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Tome premier. A - C.
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appellations de la prévôté de l’hôtel, des différendsentre présidiaux, des matières bénéficiâtes, descontrariétés d’arrêt. || Conseil des Dix, tribunal secretà Venise , qui, chargé de veiller à la sûreté de l’Etat,avait des pouvoirs illimités. || Le conseil aulique,l’un des tribunaux suprêmes de l’empire d’Allema-gne , où se jugeaient les procès des princes. || Con-seil provincial d’Artois, conseil souverain d’Alsace ,de Roussillon, juridictions qui tenaient lieu de par-lement dans les provinces. || 10° Nom de différentsconseils qui siègent ou siégeaient auprès du souve-rain. Conseil de cabinet, conseil le plus intime duprince. || Conseil des ministres, ou, absolument, leconseil, la réunion des ministres assemblés pour dé-libérer sur les affaires de l’État. On dit aussi en cesens conseil de cabinet. || Conseil d’Etat , corps quia dans ses attributions la charge de préparer les lois,ordonnances et règlements, de résoudre les difficul-tés en matière administrative et de juger les appelsdu contentieux administratif. || Autrefois, conseild’Etat se disait du conseil particulier où le roi exa-minait avec ses ministres les affaires de paix, deguerre, de politique étrangère. || Conseil d’Etat sedisait aussi d’un corps qui, en assemblée générale,était chargé de prononcer sur les demandes en cas-sation des arrêts des cours souveraines; il s’appelaitalors conseil des parties et conseil privé. || Conseild’en haut, conseil où présidait le roi et où se trou-vaient le chancelier, les ministres d’Etat et autrespersonnes. || Conseil de conscience, conseil particu-lier où étaient le roi, son confesseur et quelques au-tres et où l’on décidait diverses matières concernantle clergé ou l’état ecclésiastique. || Le conseil privé,conseil particulier du souverain. || Autrefois conseildes dépêches, celui où se traitaient devant le roi lesaffaires de haute administration intérieure. || Autre-fois conseil du roi, assemblée qui connaissait detout ce qui intéressait l’administration générale duroyaume. || Conseil des princes, des grands sei-gneurs, des communautés, l’assemblée de leurs in-tendants, avocats et autres pour régler l’administra-tion de leur maison. || Proverbes. La nuit porteconseil, c’est-à-dire il faut réfléchir avant de prendreune résolution. Après que la nuit nous aura donnéconseil, sév. 3 G3. || A nouvelles affaires, nouveauxconseils, c’est-à-dire il ne faut pas trop prévoir lesinconvénients, il faut se décider suivant les cas. || Aparti pris point de conseil, c’est-à-dire les conseilssont inutiles quand la chose est décidée. || A chosefaite, conseil pris, même sens. || On ne pèche pointquand on pèche par conseil, c’est-à-dire il n’y a pasde faute quand on a pris avis de gens honnêtes ethabiles. || Ce conseil-là est bon, mais il n’en fautguère user, se dit d’un avis qu’on ne veut passuivre.

— HIST. xi* s. Se [il] soun conseil li donast, Loisde Guill. <2. LI reis Marsile ot son conseil finet,Ch. de liol. v. Dès or [il] comence le cunseill quemalprist, ib. xii. Vers Charlemagne [je] lui durrai[donnerai] bon conseil, ib. cxcm. Li empereres luia dist à cunseill, ib. cclii. Bavier et Saisne sontalet à conseill.ib. cclxxvii. || xn*s. Beneürez li huemchi ne alat el conseil des feluns, Liberpsalm. p. 4.Consels d’orguel ne vaut, Ronc. p. H. Iert [sera]tenus mes consois [mon conseil], t'b.p. 25. Baron ,fait-il, conseil vous ai requis, ib. p. 180 . Par le con-seil de fausse gent vilaine, Coud, xiv. A tart avez,dame, ce conseil pris, quesnes, Romancero, p. 108.A cel consoil s’accordent tel cinq cent chevalier,Sax. xvi. Bien a creü li rois conseil de son damage,ib. xxvi. La parole est finée, et li consoilz se part,ib. xxix. En l’autre chambre avant sist li reis od sesdruz, U [où] ses conseils teneit od les mielz co-neüz ,Th. lemart. 39. ||xiii*s. Dolente, sans conseil[ne sachant que faire], mar [je] vi onques le jour,Oue premier [je] vis d’Ugon l’acointance et l’amour,audef. le bast. Romane, p. 32. Adonc pristrent cilde l’ost conseil qu’il porroient faire, villeh. lxxiii.Pu requis Jofroisli mareschaus de Champaigne queil alast à Andrenoble et qu’il meïst conseil à ce queceste guerre fust abaissiée, id. cxix. Sire, font limessage, nous voulons que vousaiés vostre conseil,et devant vostre conseil vous dirons le mandementde nos seigneurs.... id. xi. Au palais où il estoient

conseil, id. lxv. Et il dit que il le fera moult vo-lentiers, et que cis consaus est moult bons, id. xlii.Jà [elle] avoit en son cuer le conseil [de] l’avcrsier[diable], Berte, xi. Constance à ce conseil [délibé-ration] fu moût tost apelée, ib. cxv. llout otli roismes peres fol conseil et foubert, ib. xxxiv. Sachez,vous en avez mauvais conseil creü, ib. li. A cestconseil [ils] se tiennent, ainsi fu establis, ib. lxxv.Mere , se dist la serve, vostre conseil [nous] ferons,

ib. lxxvii. Li empereres mande ses barons, et leurprie que il li doinsent consel se il séjournera ou che-vauchera cest yver, h. de valenc. xiii. Amors medist que ge queïsse Ung compaignon, cui ge deïsseMon conseil tout outréement, la Rose, 3H7. Et nosdevons savoir que tel establissement sunt fet partrès grant conseil et por le commun pourfit, beaum.XLvm, 4. Dorent conseil de envoier querre la roynede Cypre, joinv. 203. Le roy lessa tous les autres con-seulz de ses barons, et se tint au conseil desonfrere,id. 219. gire, vous estes perdu se ne metés conseilen vous, id. 240. La crestienté dechiet et fontentre vosmains, etdecherra encore plus se vous n’i metés con-seil, id. 290. Je vous loe et conseille que vous deffen-dés à tout vostre conseil juré, que il ne preingnent[reçoivent rien] de ceulz qui auront àbesoignerpardevant vous, id. 288 . Le roy rappela tous ses preu-dommes chevaliers de son conseil, et touz li loerent[conseillèrent] qu’il attendist, id. 227. En ce pointnous envoia le soudanc son conseil pour parler ànous, id. 242. || xiv* s. Nous conseillons ou faisonsconseulx, non pas de la fin ou des fins, mais deschoses ordenées à la fin, oresme, Eth. 67. Lorsfault[manque] bon conseil, quant le grand besoin est,Ménagier, i, 9. || xv* s. Si eut le roi de France plu-sieurs consaulx par quel costé il pourrait sus couriret combattre ses ennemis, froiss. i, i, 315. || xvi* s.Nous appelions conseil, un propos délibéré de la vo-lonté, quand le cœur de l’homme est veincu et sub-jugué par la tentation, calv. Inslit. 3io. Et a tous-jours esté conseil hazardeui de fier à la licence d’unearmée, mont, i, 27. Aufidius entrant en la chambredu conseil, id. i, 74. Les conseilz des femmes y se-ront ils receus? luy dict elle, id. i, 429. Le royséant en son conseil d’Estat et privé, que l’on appe-loit en ce temps là l’estroict conseil, carl. vi, 35.Comme tout le monde se trouvas! estonné d’un con-seil si hardy et si avantureux.... amyot, Cimon, 9.Conseil de nuit ne fait ennui ; conseil en vin n’abonne fin, leroux de lincy, Prov. t. u, p. 277.

— ÊTYM . Provenç. conselh, cosselh; catal. conseil;espagn. consejo; portug . conselho; ital. consiglio;du latin consilium, même radical que consulere (voy.consulter). Dans l’ancien français , au singulier, no-minatif li consels, consens ou consaus, au régimele consel; au pluriel, nominatif li consel, au régimeles consels, conseus ou consaus. Palsgrave , p. 57,dit qu’on prononce consei devant une consonne.

f CONSEILLABLE (kon-sè-lla-bl’, Il mouillées),adj. Qui peut être conseillé, donné comme avis.

— HIST. xiv* s. L’on pourrait fera question assa-voir moult se toute question est conseillabie, oresme,Eth. 66.

— ÊTYM . Conseiller.

CONSEILLÉ, ÉE (kon-sè-llé, liée, Il mouillées,et non kon-sè-yé), part, passé. || 1° Qui a reçu unconseil. Ne vouloirêtre ni conseillé ni corrigé. || 2°Quiest recommandé en forme d’avis. La lecture con-seillée par le maître.

4. CONSEILLER (kon-sè-llé, Il mouillées, et nonkon-sè-yé), v. a. || 1" Donner un conseil. Bien, malconseiller quelqu’un. Aimez qu’on vous conseille etnon pas qu’on vous loue, boil. Art p. i. Un princeque la sagesse conseille, que la valeur anime, et quela justice accompagne dans toutes ses actions, boss.Reine d’Anglet . || Absolument. Quand l’arrêt estporté, qui conseille est coupable, volt. Orphel. v, 2 .|| On a dit conseiller quelqu’un de faire quelque chose.Nous l’avons conseillé de bâtir, pasc. but. à Mme Pé-rier, 5 novembre 4 648. Le vieil Ozius conseilla l’empe-reur [Constantin ] d’assembler un concile, volt. Phil.u, 388. Cette tournure est peu usitée. || 2° Suggérerpar conseil quelque chose à quelqu’un. Voyons lesbeaux discours qu'un flatteur lui consei lie, rotr. Ven-cesl. i, 4. Vous a-t-il conseillé beaucoup de lâche-tés? corn. Nicom. iii, 2. Je vous prie de me conseillertout ce que je dois faire, mol. l’Am.méd. i, 4. || Con-seiller de, avec l’infinitif. Je lui conseillerais de s’as-surer d’un autre, corn. Nicom. iii, 2 . Je veux luiconseiller de ne m’épouser pas, id. Sertor. v, 4. Queme conseillez-vous? — Je vous conseille, moi, deprendre cet époux. — Vous me le conseillez? mol.Tart. n, 4. Je vous conseillerais de ne l’apprendrepas, th. corn. Ariane, it, 4 . Ne me conseille pasdeme faire haïr, volt. Mort de Cés.i, 4 . || On l’emploiequelquefois avec que et le subjonctif. Il conseilla quecela fût fait. || 3“ Se conseiller, v. réfl. Prendre con-seil. Conseillez-vous-en donc avec des gens de bien,tristan, JL de Chrispe, m, 2 . J’en avais toutes lesen-vies du monde, et je me suis même encore aujourd’huiconseillé au ciel pour cela, mol. Festin de Pierre, v,3. Si vous vous conseilliez à moi, je serais fort embar-rassé, id. Amants magnifiques, ii,4. Ce qui est vé-,

ritable quoique très-surprenant, Mme de Maintenons’en appuyait [de la duchesse de Bourgogne] etquelquefois se conseillait à elle, st-sim. 324 , 202.|| Prendre conseil de soi-même. Il est vrai que cha-cun volontiers se conseille, Qu’il aime que son sensrègle ses actions, corn. Imitation, l, 9. Et sesmânes.... se conseillent dans le silence et l’obscu-ritédu tombeau, vauven. Élogede Louis XIV . || Êtreconseillé. Une pareille chose ne se conseille pas.

— HIST. xi* s. Conseilez moi corne mi home saive,Ch. de Roi. 11 . || xii* s. Vostre emperere fut moûtmal consiliez, Ronc. p. 89. Fiere destrucion je voussai conseillier, ib. p. 200 . Sire, dit Escorfaus, bien[je] vous sai consoillier, Sax. vi, Li dus Bueves....A Gilemer l’Escot commence à consoillier, ib.xvi. Amon pooir [je] vous ai consoillé mainte fie [fois],Et encor vous consoil, ib. xx. Li reis en saisireit lesrentes et les fiez, Tresque li lius sereit de pasturcon-seilliez [aurait un prêtre pour le diriger], Th. lemart. 64. || xiii* s. En l’oreille [elle] lui prent tan-tost à conseiller, Berte, xi. [Que] Dame Dieu la con-saut et ses saintismes noms, ib. xxhi. Il en ontmoût entre eux conseillié et parlé, ib. lxxxi. Et cilrespondirent qu’il s’en conseilleraient, et leur enrespondroient l’endemain, villeh. cxlvii. De ce seconseilla li marchis à ses homes, id. cxxiy. Si ba-ron li loerent que il alast à Salenyque por conseil-lier la terre, et por sejorner illuec, H. de. valenc.xiii. Il est droit que je me conseille, ruteb. Testam.de Famé. Quant aucuns bénéfices de sainte esgliseescheoit au roy, avant que il le donnast, il se cou-seilloit à bones persones de religion et d’autres,joinv. 293. Il leur requist que il li aidassent à con-seiller comment l’en départirait ce que l’en avoitgaaingné en la ville, id. 24 6. || xiv' s. Elettion estde chose devant conseillie, oresme, Eth. 64. Nousdisons que bien conseillier est la principal opera-cionde prudence, id. ib. 478. || xv* s. Là furent par-lementés et conseillés plusieurs avis et statuts entreles seigneurs et leurs pays, froiss. 1,1, (25. Le roine lui eust jamais conseillé à ce faire, id. i, i, 326.Sur les lettres et requestes durai de France , les ba-rons d’Escosse se conseillèrent; quand ils furent bienconseillés, et ils eurent bien considéré parfaitementtoutes leurs besognes.... id. i, i, 75. || xvi* s. Quicon-que donc estimera le tout avec bon jugement, co-gnoistra qu’ils ont esté mal conseillez [inspirés],calv. Instit. 994. Comment Panurge conseille [de-mande conseil] à Pantagruel, pour sçavoir s’il sedoibt marier, rab. Pant. iii, 9. J’en suys, respon-dist Pantagruel, d’adviz, et le vous conseille, id.ib. Conseillé de se retirer de la meslée, mont, i, 4 6.Je ne conseille qu’on confonde leurs réglés, on s’ytromperait, id. i, 214 . Je n’aime ni à conseiller nyà suyvre une vertu si sauvage, id. i, 224 . Il con-seille de ne s’y enfoncer oultre les bornes du profict,id. 1, 224 . Conseillant à Lucilius de changer cettevie voluptueuse, id. i, 254. Cette belle victoire gai-gnée, les amis de Hannibal luy conseilloient qu’ilsuivist sa fortune, amyot, Fab. 34. Ce que tout lemonde estimoit estre grande témérité à luy et le ju-geoient en cela fort mal conseillé [avisé], id. Lu-cull. 43. Cicéron ne le luy vouloit point ottroyersur le champ, ains s’en vouloit conseiller à loisir,id. Cicéron , 4 4 . Après avoir un peu mieulx pensé,il fut conseillé de n’y aller point en personne pourla crainte et le danger des Grecs, id. Artax. 45..... A sçavoir conseiller ta face à ton rairouer, Ron-sard , 894.

— ÊTYM . Conseil; provenç. cosselhar, cosseillar,anc. espagn. consejar; ital. consigliare.

2. CONSEILLER, ÈRE (kon-sè lié, llê-r’, H mouil-lées, et non con-sè-yé; l’r ne se lie jamais; au plu-riel, l’sselie; des conseillers habiles, dites : des kon-sè-llé-z habiles), s. m. etf. || 1° Celui, celle qui donneconseil. Qui fait le conseiller n’est plus ambassadeur ;Il excède la charge, et lui-même y renonce, corn.Nicom. m, 3. Ne m’importune plus, conseillère in-discrète, tristan, Mariane, v, 1 . Ah! tu me rendsla vie et le sceptre à la fois; Un sage conseiller estle bonheur des rois, corn. Pomp. 11, 4 . Tite n’ou-blia rien pour le sauver [le temple juif ], quoique sesconseillers lui représentassent que, tant qu’il sub-sisterait, les Juifs, qui y attachaient leur destinée,ne cesseraientjamais d’être rebelles, boss. IList. 11,8.Loin de loger en nos maisons Ces deux filles duciel, ces sages conseillères, la font. Quinquina, 11.|| Fig. La passion est une conseillère dangereuse. Entoute chose le temps est un excellent conseiller, boss.Polit. L’histoire qu’on appelle avec raison la sageconseillèredes princes, id. Duch. d’Orl . || Dans le lan-gage précieux, le conseiller des grâces, le conseillerdes dames, un miroir. Vite venez nous tendre ici le