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Tome premier. A - C.
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le moyen âge, des doctrines religieuses semblablesrégnaient parmi les Bulgares et les Albigeois ; de làle nom de bougres donné à ces hérétiques. En de-hors du langage de l’histoire, bougre est resté dansle plus bas langage, comme une injure et un ju-rement.

f BOUGRERIE (bou-gre-rie), s. f. || 1* Hérésiedes bougres. || 2° Débauche contre nature. || Bougre-rie n’est plus usité en dehors du langage de l’histoire.

— hist. xiii* s. Quant l’en ara soupcenos un homede bogrerie, li juges ordenaires deit requerra le reiou sa jostice, qu’il le prengne, Livre de just. 12 .

— êtym. Bougre.

f BOÜGÜIÈRE (bou-ghiê-r’), s. f. Terme de pê-che. Filet très-délié.

f BOUHAUREAU (bou-ô-rô), s. m. Ancien nomdu canard.

— ÉTYM . Norm. bourau, canard; picard, bour;bas-lat. boureta (du xiv* siècle).

f BOUILLAISON (bou-llè-zon, II mouillées), s. f.Fermentation du cidre.

— ETYM . Bouillir.

BOUILLANT, ANTE (bou-llan, Uan-t’, Il mouil-lées, et non bou-yan), adj. Qui bout. Eau bouillante.Poix bouillante. Le moût surtout, lorsque le bonSilène, Bouillant encor, le puise à tasse pleine, lafont. Quinquina, II. || Fig.Vif, ardent. Homme bouil-lant, qui a le sang bouillant, d’un caractère bouil-lant. Bouillante colère. Bouillant de colère. Et déjàtout bouillant de vin et de colère, boil. Sat. in. Etj’en ai vu l’effet si bouillant et si prompt, rotr. Ven-cul. m, 2. S’il est prompt et bouillant, le roi nel’est pas moins, corn. Nicom. v, 5. On l’a pris toutbouillant encor de sa querelle, in. Cid, u, 7. Unbouillant mouvement, id. Cinna, i, 4. Un souve-rain né avec une valeur bouillante, mass. Gloire.Le consul bouillant de jeunesse arracha quelques-unes de ses enseignes, et les jeta au milieu des ba-taillons ennemis, le p. catrou dans drsfontaines.|| En termes de cuisine, pâtés bouillants, se disaitdes petits pâtés, ou pâtés de hachis de volaille.

— HIST. xn* s. Ja soit ce ke il soit boilhanz delceleste deseir, Job, 469. || xiii* s. Et quant il estchaus et boillanz Et talentiz et desiranz, Adonc [ladame] si le doit chastoier Et doctriner et ensei-gnier Au point que el le vuet avoir, Lai du conseil.Hé Diex ! que feras-tu de cest chétif dolent, De quil’ame en ira en enfer le boillant, Et li maufez l’i-ront à leur piez défoulant, ruteb. ii, 93. || xv* s. Lecomte de Sallebery, qui estoit un moult bouillanthomme et de grand prudence, froiss. m, m, 30.|| xvi* s. La jeunesse liouillante s’eschauffe si avant....mont, i, 92. Ces vers ont je ne sçay quoy de plusvif et de plus bouillant, id. i, 222 . Il les fit descen-dre en terre encore tous bouillans de l’ardeur de lapremière bataille, amyot, Cimon , 2 t.

t. BOUILLE (bou-11, Il mouillées), s. f. Longueperche, qui a pour tête un petit bloc de bois, et quisert à battre l’eau pour la pêche.

— hist. xiv* s. Icelle femme feri ledit Godartd’unbastonappelléboullette, sur la teste, du Cange,bola. || xv* s. Un baston appellé boule ou massue,m. ib.

— ÉTYM. Boule. Dans la Nièvre , on (lit boule aulieu de bouille. Boule dans l’ancien français a signi-fié bâton terminé par un bloc, ce qu’est la bouille.Boule venant de butta, bouille en est une dériva-tion 0 h les deux U ont été conservées.

t S- BOUILLE (bou-U’, Il mouillées), s. f. Termed'administration ancienne. Marque que les commismettaient à chaque pièce d’étoffe déclarée au bureaudes fermes.

— ÊTYM . Bouille est une forme correctement dé-rivée de butta (voy. bulle) , ainsi dite parce que lesbullæ, petites balles de plomb, servaient de marqueofficielle, de sceau.

t BOUILLE-ABAISSE (bou-lla-bê-s’, Il mouillées),». f. Terme de cuisine. Mets préparé en cuisant dupoisson dans un peu d’eau douce, à laquelle on ajoutédes oignons, de l’huile, du safran, etc. On sertiebouillon à part et le poisson sur des tranches depain. Une bonne boni Ue-abaisse. Préparer la bouille-abaisse, legoarant. On trouve aussi ce mot écrit :bouille-à-baisse. || Au ptur. Des bouille-abaisse.

— Êtym. Expression provençale qui veut direbouillon abaissé, réduit par l’évaporation.

t BOUILLEAU (bou-llé. Il mouillées), s. m. Seaudans lequel on mettait la soupe des forçats.

— ÊTYM . Bouillir.

1 . BOUILLER (bou-llé, Il mouillées), v. a. Trou-bler l’eau avec une bouille.

— hist. xv* s. Lesdiz compagnons bouloient auxboules..., et ainsi qu’ilz bouloient, Regnaudin du

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Prayel se seoit joignant desdites bomloueres etavoitses piez en icelles, du cange, bola.

— êtym. Bouille 4 . Dans le patois de 1a Nièvre ondit bouler.

2, BOUILLER (bou-llé, Il mouillées), v.a. Bouil-ler une étoffe, y mettre la marque que devait por-ter chaque étoffe déclarée au bureau des fermes.

— êtym. Bouille 2 .

f BOUILLERIE (bou-lle-rie, Il mouillées),*, fDistillerie d’eau-de-vie.

— Etym . Bouillir.

1 4. BOUILLEUR (bou-lleur, Il mouillées, etnonbou-yeur), *. m. || 1" Industriel qui convertit le vinen eau-de-vie, et aussi l’ouvrier employé à cetteopération. || 2° Chaudière d’une machine à vapeur.

— ÊTYM . Bouillir.

f 2 . BOUILLEUR (bou-lleur, Il mouillées), *. m.Celui qui trouble l’eau avec une bouille.

— ÉTYM . Bouiller 4.

4. BOUILLI, IE (bou-lli, ie, Il mouillées, et nonbou-yi), part, passé. Bœuf bouilli. Viande bouillie.|| Cuir bouilli, cuir de vache endurci à force debouillir. || Visage de cuir bouilli, homme qui a leteint noir, la peau épaisse et rude.

2 . BOUILLI (bou-lli, Il mouillées, et non bou-yi),i.m. Viande qui, cuite dans l’eau, a servi à fairele bouillon. C’est le plus souvent du bœuf, de sorteque, quand on dit du bouilli sans avoir désigné au-paravant la viande dont il s’agit, on entend tou-jours du bœuf bouilli. Nous avons mangé du potageet du bouilli tout chaud, sév. * 25 . Cet homme [l’é-vêque de Châlons ] se contentait de son bouilli avecdeux petites et grossières entrées, st-sim. 78, 1 5.

— hist. xiv* s. Quint mets : un boulli lardé, risengoulé, anguilles renversées, Ménagier , 11 , 4.|| xv* s. Et devant estre serviz honestement de rostet boest et leur sauxe appartenante avecques eulx,Bibl. des chartes, 4* série, t.iv,p. 373. || xvi*s. Maisceluy là qui jamais n’est content Que son rosty oubouilly le soit tant, amyot, Comment refrén. la co-lère, 3t. Bouillyourosty;beurreouhuyle, tout m’estun. MONT. IV, 123.

— ÊTYM . Bouillir.

BOUILLIE (bou-llie, il mouillées, et uon bou-yie),

s. f. || 1* Aliment fait de lait ou d’un autre liquide etde farine bouillis. Si l’on veut absolument faire dela bouillie, J. t. rouss. Ém. 1 .1| Cela s’en va enbouillie; cela a perdu sa consistance pour avoir tropbouilli. Elle y fut en bouillie en un moment, sév.282 . || Fig. C’est une âme de bouillie, sév. 44 . || Dela bouillie pour les chats, de la besogne perdue; dela peine sans profit. || 2* Pâte formée avec les chif-fons bouillis, pour faire le papier et le carton.

— HIST. xiii* s. Je di que boine boulie Et viandede maisnie Vaut mieus.... Bibl. deschartes, 4* série,

t. v, p. 348. Nous savons bien que li quens Benausa brasset ceste boulie, pour le descort douconte deSaint-Pol, Chron. de llains, 446. Ceste l’aletade sonlait, N’ot autre boulie à li pestre, laBose, toi83.[| xrv* s. Là junerent deux jours, mengant pain etboulie, N’i a chel à pité qui ne pleurt ne larmie,Baud. de Seb. xi, 778. || xvi* b. Il ne vous faut plusdonner de bouillie, vous estes tout dru, ocdin, Cu-rios. fr.

— ÉTYM . Bouillir.

BOUILLIR (bou-llir, H mouillées, etnonbou-yir),je bous, tu bous, il bout, nous bouillons, vousbouil-lez, ils bouillent; je bouillais; je bouillis; je bouil-lirai; je bouillirais; bous, bouillons, bouillez; queje bouille, que nous bouillions; que je bouillisse,que nous bouillissions; bouillant; bouilli, bouillie,v. n. || i* Produire des bulles qui crèvent au fur età mesure, en parlant d’un liquide soumis à la cha-leur ou à la fermentation. Le café bout. Le vin boutdans la cuve. L’eau bout dans le vide. || On dit, enprenant le contenant pour le contenu, le pot bout.|| Par extension. Dès qu’un certain acide en notrecorps domine, Tout fermente, tout bout, les es-prits, les liqueurs, la font. Quinquina, n. || Êtrebrûlant. Ia tête me bout. || 2° Se cuire en bouillant.Quand les olives auront assez bouilli. La viandebouillait lentement. || Fig. el familièrement. N’êtrebon ni à rôtir ni à bouillir, n’être propre à rien.

|| Bouillir du lait à quelqu’un, lui être agréable enparole ou en action. Cette locution est le seul casoù bouillir soit employé activement. Colbert mort,et Pelletier contrôleur général de la façon de M. deLouvois, le roi lui donna ordre de chasser Desma-rets et de lui faire une honte publique : c’étaitbouillir du lait à une créature de Louvois, st-sim.77, 256. || 3” Faire bouillir. Faire bouillir des mar-rons dans de l’eau. En faisant bouillir de la viande.On dit, dans le même sens, mettre bouillir. || Au

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fig. Cela me fait bouillir le sang dans les veines,cela me cause une vive impatience. Les esprits oùil n’y a point de remède font bouillir le sang, sév.42. [I Familièrement. Cela fait bouillir la marmiteou le pot, cela procure les moyens de vivre. || Fairebouillir, ancien supplice qui consistait à faire périrle condamné dans une chaudière bouillante. J’ai vubouillir leurs corps dans la poix et les flammes,rotr .St Genest, m, 2. || 4* Fig. Bouillir de colère,surtout d’impatience. Je bouillais. Jeune homme àqui le sang bout. Ceux à qui la chaleur ne bout plusdans les veines, malh. ii, t 2 . Lorsqu’aux veines desGrecs le sang bouillait encore, rotr. Antig. 1 , 6. Dufrôle arbuste où bout la noble sève, La moindrefleur parfume au loin les airs, bérang. Damoclès.

— hist. xi* s. Dessouz le front lui buillit [bout]la cervelle, Ch: de Roi. clxiv. || xiii* s. Mais es noe-ces ot joie molt; Toute li cours fremist et bout [s’a-gite] ; Toute nuit dansent etcarolent, Roi Guillaume,p. 9t , dans du cange, Gloss, français , au motboudre. Adont fist Salehedin prendre or et argent,et le fist fundre en une pouele de fier, puis li fistavaler en la gorge tout boullant, et maintenant liconvint morir, Chron.de Raine, 4 4 2 . Renart mistl’iave sor le feu, Et la fist trestote boillant, Ren.1094. Tant burent à leur volenté Qu’à Primaut lecervel bolut, id. 34 64. Ou sera bouillis en chau-dières, Ou rostis devant et derrières, la Rose,4 9476. Qui porroit paradis avoir Ap^ès la mort porson avoir, Bon ferait enbler et tolir; Mes il les co-vendra boillir Ou puisd’enfer sans jà reembre [sansrançon], ruteb. 4 89. || xiv* s. Que depuis icelluiMesnagier ait esté pris par nostre bailli de Consten-tin, et par icellui pour ladite cause [de fausse mon-noie] sa confession oye, condempnéà mort et à es-tre bouli.... Et quant ledit Mesnagier fu mis en lachaudière, du cange, bullire. Cuers démentir, cer-veles boudre, guiart, t. 1, p. 4 40. ||xvi* s. En eaubouillant, marot, iv, 24. Et puis on va, pour lafaire bouillir, L’herbe nouvelle à la lune cueillir,dubell. iv, 21 , recto. L’herbe nouvelle on faucheau cler serein, Pour la bouillir dedans vaisseauxd’airein, id. iv, 74, recto. Le moust bouillant dansun vaisseau pousse à mont tout.... mont. 11, 42. Sielles en prennent un à qui la vigueur de l’aage boultencores, id. m, 327. Ils faisoient bouillir de vieuxsouliers et de vieilles burettes à huyle pour en ti-rer quelque saveur, amyot, Sylla, 30. L’enfant ostale couvercle de la chaudière où estoit l’eau toutebouillante, et saultant dedans s’y boulut etestouffa,id. Dérnélr. 30. Il faut bouillir la dite gerbe en eauet miel, paré, v, 29. En lieu de vin, il usoit d’eaubouillie et souvent toute pure, id. v, 30. Prenez ra-cines de tintimal, boullues en vin, id. xv, 26. Lors-que l’eau bouil, 0. de serres, 846. Vous les ferésbuillir une onde dans l’eau claire, id. 847. Vous lesbouillirés un peu en l’eau claire, id. 848. Si le cour-roux bout encor en son cueur, rons. 608.

— ÉTYM . Picard, boulir, bolir; wall. hoir ; pro-venç. bulbir, bolhir, buillir; catal. bullir ; ital.bullire; du latin bullire, de butta (voy. bulle). Lewallon boûr suppose un changement de conjugai-son, bullire au lieu de bullire, avec l’accent toni-que sur bul au lieu de l’accent sur li; cette formese trouve aussi dans l’ancien français , mais elle ap-partient à Guiart qui était flamand; de sorte quecette conjugaison serait du nord de la France . Laconjugaison est régulière au présent; car le latinbullio, bullis, bullit, ayant, l’accent tonique sur lapremière syllabe, n’a pu donner jadis que :je bous,tu bous, il bout.

f BOUILL1TOIRE (bou-lli-toi-r’, Il mouillées),s. m. ou f. Opération qui consiste à faire bouillir lesflans du monnayeur dans un liquide pour les dé-crasser.

f BOUILLOIR (bou-lloir, Il mouillées), s. m.Terme de monnayage. Vaisseau de cuivre dans le-quel on fait bouillir les métaux pour les décrasser.

BOUILLOIRE (bou-lloi-r’, Il mouillées, et nonbou-yoi-r’), *. f. Vaisseau de métal destiné à fairebouillir de l’eau, et particulièrement vase en formede cafetière qu’on met devant le feu.

— ÊTYM . Bouillir.

BOUILLON (bou-llon, Il mouillées, et non bou-yon), s. m. || 1“ Bulle qui se forme au fond ou dansl’intérieur, et qui vient crever à la surface d’un li-quide qui bout. Jeter un bouillon. L’eau qui avaitbouilli à petits bouillons, à gros bouillons. Il n’yfaut qu’un ou deux bouillons. || 2° Petites vaguesque forme un liquide qui s’échappe et qui tombe. Unruisseau qui tombait à gros bouillons, fén. Til. 1.Cependant sur le dos de la plaine liquide S’élève àgros bouillons une montagne humide, rag. Bhèd.