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f 2. APPRÊT (a-prê) ou APPRÈS, s. m. Terme detonneliers. Petit coin de bois qui leur sert à serrerles parties d’un tonneau.
— étym. À et près.
f APPRÊTAGE (a-prê-ta-j’), s. m. Technologie.Emploi de l’apprêt, en parlant des étoffes.
APPRÊTE (a-prê-t’), s. f. || 1° Mouillette. Il vieil-lit. || 2° Terme de marine (voy. apprêtée).
APPRÊTÉ, ÉE(a-prê-té,tée), part.passé. || ^Ren-du prêt. Armes apprêtées. || 2° Accommodé. Voilàun ragoûtbien apprêté. || 3° Cartes apprêtées, arran-gées pour tromper au jeu. || 4° Fig. Dépourvu de na-turel. Exorde apprêté. Grâces apprêtées.
— llEM. On a dit jadis apprêté dans le sens de prêt.Les oiseaux.... Apprêtés à chanter dans les bois seréveillent, malh. i,4.
— SYN. APPRÊTÉ, COMPOSÉ, AFFECTÉ. Épithètesqui désignent une certaine recherche dans les ma-nières. Apprêté et affecté impliquent toujours uneidée de blâme, laquelle n’est pas inhérente à com-posé. Un maintien composé est un maintien qu’onse fait, à la vérité, et qui n’est pas celui qu’on a d’ha-bitude, mais qui peut être bienvenu pour la cir-constance. Dans le vice de la recherche, apprêtésignale particulièrement la roideur, et affecté la mi-gnardise. M. Guizot a dit : « On est principalementapprêté dans le discours, composé dans l’air et lacontenance, affecté dans le langage et les manières.La précieuse est apprêtée; la prude, composée; laminaudière, affectée. Le pédantisme est apprêté;l’hypocrisie est composée; la coquetterie est affec-tée. x
f APPRÊTÉE (a-prê-tée) ou APPRETE (a-prê-t’),s. f. Terme de marine. Munitions préparées pour lecombat.
APPRÊTER (a-prê-té), v. a. || 1° Rendre prêt. Ap-prêtez ce qu’il me faut. Apprêtez le dîner. Il apprê-tait ses armes. Apprêter ses moyens de défense. En-trez et recevez l’honneur qu’on vous apprête, rac.Esth. in, 2 . Revêtons-nous d’habillements Confor-mes à l’horrible fête Que l’impie Aman nous apprête,id. Esth. i, B. || Fig. (Hommes cruels) qui met-tez à profit les misères publiques, qui apprêtez leslarmes et l’indigence de votre frère, et qui ne luitendez la main que pour achever officieusement dele dépouiller, mass. Villars. || 2“Accommoder desmets. Comment le lièvre aura été apprêté. || 3° Fa-briquer, façonner, travailler. Apprêter des drogues,des laines, des cuirs. ||4° En termes de jardinage,apprêter ou toucher la figue ; c’est toucher l’œil de lafigue avec une plume effilée, trempée dans de l’huiled’olive pour hâter la maturité du fruit. || 5“ S’apprê-ter, apprêter à soi-même, s’attirer. Vous vous ap-prêtez de grands embarras. Je vous connais, je saistout ce que je m’apprête, rac. Mithr. iv, 4. Je saistrop quels tourments je m’apprête à moi-même, id.ib. n, «. || 6° ¥. n. Apprêter à manger, faire la cui-sine, préparer les mets. || Absolument. Ce cuisinierapprête bien, il prépare, il assaisonne bien lesmets.|| 7° Technologie. Donner de l’apprêt, du lustre, del’apparence, limer. || 8“ Apprêter à rire, donneroccasion de rire à ses dépens. N’apprêtons point àrire aux hommes, En nous disant nos vérités, mol.Amph. prol. N’apprêtez point à rire à ceux quivous entendent, id. Critique.
s’apprêter, v. réfl. || 1° Se préparer, se mettreen état de faire une chose. Il s’apprêtait à partir. Àsuivre ce grand chef, l’un et l’autre s’apprête, boil.Lutr. n. Bientôt il s’apprête A mériter son trône enmarchant à leur tête, volt. Henr. i. Après ce rareexploit, je veux que Ton s’apprête X me peindre enhéros.... mol. l’Élour. ix, 4 4. Ce grand pouvoir luipèse, il s’apprête à le rendre, corn. Sertor. m, 4.Laonice, vois-tu que le peuple s’apprête Au pompeuxappareil de cette grande fête? id. liodog. ii, 2 . Dieu s’apprête à te joindre à la race parjure, rac. Athal.m, 5. X combien de chagrins il faut que je m’ap-prête? id. Brit. n, 2 . || 2° Être préparé. Le templeoù. leur hymen s’apprête. Un orage s’apprête.
— SYN. APPRÊTER, PRÉPARER, DISPOSER. Il y adans le mot apprêter, une idée d’industrie et de re-cherche; dans le mot préparer, une idée de pré-voyance et de diligence; dans le mot disposer, uneidée d’intelligence et d’ordre, guizot.
— HiST. xi" s. Ses granz dromonds il a fait apres-ter, Ch. de Roi. clxxxv. || xii" s. Des douze pers i otset aprestez, Roncisv. p. 53. Pour bien feririloques[il] s’apresta, ib. p. 80 . [Il] Met soi es rans, de feriraprestez, ib. p. 4 43. L’apostole s’apreste pour la messechanter, Sax. xm. [Soyez] Apresté d’ostoyer, chas-cuns selon sa guise, ib. xxm. [Que chaque baron
aille] Pour aprester ses homes, son cors et sonafaire, ib. xxxi. Li malices qui dune ert aprestez,Th. le mart. 43. Li Philistien apresterent treis cun-reis pur curre par la terre, Rois, 44. || xm" s. Plustost qu’il onques purent, font leur vivre aprester,Berte, iii. Et je irai la chose tout à point aprester,ib. xvii. Et il i sont venu, de l’aler apresté [disposésà marcher], ib. exxv. Et li trahistres mande à l’empe-reour que il estaprestés de jurer sor sains que jamaisne sera contraires à lui, h. de val. xxxvm. Par-durable maleïçons leur est aprestée, Psautier, f° 4 46.Ciaus ou celui por qui il portent la garentie deiventaveir un home apresté qui die por eaus [eux] leurparole, Ass. de Jér. 124. ||xiv"s. Si fut commandéet ordené que chascun se aprestast, bercheure,f“ 37, recto. || xv’ s. En me disant : Tu dors troplonguement; Esveille toy, et aprestes briefment,ch. d’orl. 40. || xvi" s. Apprester à rire à ses com-paignons, mont, i, 49. Philosopher, c’est s’apresterà mourir, id. i, 68. Ils les cuisent et apprestent àdiverses saulces, id. i, 406. Il ne se courroucea ja-mais pour chose qu’il [son serviteur] luy eust appres-tée à son disner, amyot, Caton, 3.
— ÉTYM.Bourguig. aipràtai; provenç.et espagn.aprestar; ital. apprestare; de à et prêt, adj.
APPRÊTEUR (a-prê-teur), s. m. Terme d’arts.Celui qui donne l’apprêt, qui fait les préparations.|| Celui qui sait peindre le verre. Vieux en ce sens.
f APPRÊTOIR (a-prê-toir), s. m. Selle de bois àl’usage du potier d’étain.
f APPR1MÉ, ÉE(a-pri-mé, mée), adj. En botani-que, poils apprimés, poils couchés et appliqués surl’organe qui les porte.
— ÉTYM . Apprimere, de ad, à, et premere,presser.
APPRIS, SE (a-pri, pri-z’), part, passé du verbeapprendre. || 1° Qu’on a étudié et retenu. Leçon ap-prise par cœur. || 2" Dont on est informé. Nouvelleapprise. || 3’Instruit. X toi, qui dès jeunesse, apprisen son école, Régnier, Sat. vi. Dès l’enfance apprisà cela [mendier], p. L. cour, i, 34 4. || 4° Familiè-rement. Homme mal appris, homme sans éducation,sans usage. Les enfants indociles ou mal appris,boss. Hist. n, 2 . Ou soit belle ou soit laide, ou sage,ou mal apprise, Régnier, Sat. vu. Allez, langue mau-dite, et des plus mal apprises, mol. Éc.desmar.i, 3. Et que l’audace est mal apprise De ceux qui....malh. vi, 4 7. || Dans un sens opposé, bien appris. Etfait.... Son compliment comme homme bien appris,la font. Orais. || Substantivement. C’est un mai ap-pris.
f APPRISE (a-pri-z’), s. f. Ancien terme de pa-lais. Une sommaire apprise était l’estimation d’unfonds, pour en connaître l’état et la valeur.
— HIST. xiii" s. Et li juge, de son office, doitapenre du cas qui li est denonciés; et s’il trueve lecas parl’aprise.... beaum. xxi, 47. Le [la] différencequi est entre aprise et enqueste est tele que enquesteporte fin de querele, et aprise n’en porte point, id.
XI, 46.
— ÉTYM . Appris, participe passé d’apprendre.
f APPRIVOISABLE (a-pri-voi-za-bl’), adj. QueTon peut apprivoiser.
APPRIVOISÉ,ÉE (a-pri-voi-zé, zée), part, passé.Rendu privé. Un animal apprivoisé. Ce tigre quejamais je n’abordai sans crainte, Soumis, appri-voisé, reconnaît un vainqueur, rac. Phèd. iv, 6.
f APPRIVOISEMENT (a-pri-voi-ze-man), s. m.Action par laquelle on apprivoise. L’apprivoisementdes bêtes les plus féroces s’est fait par l’industrie deshommes.
— étym. Apprivoiser.
APPRIVOISER (a-pri-voi-zé), v. a. || 1’ Rendreprivé. Apprivoiser un lion. Apprivoiser des oiseaux.Avec une lyre il apprivoisait les bêtes farouches, fén.Tél. viii. || 2° Fig. Si les tigres les plus sauvagesEnfin apprivoisent leurs rages, malh. v, 23. C’estun mérite que j’ai apprivoisé, sév. 308. Le tempssait apprivoiser la bienséance, hamilt. Gramm. 4 4.Que faire pour apprivoiser une impertinente vertu?id. ib. ». Et pour apprivoiser ce respect ennemi,Il faut qu’en dépit d’elle elle s’offre à demi,corn. Othon, iii, 4. Il s’éloigne et reprend sa mornerêverie ; Mais la chanson du pâtre assis dans la prai-rie Apprivoisa du moins sa farouche douleur, la-harpe, Épit. à M. le comte de Schowalofj. Il parle,il adoucit la superbe Carthage , De sa puissantereine apprivoise l’orgueil, delille, Én. i. Au lieud’apprivoiser ses mœurs, L’âge n’a fait qu’aigrir sesfarouches humeurs, id. Conversation, 2 . || Fami-lièrement, apprivoiser une femme, l’accoutumer
à entendre qu’on lui parle d’amour. Tout douce-ment il vous l’apprivoisa, la font. Ilerm. || 3" S’ap-privoiser, v. réfl. Devenir apprivoisé. L’ours s’appri-voise aisément. || 4" S’accoutumer, se familiariseravec. S’apprivoiser avec le danger. La raillerie a étéle premier métier des sages, qui par là se sont ap-privoisés avec le peuple, balz. liv. vi, lett. 5. Cequi nous paraissait terrible et singulier S’apprivoiseavec notre vue, Quand ce vient à la continue, lafont. Fab. iv, 40. Les grandes choses étonnent,et lespetites rebutent; mais nous nous apprivoisons avocles unes et les autres par l’habitude, labruy. 42.
— HIST. xiii" s. Les [bêtes d’] Evain assauvagis-soient,Etles [celles d’] Adam aprivoisoient, Ren. 09.C’est cil qui por aprivoisier Bat son chat et puisle rapele Por le lier à sa cordele, la Rose, 9770. Lileus garous le fil le roi Acolede ses quatre piés; Siestdeluiaprivoisés, guill.de palerme. || xiv's. Icellesbestes aprivoise l’en et attrait l’en par faire leursplaisirs, Slénagier, i, 6. ||xv" s. Ne le laissiez repo-ser ne dormir Ne nuit, ne jour, s’il ne me fait hom-maige, Aprivoisiez ce compaignon sauvaige, en.d’orl. 40. De ce faulx vilain aveugler, Dieu scet sij’en suis désireux; Nul ne le peut aprivoiser, id.Bal. 69. || xvi" s. J’envie ceulx qui sçavent s’appri-voiser au moindre de leur suitte, mont, iii, 278. Ilss’apprivoisent de luy obéir, la boëtie, 43. Nousap-pastons le cheval, dès lors qu’il est nay, pourl’appri-voiser à servir, id. 29. Qui ne s’apprivoisent jamaisde la subjection, id. 43.
— ÉTYM . À et un adjectif fictif privois, qui supposeun bas-latin privensis, dérivé de privus (voy. privé) ;provenç. aprivadar; Berry, appriver.
APPROBATEUR, TRICE (a-pro-ba-teur, tri-s’).|| 1° S. m. et f. Celui, celle qui approuve une chose.L’approbateur du médisant devient son complice,fléch. Serm. i. 333. Quelle surprise agréable pourles pécheurs de le trouver [le mauvais prêtre] non-seulement spectateur tranquille, mais approbateurpublic et complice par ses mœurs de leurs désor-dres. mass. Confêr. Bonexemple. Ceux qui sontbiendécidément réputés fauteurs ou approbateurs des me-nées de l’aristocratie.... Mirabeau, Collection, t. iv,p. 350. || 2" Adj. Geste, regard approbateur. ||3°S. m.S’est dit autrefois d’un censeur qui avait donné sonapprobation publique à un livre. Les approbateursde son livre furent tels et tels docteurs.
_HIST. xvi" s. L’acte de nostre chrestien mo-derne, que j’ay recité, n’eut par aventure pas moinsd’aprobateurs, lanoue, 345. En le faisant [Dieu ]tesmoin et approbateur [certificateur] de fausseté,calv. Inst. 290.
— étym. Approbator (voy. approuver).
APPROBATIF, IVE (a-pro-ba-tif, ti-v’), adj. Qui
exprime l’approbation. Signe approbatif. Sentenceapprobative.
— HIST. xv" s. Donnerons et ferons donner et faireà notre dit fils, le roi Henri, lettres-patentes appro-batoires et confirmatoires, monstrel. i, ch. 234.
— ÉTYM . Provenç. aprobatiu; espagn. aprobativo;de approbativus, de approbare (voy. approuver).
APPROBATION (a-pro-ba-sion; en poésie, decinq syllabes), s. f. || 1° Agrément, consentement.Donner son approbation à un projet. Avec votre ap-probation. La loi fut revêtue de l’approbation du sé-nat. || 2" Jugement ou témoignage favorable. Ce dis-cours eut l’approbation générale. Signes nombreuxd’approbation. Approbation bruyante. Ils recherchè-rent l’approbation des Égyptiens, boss. Hist. m, 3.L’approbation des hommes est quelque chose de forcé,et qui ne demande qu’à finir, fonten. Tournefort.L’injustice des hommes, toujours portés à ne don-ner leur approbation qu’aux succès, id. Chazelles.11 est vrai que j’ai l’avantage de ne me point faired’ennemis, et que tous mes ouvrages ont l’appro-bation des savants, mol. lmpr. 3. || 3° Autorisationdonnée par un censeur pour l’impression et la pu-blication d’un livre. Avec approbation et privilègedu roi. Imprimée sans approbation ni privilège, pasc.Prov. 2 . La Sorbonne n’a pas voulu donner son ap-probation à mon livre, boss. Rép. Exp. Il était natu-rel de penser qu’Albani, devenu pape, ferait au moinscontre les approbations données à Quesnel ce qu’onavait fait contre les approbations données à Sfon-drate, volt. Louis XIV, Jansénisme . || 4” En ter-mes de théologie, pouvoir qu’un évêque donne à unprêtre de prêcher et de confesser dans son diocèse.
— SYN. approbation, suffrage. Celui qui donneson approbation à un homme, à une action, à unlivre, fait quelque chose d’aussi favorable au fond,mais de moins éclatant dans la forme que celui quidonne son suffrage. L’approbation peut être tacite,le suffrage ost manifeste.