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v, 6. Mes yeux ont vu son sang Couler à. gros bouil-lons de son généreux flanc, corn. Cid, u, 9. Sonsang [de Charles IX ] à gros bouillons de son corpsélancé, Vengeait le sang français par ses ordresversé, volt. Henr. in. || Bouillon d’eau, sorte de jetd’eau. || 3° Fig. Les bouillons de la colère. Dans lespremiers bouillons de l’impatience. Et il ne fautqu’un commencement de passion, qu’un faiblebouillon de colère, balzac, 4* Dise, sur la cour.C’est pourquoi déguisant les bouillons de mon âme,Régnier, Sat. xrn. Toi [Chiron] qui connais tant deremèdes, n’en as-tu point quelqu’un pour guérircette fougue, ce bouillon de sang, plus dangereuxqu’une fièvre ardente? fën. xix, 23 ). Modère cesbouillons de ta mélancolie, boil. Sat. vu. Le jeunehomme, inquiet, ardent, plein de courage, Xpeine se sentit des bouillons d’un ■ tel âge, Qu’ilsoupira pour ce plaisir [la chasse], la font. Fab.viii, )6. Aux premiers mots proférés dans cetétrange débat, j’ai ressenti les bouillons du patrio-tisme, jusqu’au plus violent emportement, Mira-beau, Collection, t. iv, p. 235. || 4* Aliment liquideque l’on prépare en faisant bouillir, dans de l’eau,des substances animales, et le plus ordinairementde la chair de bœuf, ou quelquefois seulement deslégumes et des herbes. Du bouillon de veau. Un bouil-lon ae tortue. Un bouillon aux herbes. Une tasse debouillon. L’une chauffe un bouillon, boil. Sat. x. Nosblessés manquent de bouillons, de linge et de médica-ments, fén. xxii, 602. Les filles-Dieu portent et re-portent çà et ià les bouillons, la charpie, chateaub.Génie, rv,m, «.Une soupe à bouillon perlé [bon bouil-lon, blanchi par du lait d’amandes], mol. Bourg,gentil, iv, ). || Bouillon coupé, bouillon affaibli parun mélange d’eau. || Être au bouillon, ne prendreaucune nourriture solide. Elle prend des bouillons,sév. )48. || Bouillons médicinaux, bouillons prépa-rés pour un but thérapeutique, et dans lesquels onfait entrer des substances médicamenteuses. || Fig. etfamilièrement. Boire un bouillon, faire une perteconsidérable, par suite d’une fausse spéculation.|| Bouillon d’onze heures, ou, simplement, bouil-lon, breuvage empoisonné. || Par plaisanterie, bouil-lon pointu, lavement. || B* Plis bouffants qu’on fait àcertains vêtements. || 6" Bulle d’air dans le verre,dans les métaux fondus. || 7* Dans les salines, l’éva-poration de l’eau salée par l’action du feu. || Dansla teinturerie, dégraissage des laines avant de lesteindre. || Dans la passementerie, petit fil d’or oud'argent tourné en rond. || Terme d’agriculture. Eaude fumier. || Terme de vétérinaire. Excroissance dechair qui se développe dans les plaies des chevaux.
— SYN. BOUILLON, BOUILLONNEMENT. Le bouillonest la bulle même qui se forme dans l’intérieur etvient crever à la surface du liquide qui bout ou duliquide qui s’échappe ou qui tombe. Le bouillonne-ment est l’acte qui produit les bulles, les bouillons;c’est le mouvement de l’eau qui bouillonne. La forma-tion des mots indique les nuances : de bouillon onfait bouillonner, verbe qui exprime l’action de fairedes bouillons ; et bouillonnement est cette actionmême, tandis que bouillon, primitif de ces deuxmots, exprime simplement l’état de l’eau qui bout.L’eau qui bout a des bouillons; l’eau qui bouillonnefait des bouillons, a le bouillonnement.
— HIST. xiii* s. Se li bollon n’aloit à droit, X lachair qui cuit mescherroit, li Romans des Franeeis.N’en preïst or ne miel ne sucre; Ains eslut ilec sonsepucre Entre les sulphureus boillons, la Rose,47253. || xiv* s. C’est un chemin moult destravé,Plein de boulions [bourbiers], tout encavé, bruyantdans Ménagier , t. n, p. 4 8. Faictes boulir un bouil-lon, puis dreciez par escuelles, Ménagier , n, 6.Pource que l’exposant, poure valet saunier faiseurde sel, lui avoit recous [préservé] deux boulions desel, nu cange, bullio. Un hanap de madré à boel-lon d’argent [ciselure], id. bolinus. || xv* s. Boil-lons d’argent de ma salade [casque], id. ib. Icellesfemmes prindrent le corps du dit Vallé et le portè-rent en un boullon ou bourbier, id. bullio. Cestuysage Charles roy, quint du nom, fu coroné nonob-stant le bullon de si mene aage, christ, db pisan,Charles V , i, ch. s. Dont la venue du daulphinvers ce duc fut matière du plus aygre et du pluspérilleux bouillon qui oncques s’y trouva, o. chas-tel. Cnron. des ducs ds Bourg. )•• Proesme. Itemet à mon plus que pere, Qui m’a mys hors de mainthoillon Et de cestuy pas ae s’esjoye ; Si lui requiersà genoillon Qu’il m’en laisse toute la joye, villon .Gr. Test. || xvi* s. Dedans une verte vallée, sour-dent par cy par là des bouillons de feu qui fluentcontinuellement, amyot, Sylla, 56. Puis sera gardéle bouillon : duquel le patient en prendra..., le fai-
sant bouillir un bouillon avant chasque prise, paré,xv, 38. Bouillon gras, eau de chair, id. xxiv, 22 .Ne souffre de mon sang le bouillon refroidir, Et
tousjoursdetesyeuxaiguillonnemoyl’ame,RONS.256.
BOUILLON-BLANC (bou-llon-blan, H mouillées),s. m. PlaDte bisannuelle très-commune (verbascumthapsus, L.), dont les fleurs sont employées commepectorales et béchiques, et les feuilles comme émol-lientes. || Au plur. Des bouillons-blancs.
— HIST. xvi* s. Vinaigre dedans lequel on aurafait bouillir tormentille, genest ou bouillon-blanc,paré, ix, 23. Bouillon-blanc : de plusieurs sortes debouillon y-a-il, qu’on esleve par graine, la semantau printemps, o. de serres, <08.
BOUILLONNANT, ANTE (bou-llo-nan, nan-t’, Ilmouillées, et non bou-yo-nan), adj. Qui bouillonne.Une liqueur bouillonnante. Charybde bouillonnante.
BOUILLONNÉ, ÉE (bou-llo-né, née, Il mouil-lées), part, passé. Garni de bouillons. Une étoffebouillonnée.
BOUILLONNEMENT (bou-llo-ne-man, Il mouil-lées, et non bou-yo-ne-man), t. m. || 1* État d’agi-tation d’un liquide qui bouillonne. || 2* Fig. J’auraistiré de ce méchant une vengeance soudaine, mais,songeant que j’exposais Lopez, j’apaisai le bouillon-nement de mon cœur, chateaub. Match, v, 228.
— HIST. xvi* s. Ce qui cause le bouillonnementet les petites bubes qu’on voiteslever en l’eau, paré,Licorne, 4 5.
BOUILLONNER (bou-llo-né, Il mouillées, et nonbou-yo-né), t). B. || 1* Former des bouillons, enparlant d’un liquide. Cette source bouillonne. Et lesang qui bouillonne Forme un si gros torrent quelui-même il s’étonne, corn. Attila, v, «. Que l’ai-rain écume et bouillonne, Que mille dards en soientformés, Que sous nos marteaux enflammés Xgrandbruit l’enclume résonne, i. b. rouss. Cantate 6.|| 2° Fig. Bouillonner d’ardeur, de colère. Tel So-phocle à cent ans charmait encore Athènes ; Tel bouil-lonnait encor son vieux sang dans ses veines, Di-saient-ils à l’envi, lorsqu’Œdipe aux abois De sesjuges pour lui gagna toutes les voix, corn. Au roisur Cinna, Pompée , etc. Un sang nouveau bouil-lonne dans mes veines, delav. Paria, v, 3 . Vois déjàbriller dans mes regards Tout le feu dont mon sangbouillonne, bérang. Bacchante. || Il se conjugueavec l’auxiliaire avoir. || 3° F. a. Faire des bouillonsà une étoffe. Bouillonner une robe, une collerette.
— HIST. xvi* s. Une façon de parler bouffie etbouillonnée de poinctes, mont, i, 383. La vraye li-corne, estant mise en l’eau, se prend à bouillon-ner, faisant esluter petites bulles d’eau commeperles, paré, Licorne, 45. Comme les eaux bouillon-nent d’une grosse source et ample, calv. Instit. 23.
BOUILLOTTE (bou-llo-t’, Il mouillées, et nonbou-yo-t ’),s.f. || 1° Synonyme de bouilloire. || 2* Sortede jeu de cartes. [X Paris] vous avez bien d’autresaffaires [que de songer à nous] : la hausse et labaisse, les faillites, la bouillotte, p. l. cour. Lett.i, 4 06 . Eh bienl monsieur Hector, vous refaites-vous au lansquenet des pertes de la bouillotte?bavard et j ai me , le Réveil du lion, il, 7.
f BOUIN (bouin), s. m. Terme de teinturier. Poi-gnée d’écheveaux de soie.
f BOCIS (beui), s. m. Terme de chapellerie. Fa-çon donnée aux vieux chapeaux. || Terme de cordon-nier. Voy. buis.
t BOUISSK (boui-s’), s. f. Terme de cordonnier.Voy. BUISSE.
BOUJARON (bou-ja-ron), s. m. Terme de marine.Petite mesure de fer-blanc qui sert dans la cambuseà distribuer les divers liquides à l’équipage, et con-tient le seizième d’une pinte (un peu moins du sei-zième d’un litre).
— ÉTYM . Espagn. bujaron, sorte de pot (voy.boucaro).
f BOUJEAU (bou-jô), s. m. Assemblage de deuxbottes de lin placées tète-bêche, afin de tenir moinsde place au rouissoir.
f BOÜJON (bou-jon), s. m. || 1* Outil à plomber.|| 2“ Espèce de marque qu’autrefois l’on mettait auxétoffes dans les manufactures de draps.
— HIST. xiv* s. Selon le boujon et ordennancedeladictedrapperie, du cange, boujonator. ||xv*s. Itemquelesjurezpuissentarrestertous lesdraps, se iceulxdraps ne sont du boujon de la ville d’Evreux , id. ib.
— ÉTYM. Il y avait, dans l’ancien français , bou-\jon, bougon, qui signifiait une barre, une verge (le-
quel, sans doute, était le même que boujon, bollon,ital. bolsone, sorte de trait à tête mousse, que Dieztire de bu lia, boule, à cause de cette disposition).Le boujon commercial aura été une marque diteboujon par une assimilation quelconque avec le pro-jectile militaire.
f BOUJONNER (bou-jo-né), v. a. Ancien terme decommerce. Marquer du boujon.
t BOUJONNEUR ( bou-jo-neur ), s. m. Se disaitautrefois d’un juré du corps des drapiers.
— HIST. xiv* s. Le maire et les boujonneurs dedraperie de nostredite ville de Rouen , du cange.boujonator. Nous leur vueillons octroyer qu’il aientvisiteurs et boujonneurs ou dit mestier de drapperie,id. ib. || xv* s. Ne pourra nul mouiller les draps,jusques à ce qu’ilz soient scellez tous escruz, ouqu’ilz aient prins congié aux boujonneurs de les es-brouer seulement, id. ib.
f BOULAGE (bou-la-j’), s. m. || 1* Terme de blanchisseur. Quantité de linge que l’on met à bouillirdans une chaudière. || 2° Terme de sucrerie. Se ditdela formation du sirop lorsque les betteraves sontplacées dans la cuve et foulées.
BOULAIE (bou-lê), s. f. Lieu planté de bouleaux.
BOULANGÉ, ÉE (bou-lan-jé, jée), part, passé.Pain bien boulangé.
4. BOULANGER, ÈRE (bou-lan-jé, jê-r’), s.m. et,'.|| 1* Celui, celle qui faitet vend du pain. Garçon bou-langer. || Boulangère, sœur converse qui fait le pain.|| 2* S. f. La boulangère, espèce de danse ou plu-tôt de ronde qui commence par un grand rond,après lequel un cavalier fait la grande chaîne, c’est-à-dire donne alternativement la main droite et lamain gauche aux dames, en décrivant le cercle en-tier jusqu’à sa propre danseuse; alors le grandrond recommence, et le cavalier qui vient après luifait la chaîne à son tour. || L’air sur lequel la bou-langère se danse. C’est un air à six-huit, compre-nant d’abord dix mesures pendant lesquelles on faitle grand rond, et ensuite un refrain de quatre me-sures qu’on répète à volonté pour la chaîne. L’air aprobablement donné son nom à la danse, parce qu’ilse chante sur les paroles : la Boulangère a des écus, etc.
— HIST. xin* s. Et s’il ia boulengier ne boulen-giere là ù li eswardeur viennent pour le pain es-tvarder.... tailliar, Recueil, p. 44 5. Boulenghierqui estaient relevé pour pestrir, Chron. de Rains,96. || xvi* s. Imitant tant que faire se pourra les bou-lengers, o. de serres, 822 .
— ÉTYM. Wallon bolegt; namurois , bolègi; bas-lat. bulengarius, dans un texte du xn* siècle (voy.boulanger, verbe.)
2.BOULANGER (bou-lan-jé), v. a. Pétrir et fairecuire le pain. || Absolument. La petite Madelon refuse25 écus de Jean Bedout, encore elle ne sait ni bou-langer ni traire, p. L. cour, n, 27i.
— HIST. xiii* s. Bien [il] se sut de tout entremet-tre; Pain [il] fist venir ou boulengier, Bl. et Jeh.4693. |] xvi* s. Principalement de farines et de painsdesja boulangez, carl. in, 20 . X la plus robuste desservantes donnera charge la mere de famille deboulanger son pain, le paistrir et parfaire, 0 . de
SERRES, 822.
— ÊTYM . Berry, boulange, mélange de foin et depaille, préparé pour la nourriture des bestiaux; bou-langer de la paille et du foin, en faire un mélange.Du Cange le tire de boule; d’où boulange qui setrouve en effet dans le Berry, et enfin boulanger.mêler, pétrir.
BOULANGERIE (bou-lan-je-rie), s. f. || 1* L’artde faire le pain; le commerce du boulanger. || 2*Lelieu où se fait le pain. || Établissement, fonda d’unboulanger.
— HIST. xv* s. Les maistres du mestier et arti-fice de boulengerie et taillemelerie, du cange, ar-lificium. || xvi* s. Charnier, boulengerie, fournil,serre-pain, o. de serres , 20 .
f BOULAR (bou-lar), s. m. L’'id des noms de lamésange à longue queue.
f BOULDURE (houl-du-rt) , s. f. Fosse sous la rouedes moulins à eau.
4. BOULE (bou-F), s. f. || 1“ Corps rond en tous sens.Boule lie bois, de cuivre, d’ivoire. || Dans un lan-gage à la fois poétique et familier, la terre. Jetésur cette boule, Laid, chétif et souffrant, bérang.Focation. || Par extension. Une boule de neige. Cetanimal se roule en boule. || Être rond comme uneboule, être rond et replet. || 2° Jeu de boules, jeuoù l’on fait rouler une boule vers un but marquépar une boula plus petite que les autres, et qu’on