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conseiller des grâces, mol. Prie. 7. Les conseillersmuets dont se servent nos dames, la font. Fab. x, ( (.|| 2° Membre d’un conseil ou de certains tribunaux.Conseiller d’Etat. Conseiller de préfecture. Conseillerà la cour de cassation, etc. || Conseiller d’honneur,conseiller en exercice, à la place duquel est attachéecette qualification. |j Conseiller-né, se disait d’unequalité attribuée à certaines dignités qui donnaità celui qui la possédait entrée au parlement. L’ar-chevêque de Paris était un conseiller-nédu parlement.|| Conseiller du roi, titre d’honneur attaché autrefoisà certains offices, et que prenaient aussi les évêques.|| Conseiller du roi en tous ses conseils, titre desministres, secrétaires d’État, contrôleurs générauxdes finances, et conseillers d’État ordinaires. || Con-seiller-clerc, conseiller ecclésiastique. || Conseillers,notables choisis pour assister les consuls. Conseillerde ville. || Autrefois, conseiller à la cour signifiaitconseiller au parlement. || Titre de magistrat etfonctionnaire dans les cours d’Allemagne . Conseil-ler intime. Conseiller privé. || 3° S. f. Conseil-lère, la femme d’un conseiller. Mme la conseillère.Madame l’avocate est assez téméraire Pour aller dumême air que va la conseillère, boursault, Fablesd’Ésope , iv, 3. J’ai fait ce que j’ai pu pour lemettre en estime [mon mari, un tabellion]; Con-seillère à la cour, présidente à mortier, Faisaientmoins de fracas que moi dans mon quartier, id. ib .|| Dans certaines communautés de femmes, conseil-lères, celles qui composent le conseil de la supé-rieure. || 4° Adj. Que chez moi les avis ont de tristessalaires ; Qu’un valet conseiller y fait mal ses affaires,mol. l’Élour. i, 2 . || 5° Conseiller, un des noms vul-gaires du rouge-gorge. || Proverbe. Ici les conseillersn’ont point de gages, proverbe avec lequel on écarteceux qui donnent des conseils sans qu’on leur endemande.
— étym. x" s. Elle n’out escoltet les mais consei-llers, Eulalie. || xii* s. Bon conseller avez, llonc.p. 4. Quant ot li reis Henris [quand le roi Henri ap-prend que] l’arcevesques s’en fui, Durement s’enmarri, e si conseillier tuit, Th. le mart. 63. E lireis David le fist sun privé cunseiller, Rois, 2(4.|| xiii* s. DeSymon fist li rois son maistre conseiller,Berte, cxxix. || xv' s. Philippe de Chasteaux, sonmaitre escuyer et son souverain conseiller [de Jeande Hainaut ], froiss. i, i, 27. |] xvi* s. Il a vouluestre législateur en commandant cela, et non pointun conseiller comme ils songent, calv. Instil. 3(5.
< Il n’y a nul homme qui ait cognu le secret de Dieu ,ou ait esté son conseillier, in. ib. 450. Acheter unestât de conseiller en la cour de parlement. — Lacour de parlement délégué deux conseillers d’icelle,desper. Contes, cxxvi. Elles [les femmes] ne font si-non leur face regarder Au crystal d’un miroir con-seiller de leur grâce, Despites si quelque autre enbeauté les surpasse, am. jamin, Poésies, p. 224, danslacurne. Tu n’as desdaigné d’estre conseiller de mavie [de me conseiller de vivre] et tesmoing de mamort, MONT. Il, 40.
— ÉTYM . Provenç. cosselier, cosseilher, conseil-ler; espagn. consejero; portug . conselheiro; ital.eonsigliere; du bas-latin consiliarius, de consilium(voy. conseil).
f CONSEILLEUR (kon-sè-lleur, Il mouillées, etnon kon-sè-yeur), s. m. Celui qui donne des con-seils. || Proverbe. Les conseilleurs ne sont pas lespayeurs, c’est-à-dire celui qui donne un conseil n’apas la responsabilité de la chose qu’il conseille.
— hist. xn' s. Mais se je ai le los [l’avis] de mesconsoilleors, Sax. xxvii. || xiii* s. Qu’il soit de cestechose et maistre et conseillère, Berte, xn. Nus bail*lix, en sa baillie, de coze qui puist revenir pardevant li en jugement, ne doit estre advocasne con-seilliere, beaum. 35.
— Etym . Provenç. cosselhaire, cosselhador ; anc.espagn. consejador ; ital. consigliatore. Dans le pro-vençal et l’ancien français , au singulier nominatifcosselhaire, conseillère, du bas-latin consilidtor,avec l’accent sur a; régime cosselhador, conseilleor,de consiliatôrem, avec l’accent sur to. Voy. con-seiller (.
t CONSENS (kon-san), s. m. Terme de droit ca-nonique. Approbation, à Rome , de la résignation d’unbénéfice. Le jour du consens est le jour que la dési-gnation d’un bénéfice est admise en cour de Rome.
— étym. Lat. consensus, consentement, de cum,et sensus , sens.
t CONSENSUEL , ELLE (kon-san-su-èl, 6-1’), adj.Terme de pratique. Contrat consensuel, contratformé par le seul consentement des parties.
-— étym. Latin consensus, consentement ; c’est unadjectif formé comme sensuel de sensus.
t CONSENSUS (kon-sin-sus’) , s. m. Terme dephysiologie. Relation des diverses parties du corps,plus connue sous le nom de sympathie. Le consen-sus vital.
— Étym. Lat. consensus, accord, de cum, et sen-sus, sens
CONSENTANT, ANTE (kon-san-tan, tan-t’), adj.Terme de droit. Qui consent. Le mari est consen-tant; la femme est consentante. La partie consen-tante.
— HIST. xn* s. Sainte escripture dit.... Que liconsentanz est del mesfait en partie, Th. le mart.72. || xiii* s. Luxure dampne à cop à tout le mains[ moins] deux âmes, Non pas tant seulement lesseigneurs ne les dames, Mais tous les consentans,soient homes ou famés, i. be meung, Test. (799.Li bareteur qui font la fraude et tuit li consentantdoivent estre puni comme larron, beaum. xxxv,25. || xiv' s. Ledit Francisque fut consentant ducas, COMM. VII, (0.
— étym. Consentir. Dans le xvi' siècle on usaitbeaucoup d’un adjectif consent, consente, qui avaitmême sens.
CONSENTEMENT (kon-san-te-man), s. m.|| 1' Uni-formité d’opinion. Le consentement de tous leshommes sur ce point. || 2“ Action de consentir à quel-que chose. Il demande mon consentement pourépouser ma nièce , sëv. 224. Quand cela se fait duconsentement de la fille, pasc. Prov. 9. Mais n’exi-gez d’un fils aucun consentement, corn. Micom. si,3. Je vous réponds déjà de son consentement, rac.Andr. si, 3. Une fille et même une veuve qui amoins de vingt-cinq ans ne peut contracter mariagesans demander le consentement de son père, de samère, ou de ses proches, le maître, Plaid. 2 , dansrichelet. || Terme de droit. Consentement exprès,consentement manifesté de vive voix ou par écrit.|| Du consentement de.... ; locution signifiant selonl’opinion unanime- Voilà, du consentement de tousles auteuss catholiques et protestants, le fondementdes premières guerres, boss. Variai, x, § 47. Jecommence, dans cet examen, par ce qui est, duconsentement de tous ceux qui ont écrit sur cesujet, le fondement de la solide gloire d’un héros,je veux dire la justice de la guerre qu’il entre-prend, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. vi, p. 6(7,dans pougens.
— SYN. CONSENTEMENT , PERMISSION , AGRÉMENT.Termes qui ont tous trois rapport à des actions dela vie où l’événement dépend en partie de nous, enpartie de la volonté des autres. Le consentement,signifiant conformité de sentiment, veut dire qu’ontombe d’accord avec la personne qui demande leconsentement. La permission est relative à des cho-ses qui ne sont pas permises, qui sont défendues,et pour lesquelles on obtient dispense. L’agrément,voulant dire qu’on prend à gré, est une nuance duconsentement.
— hist. xiv' s. Et par ce vouloit Homerus amon-nester et induire les roys de Grèce que il ne orde-nassent pas de la chose publique sans le consente-ment et elettion du peuple, oresme , Eth. 69.|| xv' s. Et disoient aucuns que c’estoit du consen-tement du comte d’Ammarle, fenin, (418. Du con-sentement des parties , Bouciq. s, ch. 38. || xvi* s.Il convenoit donc aux prophètes de n’avoir nul con-sentement avec telles assemblées, veu que c’eustesté une conspiration meschante contre Dieu , cal-vin, Instit. 843. Au premier plus effronté qui dictson chois, voilà un consentement de voix encore3plus grand à refuser celuy-là, mont, iv, 83. Le plusgrand argument de la vérité, c’est le general con-sentement du monde, charron, Sagesse, i, (5.
— étym. Consentir ; provenç. cosscntimen; es-pagn. consentimiento ; ital. consenlimenlo.
CONSENTI, IE (kon-san-ti, tie), part, passé.Terme de droit. C’est un ajournement consenti parles parties. || En général, accordé. Tant de preuvessont superflues en une vérité si visible et si généra-lement consentie, costar, dans richelet.
CONSENTIR (kon-san-tir), je consens, nous con-sentons ; je consentais ; je consentis ; je consentirai ;consens, consentons; que je consente, que nous con-sentions ; que je consentisse; consentant, consenti,v. n. || l'Se rendre à un sentiment, à une volonté,à une obligation. C’était consentir en même tempsà l’extinction de la religion, de l’alliance et du sa-cerdoce , boss. Variât. 5* avertissement , § 24.Croyez-vous.... Que ma foi, mon honneur, monamour y consente? rac. Iph. iv, 6. Non, tu ne mour-ras point, je n’y puis consentir, id. ib. i, (. Ilpourra consentir à ce double hyménée, corn. Agésil.Il, 6. || Consentir à, avec l’infinitif. Et quelque grand
malheur qui m’en puisse arriver, Je consens à moperdre afin de la sauver, id. Cinna, ii, (. Peut-êtreà m'accuser j’aurais pu consentir, rac. Phèd. iv, 5Toutes les fois que Ton consent aux vraisemblances,on se met certainement en danger de se tromper,malebr. Recherches, vi, (. Il Consentir de, avec l’in-finitif. Fait si bien qu’à la fin sa compagne consentDe lui prêter sa hutte, la font. Fabl . n, 7. Je puisme plaindre à vous du sang que j’ai versé, Maisenfin je consens d’oublier le passé, rac. Andr. iv,6. César lui-même ici consent de vous entendre,rac. Brit. il, (. Perrault l’antipindarique Et Des-préaux l’homérique Consentent de s’embrasser,boil. Épigr. 29. D’autres consentent d’être gouver-nés par leurs amis, en des choses presque indiffé-rentes, la bruy. iv. || Consentiravecque et le subjonc-tif. Maisjeveux consentir qu’elle soitpouruneautre,mol. Mis. iv, 3. Elle consent [la Société de Jésus ] qu’ilsgardent leur opinion, pourvu que la sienne soitlibre, pasc. Prov. (. Nous consentons que de tousles devoirs qu’il [l’Évangile] vous prescrit, vous novous croyiez obligés d’observer que ceux.... mass.Carême, Évidence de la loi. On consent que vousborniez là toute votre piété et que vous laissiez toutle reste comme douteux, id. ib. Nous consentonsque vous soyez le juge entre nous et l’incrédulité,mass. Carême, Doutes sur la rel. Le peuple, par dé-férence pour le sénat, consentit même qu’on rétablîtle consulat, vertot, Révol. rom. liv. vii, p. (89.S’il le faut, je consens qu’on lui parle de moi, rac.Andr. iv, (.Je consens que mes yeux soient tou-jours abusés, so. Phèd. v, 7. || 2°Terme de marine.Se courber sous un effort. Cette vergue a fortementconsenti. Un vaisseau a consenti dans toutes sesparties pendant Téchouage, quand toutes les liaisonsen sont larguées. || 3°Terme didactique. Participer,concourir à la production d’un résultat. Hippocratea dit que tout, dans le corps humain, conspirait etconsentait. || 4° V. a. Terme de droit. Consentir lavente d’une terre, un traité, une hypothèque. Con-sentir l’impôt. Pour contracter une société, toutesles parties la doivent consentir, patru, Plaid, vi,dans richelet. || Dans le langage général, accorder.U [le trône] est à l’un de nous, si l’autre le consent,corn. Rodog. n, 4. Le consentiras-tu cet effort surma flamme? m. ib. m, 3. Partez, je le consens, id.D. Sanche, iv, 6. Mais je mourrai plutôt que de con-sentir rien, mol. D. Garde, i, 5. L’amitié le consent,si l’amour l’appréhende, corn. Rod. iv, (. || Proverbe.Qui ne dit mot consent, c’est-à-dire, garder le si-I lence, ne pas faire d’objection peut passer pour unconsentement.
— REM. 1. L’usage constant des auteurs est dedire : je consens que.... et non : je consens à ce que :ainsi, je consens que tu ailles, et non à ce que tuailles. || 2. Les grammairiens ont essayé de dis-tinguer consentir à et consentir de, avec un infinitif,disant que consentir de veut dire ne pas s’opposer,et consentir ô, donner son consentement, maisl’examen des exemples des auteurs ne permet guèrede faire ces distinctions.
— SYN. consentir, acquiescer. Consentir, c’est,étymologiquement, tomber d’accord. Acquiescer,c’est, étymologiquement, se mettre en repos à l’égardde quelque chose. Dans le consentement, il y a con-formité de sentiment; dans l’acquiescement il y aconformité de volonté. Un père consent au mariagede son fils. Un chrétien acquiesce à la volonté deDieu .
— HIST. xi' s. Dist au paien : Deus tout mal te con-sente, Ch. de Roi. cxxii. Par ta mercit, se tei plait,me cunsent [accorde moi] Que.... ib. ccxxiv. || xn' s.Se Deus [Dieu ] de gloire repairer me consent, Ronc.p. (5. Ne lui font mal, car Dex ne leur consent, ibp. 96. Consentez moi et droiture et honor, ib. p.( 08 . Et Diex pourquoi le consent [pourquoi Dieu yconsent-il] Qu’il se veut si bien mentir [qu’on veuillementir]? Coud, iv. Quant de lui [d’elle] sont tuitmi penser, Moult me plaist ce que me consent [ellem’accorde], ib. p. ( 2 (. Sire, ce dist Girarz, se Dexle me cousant, J à d’endroit le message n’i perdereznéant, Sax. xxi. Par tut [il] li aidera là ù raisonsconsent, Th. le mart. 68. ||xiii' s. La bele lui res-pont : Ja Diex ne le consente, Qu’en soignenlage[concubinage] soit usée ma jouvente, audef. lbbast. Romancero, p. 22 . Se nostre sire le velt con-sentir, villeh. xii. Diex consent mainte gent traïsonà fournir, Berte, lxiii. Je verrai se c’est voirs, seDiex Ta consenti [permis], ib. lxxxix. || xiv' s.Si comme ceulz qui se consentent et tiennent uneopinion des mouvemens du ciel ou d’autre spe-culacion, oresme, Eth. 27(. || xv's. Nulle guerroentre elles [les villes de Flandre ] ne se pouvoit