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Tome premier. A - C.
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soient-ils redoutables, Ny les mastins armez de col-liers effroyables, rons. Bergeries, Églogue I.

— ÉTYM . Provenç. colar; espagn. collar; ital. col-lare; du latin collare , de collum (voy. cou).

f COLLIÈRE (ko-liè-r’), s. f. Perche qui fait labase d’un train de bois.

f COLLIGANCE (kol-li-ghan-s’), s. f. Terme de lo-gique. Connexion, enchaînement. Peu usité.

— hist. xiv* s. Toutes choses sont jà mises enordre, et en cel ordre a telle coliguence que les unessont subgiectes aux autres, christ, de pisan,Charles V , h, 63. || xvi*s. Le corps avait nécessai-rement part à cette perfection de l’ame, par le droitde leur colligance, mont, iii, 381.

— ÉTYM . Le latin colligare, enchaîner, de cum,avec, et ligare, lier (voy. lier).

COLLIGÉ, ÉE (kol-li-jé, jée), part, passé. Desplantes colligées avec beaucoup de peine.

COLLIGER (kol-li-jé), v. n. || 1°Faire des collec-tions de pierres, d’insectes, etc. || 2°Faire des ex-traits. Vieux en ce sens.

— HIST. xvi* s. Varro luy proposa un theme, qu’ilcherchoit l’heure et le jour de la naissance de Ro-mulus, en la colligeant par la conséquence de sesadventures, amyot, Rom. 18 . Soudain par la réponsede la vieille, Floradin colligea aisément que, pourcertain, ce nouveau marié estait son Claribel, yver,p. 632. Opinion qui n’est pas tant procedée de lavérité, comme nous pouvons colliger de Galien , quede.... paré, Introd. 6.

— ÉTYM . Mot formé du latin colligere, qui, dansl’ancienne langue, a donné cueillir (voy. ce mot).

| COLLIMATION (kol-li-ma-sion), s. f. Termed’astronomie. Action de viser, de diriger la vue.|| Ligne de collimation, ligne qui passe par l’axeoptique de la lunette.

— ÉTYM . Ce mot devrait être rayé du dictionnaireastronomique et remplacé par collinéation. Il y adans quelques éditions de Cicéron et d’Aulu-Gelle un verbe collimare, auquel le contexte force d’attri-buer le sens de viser d, mais qui, en soi, ne signi-fie rien. Les manuscrits en effet ont montré quec’était une fausse leçon et qu’il fallait lire collineare,verbe très-clair et formé de cum, et linea, ligne,suivre de l’œil une ligne. Les astronomes qui ontécrit en latin l’ont pris dans ces éditions fautives :Astronomi imitati artifices qui, regulæ rectitudinemexploraturi, unum adhibent oculum ; à la marge, enmanchette: Ratio collimandi, kepler, Ad Vitellio-nem paralipomena, r/uibus astronomie pars opticatraditur, Francfort , 4604, p. 21 (. Mais d’autresplus corrects ont employé la vraie forme : At quinondum fuerit assuetus collineationi per summitatesaquæ.... riccioli, Géographie et hydrographie re-formate, libri xii, Venetiis, in-f°, 1672, p. 231,col. I.

f COLLINAIRE (kol-li-nê-r’), adj. Terme de bota-nique. Qui croît sur les collines. Plantes collinaires.

COLLINE (ko-Ii-n’), s. f. Hauteur qui s’élève au-dessus de la plaine. Le haut, le pied d’une colline.0 muses, accourez; solitaires divines, Amantes desruisseaux, des grottes, des collines, a. chën. Élég.xiv. || Poétiquement. La double colline, le Parnasse.

— HIST. xvi* s. Gaigner la colline [s’enfuir], ou-din, Curios. fr.

— ÉTYM . Lat. collina, féminin de collinus, ad-jectif dérivé de collis, colline.

f COLLINÉATION (kol-li-né-a-sion), s. f. Véri-table terme remplacé à tort par collimation (voy. cemot).

COLLIQUATIF, IVE (kol-li-koua-tif, ti-v’), adj.Terme de médecine. Qui épuise promptement lesmalades, et semble être le résultat de la liquéfactiondes parties solides du corps. Flux colliquatif. Sueurcolliquative. Dévoiement colliquatif.

— HIST. xvi* s. Dont s’ensuit plusieurs accidentset principalement fievre hectique et colliquative,

PARÉ, VIII, 33.

— ÉTYM . Voy. COLLIQUATION.

C0LL1QUAT10N (kol-li-koua-sion), s. f. Terme demédecine. Fonte des parties solides avec excrétionsabondantes soit de selles, soit d’urine, soit de pus,soit de sueurs.

— HIST. xvi* s. Es autres la coiliquation estaittelle, qu’un mois après leur fluoit la bouche, paré,xvi, tl.

— êtym. Colliquare, de cum, avec, et liquare,fondre (voy. liqueur).

COLLISION (kol-li-zion; en poésie, de quatre syl-labes), s. f. [| 1 * Terme de physique. Choc entre deuxcorps. || 2° Fig. Lutte, choc de partis animés de pré-tentions contraires. On craint une collision entre latroupe et la population.

— hist. xvi* s. Tout son [bruit] causé de la colli-sion et rencontre de deux corps, paré, Introd. 9.

— ÉTYM . Provenç. collisio; du latin collisionem,de collidere, de cum, avec, et lidere pour ledere,léser (voy. lésion).

COLLOCATION (kol-lo-ka-sion), s. f. || 1“ Termede jurisprudence. Inscription d’un créancier suivantl’ordre que la loi assigne à sa créance. Bordereaude collocation. || Collocation utile, celle pour le paye-ment de laquelle les fonds seront suffisants. || Sommequ’un créancier a droit de toucher en vertu de sacollocation. || 2° Collocation de l’argent, emploi qu’onfait de l’argent en le plaçant.

— ÉTYM. Lat. collocatio , de collocare (voy. collo-quer).

f COLLOCUTION (kol-lo-ku-sion), s. f. Synonyme,peu usité, de colloque.

— HIST. xiv* s. Avoir collocution et compaignie à....oresme , Thèse de meunier. Inutile à teles collocu-cions et esbattemens, oresme, Eth. 138. || xv* s.Aiant sceu que le duc de Bourgogne avoit eu paroleset collocution au roy d’Angleterre, juv. des uhsins,Charles VI , 1417. ||xvi* s. Après plusieurs collocu-tions et conseils tenus, m. du bellay, I3I.

— ÉTYM . Lat. collocutio (voy. colloque).

f COLLODIÉ, ÉE (kol-lo-di-é, ée) ou COLLO-DIONNÉ, ÉE (kol-lo-di-o-né, née), adj. Terme dephotographie. Enduit de collodion. Verre collodionné.

f COLLODION (kol-lo-di-on), s. m. Solution éthé-rée de coton-poudre, dont l’emploi a été proposé enchirurgie comme agglutinatif, et que la photogra-phie emploie.

— ÉTYM . KoAAtôSviç, collant, de xôXAa , colle (voy.colle).

f COLLOÏDE (kol-lo-i-d’), adj. Terme de chirur-gie. Cancer colloïde,production morbide qui consisteen une trame aréolaire remplie d’une sorte de gelée.

— ÉTYM . KéXXa, colle, et eîSo;, forme.

| COLLOIR (ko-loir), s. m. Métier à encoller.

— ÉTYM . Coller.

COLLOQUE (kol-lo-k’), s. m. Conférence entredeux ou plusieurs personnes. Ils ont ensemble defréquents colloques. || Le colloque de Poissy , confé-rence célèbre qui eut lieu à Poissy entre les catho-liques et les réformés. || S. m. plur. Titre d’ouvragesappelés en latin colloquia , dialogues. Les Colloquesd’Érasme.

— HIST. xvi* s. [Je] voyois aussi des noms estrangesde surveillans, diacres, consistoires, synodes, col-loques , n’ayant jamais esté desjeusné de tellesviandes, montluc, Wim. t. n, p. 3, dans lacurne.Il attribua le jugement de ces choses à celui du col-loque de Poissi prochain, d’aub. hist. i, 107.

— ÉTYM . Le latin colloquium, de colloqui, s’en-tretenir avec, de cum, avec, et loqui, parler (voy.loquace).

COLLOQUÉ, ÉE (kol-lo-ké, kée), part, passé.|! 1* Créanciers colloqués selon l’ordre de leur hypo-thèque. || 2° Mis, en un sens d’ironie ou de rigueur.Une fille colloquée au couvent.

COLLOQUER (kol-lo-ké), V. o.||i°Terme de ju-risprudence. Faire la collocation des créanciers.|| 2° Familièrement. Mettre quelqu’un en une placeassez mauvaise. On nous a fort mal colloqués. || Col-loquer à quelqu’un, remettre à quelqu’un, avecl’idée qu’on est soi-même embarrassé de ce qu’onveut colloquer. Il ne sait à qui colloquer sa fille. Cestitres l’embarrassaient, il a tâché de me les collo-quer. || 3“Se colloquer, u. ré/l. Se placer. Quand unchacun fut embarqué, Æneas s’étant colloqué, scar-ron, Virg. travesti, dans le roux, Dict. comique.

— HIST. xiv' s. Tous ceulx qui sont colloquez etdemeurans environ la mer, oresme, Thèse de meu-nier. || xv* s. Jà les plusieurs [grâces] estaient pro-mises et colloquées, froiss. ii, ii, 41 || xvi* s. Ilfault colloquer les enfants [leur donner un état] nonselon les facultez de leur pere, mais selon les facul-tez de leur ame, mont, i, 178. Renversant les loix,en la tutelle desquelles Dieu l’a colloqué, id. iv,201 . Enfin l’ordonnance fut faicte pour colloquer lesestats à Meaux et le concile nationnal, d’aub. Hist.i, 97. C’est son escusson [à l’âme] à plusieurs quar-tiers, représentant le recueil de tous les titres desa noblesse, planté et colloqué sur la porte et aufrontispice.... charron. Sagesse, i, 6. lia bien col-loqué sa fille, palsgr. p. 462. Voilà la bonté de cettebonne princesse à l’endroit du pays où elle avoit estécolloquée [mariée], brant. Dames gai. t. u, p. 90,dans lacurne.

— ÉTYM . Provenç. cologar, cologuar; catal. col-locar; espagn. colocar; ital. collocare; du latin col-locare, placer, de cum, avec, et locare, mettre en1 un lieu, de locus, lieu (voy. lieu).

f COLLUDANT, ANTE (kol-lu-dan, dan-t’), ad).Terme de jurisprudence. Qui collude.

COLLUDER (kol-lu-dé), v. n. Terme de droit. Avoircollusion.

—HIST. xvi* s. Celuy qui d’ores en avant formeraune demande en retrait, sera obligé, si la partielsrequiert, de déclarer sous le serment qu’il aura faitla demande en retrait pour son propre aventage etnon pour personne autre et sans savoir colludé avecqui que ce soit, Nouv. coustum. génér. t. i, p. 656.

— ÊTYM Le latin colludere, de cum, avec, etludere, jouer.

f COLLURE (ko-lu-r’), s. f. 'ferme de relieur.Action de coller.

— ÊTYM . Coller.

COLLUSION (kol-lu-zion ; en poésie, de quatresyllabes), s. f. || 1* Terme de droit. Intelligence dedeux parties qui plaident, mais qui ne laissent pasde s’entendre pour tromper un tiers. || 2° Dans lelangage général, entente secrète entre deux ou plu-sieurs parties, pour faire préjudice ou simplementpour tromper. De Mesmes n’avait rien oublié pourjeter sur moi toute l’envie de la collusion avec lesennemis de l’État, retz, ii, 251. D’où vient que deshommes si différents conviennent tous pourtant ence point et veulent tous être immortels? Ce n’estpoint ici une collusion; car comment ferez-vousconvenir ensemble les hommes de tous les pays etde tous les siècles? mass. Car. Vérité d’un avenir.

— HIST. xvi* s. Estant chargé d’avoir fait intelli-gence et collusion avec le roi d’Angleterre, yver,p. 618 . Après laquelle composition, ou pour mieuxdire collusion, les deux caporaux en advertirent le-dit du Bellay, m. du bell. 626 .

— ÉTYM . Le latin collusio (voy. colluder).

COLLUSOIRE (kol-Iu-zol-P), adj. Qui est fait par

collusion. Disposition collusoire.

— ÉTYM . Collusorius, de colludere (voy. col-luder).

COLLUSOIREMENT (kol - lu - zoi - re- man), adv.D’une manière collusoire. La volonté arbitraire d’unseul, collusoirement aidée des prétentions aristocra-tiques qui enchaînaient ou paralysaient la nation,Mirabeau, Collection, t. m, p. 63.

— ÉTYM . Collusoire, et le suffixe ment.

t COLLUTOIRE (kol-lu-toi-r 1 ), s. m. Terme de mé-decine. Médicament qui diffère du gargarisme en cequ’il est employé pour agir seulement sur les genciveset les parois internes des joues et non sur la gorge.

— ÊTYM . Le latin colluere, laver, de cum et tuere,laver (voy. lotion).

f COLLYBISTIQUE (kol-1 i-bi-sti-k’), adj. Ancienterme de droit. Contrat collybistique, contrat parlequel une personne transportait à une autre, pourun prix convenu, l’argent qu’elle avait dans un au-tre pays.

— ÉTYM . KôXXuëoî, change.

COLLYRE (kol-li-r’), s. m. Terme de médecine.Toute espèce de médicament topique appliqué surl’œil ou plutôt sur la conjonctive. Collyres secs,ceux qui consistent en des poudres que l’on insuffledans l’œil; collyres mous, ceux qui sont des on-guents ou pommades; collyres liquides, ceux quel’on prépare avec des eaux distillées, avec des infu-sions ou décoctions de plantes.

— hist. xii* s. Si corne la lumière est del tôt de-noïe al malade oilh, quand li collires i est mis , Job,516. || xiii* s. Car entor moi si très cler vi, Tantm’oint les yex d’un fin colire , la Rose , 8085.|| xvi* s. Collyre est un médicament approprié auxyeux, fait de medicamens bien subtilement pulvé-risés, que les Arabes disent comme alcohol; aucu-nes fois collyre est dit improprement, pour quelquemédicament liquide composé de poudres et quelquesliqueurs, qui s’appliquent à autres parties, paré,xxv, 34.

— ÉTYM . Provenç. colliri; espagn. colirio; ital.collirio; du latin collyrium, de xoXXûptov, de xoX-Xùpa, sorte de pain et, en pharmacie, trochisque.

t COLMAR (kol-mar), s. m. La poire de Colmar ,ou, simplement, le colmar, espèce de poire.

— ÉTYM. La ville de Colmar , Haut-Rhin.

f COLMATAGE (kol-ma-ta-j’) , s. m. Opérationagricole qui a pour but d’exhausser le niveau desterrains trop bas ou marécageux, au moyen de dé-pôts qu’y laissent des eaux bourbeuses, détournéesde leur cours. Le colmatage a pris naissance enToscane; en 4 784 , un arrêté de Léopold I " le ren-dit obligatoire.

— ÉTYM. Ital. colmare , combler. Voy. combler.

t COL - NU ( kol-nu ), s. m. Espèce de corbeau.

|| Au plur. Des cols-nus.

t COLOlîOME (ko-lo bô-rn’), * m ferme de