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CORÉE (bo-rée), s. m. Le vent du nord. Il est dustyle poétique.
— BIST, xiii* s. La boire ne laissa sa nef prendre,Hist. occid. des Croisades , t. n, p. 3<o. Devers laboire estoit le légat, ib. p. 337.
— ÉTYM . Bopéaç, qui, d’après Max. Müller {Lec-tures on the science of lenguage, 2* sér., p. S, n° 2),est proprement le vent des montagnes, de popoç, au-tre forme de ôpo;, montagne.
f BORGN’AT (bor-gna), s. m. Un des noms vul-gaires du roitelet.
BORGNE (bor-gn’) , adj. || 1° X qui il manque unœil, détruit ou devenu incapable de voir. Homme,femme, cheval borgne. Où toujours le héros passepour sans pareil, Et, fût-il louche ou borgne, estréputé soleil, boil. Ép. ix. || Fig. Changer son chevalborgne contre un aveugle, changer une positionmédiocre pour une pire. || Jaser comme un pie bor-gne, babiller, parler sans cesse. || 2” Fig. Chétif,sans apparence. La maréchale d’Humières se retiradans une maison borgne, au dehors des Carmélitesdu faubourg Saint-Jacques, st-sim. 23, 14. j| Uncabaret borgne, cabaret mal famé ou de mauvaiseapparence. || Un compte borgne, compte dont lesarticles ne sont pas clairs. || Un conte borgne, unconte ridicule, sans vraisemblance. || Chou borgne,chou privé de bourgeon terminal, ce qui l’empêchede pommer. || Téton borgne, téton qui n’a pas demamelon. Je m’aperçus qu’elle avait un téton bor-gne, J. J. rouss. Confess. 2* part. liv. vu, <743-1744.|| Terme militaire. Grenade borgne ou aveugle, cellequi s’allume en tombant. j| Fenêtre borgne se di-sait, dans l’ancienne jurisprudence, d’une fenêtrequi donnait du jour, sans donner aucune vue.|| Terme de marine. Ancre borgne, ancre quin’a qu’une patte ou qui est mouillée sans bouée.|| Terme de chirurgie. Fistule borgne, fistule quin’a qu’une ouverture au dehors sans en avoir dansl’intérieur. || 3° Substantivement, personne borgne.Un vilain borgne. || Nom vulgaire de l’orvet, reptilesaurien apode qui passe à tort pour venimeux.|| Nom vulgaire de la mésange charbonnière. || Pro-verbe. Au royaume des aveugles les borgnes sontrois, c’est-à-dire parmi les incapables les gens mé-diocres ne laissent pas de briller.
—BIST, xii* s. Si me disoient par reproche : bor-gne, borgne.... Liber psalm. p. 184. || xiu* s. Unhume borgne unt encontré, Qui le dextre oill avoitperdu, marie de France, Fable 71. || xiv* s. Mais cequi plus va mon mal empirant, C’est ce que bien àmon borgne œil parçoy, Qu’à court de roy chascunsy est poursoy, machault, p. 90. || xvi* s. Entre lescapitaines anciens, les plus belliqueux, et qui ontfait de plus grandes choses par astuce et ruze deguerre inventée de bon esprit, ont esté borgnescomme Philippus, Antigonus, Hannibal et Serto-rius, amyot , Sertnr. i. Une borgne aime un garçonqui en rien De bonne grâce et de beauté ne cede,Tant il est beau, au troyen Ganimède, baif dansménage. Borgne est roy entre aveugles, H. est.Prêcell. < 80 .
— ÉTYM. Bourguig. banc; wallon , baigne; catal.borni; ital. bornio; limousin, borli. Diez remarqueque le sens propre de ce mot est celui de louche,comme on le voit dans le génevois bornicle, celuiqui est louche, dans le Jura boumicler, loucher;ce qui le rapproche de l’espagnol bomear, courber,tordre. L’origine est inconnue; il se pourrait qu’ellefût celtique; du moins il y a en bas-breton born,borgne; mais ce mot, ne se trouvant pas dans les au-tres langues celtiques, est suspect d’avoir été em-prunté au français , au lieu de lui avoir donné nais-sance.
BORGNESSE (bor-gnè-s’), s. f. Femme ou filleborgne. || Adjectivement. J’ai encore vu Mme deBeauvais vieille, chassieuse etborgnesse, à la toi-lette de la Dauphine de Bavière, st-sim. <4, <59.|| Mot qu’il faut éviter, excepté quand on parle pourdénigrer ou pour se moquer. Une méchante bor-gnesse.
f BORGNIAT (bor-gnia), s. m. Un des noms vul-gaires de la bécassine.
f BORIN (bo-rin), s. n». Nom, dans le départe-ment du Nord et en Belgique , des ouvriers qui ti-rent le charbon des houillères
f BORINAGE (bo-ri-na-j’), s. m. L’ensemble desouvriers qui travaillent dans les houillères, et aussil’ensemble du travail des houillères.
BORIQUE (bo-ri-k’), adj. Terme de chimie. Acideborique. Acide formé d’oxygène et de bore.
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BORNAGE (bor-na-j’), s. m. Il 1° Terme de juris-prudence. Action de planter des bornes pour mar-quer les limites d’une propriété rurale . || 2° Terme demarine. Navigation faite par une embarcation jau-geant 25 tonneaux au plus avec faculté de certainesescales.
— BIST, xiii* s. Li baillis n’a pas pooir de ferabonnage ne de vendre l’eritage son segneur etl’au-trui, BEAUM. 31.
— ÉTYM . Borner; Berry, bounage.
BORNE (bor-n’), s. f. || 1” Tout ce qui sert à sé-parer deux champs l’un de l’autre. Le grand législa-teur des Juifs maudit celui qui change les bornes del’héritage de son prochain, fén. xxii, p. 357. Prèsde la borne où chaque État commence, Aucun épin’est pur de sang humain, bérang. Sainte alliancedes peuples. Astracan est la borne de l’Asie et del’Europe et peut faire le commerce de l’une et del’autre, volt. Bussie, i, <- |j Colonne qui marquaitle bout de la carrière dans les cirques anciens. || Bornemilliaire, borne qui servait à indiquer, sur les che-mins romains, chaque distance de raille pas. Parextension, sur nos routes, les bornes qui mar-quent les distances en kilomètres ou même en moinsde mètres. || Au plur. Tout ce qui sépare un État d’unautre. Fixer les bornes d’un empire. Potr étendreles bornes de son royaume, fén. Tél.x. iv. || 2* Ex-trémité, fin de l’étendue, de la durée. Régionsqui n’auraient pas de bornes. Les bornes de la vie.Le ciel qui est sans bornes. Une durée qui n’avaitpoint de bornes. Empire qui n’aura point d’autresbornes que celles du monde, boss. Hist. n, 4. Quandla gloire t’appelle aux bornes de l’Asie .... volt. If.de César, i, <. || 3" Fig. Il donnait la satiété pourborne à ses désirs. Quelles doivent être les bornes del’affection? Les bornes que je me suis fixées à moi-même. Lorsque les passions ont passé toute borne.Douleur sans borne. La nature elle-même y mettrades bornes. Enfermer quelque chose dans des bor-nes étroites. Rester dans de justes bornes. 11 a peineà ne point passer les bornes du devoir. Encore faut-il donner des bornes à cette lettre, sév. 377. Jésus-Christ n’a pas donné d’autres bornes à sa durée, boss.Hist. H, <3. Donner des bornes à ses conquêtes, id.ib. iii, «. Les succès de ce prince avaient leurs bor-nes marquées, id. ib. n, 5. Vous sortez des bornesétroites de votre âge, id. ib. Préf. Ce n’est pas àmon âge, aux bornes de la vie.... volt. Fanat. i,<.Il fait demeurer la malice Aux bornes de quelquedevoir, malh. ii, 3. Ce grand esprit à qui Dieu n’apoint donné de bornes, balz. Liv. i, lett. 2 . Lesmers mettront des bornes à nos fureurs, sév. 423.Son orgueil s’éleva au delà de toutes bornes, boss.Hist. m, 4. Passer les bornes de la soumission,id. m, Vét. I.' Le peuple était retenu dans certainesbornes par les périls, id. Hist. m, 7. Franchir lesbornes de toute pudeur, pasc. Prov. <5. Leur cupi-dité qui ne souffre point de bornes, id. Prov. < 2 .Son esprit a des bornes et sa vertu en a aussi, fén.Tél. xii. Qui donnera des bornes à ce torrent? id.ib. xxii. De l’austère pudeur les bornes sont passées,rac. Phèd. m, 3. Quiconque a pu franchir les borneslégitimes, iD.tb. iv, 2. Sa douleur a été au delà desbornes, sév. 4< 5. Ils ne donnent aucunes bornes àleurs attentats, boss. Hist. n, 7. C’est les bornesqu’il faut garder, pasc. Prov. e. J’ai dit quelquechose de la licence où se jettent les esprits quandon ébranle les fondements de la religion et qu’onremue les bornes une fois posées, boss. Reine d’An-glet. Cette grandeur sans borne et cet illustre rang,corn. Cinna, II, I. Vous n’avez point de borne, etvotre affection Passe votre promesse et mon ambi-tion, id. Nicom. iv, 5. Mets enfin quelque borne aumal qui me possède, id. Cid, i, 2 . L’ambition s’estjouée, sans aucune borne, de la vie des hommes,boss. Hist. il, <• Je saurai mettre une home à tesdéréglementa, mol. Fest. iv, 6. Dans ses prétentionsune femme est sans borne, boil. Sat. x. Son orgueilest sans borne ainsi que sa richesse, rac. Esth. n, 9.Ne donne point de borne à ma reconnaissance, id.ib. il, 5. Et leurs opinions [des anabaptistes] mê-lées au calvinisme ont fait naître les indépendants,qui n’ont point eu de bornes, boss. Reine d’An-glet. || Sortir des bornes, faire ce qu’il ne con-vient pas de faire. Ah! le mauvais garnement! Sansrespect il sort des bornes, bérang. M. d’école.|| 4° Pierres plantées près des murs, à l’encoignuredes édifices, à côté des portes, pour les préserverdu choc des voitures; ainsi nommées pour leur res-semblance avec les bornes des chemins, et appeléesjadis boute-roue. || Fig. Il est là planté comme uneborne, il ne bouge non plus qu’une borne, il restedebout sans remuer. || Borne-fontaine, petite fon-
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taine en forme de borne. || 5“ Carreau de vitre enforme de losange.
— HIST. xii* s. La ù lesbodnesfurent mises, Chron.des D. de Norm. 8431. || xiii* s. Et quant les bones [àla terre] imetoient, Mainte fois s’entrecombatoient,Et se tolurent ce qu’il porent; Li plus fort les grei-gnors pars orent, la Rose, 9637. Envie fet hommetuer, Et si fet bonnes remuer, Envie fet rooingnetterre, Envie met ou siecle guerre, ruteb. u, 36.|| xvi* s. Je y ay esté jusques on trou de Gilbathar,et remply les bondes de Hercules, et ay abattu desplus meures, rab. Pont, n, 30. La borne, qui laveult garder, est un bien qui bride la puissance; etqui ne la veult garder, est une preuve et tesmoi-gnage qui argue l’injustice, amyot, Huma, 28. Lanature a mis une borne aux richesses, id. Commentlire les poët. 57.
— ÉTYM . Bourguig. boone; Berry, hune, bone;bas-lat. bôdina, bôdena, avecl’accent sur ho,commel’indique l’ancien français bodne; angl. bound. Ontrouve dans le celtique bun, fond, bas; kymri , bon,base; mais les anciennes formes bodina , bodne, nepermettent pas de recevoir cette étymologie; et ilfaut recourir, comme Diez, au radical bod, quisubsiste dans le provençal box-ola, borne, contractéen bola. boula; bas-latin, bodula; ce radical bod est,d’après Diez, le même que celui de boudin, bouder.La forme régulière est bodne, prononcé et écritbone ou bonne; bonde est le même avec le déplace-ment du d; dorneest due à l’intercalation acciden-telle d’une r, comme dans hurler pour huiler, in-tercalation qui n’était pas rare dansl’anciennelangueet dont il reste quelques traces dans la moderne.La home serait la chose renflée.
BORNÉ, ÉE (bor-né, née), part, passé et adj.|| 1” Qui a reçu des bornes. La France bornée aumidi par les Pyrénées . || 2* Restreint, resserré, aupropre et au figuré. Borné par le temps. Borné parmon sujet. Borné dans sa durée. Vue bornée parun bois. L’instruction très-bornée des paysans. Ap-pellerai-je homme d’esprit celui qui, borné ou ren-fermé dans quelque art ou même dans une certainescience.... la brut. <2. Et nous vous ferons voirtous nos désirs bornés X vous donner en nous dessujets couronnés, corn. Rodog. iv, 3. Les dieux mesont témoins qu’à vous plaire bornée Mon âme àtout son sort s’était abandonnée, rac. Mithr. iii, 5.[Il n’eût].... vu sa faute bornée D’une [terminée parune] chute infortunée, malh. ii, 2. Raison sur la-quelle on peut conclure que les êtres bornés et par-ticuliers ne peuvent jamais être conséquents del’existence de la substance infinie, boullainvilliers,Rèfut. de Spinosa, p. 6<. || 3” Peu considérable.La nature nous a donné des besoins bornés. Unefortune bornée. || 4 ” Petit, restreint, en parlantde l’intelligence, de la capacité. Intelligence bor-née. Homme d’un esprit borné. Ses lumières sontfort petites et son esprit le plus borné du monde,mol. Pourc. m, 4. Le cardinal Fleury, haïssant toutsystème parce que son esprit était heureusementborné, volt. Louis IV , 3. || Sans capacité, sansintelligence, en parlant des personnes. C’est unhomme borné. Que cet enfant est borné ! Claude,quelque borné qu’on le suppose, dider. Essai surClaude. La plupart des législateurs ont été des hom-mes bornés que le hasard a mis à la tête des autres,et qui n’ont consulté que leurs préjugés et leursfantaisies, MONTESQ.LeIt.pers. <29.
BORNER (bor-né), v. a. || 1*Séparer deux chosespar des bornes. Borner un champ. || Terme de jar-dinage. Rapprocher la terre avec le plantoir autourdes racines d’un jeune plant qu’on repique. || 2“ Fixerles limites, limiter. Le Rhin bornait l’empire ro-main. Le ciel que rien ne borne. Ma propriété estbornée par un cours d’eau, ou, dans le même sens, jesuis borné par un cours d’eau. Ce bois, devenu grand,bornera votre vue. Quoi! jeverrai, seigneur, qu’onborne vos États.... corn. Nie. il, 3. Je sais qu’il[ton État] doit s’accroître, et que tes grands destinsNe le borneront pas chez les peuples latins, id. ib.I, <• L’Euphrate bornera son empire et le vôtre,rac. Bérén. m, I. || 3° Fig. Restreindre, circon-scrire. Nous avons borné l’enseignement aux pre-mières règles du calcul. Borner son discours. Êtreborné par le temps. Ici, dans un vallon bornant tousmes désirs, J’achète à peu de frais de solides plai-sirs, boil. Ép. vi. Si vous m’aimez, seigneur, nosmers et nos montagnes Doivent borner vos vœuxainsi que nos Espagnes , corn. Sertor. iv, 2 . Etc’est à vous, seigneur, de borner les rigueurs Oùcontre les vaincus s’emportent les vainqueurs, id.Othon, v, 4. Ne borne pas ta gloire à venger un af-front, ID. Cid, iii, 6. Si votre amour trop prompt