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ne lui donner que le juste nécessaire. Comp-ter les morceaux à quelqu’un, tenir compte de cequ’il mange et, en général, de ce qu’il dépense.|| Compter ses pas, marcher lentement; et fig.Faire les choses avec mesure et circonspection.|| Compter tous les pas de quelqu’un, l’observerde fort près. || Absolument, dans la musique , sui-vre la mesure sans jouer ni chanter. || 2“ Fairele compte de. Compter la dépense. Comptez, jevous prie, ce que nous coûte notre séjour à l’hô-tel. || Absolument. Avant de partir il faut comp-ter. || 3” Comprendre en un compte, porter encompte. Comptez-vous ce que je vous ai avancé?Je ne compte pas cela. || Par extension. Vous ne de-vez compter à vous de vos revenus que oe qui estnécessairepoursoutenir l’état.... mass. Carême, Aum.|| Compter quelque chose à quelqu’un, mettre surson compte : Il m’a tout compté, jusqu’à la bou-gie; et fig. lui en tenir compte. Servez donc ce roiimmortel et si plein de miséricorde, qui vous comp-tera un soupir et un verre d’eau donnés en son nom,plus que tous les autres ne feront jamais tout votresang répandu, boss. Louis de Bourbon. Il est douxpour un amant de faire des sacrifices qui lui soienttous comptés, j. J. kouss. Ilei. i, 40. ||Ne compterà rien quelque chose, n’en pas faire cas. Je ne vouscompte à rien le nom de mon époui, corn. Poly.iv, 3. Depuis quand le retour d’un cœur commele mien Fait-il si peu d’honneur qu’on ne le compteà rien? id. Suréna, n, 3. || 4" Ranger quelqu’un,quelque chose parmi d’autres personnes, parmi d’au-tres choses. On comptait parmi les conjurés deshommes considérables. Rome comptait la Gauleparmi ses provinces. Je vous compte au nombre demes amis. Vous que l’Orient compte entre ses plusgrands rois, bac. Bérén. i, 4. En combattant pourvous, me sera-t-il permis De ne vous point comp-ter parmi mes ennemis? id. Andr. i, 4. Il vouscompte déjà pour un de ses sujets, corn. Cinna,iii, 4. || Compter parmi ses aïeux,ses ancêtres, avoirau nombre de ses aïeux, de ses ancêtres. Silanus,sur qui Claude avait jeté les yeux Et qui comptaitAugusteaurang de sesaïeux, RAC.Ürtt.i, 4. || 6*Énu-mérer. Baruc, Daniel, sans compter les autres, boss.Ilia. u, 4 3. || 6* Dater. (Homel Du règne de Néroncompte sa liberté, rac. Brit. i, 2 . || 7° Réputer, re-garder comme. Mais peut-être que, prêt à mourir,on comptera pour quelque chose cette vie de ré-putation ou cette imagination de revivre dans safamille qu’on croira laisser solidement établie,boss. le Tellier. Comptons donc comme très-court,chrétiens, ou plutôt comptons comme un purnéant tout ce qui finit, id. ib. St Paul ne comp-tait pour rien d’être jugé des hommes, fléch.Serm. i, 222 . Il comptait pour rien les hommes,fën. Tel. n. Vous ne comptez pour rien l’immor-talité, id. ib. vu. Pour quelque chose, Esther,vous comptez votre vie? rac. Esther, 1 , 3. Et comp-tez-vous pour rien Dieu qui combat pour vous?rac. Athal. 1, 2 . Comptez-vous vos soldats pourautant de héros? id. Mithr. 111 , 4. Un esprit fri-vole et léger n’est capable de rien ; et tout cequ’il entreprend, on le compte déjà pour échoué,mass. Carême, Inconstance. Cette passion honteusene compte-t-elle pas pour rien tous les devoirs?compte-t-elle pour beaucoup les bienséances mêmes?mass. Le jour de Noël. Si vous êtes désabusédu monde,pourquoi comptez-vous encore pour quelque choseses jugements? id. Carême, Resp . hum. || 8” Fairecas de. On ne daigne peser ni compter mon suffrage,corn. Suréna, 1, 4. || 9° V . n. Calculer. Il sait lire,écrire et compter. || Savoir compter, être très-éveillésur ses intérêts. On siffle le patriotisme; Ce qu’onsait le mieux c’est compter, bérang. Poète de cour.|| Sans compter,c’est-à-dire à pleines mains, quandil s’agit de prendre ou de recevoir ou de donner.|| Ne pas compter après quelqu’un, accepter de con-fiance ce qu’il dit ou croit, etc. Je trouve vos résultatssi probables que je ne compte pas après vous, volt.Leu. Dionis duSéjour, 48janv. 4775. || Compter parbref, c’est compter sommairement et sur de simplesmémoires ou bordereaux de compte. || Cette femmene compte plus, se dit d’unefemme enceinte qui,prèsdu terme, attend de jour en jour son accouchement.|l 10° Arrêter un compte. Nous comptons chaquesoir. || C’est un homme qui ne veut ni compter nipayer, se dit d’un mauvais payeur. || Compter avecquelqu’un, régler le compte qu’on a avec lui. || Et fig.Ils comptaient en toutes choses avec eux-mêmes,la bruy. v. Comptons avec nous-mêmes avant queDieu compte avec nous, mass. Orais. (un. Madame.Mon père devint tout à fait favori [de Louis XIII ] etne compta jamais avec aucun ministre, st-sim.
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6, 84. La valeur et la capacité les plus réelles n’au-raient pas suffi, il faut toujours dans de semblableschoix compter avec l’opinion des hommes, fonten.Marsigli. Que les plaisirs vous couvrent de leursailes, Avec le temps vous compterez plus tard, bë-rang. Bon vieillard. || 11* Rendre compte. 11 fautexaminer si M. Fouquet et tout autre surintendantpeut être obligé, en aucun cas, de compter de sonadministration, pellisson, 11 , # 2 . De cette pratiquede vertu [la dévotion], le comble de toutes les autrespour le commun des hommes, il [le duc de Bour-gogne ] ne doit pas être en crainte d’en compter unjour devant Dieu , st-sim. 265,74. || 12° Se proposer.Il compte partir demain, Acad. Il compte de se retirerdans un village, fën. Tel. xxiv. Il compte d’aller àVersailles , sêv. 609. On compte de faire rebâtir cetappartement, id. 20 . C’est qu’ils comptent de n’êtrejamais hommes, 1 . 1 . rouss. Ém. iv. Je compte deme reposer le reste de mes jours, montesq. Corres-pondance, 20 . Son inflexibilité leur assurait combienil comptait d’avoir pris le bon parti, fonten. Chi-rac. Je n’ai qu’à vivre de la manière dont j’ai vécujusqu’à présent ; et pourquoi? parce que je comptede me repentir quelque jour, et de me repentir vé-ritablement d’avoir ainsi vécu, bourdal. Pensées,t. 1 , p. 387. || Compter que, compter de, estimer,croire. Comptez que vous me trouverez toujours prêtà vous servir. Dubois comptait d’avoir fait beaucoupen réduisant l’Angleterre à consentir à la dispositiondes successeurs de Parme et de Toscane en faveurdes descendants d’Espagne , st-sim. 490, 4 4 8. Peut-elle compter d’en être crue sur sa parole? mass.Myst. Assompt. Après la réprimande qu’elle comp-tait qu’on lui eût faite, hamilt. Gramm. 4 .|| 13° Compter sur, avoir espoir, confiance. On nepouvait jamais compter sur lui, hamilt. Gramm. 4.Personne n’ose lui dire qu’il ne doit plus comp-ter sur la vie, mass. Mort. Nous comptons tous surtoi, comme si dans ces lieux Nous entendionsCaton, Rome même et nos dieux, volt. Mort de Cé-sar, m, 3. || 14° Dater. La république romainecompte de l’expulsion desTarquins. || A compter de,à partir, à dater de. A compter de demain, cet en-fant ira au collège. || 18° Être compté. Une syllabeélidée ne compte pas dans les vers latins. Il compteparmi les hommes les plus habiles de sa profession.Les pleurs comptent pour le sourire, Les nuits d’exilpour de beaux jours, lamart. Harm. m, 4. || Fami-lièrement. Il ne compte pour rien, il n’a aucune in-fluence personnelle. || Cela ne compte pas, n’entrepas en compte; et, figurément, cela ne fait rien àl’affaire. || 16° Se compter, v. réfl. Se mettre au nom-bre de. Je ne me compte point pour un de vos su-jets, corn. Hor. n, 4. Elle apprend à se compterpour rien, boss. Lett. abb. 4 4 8. Le triste Antiochus Se compta le premier au nombre des vaincus, rac.Bérén. 1 , 4. ||Être compté. Cela se compte. Cela nese compte pas. || Proverbe. Qui compte sans son hôtecompte deux fois, c’est-à-dire quand on fait soncompte dans une auberge sans l’hôtelier, il se trouvequ’on n’a pas évalué la dépense assez haut, et, engénéral, quand on fait des arrangements sans con-sulter les personnes qui y sont intéressées, on courtrisque d’avoir des mécomptes.
— REM. 1. Racine a dit : Et l’on sait que tou-jours la Colchide et ses princes Ont compté le Bos-phore au rang de leurs provinces, Mithr. 1 , 1 . On acritiqué compter au rang, objectant qu’on dit met-tre au rang et compter au nombre. Mais cette criti-que n’est pas fondée ; et l’on peut aussi bien comp-ter dans un rang que dans un nombre. || 2. Compterde faire, ou compter faire. L’un et l’autre se disent;le dernlbr est plus usité présentement; l’autre l’é-tait plus autrefois.
— HIST. xi' s. Je ai cunté, n’i a mais que septlieues, Ch. de Bol. cxciv. || xii’s. Or menrez [mè-nerez] vous honteuse vie ci ; Si vous conte on avoecles recreans, hues d’oisi , Romancero , p. 4 03.|| xiii* s. Sans les autres richesses que je ne sai con-ter, Berte, xcvii. Et quant le [la] coze faut, et il ontconté ensanlle de la perte ou du gaaing qu’il yorent, la compaingnie est faillie, beaum. xxi, 30.Et qui ainsi conte, il conte sagement et loialment,id. xxix, 4 4. Tuit li enfant d’un mariage, quant ilvienent en compaignie avec le secont mariage ouavec le tiers, ne sont conté que por une sole per-sonne, id. xxi, 8 . || xv° s. Il [Charles VIJ pensoitles [Bretons, Normands , etc.] embesogner surles Parisiens qui avoient fait faire et forger lesmaillets; et compteroit-on à eux [leur demanderait-on compte], froiss. h, 11 , 103 . Et si ne leur vint ànul profit qui à compter fasse, id. 1,1, 4 38. Au fort,martir on me devra nommer, Se Dieu d’amours fait
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nulz amoureux saints, Car j’ay des maulx plus quene sçay compter, ch. d’orl. Bal. 10 . Si veit [elle vit]que saphilozomiedonnoitàcongnoistre qu’elle comp-tast pou [peu] à une telle adventure dont elle se com-plaignoit, Perceforest , t. 11 , P 437. Affermant que,s’il l’y trouvoit, il compterait avec lui [aurait affaireà lui] et le ferait retourner outre son plaisir,louis xi, Nouv. lxxiii. || xvi° s. Compte nous entiè-rement l’ordre, le nombre et la forteresse de l’armée,rab. Pant. 11 , 26 . Vous comptez sans vostre houste,id. ib. Mon cousin, ce porteur vous sçaura bienau long compter de l’empeschement que j’ay eujusques icy, marg. L. 29 . Vous ne vous repentirésd’avoir prochassé de l’honneur à ceulx desquels vouspouvés conter la maison la vostre mesmes, id. ib.
4 47. En un beau corps il ne fault qu’on y puissecompter les os et les veines, mont, i, 492. Toutcompté, il y a plus de peine à garder l’argent qu’àl’acquérir, id. 1 , 346. Je ne sçais compter ny àject ny à plume, id. iii, 69. Qui compte seul,compte deux fois, comme celui qui compte sans sonhoste, loysel, 206 . Comptant le nombre des victoiresqu’il avoit emportées, amyot, Pêric. 73.
— ÊTYM . Provenç. comtar, condar; anc. catal.comptar; espagn. contar ; ital. conlare; du latincomputare, compter, de cum, et putare, penser(voy. putatif).
t COMPTEUR, EUSE (kon-teur, teû-z’), s. m. et f|| 1° Celui, celle qui compte. S’il n’avait entenduson compteur à la fin Mettre la clef dans la serrure,Les ducats auraient tous pris le même chemin,la font. Fabl . xu, 3. || 2° S. m. Appareil qui sertà compter le temps, la vitesse en certaines machines.|| Instrument qui sert à mesurer la quantité de gazd’éclairage consommée par jour ou par mois dansune maison ou un établissement. || Terme de marine.Montre à secondes d’une exactitude éprouvée. || Termed’art militaire. Compte-pas. || Partie de l’orgue. || Ca-briolet-compteur, cabriolet de place qui s’est vuquelque temps à Paris et dont le prix se réglaitd’après le nombre de minutes pendant lesquelles lavoiture avait marché.
— HIST. xiii* s. Li quatre prudoume qui gardentle mestier doivent mestre et establir les conteeurs,Lit), des mit. 272 . || xiv° s Les compteurs [à la pois-sonnerie] ne pourront avoir de chacun millier deharans à compter, qu’un denier, c’est assavoir duvendeur maille et de l’acheteur maille, Ordonn.des rois de Fr . 1. 11 , p. 359. || xv° s. Qui a le mondeainsi destruit, Et par qui sueffre i! tant de maulx?Je le diray, entendez tuit: Puis qu’il vint tant decardinaux, De compteurs [gens de finances], de di-vers papaux.... eust. desch. Poésies mss. P 267,dans I.ACURNE.
fCOMPTEUSE (kon-teû-z’), s. f. Celle qui ar-range les mains de papier.
COMPTOIR (kon-toir), s. m. || 1° Table petite ougrande sur laquelle le marchand compte son argentet où il l’enferme, et sur laquelle il fait voir la mar-chandise qu’on lui demande à acheter. La chambre,bien cadenassée, Permettait de laisser l’argent surle comptoir, la font. Fabl . xu , 3. || Demoiselle,dame de comptoir, demoiselle, dame qui est assiseau comptoir et qui y travaille 3t répond aux cha-lands. || Dans une grande maison de commerce,l’endroit où se font les recettes. || Fig. Passer sa viederrière un comptoir, vivre obscurément dans lesaffaires du petit commerce. || 2° Bureau général decommerce, établi en différentes localités de l’Inde ou de l’Afrique et ailleurs pour différentes nationsde l’Europe. Venise avait eu des comptoirs autre-fois sur les bords du Tanaîs, volt. Mœurs, 44 ».|| 3°Etablissement secondaire d’une maison de com-merce,de banque. Le buisson, le canard et la chauve-souris , Voyant tous trois qu’en leur pays Us fai-saient petite fortune, Vont trafiquer au loin, etfont bourse commune ; Ils avaient des comptoirs,des facteurs, des agents, la font. Fabl . xu, 7.|| Comptoir de la banque, succursale de la banquede France dans les principales villes de province.|| Comptoirnational d’escompte, sortede banque crééepour aider le commerce par l’escompte de ses effets.
— HIST. xiv* s. Aucuns siens serviteurs lui avoientrapporté que ilz l’avoient veu furiller et aler autourle dit comptouoir, du cange, computatorium.\\ xv°s.Après entrer je le voye En ung comptouer qu’ilavoit, ch. d’orl. Bal 4 4t>. Le dit petit enfant aucomptoir [bureau] estant où notre clerc escrivoit,louis xi, Nouv. xxiii. || xvi* s. Ces deux aidèrent àle porter [le mari] jusques dans sa chambre, où unefoulle de parens et de voisins accourans, le roi fut