à se con-duire autrement. || Apprendre à parler à quelqu’un,le corriger de son peu de retenue dans ses discours.La Vauguyon dit à Mme Pelot qu’il ne savait ce quile tenait qu’il ne lui mit la tête en compote pour luiapprendre à l’appeler poltron, st-sim. 44, 4 61.|| 6 S’apprendre, être appris. Là où le droit civils’apprend.

— rem. 1 . Dans le sens d’acquérir des connais-sances, on dit apprendre quelque chose de quel-qu’un. Dans le sens d’enseigner, instruire : on ap-prend quelque chose à quelqu’un. Dans les deuxsens, le verbe apprendre régit d devant les verbes.|! 2. Pourtant quelques auteurs ont dit apprendre de.fous mes efforts ne m’ont de rien servi qu’à m’ap-prendre de ne plus tenter une chose impossible,voiture, n, 26 . Une maxime qui nous apprendra d’es-timer la vie, bossuet. Il n’y a aucune faute degrammaire à mettre de après apprendre ; mais l’u-sage actuel rejette cette tournure, qui reste un ar-chaïsme. || 3. On entend parfois dire : je n’ai besoinde personne pour apprendre mon fils ; il faut pourenseigner mon fils. Cette locution, aujourd’hui reje-tée , n’est pourtant qu’un archaïsme. Apprendre avecle régime direct delà personne se trouve dans les au-teurs du xvn* siècle. Oiseaux qu’ils ontapprisà chan-tertoutes sortes de ramages, vaugel. Q. C. 473. De cetemploi viennent les locutions, mal appris, bien ap-pris. || 4. Des grammairiens ont prétendu qu’on nedevait pas employer apprendre dans le sens d’en-seigner, par exemple : apprendre le latin à un en-fant; et que cette tournure n’était fondée que surl'autorité insuffisante de quelques dictionnaires.C’est une erreur; apprendre en cet emploi est dansCorneille, et dans l’ancien français , comme on peutle voir à l’historique.

— SYN. 1. APPRENDRE, ENSEIGNER, INSTRUIRE. In-struire, c’est donner l’instruction, rendre instruit.Enseigner, c’est donner des leçons d’un objet déter-miné : on enseigne le latin, les mathématiques à unenfant. Apprendre a le même emploi qu’enseigner,mais d’une façon plus vague, et en ne portant pas l’es-pritaussi précisément sur la leçon qui sedonne. Oninstruit quelqu’un de son devoir, en le lui exposant.On lui enseigne son devoir, en lui en faisant la le-çon. On lui apprend son devoir, en le lui faisant con-naître d’une façon quelconque. || 2. apprendre, fairesavoir, informer. Je vous apprends une nouvelled’une façon quelconque, soit qu’elle vous intéresseou non, soit qu’elle soit sûre ou non. Je vous la faissavoir par une lettre ou un message. Je vous en in-forme, si elle vous importe, et si j’ai des renseigne-ments fidèles.

— hist. xi* s. Moût ad appris, qui bien conut ahan,Ch. de Roi. clxxxi. || xn* s. Demande etapren qui jesui et qui sont li prince qui me aident, Machab.i, 4 0. Jà nel [ne le] deilst ne soufrir ne vouloirLa douce riens qui tant est bien aprise, Coud,xvn. X moi [ près de moi ] en peut li plus sagesaprendre, Coud, v. Et les dames qui courtoisesestoient [jadis], Ont tout laissé pour apenre à bour-ser , quesnes, Romancero, p. 87. Se leur pesede ce que [je] vous ai di, Si s’en prennent à monmaistred’üisi, Qjii m’a apris à chanter dès enfance,ib. p. U8. Luie, iiou.j nous enliauno.. s. Quant à l’es-

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cole aprenions, ib. p. 62 . Je m’occirai, s’autre queGarin m’ait [pour femme] ; Ou je ferai quanqu’a-mours m’aprendrait [m’apprendra], ib. p. 92 . Ne cilne sont bien appris ne courtois Qui m’ont repris, sej’ai dit mot d’Artois, ib. p. 83. [Un messager] Quimoult pesmes nouveles a as François aprises, Sax.xxiii. Merveille estde sage hummeedes letres apris,Qu’il la cremur de Deu a si ariere mis, Th. le mart.85. || xiii* s. Pour aprendre françois leur filles etleur fils, Perte i. François savoit Aliste, car leansl’eut apris, ib.v.X enherber [empoisonner] m’apristjadis une Juïse [juive], ib. lxxvi. Fille, dist-il, decortoisie Ne de sens ne m’aprenésmie, la Rose,6626 . Si que cil qui s’entremetront de l’office [debailli] puissent aprendre aucun exemple, beaum. 4 7.Et le roy li demanda où il avoit apris françois, et ildit que il avoit esté crestian, joinv. 26l!||xiv*s.Encor est-il vérité que toute science, quant est desoy, il semble qu’elle peut estre aprise, oresme,Eth. 4 73. Et cel aigle félon tenir et attraper Et met-tre en ma geôle pour apprendre à parler, Guescl.20536. Nous ordonnons qu’il [y] ait un cler qui ap-prendra nos filles, du cange, apprehendere. Cour-toys estoit et bien aprins, Liv. du bon Jeh. 4046.|| xv* s. Ils lui chauffèrent si fort et appreingnirent[serrèrent] les plantes des piés que les soles d’iceulxlui en sont cheutes, du cange, atlridere. Ce vousveil [je veux] apenre, la Pass. de N. S. J. C. On n’apas sitost appris une terre ni un air où on ne futoncques, froiss. ii, iii, 83. ||xvi* s. La douceur desa grâce, quelque souefve qu’elle soit, apprend leshommes de s’esmerveiller avec crainte, calv. Inst.440. Les filles feurent bien apprises, et à tous pre-sentarentplains hanapz de vin, rab. Pant. iv, 64..... Non : mais afin que si bien j’en apprinse Quetoy, qui ès des pastoureaux le prince, Prinsses plai-sir à mon chant escouter, marot, i, 221. Que philoso-pher, c’est apprendre à mourir, mont, i, 68. LesRomains avoient apprins d’amollir ou d’estendre cemot en périphrases, id. i, 72. Qui apprendroit leshommes à mourir leur apprendroit à vivre, id. i, 8 1 .Il faut apprendre aux enfants de haïr les vices....et leur en apprendre la naturelle difformité, id. i ,

4 08 . 11 fault que ce soit une personne trop mal ap-prise, amyot, Solon, 39. Ayant composé quelquesvers, il les apprit par cueur pour les prononcer enpublic, id. Solon , 14.Il employoit à tous propos cequ’il avoit appris de Anaxagoras , id. Péric. 4 3. Etensemble s’apprenoient et s’exercitoient à l’expe-

rience de la marine, id. Péric. 22 .maintenant

faut apprendre D’estre humbleetdoux et ne plus ab-boyer : Il faut apprendre à fléchir et ployer, rons.739.

— étym. Apprehendere, de ad, à, et prehendere,prendre, saisir par l’esprit (voy. prendre). Picard,bien apprins ; bourguig. éprarre, éparre ; provenç.aprendre, apenre, aprener; catal. apender; espagn.aprender; ital. apprendere.

APPRENTI , lE(a-pran-ti,tie),s.m. et f. || l”Celui,celle qui est en apprentissage, qui travaille pour ap-prendre un métier. Un apprenti est docile, il écouteson maître, il profite de ses leçons, et il devientmaître, la bruy. 4 6. || 2“ Fig. Personne peu habile.Ronsard , en son métier, n’était qu’un apprenti,Régnier, Sat. ix. Le plus jeune apprenti Est vieuxroutier.... la font. Cuv. La république de Platon Ne serait rien que l’apprentie De cette familleamphibie, id. Fabl. x, 4. || 3* Adjectivement. Pourle rendre maître, soyez partout apprenti, j.j.rouss.Ém. iii. Us n’étaient plus apprentis à manier les an-mes, vaug. Q. C. 652. Quoi! ce Fulcinius, apprentisénateur, Descend par habitude au rang de déla-teur! M. J. chén. Tibère , iii, 3.

— REM. 1. L’orthographe ancienne était appren-ti et le féminin apprendre, l’un et l’autre inusi-tés aujourd’hui. Qui soit douce et nicette, appren-tive au métier, Régnier, Éptt. iii. Vais-je épouserici quelque apprentive auteur? boil. Sat. x. || 2. Auféminin, ne dites pas, ce que font quelques-uns,une apprentice ; c’est un archaïsme aujourd’hui rejeté.

—HIST. xni* s. Aprentif jugleor et escrivain marri,Perte, I. Nulle fillaresse de soie à grans fuiseausne puet ne ne doit avoir que trois aprentices tantseulement, Liv. des mit. 84. Il peut avoir tant d’ap-prentis et de vallés corne il liplaist, ib. 18 . X chanterfurent ententi Li oisillon qui aprenti Ne furent pasne non sachant, la Rose, 680. || xvi* s. Je ne sçaispas faire mes besongnes d’une puerile et apprentisseintelligence, mont, ii , 4 oo. Les apprentifs et qui nesont pas de si haulte leçon, s’enfarinent le visage,id. n, 4 04. Cette gentille infante, qui n’etoit ap-prentive en telles pratiques, yver, p. 64 0. Il n’estapprenti en cela, henri est. Prccell. p. 79.

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—ÉTYM. Apprendre, par un adjectif bas-latin ap-prehendivus, d’où apprentif ; bourguig. ipranti;wallon, aprendice; namurois,aptird«ce; provenç. ap-prentis; espagn. aprendii.

_ APPRENTISSAGE (a-pran-ti-sa-j’), s. m. || 1° Ac-tion d’apprendre un métier. Nous nous mettons tousdeux en apprentissage, j. j. rouss. Ém. m. || Fig.Vous n’en êtes pas à votre apprentissage, corn, lelHent. i,4. Ces agonies lui servaient d’apprentissage àbien mourir, flêch. Mont. || 2“ Le temps qu’onmet à apprendre un métier. Il est à la fin de sonapprentissage. || 3° Fig. Faire son apprentissage, enêtre à son apprentissage, se dit des premiers es-sais que l’on fait. Et qui, sur son époux, fit sonapprentissage, A bien pu, sur un fils, achever sonouvrage, corn. Rodog. v, 4. De quelque adresse....Qu’il eût fait son apprentissage, malii. iv, 6. II faitson apprentissage de la pauvreté, boss. Fr. d’Ass. 4 .Il lui fit faire son apprentissage par une guerre con-tre les Arabes , id. Hist. m, 3. Et n’en étant qu’àson apprentissage, la font. Psaut. || Faire l’ap-prentissage de, s’instruire à, s’habituer à. Vou-drais-tu qu’à mon âge Je fisse de l’amour le vil ap-prentissage? rac. Raj. i, 4. Mais moi, qui vois plusloin ; qui par un long usage, Des maximes du trôneai fait l’apprentissage, id. Raj. iv, 7. Ce héros. .Pour elle, de la crainte a fait l’apprentissage, id.Iphig. iv, 4. Nous sommes sous un roi si vaillant etsi sage, Et qui si dignement a fait l’apprentissage Detoutes les vertus propres à commander, malh. ii, 5.Cette femme est une catéchumène qui fait l’appren-tissage des pleurs que J. C. demande à ses servantes,CHATEAUB. Mart. Il, 206.

—HIST. xvi* s. Us les approuvent aussi [les voya-ges] pour l’apprentissage des langues vulgaires,lanoue, 4 20 . Heureux celui qui, pour devenirsage, Du mal d’autrui fait son apprentissage, st-gelais, 4 74 . 11 fut nourry en cest apprentissage dela discipline militaire, amyot, Flamin. 4. Cleopa-tra devoit à ceste Fulvie l’apprentissage de l’obeis-sance que portoit Antonius aux femmes, amyot,Anton. 4 4.

— Etym. Apprenti. D’après Palsgrave , p. 9, onprononçait, au xvi* siècle, apprentissaige.

t APPRÈS (a-prè), s. m. Voy. apprêt 2 .

f APPRESSÉ, ÉE (a^prè-sé, sée), adj. Terme debotanique. Rapproché et appliqué.

— ÉTYM . À et pressé.

4. APPRÊT (a-prê ; le t se lie ; l’apprêt et la recher-che, dites : l’a-prê-t et la recherche; au pluriel, l’jse lie; des apprêts infinis, dites: des a-prê-z infinis),s. m. || 1° Action d’apprêter, d’arranger. L’apprêt dotout ce qui lui était nécessaire pour son voyage.Sans apprêt et dans toute leur grossièreté, j. j. rouss.Ém. ii. Ou reposer dans des grottes tranquilles, Surle duvet de la mousse et des fleurs, Lits sans ap-prêts, véritables asiles Du doux sommeil et des son-ges flatteurs, malfil. Narcisse, i. || 2° Fig. Affecta-tion dans les manières, le style, le langage. Apprêtdans le style. L’apprêt de ses manières. Un espritplein d’apprêt. || 3° Préparation des mets. L’apprêtdes viandes. Propreté toucha seule aux apprêts durégal, la font. Tabl. || 4* S. m. plur. Préparatifs.Faire les apprêts de la noce. Faire de votre mort lesfunestes apprêts, rac. Phèd. i, 3. D’un voyage impor-tant les soins et les apprêts, id. Mith. il, 5. J’ai pureprendre haleine; et, sous de faux apprêts.... corn.Rodog. ii, 2. Des liens, des bourreaux.... ces ap-prêts d’infamie, volt. T.ancr. ii, 7. || 5* L’apprêt,manière d’apprêter les étoffes, les toiles, les cuirs.L’apprêt que l’on donne au drap. || 6° La matièremême qui sert à l’apprêt. Toile sans apprêt. || Termedo drapier. Eau gommée qui lustre le drap et lerend plus ferme. || Terme de bonnetier. Sorte dolustre qu’on met dans la marchandise pour la rendreplus belle et pius brillante. || Terme de chapelier.Eau bouillie où il y a de la gomme, dont le chape-lier se sert pour donner plus de corps et de lustreaux chapeaux. || 7“ En termes de peinture, prépara-tion, enduit que l’on étend sur la toile, le bois, lamuraille avant de peindre. || L’art de peindre le verres’est nommé l’apprêt des couleurs. Vieux en ce sens.

— HIST. xv* s. En la fin duquel mois, le dit ducde Bourgogne qui avoit fait grandes apprestes e(préparations.... monstr. ii, ch. 440. Cecy estoitcomme ung appreste des inaulx qui depuis advin-rent audit duc de Bourgongne, comm.iv, 42. ||xvi*s.Personne n’y avoit pensé, et les apprests des chosesy necessaires n’eussent pas esté faciles à faire,amyot, Lucul. 87. F.stans les apprests du Turc sigrands et si prochains pour invader la chrestienté,M. DU BELLAY, 485.

—étym. Voy. apprêter; bourguig. eproo ou epro.