Band 
Tome premier. A - C.
Seite
708
JPEG-Download
 

708

COM

COM

COM

sous la condition de régler à une certaine épo-que leur position réciproque. On dit que cecompte est courant, parce qu’il reçoit des ar-ticles successifs jusqu’à la clôture définitive. Êtreen compte courant avec la banque. || Compte cou-rant, état des opérations intervenues entre les per-sonnes en compte courant. || Anciennement. Cham-bre des comptes, cour souveraine qui allait & côtédu parlement et qui connaissait, en dernier ressort,des finances et du domaine du roi. || Aujourd’hui,Cour des comptes, cour supérieure établie pour exa-miner et juger les comptes de ceux qui ont ma-nié les deniers de l’État. || 6* Considération, cas.Le compte que l’on fait de lui. Le compte oùl’on tient le livre publié par ce savant. Le peude compte qu’il a fait de me répondre. || En ce sens,compte ne se dit guère qu’avec les verbes faireet tenir. || Faire compte, faire cas, tenir en es-time, donner attention. Se plaignant que sa fautevient d’elle, Il n’en veut faire compte, malh. i, 4.Et brisant tous ces nœuds dont j’ai tant fait decompte, Régnier, Élég. n. Non plus que de far-ceurs je n’en puis faire compte, id. Sat. xiv. D’unsi faible service elle fait trop de compte, corn. Cid,iv, 3. D’un vain songe peut-être elle fait trop decompte, rac. Athal. ni, 4. Et dont alors on faisaitplus de compte, la font. Faucon. Mais lui, fermeet constant, n’en a fait aucun compte, mol. Fâch.i,(. Quel compte devez-vous faire d’une amitié quiaboutit à votre réprobation? bourd. Dominicales, 1,Société des justes, 489. D’abord l’habitant ne fit pasgrand compte de ces deux enfants pauvrement vê-tus, bern. nE s.-p. Paul et Virg. Leurs fronts sontcouronnés de ces fie irs que la Grèce Aux champsde Marathon prodiguait aux vainqueurs ; C’est là leurdiadème; ils en font plus de compte Que d’un cer-cle à fleurons de marquis ou de comte, volt. Ép.76. || Tenir compte de quelqu’un, de quelque chose,l’avoir en considération. Il ne tient aucun comptede ce qu’on lui dit. J’aurai donc nommé ces beauxyeux Tant de fois mes rois et mes dieux, Pouraujourd’hui n’en tenir compte, malh. v, 17. J’ac-cepte le présent, et crois pouvoir sans honte,L’ayant de votre main, en tenir quelque compte,corn. Othon, iv, 4. C’est et d’elle et de lui tenir bienpeu de compte, id. Jîod. m, 6.11 n’en a tenu compte,rac. Plaid, t, 1.1| Cette femme ne tient pas compted’elle, se néglige, ou bien ne ménage pas saréputa-J tion. || 7' Rapport circonstancié. Demander, rendrecompte d’un événement. Un valet.... Qui rendcomme espion compte exact de ta vie, Régnier,Élég. n. Il s’en retourna rendre compte de sa com-mission, fén. Tél. ni. Il lui rendait compte de toutce qu’il pouvait découvrir, ro. ib. un. 11 ne fautpas qu’un roi fasse le détail, c’est la fonction de ceuxqui travaillent sous lui, il doit seulement s’en fairerendre compte, id. ib. xxii. On rendait compte auroi de leur conduite, boss. Hist. m, 6. Je vous ren-drai compte de ma journée, sév. 39. Au lieu de dé-plorer la mort des autres, grand prince, dorénavantje veux apprendre de vous à rendre la mienne sainte;heureux si, averti par ces cheveux blancs du compteque je dois rendre de mon administration, je ré-serve au troupeau que je dois nourrir de la parolede vie les restes d’une voix qui tombe et d’une ardeurqui s’éteint, boss. Louis de Bourbon. || Rendre boncompte à, parler ou agir à la satisfaction de. Tum’as commis ton sort, je t’en rendrai bon compte,corn. lior. il, B. Je vous en rendrai un très-boncompte, sév. 310. Elle vous rendra un bon comptede cette affaire, id. t4. Je vous rendrai bon comptede tout, id. 6)7. || Dans un sens tout différent. Vousme rendrez bon compte de votre conduite, c’est-à-dire je vous en ferai repentir. || Se rendre compte dequelque chose, en pénétrer la cause, le secret. 11 Ren-dre compte d’un ouvrage dans un journal, l’apprécieren l’annonçant. || Compte rendu, récit, exposé d’unfait ou d’une question. Compte rendu d’une séance,d’une audience. Compte rendu, exposé d’une situa-tion, d’un ensemble d’opérations. Compterendu pré-senté au roi, au mois de janvier <781, par Necker.Compte rendu des travaux des ingénieurs des mi-nes. Le compte rendu, exposé de principes politi-ques fait par les députés delà gauche en 1832.|| Justification, explication, responsabilité, avec lesverbes devoir, rendre, demander. J’en dois compteau sénat et n’y puis consentir, corn. Nicom. v, 6. Etvous devez aux dieux compte de tout le sang.... id.Cinn o,u, t. Que lui dirai-je enfin? je dois lui rendrecompte, id. Cid, n, 4. Jamais un souverain ne doitcompte à personne Des dignités qu’il fait et des gran-deurs qu’il donne, id. D. Sanche, m, 4. Je ne ren-dais qu’à moi compte de mes désirs, rac. Bérén.n, 2 .

Seigneur, je ne rends point comptede mes desseins,id. Iphig. iv, 6. J’en dois compte, madame, à l’em-pire romain, id. Prit. i,2. Il me faut de leurs cœursrendre un compte fidèle, id. Mithr. n, 3. ô Dieu ,devant qui je dois rendre un compte exact de toutesmes actions, pasc. Prière. Je,demanderai compteaux hommes de la vie des hommes, id. Prov. <4.Rendre compte de leur administration, boss. Hist.i, 5. Pour y rendre compte du sang qu’elles aurontrépandu, id. Polit. Le prélat ayant répondu selonsa coutume qu’il ne devait compte qu’à Dieu seul,son temporel fut saisi, volt. Louis IV , 36. Il fauttravailler, il faut être utile; on doit compte de sestalents, dider. Lett. d Volt. || Proverbes. X tout boncompte revenir, c’est-à-dire on ne doit pas craindrede compter une seconde fois, quand on n’a pointtrompé la première. || De méchant compte on revientau bon, c’est-à-dire les erreurs de compte peuventtoujours se rectifier. || Erreur n’est pas compte,même sens que les deux précédents. || Les bonscomptes font les bons amis, c’est-à-dire on ne peutêtre ami sans garder la foi et la justice les uns auxautres. || On dit qu’un homme est trésorier sans rendrecompte,pour exprimer qu’il dispose du bien d’autruicomme il lui plaît et sans être obligé d’en rendrecompte. || Chacun veut avoir son compte, c’est-à-dire personne ne veut rien relâcher de ses intérêts.

|| Chacun son compte, il faut que chacun ait ce quilui revient.

— hist. xi* s. Cinquante mille chevaliers [ils] ontpar cunte, Ch. de Roi. ccxxn. | | xin* s. Tout le ma-querel et tout le harenc qui vient à Paris doit es-tre venduz à conte, Liv. des mét. 270. Il loist bienas hoirs de celi qui fit testament, qu’il demandentconte as exécuteurs des biens qu’il orent por le tes-tament acomplir, beaum. xii, 30. Il doit estre ren-voiés au liu qu’il garda, tant qu’il ait rendu bonconte à son segneur, id. 43. Cil qui est establis àautrui dete recevoir, doit dire : Je les ai recheues,et en doit rendre compte, id. xxix, t3. Il se vestide povres dras, E si se mist de haut en bas, Onquesde rien conte ne tint, Grégoire le Grand , p. 84.Mès une remembrance m’espoente et affronte, Quequi plus tient de Dieu , plus a à rendre conte, J. demeuno, Test. 268. || xiv* s. Et semblablement est ilde ceulz qui ne tiennent compte de exposer leurpecunes largement, oresme, Eth. 280. Estre acous-tumé de non tenir compte ou creindre trop chosesterribles, id. ib. *7. Nonpourquant fut ainsnez Ber-tran, si l’a dit on; Mais compte n’en tint on nés[même] plus que d’un mouton, Guescl. 86. ||xv* s.Et les cardinaux et riches hommes d’Avignon s’obli-gèrent à ce qu’ils le garderaient de si près, qu’ils enrendraient bon compte, froiss. iii, iv, 67. Et ne fai-soient les seigneurs nul compte d’autres gens d’armes,s’ils n’estoient à heaumes et à tymbres couron-nés, id. i, i, 64. Et il ne fit point grand comptedes François quand ils vindrent, id. ii , n, 227 .X brief parler et sans faire long compte, ch. d’orl. i.Fin de compte, puisqu’est ainsi, Fermons nos cuersen aliance, id. Rondeau.... sinon que ayez Les maulxd’amours trop petit essayez, Et que jà sont de voscomptes rayez Et oubliez, a. chartier, Débat desdeux fortunes. Et que ceux où loquence habonde,Et qui ont belle théorique Et de parler bonne pra-tique En faiz de beaus comptes compter, Chosesnouvelles rapporter, Et l’estât des pays voisyjs,eust. desch. Poésies mss. f° 413, dans lacurne. Ilfaisoit bien son compte que il les ramènerait bien àla raison, comm. ii, 4. Qui en a, il est bien venu;Qui n’en a point, on n’en tient compte, villon,Bail, des Ecoulants. || xvi* s. Il conviendra quelquejour laisser le monde [mourir] pour aller rendrecompte de son entremise et recevoir son loyer,Rosier histor. 1 , 3. Seigneur, n’entre point en conteavec ton serviteur: car nul vivant ne sera justifiédevant toy, Calvin , Instit. 679. Appeler à conte,id. ib. 680 . Mais aussi, à ce compte.... mont. 1, 26.X leur compte, id. i, 212 . Elle a meilleur compted’incorporer une fois pour toutes.... id. i, 93. L’es-crivain n’a à rendre compte que d’une vérité em-pruntée, in. 1 , 103. Le peu de compte en quoy iltenoit les.... id. i, 4 4 8. Triumpher à bon compte,id. ib. Les menus comptes, payements, etc. id. i,267. Les plus hardies sectes sont contrainctes de seplier à la loy civile, au bout du compte, id. ii, 244.Quant à ceulx qui avoient la superintendance sur lestrouppeaulx du ray, ilz n’en faisoient compte, et nese soucioient point de leurs courroux, amyot, Rom.7 .... Sans qu’il soit tenu de rendre compte de cequ’il fait, ID. Cam. 3t. Il résolut de s’en aller toutdroit devant Sutrium, faisant son compte qu’il trou-verait lesThoscans en desarroy, in. ib. 69. Quant à

la soude [solde] ordinaire de ceulx qui porteroientles armes pour luy, qu’il la leur payeroit, non pointà compte, mais à mesure, id. Artax. 6. Ils succé-deront à compte de testes, que l’on dit in capita ,et non par branches, que on dit in stirpes, Cous-tum. génér. 1. 1, p. 766. X vieux comptes, nouvellesdisputes , cotgrave. Qui vit à compte, il vit àhonte, id.

— ÉTYM . Provenç. compte, comte; espagn.cuenta; portug . conta; ital. conto ; du latin com-putus, compte , où l’accent est sur com ( voy.compter).

COMPTÉ, ÉE (kon-té, tée), part. passd.|| 1* Donton a fait le compte. Les têtes de bétail ayant étécomptées. Vous lui pourrez bientôt prodiguer vosbontés [à votre fils], Et vos embrassements ne se-ront. plus comptés, rac. Andr. iv, 4. Les momentssont comptés; venez.... briffault, Ninus II, 11, 7.Dans mon coffre tout plein de rares qualités, J’aicent mille vertus en louis bien comptés, boil. Ép. v.|| Marcher à pas comptés, marcher avec lenteur etgravité. Trois vieilles rechignées Vinrent à pascomptés.... Régnier, Sat. n. Un valet le portait,marchant à pas comptés Comme un recteur suivi desquatre facultés, boil. Sat. ni. || Fig. La vertu quine marche qu’à pas comptés, boss. Amb. 1. L’espritne va pas à pas comptés comme l’expression, dider.Ess. s. les sourds et muets. || Fig. Tout compté,et aussi, tout compté, tout rabattu, ou tout biencompté et rabattu, tout bien examiné. M. Bâcle quitout compté n’était qu’un manant, 1. J. rouss. Conf.iii. || î“ Réputé, dont on tient compte. Agrippine crie que l’adoption n’est comptée pour rien, dider.Essai sur Claude. Mon père était ami de Colbert ,la vertu était encore comptée, st-sim. to, 423. Lesservices et non les aïeux furent comptés, ce quine s’était guère vu encore, volt. Louis IIV, 8.|| Qui a du crédit, qui commande la considération.Cette fameuse Mme de Puysieux, si bien avec lareine mère, si comptée et si impérieuse avec lemonde, st-sim. 66, 4 68. || Proverbe. Brebis comp-tées, le loup les mange, c’est-à-dire l’excès de pré-caution est plus nuisible qu’utile.

f COMPTE-FILS (kon-te-fil), ï. m. Loupe pourcompter les fils de la chaîne ou de la trame d’uneétoffe. || Plaque circulaire portant des coches.

— ÉTYM . Compter, et fil.

t COMPTE-PAS (kon-te-pâ), s. m. Instrumentfaisant connaître à celui qui le porte combien depas il a faits en allant d’un lieu à un autre.

— ÉTYM . Compter, et pas.

COMPTER (kon-té), v. a. || 1* Faire un calcul.Compter de l’argent. Il compta les baliveaux. Ettout ce peuple ingrat pour qui je périrai, S’enivrantdu plaisir de compter mes blessures, delav. Vépr.sicil . 11, 6. Voyez, chrétiens, comme les tempssont marqués, comme les générations sont comp-tées; Dieu détermine jusqu’à quand doit durer l’as-soupissement, boss. Reine d’Anglet . En un mot, quivoudrait épuiser les matières, Peignant de tantd’esprits les diverses manières, Il compterait plutôtcombien dans un printemps Guenaud et l’antimoineont fait périr de gens, boil. Sat. iv. |j Compter quel-que somme à quelqu’un, lui faire un payement encomptant les espèces. Je lui ai compté mille francs.Il Fig. Ahl souffrez qu’un couvent dans les austé-rités Use les tristes jours que le ciel m’a comptés,mol. Tari, iv, 3. Sais-je combien le ciel m’a comptéde journées? rac. Bér.iv, 4 . || Fig. Compter lesheures, les jours, éprouver l’impatience que donnel’inquiétude ou l’attente. Il commençait à compterles moments dans l’attente de son retour, hamilt.Gramm. 7. Tu comptes les moments que tu perdsavec moi, rac. Andr. iv, 6. Ces maximes sévèresQui font que les enfants comptent les jours despères, mol. Écol. des Mar. 1 , 2 . || Compter par, si-gnaler par. Vous ne comptez vos jours que par dessacrilèges, mass. Avent. Jugem. Vous comptez tousvos jours et marquez tous vos pas Par des plaisirsaffreux ou des assassinats, volt. Catilin. 1, 6. Etqui, faisant fléchir les plus superbes têtes, Compteradésormais ses jours par ses conquêtes, la font.Fabl . Dédie, au Dauph. || Compter dix, vingt an-nées de services, avoir servi l’État pendant dix,vingt années. || Compter tant d’années, de sièclesd’existence, se dit des monuments, des institutions,des peuples qui durent depuis tant d’années, desiècles. || Poétiquement. Compter tant d’années,tant de printemps, tant d’hivers, être âgé de tantd’années. Cette jeune fille comptait seize printemps.Ce vieillard compte quatre-vingts hivers. || Compterles morceaux, se dit d’un avare qui regrette ce qu udonne à manger. Compter les morceaux de quelqu un.