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Tome premier. A - C.
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768 CON

entrèrent ambitieusement en contestation contre luy,touchant la superintendance de l’armée, amyot,Eum. te. Ils feirent en cet endroit fin à leur con-testation, et se départirent incontinent d’ensemble,lu. Ilrutu.ï, 42. Quant à la contestation et defense,elle fut grande, lanoue, 309. Il y eut entre eux degrandes contestations pour le rang et sur les termesdont ils dévoient user en parlant à cette princesse,d’auh. Vie, cxx.

— ÉTYM . Lat. contestatio, de conteslari, contes-ter; ital. contestaiione.

CONTESTE (kon-tè-st’), s. f. Contestation, procès.Ils sont en conteste. Vieux. || Ce mot ne s’emploie plusguère que dans la locution sans conteste, sans dé-bat, sans dispute, sans contredit. Homme ou démon,veux-tu m’entendre sans conteste, mol. le Dép. ii,7. I.a maison à présent, comme savez de reste, Aubon monsieur Tartuffe appartient sans conteste, id.Tart. v, 4.

— ETYM . Voy. CONTESTER.

CONTESTÉ, ÉE (kon-tè-sté, stée), part, passé.Sur quoi il y a débat Succession contestée. Créancecontestée. L’honneur'de la [la ville naissante] nom-mer, entre eux deux contesté, Dépendait du pré-sentde chaque déité, la font. Filles de Minée. Etcomme ces personnes n’entrent pas en défiance devotre bonne foi et ne pensent pas à examiner s’ils’agit, en ce lieu-là, de la question contestée, pasc.J’rov. 13. Votre conduite est assez connue, et cesont de ces sortes de choses qui ne sont contestéesde personne, mol. Critique, sa. 7. Il Terme de pra-tique. Cause non contestée, cause que l’on peut ren-voyer et sur laquelle il n’y a eu ni règlement niplaidoirie.

CONTESTER (kon-tè-sté), v. a. || l“Ne pas recon-naître le droit ou la prétention de quelqu’un à unechose. Il me conteste ma qualité. On lui contestecette succession. Elle est si étonnée de trouver quel-qu’un qui ose lui contester quelque chose, que celala réjouit, sév. 442. Procès pour le legs au présidialde Poitiers .... Le cœur de la dame fut contesté avecplus de chaleur encore, la font. Lett. vi. Ne luiconteste point [à Fulvie ] un coup digne de toi, volt.Triumv. v, 3. || Terme de jurisprudence. Contesterune créance, dans une faillite par exemple, en nierl’existence ou la validité. || 2° Nier un fait, un prin-cipe. Cela est si généralement soutenu que Lessiusle décide comme une chose qui n’est contestée d’au-cun casuiste, pasc. Prov. 7.11 est heureux à prouverce que personne ne lui conteste, boss. Variât, i" dise.§ 49. || 3° V. n. Disputer, élever une contestation....allez, sans contester, Vous aurez tout loisir devous faire écouter, corn. Perthar. ni, 5. J’aime àvous obéir, seigneur, sans contester, id. Othon,ni, 3. Tandis que leur amour en cet adieu conteste,Achillas à son bord joint son esquif funeste, id.Pomp. n, 2 . La mouche et la fourmi contestaientde leur prix, la font. Fabl . IV, 3. Après qu’on eutbien contesté, Répliqué, crié, tempêté, id. Fabl .ni, 2 . Les parties contestèrent devant le roi, ets’engagèrent à justifier leurs prétentions par lestermes de la loi de Moïse, boss. Ilisl. unie, i, 9. Tamalice conteste contre les bontés de Dieu, id. Pèn .3. Nous contestons contre les décisions de l’Église,mass, l'anég. Étien. ||4° Se contester, v. réfl. Êtrecontesté. C’est un fait qui ne saurait se contester.Un droit si bien établi ne se conteste pas.

— HIST. xvi* s. Bataille contestée, mont, i, io.Nous ne perdismes que-la ville de Fossan, encoresaprez l’avoir longtemps contestée, id. i , 44. Cemembre, contestant de l’auctorité avecques nostrevolonté, id. i, 97. Des erreurs contestées et debat-tables, id. i, 122. Ce que j’auray dict sans soing,si on vient à me le contester, je l’espouse, id. iii,291. S’esians deux esquadrons entr’afrontez, on n’apas quasi deschargé la seconde pistolle, que l’un oul’autre tourne; caron ne se conteste plus, commefaisoient les Romains contre les autres nations,lanoue, 313. J’adjousteray encor une dextérité quela pratique a enseignée à contester un fossé sanseau, encor qu’on ait gaigné la contrescarpe, id.338. Les Romains seuls luy restoient dignes et assezpuissans pour contester de l’empire à l'encontre deluy, amyot, Caton, 24. En sagesse et en doulceuril contestait avecques les premiers, id. Brutus, 2.

— étym. Provenç. et espagn. conteslar ; ital.contestare ; du latin contestari, de cum, avec, ettestis, témoin (voy. tester). L’ancien français neconnaît pas ce verbe et il a en place contrester (decontre et ester-, voy. contraste) : Bien cuidoientcontrester à nos fouriers, villehard. p. 178, éditionde p. paris. Si ke n’i ait contreste, Ilist. liit. t. xxm,p. coi.

CON

f CONTESTEUR (kon-tè-steur), s.m. Celui quiconteste. Je ne dis pas qu’un contesteur n’ennuie;Mais il est bon quelquefois que l’on nie, scariion,Poésies div. Œuvres, t. vii, p. 169, dans pougens.

— étym . Contester.

CONTEUR, EUSE (kon-teur, teû-z’), s. m. et f.|| 1° Celui, celle qui narre habituellement. Conteuragréable. L’art du conteur est de réduire l’action à cequ’elle a d’original et d’intéressant, marmont. Élém.litt. Œuvres, t. vu, p. 42, dans pougens. L’und’eux était de ces conteurs Qui n’ont jamais rien vuqu’avec un microscope , la font. Fabl . ix , t.Mme de Chevreuse, qui était une conteuse, m’a ditqu’elle avait été cause de l’emprisonnement de M. leprince [Condé], segrais , Mémoires, t. ii, p. (4.|| Celui qui compose, écrit des contes. Les conteursorientaux. || 2° Celui, celle qui débite des chosesfausses ou frivoles. C’est un conteur, un conteur defagots, un conteur de sornettes, un conteur de chan-sons. || Conteur de fleurettes. || Conteur, celui quien conte à une femme. Elle en aimait fort une [jeunefille] à qui Ton en contait, Et le conteur était ungentilhomme De ce logis, bien fait et galant homme,la font. Fianc. En cet emploi, conteur ne se ditque par occasion ; c’est à cause du mot en contermis précédemment qu’il peut figurer ici; car, s’iln’était pas précédé du verbe, tout le monde enten-drait un homme qui fait des contes en général, etnon pas un homme qui cherche à plaire. || 3° Adjec-tivement. Et dans de longs récits la vieillesse con-teuse En troublait le repos de l’enfance peureuse,delille, Homme des ch. i.

— hist. XIII e s. Tant ont li compteour compté, Etli fableour tant fablé, du cange , abelimenlum.|| xv e s. Cil est appellé conteur, que aucun establità parler et conter pour soy en court, Ane. coustumede Normandie , dans lacurne. || xvi* s. X fol con-teur sage escouteur, cotgrave. Tel conteur tel au-diteur, LEROUX DE LINCY , t. II, p. 420.

— ÉTYM . Conter; provenç. comtaire; espagn.contador ; ital. contatore. Le provençal comtaire estau nominatif; le régime serait comtador. Le vieuxfrançais compteour ou cohteour est au nominatifpluriel; le nominatif singulier est contere, et le ré-gime singulier conteour ou conteor.

CONTEXTE (kon-tèk-st’), s. m. || 1° L’ensembled’un acte par rapport à l’enchaînement des disposi-tions et des clauses. Les actes notariés doivent êtreécrits en un seul et même contexte. || Unité de con-texte, terme de droit. L’unité de contexte est exigéedans les testaments, c’est-à-dire que les dispositionsdoivent être rédigées d’une manière complète, desuite, sans interruption, lacune, ni intervalle.|| 2° L’enchaînement d’idées qu’un texte présente.Il résulte du contexte de l’article que....

— ÉTYM . Lat. contextus, de cum, et texlus, texte.

CONTEXTURE (kon-tèk-stu-r’), s. f. || l e Tissurede parties formant un tout. La contexture des muscles,des os. Je me suis souvent étonné d’une si étrangecontexture, boss. lmp. 3. Un organe de plus ou demoins dans notre machine aurait fait une autre élo-quence, une autre poésie; une contexture différentedes mêmes organes aurait fait encore une autrepoésie, montesq. Goût, plaisirs de l’âme. M. Bertinannonçait que la contexture des différents plans defibres musculaires qui forment l’estomac était à peuprès semblable dans l’homme et le cheval, condorcet,Berlin . || 2“ Fig. Liaison entre les diverses partiesd’un ouvrage d’esprit. La contexture de ce poèmeest bien entendue. Telle est la prophétie de Joad dansl’Athalie de l’illustre Racine, le plus beau morceaude poésie lyrique qui soit sorti de la main des hommeset auquel il ne manque, pour être une ode parfaite,que la rondeur des périodes dans la contexture desvers, marmont. Élém. litt. Œuvres, t. ix, p. 24,dans pougens. Je sens avec déplaisir toutes les fautesqui sont dans la contexture de cette pièce aussi bienque dans la diction, volt. Mariamne , préface.

— SYN. contexture, texture. Ces deux mots nediffèrent que par le préfixe, et, pour le sens, ils nediffèrent qu’en ce que contexture appelle davantagel’attention sur la complication, l’enchaînement quiexiste dans la texture.

— HIST. xvi* s. Changeray je pas pour vous cettebelle contexture des choses? mont, i, 85. Il faultapprendre aux enfants de haïr les vices, de^ leurpropre contexture [à cause de leur nature même,non de leurs résultats], id. i, lus. La contexturedu nid du moindre oyselet, id. i, 235.

— ÉTYM . Com, et texture.

f C0NTIGNAT10N (kon-tigh-na-sion), s. f. Assem-blage de pièces de bois, qui servent à rendre quelquechose stable, ou à porter un fardeau.

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— ÉTYM. Lat,. contignalio, de cum, et tignumbois de charpente.

CONTIGU, UË (kon-ti-gu, guë), adj. Qui touchià. Sa maison est contiguë à la mienne. On l’éta-blit gouverneur des peuples contigus à cette pro-vince, vaugel. Q. C. liv. x, ch. to. Ces maisomn’étaient point contiguës, ayant de chaque côté unvide qui les séparait les unes des autres, rollin,Hist. anc. Œuvres, t. n, p. 27, dans pougens. Onconçoit comment les terres des particuliers réunieset contiguës deviennent le territoire public, j. j.rouss. Contrat soc. i, 9. || Fig. Idées contiguës,idées qui touchent Tune à l’autre. Deux sujets con-tigus. || Terme de géométrie. Côtés contigus, côtéspassant par un même point. Angles contigus, an-gles qui ont un côté commun.

— SYN. contigu, proche. Mots qui désignent levoisinage. Contigu s’applique au voisinage d’objetsconsidérables, et désigne de plus un voisinage im-médiat. Proche a moins de force, et s’emploie pourdes objets moindres. Ces deux terres sont contiguës;ces deux arbres sont proches l’un de l’autre, d’alem-bert.

— hist. xvi e s. Les eaux n’ont aucun arrest, jus-ques à ce qu’elles ayent trouvé quelque lieu foncéde pierre ou rocher bien contigu ou condensé, pa-lissy, 166 . Il s’y trouve des coquilles, voir encloses

dedans les pierres les plus contiguës, id. 278 .Et

abbattre les maisons voisines et contiguës la mu-raille, M. du bell. 448. La carrière de nos désirsdoibt estre circonscripte et restreinte à un court li-mite des commodités les plus proches et les pluscontiguës, mont, iv, 157.

— ÉTYM . Lat. contiguus, de cum, avec, et le ra-dical tig, qui se trouve dans le-tig-i, parfait avecredoublement de tango, toucher (voy. tangible).

CONTIGUÏTÉ (kon-ti-gu-i-té), s. f. État de deuxchoses contiguës. La contiguïté de ces deux édifices.Je ne parle point ici de la contiguïté; car il est vi-sible que les choses contiguës se touchent si peuqu’il y a toujours beaucoup de matière subtile entreelles, mallf.br. llech. vi, 2 , 9. Les germes ne s’ac-croissent probablement que par assemblage, par con-tiguïté, volt. Ncwt. i, 8. || Terme de botanique.État de deux choses qui, se touchant, peuvent êtredésunies sans déchirement. || Terme de chirurgie.Amputation dans la contiguïté, celle où Ton faitpasser le couteau entre les os qui forment une ar-ticulation.

— ÉTYM . Contigu.

1. CONTINENCE (kon-ti-nan-s’), s. f. Abstinencedes plaisirs de l’amour. Le don de continence. Ilavait passé sa jeunesse dans la continence, boss.Var . ii. Eve propose à Adam de vivre dans la conti-nence ou de se donner la mort, chateaub. Génie,ii, i, 3. Les auteurs attribuent avec raison à la con-tinence de ces peuples durant leur jeunesse la vi-gueur de leur constitution et la multitude de leursenfants, j. j. rouss. Ém . i v. Jusqu’à vingt ans lecorps croît, il a besoin de toute sa substance: lacontinence est alors dans Tordre de la nature,id. ib.

— REM. Il faut observer que continence et conte-nance, qui sont deux reproductions différentes duseul et même mot latin continentia, reproduisentles deux sens du verbe : contenir, tenir en soi, etse contenir, se maîtriser.

— hist. xiv e s. Continence n’est pas vertu, mesest une chose mixte, oresme, Eth. 138.

— ÉTYM . Provenç. contenensa ; ital. continenza;du latin continentia, de conlinere (voy. contenir).

2 . CONTINENCE (kon-ti-nan-s’), s. f. Capacitéétendue. Peu usité. On dit contenance.

— étym. Lat. continentia, de conlinere (voy.contenir).

t. CONTINENT, ENTE (kon-ti-nan, nan-t’), adj.|| 1“ Qui observe la continence. || Substantivement.L’exemple de la chasteté d’Alexandre n’a pas tantfait de continents que.... pasc. P. div. 107. || LesContinents, nom d’une secte hérétique qui faisaitune loi de la continence absolue et condamnait lemariage. La turpitude de ces faux continents a de-puis été révélée à toute la terre, boss. Variât, xi.§ 69. || 2 e Terme de médecine. Fièvre continente,fièvre qui n’a point de rémission ni d’exacerbatiotsensible. || Cause continente, cause, ou réelle ouprésumée, qui, ayant produit une maladie, con-tinue d’agir et prolonge son effet pendant toute ladurée de cette maladie.

— rem. Vaugelas, qui approuvait continence,n’approuvait pas l’adjectif continent ; mais l’usage atriomphé de ce purisme exagéré, et continent atout l’emploi qu’il comporte.