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Tome premier. A - C.
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578 CIIA

t CHATTEM1TERXE (cha-te-mi-te-rie), s. f. Ac-tion de chattemite.

— HIST. xvr s. D’autres aussi font les scrupu-leux par une vraye chatemitterie, afin de semblerplus saincts, lanoue, 77.

— étym. Chattemite.

CIIATTER (cha-té), t). n. Faire des petits, enparlant d’une chatte.

— étym. Chatte.

t CHATTERIE (cha-te-rie), t. f. || 1” Acte defriandise. || 2“ Les friandises mêmes. Manger deschatteries. || 3“ Coquetterie, gentillesse. Faire deschatteries. || Fausse caresse.

— hist. xvi* s. Fouquet lui alla ouvrir et en al-lant s’avisa de jouer un tour de chatterie à sonhomme, desper. Contes, xu.

— ÉTYM. Chatte , chat, ces animaux paraissantplus sensuels que les autres, h cause qu’on les voitsouvent se lécher les babines ; bourguig. chaiterie.Au xvi* siècle, on disait chatonie, dans le sens d’es-pièglerie.

f CHAT-TIGRE (cha-ti-gr’) , s. m. Un des nomsvulgaires donnés au chat margay, au chat ocelotet au chat serval. || Au plur. Des chats-tigres.

t CHAUCHÉ (chô-ché), s. m. Chauché gris, nom,en Bourgogne , du pineau blanc.

t CHAUCIIE-RRANCHE (chô-che-bran-ch’), s. f.|| 1“ Levier pour de grands fardeaux. || Auplur. Deschauche-branches. || 2° S. m. Nom vulgaire de l’en-goulevent. || Au plur. Des chauche-branche ou chau-che-branches.

— étym. Dans le premier sens, c’est une bran-che [levier] qui cauche; dans le second, c’estl’oiseau qui cauche la branche. Caucher est un an-cien verbe qui veut dire serrer, presser (voy. cô-cher).

+ CHAUCnE-POULE (chô-che-pou-1’), s. m. Nomvulgaire du milan. || Au plur. Des chauche-poule ouchauche-poules.

— étym. Caucher (voyez le précédent), et poule :l’oiseau qui cauche la poule.

CHAUD, CHAUDE (chô, chê-d’ ; le d ne se lie pas,un ami chaud à nous servir, dites : chau à; Chifflet,Cramm. p. 2 X 2 , fait même remarque; au pluriel l’ase lie : des amis chau-z à), adj. || 1° Qui a, qui donnenu produit de la chaleur. Dans ces climats chauds,les hommes n’imaginèrent point de plus grandebéatitude que les ombrages et les murmures deseaux, volt. Pr. de Babyl. 4. Le comte de Guichedisait des merveilles des esprits de vos pays chauds,sév. 127. Que faisiez-vous au temps chaud? la font.Fab. i,l. || Fig. et familièrement. Avoir les piedschauds, jouir des commodités delà vie. || Fig. Pourlui il n’y a rien de trop chaud, ni de trop froid, ilprend tout et de toutes mains. Dame, demoiselle,bourgeoise, paysanne, il ne trouve rien de tropchaud ni de trop froid pour lui, mol. le Festin, i, I.|| Fig. Avoir la main chaude , gagner plusieurs foisde suite à un jeu où le gagnant fait toujours, cequi, pour ainsi dire, lui entretient la main chaude.|| Main chaude, jeu où l’un des joueurs tient unemain renversée sur son dos, et doit deviner celuiqui frappe dedans. Ce jeu se nomme ainsi, parce quela main, souvent frappée, s’échauffe. || Pleurer àchaudes larmes, abondamment. Je ne désespère pasde sa conversion que tous les gens de bien deman-dent au ciel à chaudes larmes, balz. liv. n, lett. 6.Au point d’en pleurer à chaudes larmes, j. j. rouss.Conf. il. || Fig. et familièrement. Cela est tropchaud, on n’y peut pas toucher, c’est chose déli-cate, dangereuse. Ce fut M. d’Alet qui fit sa cour,en se récriant pour M. de Paris ; ce nom présente-ment n’est plus trop chaud, il a soufflé dessus, sév.

4 60 . || 2° Qui garde encore une portion de la cha-leur qui a servi à la préparation. Un pâté toutchaud. Ce pain, ce gâteau est encore tout chaud dufour. || Fig. Cet ouvrage est encore tout chaud de laforge, il sort des mains de l’auteur. Lorsqu’ils [lesjournalistes] s’imposent la loi de ne parler que desouvrages encore tout chauds de la forge, montesq.Lett. pers. 108 . || Le rendre tout chaud à quelqu’un,le rendre chaud comme braise,riposter, repartir in-continent et vertement. ]| Fig. Prompt, tout récent.Les récompenses toutes chaudes ont un prix mer-veilleux. Le soufflet sur ma joue est encore toutchaud, rac. Plaid, il, 4. Ce petit conte est toutchaud, il faut qu’il passe, sév. 466. Les plaisanteriesne sont bonnes que quand elles sont servies touteschaudes , volt. Lett. Chalotais , 21 mars 1763.|| 3° Qui conserve la chaleur, qui garantit du froid.Ce manteau est bon et chaud. Une étoffe chaude.|| 4° Qui augmente la chaleur intérieure du corps.Les liqueurs alcooliques, les épices sont chaudes.

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|| Être chaude, être en rut en parlant des femellesde quelques animaux. || Fièvre chaude, fièvre accom-pagnée de délire et d’extrême agitation. || Chaud mal,le même que fièvre chaude. || Fig. Tomber de fièvreen chaud mal, tomber d’un état fâcheux en un pire.|| Etre chaud de vin [être ivre], volt. Pr. de. Babyl.4. || 5° Fig. Ardent, passionné, vif, emporté. Tem-pérament chaud. J’eus le sang un peu chaud et leliras un peu prompt, corn. Cid, n, I. Près d’unesprit si chaud et si fort emporté Suréna dans macour est-il en sûreté? id. Suréna, v, i. Ma femmebien«souvent a la tête un peu chaude, mol. Femmesson. n, 6. Et d’un sang un peu chaud réprimantles bouillons, N’oublions pas tous deux devant quinous parlons, id. D. Garde, m, 3. Le Marseillais,Provençal un peu chaud, la font. Quipr. Un jourpourtant d’humeur un peu trop chaude, boil.Épigr. m.... je vois bien où tend tout ce discourstrompeur, Reprend le chaud vieillard; le prélatvous fait peur, id. Lutr. iv. Les Cévennes, payspeuplé d’ignorants et de cervelles chaudes, volt.Louis XIV , 36. On craint que quelques têtes chau-des n’attaquent quelques articles auxquels il est siaisé de donner un mauvais sens, volt. Lett. Dami-laville, 28 avril 1766. || 6“ Zélé. Un chaud partisan.Être chaud sur une affaire. S’il se montre trop chaudà suivre la vertu, Régnier, Sat. xvi. Indocile à lapaix et trop chaud à la guerre, id. Épit. i. Un roiqui aime mieux qu’on le blâme d’être un peu tropchaud quand il voit les ennemis que trop sage, pé-lisson, Corners, de L. XIV devant Lille , p. 63. Jecrois qu’un ami chaud et de ma qualité N’est pasassurément pour être rejeté, mol. Mis. i, 2 . Faitesétat de moi, monsieur, comme du plus chaud devos amis, id. Impromptu, 3. || Familièrement. N’ê-tre ni chaud ni froid, rester indécis, indifférententre deux partis. || 7° Vif, animé. Style chaud.Attaque chaude. La dispute fut chaude. || En termesde guerre, affaire chaude, action chaude, chaudejournée, engagement sanglant et disputé. || Entermes de peinture, ton chaud, coloris chaud, ton,coloris brillant et vigoureux. Tableau chaud de cou-leur. || Alarme chaude, vive alarme. Savoir me re-tirer des plus chaudes alarmes, Régnier, Épit. n.Remettez-vous, monsieur, d’une alarme si chaude,mol. Tart. v, 7. Harcourt leur donna des alarmessi chaudes.... st-sim. 206 , 4 8. || La donner bienchaude, l’avoir bien chaude, donner, avoir unegrande alarme. Mon front l’a, sur mon âme, eubien chaude pourtant [l’a échappé belle], mol.Sgan. 22 . || 8° Chaud, adv. Servir, boire, mangerchaud. || Tenir chaud, préserver du froid. Cetterobe lui tiendra chaud. || Se tenir chaud, se préser-ver du froid. Us se tiennent chaud au poêle. || Toutchaud, loc. adv. Tout de suite. || Chaud! chaud Ivite, sans tarder. Très-familier. ||9“ A la chaude,loc. adv. X l’instant, vivement. Mais il faut à lachaude Le gripper aux cheveux, scarr. Jodelet, n,6. Â la chaude, les cantons protestants firent rendrepar ceux de Neuchâtel un jugement provisionnel,st-sim. 4 84 , 182 . M. le duc, toujours furieux, neput être induit à chercher à la chaude à replâtrerl’affront, id. 99, 64. || 10° Substantivement. Chaleur.Avoir chaud. Je mourais de chaud, sév. 42. Nousavons chaud nous autres, il n’y a plus qu’en Pro-vence où l’on ait froid, sév. 197. L’oiseau que....Le vain courroux des vents berce au chaud sur sabranche, lamart. Joc. iii, n7. || Il fait chaud, onressent de la chaleur. Il faisait très-chaud danscette chambre. Il fait trop chaud ici. || Il fait chaud,la température est chaude. || Fig. Il faisait chaud àcette bataille, l’action était vive, périlleuse. Il étaità la tranchée partout où il faisait chaud, sév. 301.Nous nous sommes vus en des lieux où il faisaitfort chaud, mol. Préc. 12 . || La chaleur du jour. Lechaud, la solitude l’invitèrent d’abord. || Souffler lechaud et le froid, louer et blâmer une même chose,être tour à tour d’un avis contraire. Arrière ceuxdont la bouche Souffle le chaud et le froid, lafont. Fabl . v, 7. || Cela ne fait ni chaud ni froid,cela ne fait rien, ne sert ni ne nuit. Il ne vousfera ni chaud ni froid, sév. 454 . Cela ne vous faitni chaud ni froid, ni bien ni mal, plaisir ni peine,p. l. cour. Lett. i, 209. || Fig. Je n’ai jamais sentini froid ni chaud pour vous, regnard, Ménech. n,6. Votre bourse est.... Un thermomètre sûr, tantôtbas, tantôt haut Marquant de votre coen- ou le froidou le chaud, regnard, Joueur, i, 6. || Proverbes.Si vous n’avez rien de plus chaud, vous n’avezque faire de souffler, vous vous flattez d’une vaineespérance. || Froides mains, chaudes amours, c’est-à-dire la fraîcheur des mains annonce ordinaire-ment un tempérament ardent. || U faut battre le fer

CHA

pendant qu’il est chaud, c’est-à-dire il faut saisirl’occasion favorable.

— REM. C’est uns façon de parler populaire maisfautive, de dire : il fait plus de chaud qu’hier. IIfaut dire : il fait plus chaud qu’hier. Faire chaudest une locution faite, dans laquelle plus n’inter-vient pas pour changer le rapport des termes.

— syn. le chaud, la chaleur. Le chaud est laqualité de tout ce qui est chaud ; la chaleur est laqualité active qui fait qu’un corps est chaud. Onsentira la nuance dans ces phrases : le chaud dujour, la chaleur du jour. Le chaud du jour, c’est letemps où le jour est le plus chaud ; la chaleur dujour est l’impression qu’un jour chaud nous faitsentir. Nous sortîmes au chaud du jour plutôt quependant la chaleur du jour. La chaleur du brasier(et non le chaud) était si grande. Dans les qua-lités élémentaires qu’ils admettaient, les ancienscomptaient le chaud, non la chaleur.

— HIST. x° s. E faciebat grant iholt, Frag. deValenc. p. 468. || xi* s. Et endurer et granz chalz etgranz freiz, Ch. de Bol. lxxvii. Granz est li calz,si se leve la poudre, ib. cclxvi. Nous les ferons [nosépées] vermeilles de chald sang, ib. lxxiv. || xu* s.Icel jour fit moût caut, et li ciel fu serin, Ronc. p.194. Car li sans et li chais l’avoit forment grevé,ib. p. 196, A ! mult par est la vie del chaitif ho mm egrieve;Orest chalz, or est freiz, cume cele evetieve, Th. le mart. 92. E Deus de rechief Samuelapela, e Samuel chalt pas leva et vint al evesche,Rois, II. ||xiii* s. Il la recuevrent chaut et de griset d’ermin, Berte, lv. Car nus sens n’i peuist sof-fire, Tant estoit de chaude matire, la Rose, 8332.Omicides, si est quant aucuns tue aucun en caudemellée, beaum. xxx, 6. L’yaue devenoit, ou [au]chaut du jour, aussi froide comme de fonteinne,joinv. 220 . Il looit [conseillait] que il sé traisit [re-tirât] sur le flum, pource que ses serjans eussentà boire; car le chaut estoit jà grant levé, id. 226 .|| xiv* s. Et comme en esté par grant chaut l’en nedit pas à un homme ou deffent que il ne sue,oresme, Eth. 72. Por ce sont congneuz les princi-pes en science naturel comme cestui : tout feu estchaud, id. ib. xi, 13. || xv* s. Le connestable deFrance,qui savoit d’armes ce qui en est, et qui sen-toit les Anglois chauds, bouillans et aventureux,froiss. n, il, 32. Couroient ses gens tout le palsd’environ, et ne laissoient rien à prendre s’il n’es-toit trop chaud, trop froid ou trop pesant, id. liv. i,p. 291, dans lacurne. Messire Enguerrant estantchault, non sentant le meschief qu’il avoit, cuydahausser sa hache, Jeh. de Saintré, ch. 42. Par luyje reçoy Souvent froit et chault; Puisqu’estre ainsifault, Remede n’y voy, ch. d’orl. Rond. Si ne souf-firoit de donner exemple, ni ung ny plusieurs,quand bien, par l’espace de deux mil ans, Dieu aainsi traictiéles Juifs entre chault et froit, chastel.Chron. du duc Philippe, Proesme. Si les fit boireun coup et eux refreschir, car grand chaud faisoit,Bouciq. n, ch. 20 . Et plusieurs prins en la ville,lesquelz furent penduz à la chaulde, comm. vi, 6.La guerre est telle qu’il faut besongner selon leloisir qu’on a, et fault procéder aucunes fois froit,aucunes fois chault, le Jouvencel, f° 29, dans la-curne. Sire, dist la dame, sauf vostre grâce; carvos parlers ne font ne froit ne chault, Perceforest ,t. iv, f“ 48. || xvi" s. Icy commença Homenaz jectergrosses et chauldes larmes, et battre sa poictrine,rab. Pant. iv, 63. Sur la chaulde [au momentmême], mont, i, 27. Souvent il tastoit s’ils estoyenttrop chauds, id. i, 4 oo. Boire chauld, id. i, 164.C’est souffler de mesme bouche le chauld et lefroid, id. i, 249. Nous retombons tousjours de fieb-vre en chaud mal, id. i, 283. Les Grecs descrioientles tisserandes, d’estre plus chauldes que les aultresfemmes, id. iv, 189. Il ne savoit à qui s’en prendre;mais, à la chaude [tout à coup], vint saisir un gen-tilhomme le plus prochain de lui.... desper. Contes,lxxxii. M. d’Andelot, qui ne trouvoit jamais rientrop chaud [dangereux], dit qu’il se falloit retirerau pas, lanoue, 660 . Leur camp, ayant pris l’a-larme très chaude, commença à tirer canonnadessur canonnades, id. 66 i. Je cuiday suyvre le mesmechemin à la chaude, sans l’humanité de Monsei-gneur, id. 689. Pleurant à chaudes larmes, amyot,Cam. 62 . Chault de l’ardeur de la bataille, id. Pé-lop. et Marcel, comp. 6. Il faisoit un chaud picquantet estouffé, d’aub. Fœ £. iii, 7. Comme un hommedéterminé, qui ne trouve rien de trop chaud ni detrop froid, id. Vie, xxvm. Peu de gens voulantcoudre la besongne que cette chaude teste entre-prenoit, il se mit-àpleurer chaudement, id. Hist. i,303. La mere de famille se prend garde des meubles