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_ hist. xn* s. Honestes ert e continens, E beausparliers e de bon sens, benoît, ii, t276t.||xiv' s.D’un homme continent et d’un incontinent nousloons la partie uc l’ame qui a raison, oresme, Eth.31. Continent, qui refraint ses malvais desirriers[désirs], id. Thèse de meunier. || xvi* s. Pour n’es-tre continent, je ne laisse d’advouer la continencedes aultres, mont, i, 202 . En forme d’histoire pro-secutive et continente [continue] , m. du bellay,Prolog.
— ÉTYM . Lat. conlinens, de continere (voy. conte-nir), qui retient, et, de là, qui contient ses désirs;qui tient avec, et, de là, continu.
2. CONTINENT (kon-ti-nan) , s. m. || 1“ Termede géographie. Grande étendue de terre que lamer n’entoure pas, ou qui, du moins, si la mer l’en-toure (car on fait de la Nouvelle-Hollande un con-tinent) présente une vaste continuité. Cependantl’empire des Perses allait croissant; outre ces pro-vinces immenses de la grande Asie , tout ce vastecontinent de l’Asie inférieure leur obéit, boss. Ilist.1 , 8. S’il restait quelque grand continent à décou-vrir, on pourrait encore espérer de connaître denouvelles espèces, parmi lesquelles il pourrait s’entrouver de plus ou moins semblables à celles dontles entrailles de la terre nous ont montré les dé-pouilles, cuvier, Révol. p. 69. Vos yeux ne sont-ilspas assouvis des ravages Qui de ces continents dé-peuplent les rivages? volt. Alz. 1 , t.|| L’ancien con-tinent, l’Europe, l’Asie et l’Afrique . Le nouveau con-tinent, l’Amérique . || 2° La terre ferme, par rapportaux îles voisines. || En un sens étroit, le continent,le continent européen , par rapport à l’Angleterre. Ileut le plaisir de voir cette opération salutaire [l’ino-culation] , dont il était le principal apôtre dans lecontinent, s’établir chez toutes les nations éclai-rées, Condorcet, Tronchin .
— hist. xvi* s. Ce n’est point une isle, ains terreferme et continente avecques l’Inde d’un costé et....mont. I, 232.
— ÉTYM . Lat. continens, sous-entendu terra,qui quelquefois est exprimé : terre qui tient avec,de continere, tenir avec (voy. contenir).
CONTINENTAL, ALE (kon-ti-nan tal, ta-1’), adj.Qui appartient à un continent. L’Amérique se diviseen partie continentale et partie insulaire. || Terri-toire continental, se dit du territoire français enEurope , y compris la Corse, par opposition auxpossessions coloniales. || En un sens plus restreint,qui appartient au continent de l’Europe . Pour sesapprovisionnements de grains, l’Angleterre puisesouvent dans les marchés continentaux. || Blocuscontinental, décret de Napoléon I " qui interdisaittout commerce entre l’Angleterre et le continent.|| Système continental, système prohibitif dirigécontre l’Angleterre et dont ce décret était l’exécu-tion.
f CONTINGËMMENT (kon-tin-ja-man), adv. Termede philosophie. D’une manière contingente. Si, con-fondant la liberté avec le hasard, on soutient quel’être nécessaire peut agir contingemment.... boul-lainyillif.rs, Réfutation de Spinosa, p. 69.
— hist. xv" s. Dieu scet les choses nécessaire-ment, par soy mesmes qui est necessaire, tellesqu’elles seront et adviengnent contingentement parleur nature, qui de soy est variable, telles qu’ellessont, a. chartier, l’Espérance, p. 37», dans la-curne.
— ÉTYM . Contingent, et le suffixe ment.
CONTINGENCE (kon-tin-jan-s’), s. f. || 1° Terme
de philosophie. Possibilité qu’une chose arrive oun’arrive pas. Si vous ôtez la causalité nécessaire,vous laissez mon vouloir dans une pleine contin-gence, fén. m, 300 . Je conçois clairement que cha-que chose pourrait être autrement qu’elle n’est; j’aiappelé cela contingence, et je dis que, dans mamanière de concevoir, chaque chose est contin-gente de sa nature, bonnet, Palingén. 17' part,ch. 2 . || Dans le langage général, éventualité. Selonla contingence des cas. || 2“ Terme de géométrie.Angle de contingence, celui que forme une lignedroite avec une courbe qu’elle touche, ou que for-ment deux courbes qui passent par un même point.Il Terme de gnomonique. Ligne de contingence,celle qui coupe la sous-stylaire à angle droit.
— 1ÏTYM. Contingent.
CONTINGENT, ENTE (kon-tin-jan, jan-t’), adj.Il 1° Terme de philosophie. Qui peut arriver ou nepas arriver, éventuel. Ils raisonnaient sur les évé-nements contingents ou non contingents de cet uni-vers, volt. Cand. 29 . La raison de mon existencen’est pas en moi ; je n’existe donc pas par ma propre
1HCÏ. DE LA LANGUE FRANÇAISE,
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nature: je ne suis donc pas un être nécessaire; mesdéterminations sont variables; j’ai un sentimenttrès-clair des changements qui me surviennent : jesuis donc un être contingent, bonnet, Palingén.17*part. ch. 2 . Spinosa voudrait prouver que, sinous jugeons qu’il y a des choses contingentes,ce n’est que par ignorance, condill. Traité des syst.ch. 10. Il en conclura que les lois de la statique etde la mécanique, telles que l’expérience les donne,sont de vérité contingente, puisqu’elles seront la suited’une volonté particulière et expresse de l’être su-prême, d’alemb. Dynamique, Œuvres, t. iv, p. 228 ,dans pougens. Il y a deux sortes de vérités, lesunes sont nécessaires, et les autres contingentes,malebr. Recherche, 1 , 11 , 3. || Proposition contin-gente, celle qui énonce une chose qui peut être oun’être pas. || 2° Terme de droit. Portion contingente,la part de chacun dans un partage ou dans une con-tribution. Payable quand chacune d’elles Ne possé-derait plus sa contingente part, la font. Fabl . 11 ,20 . || 3° S. m. Le contingent, ou lq^utur contingent,ce qui peut arriver ou n’arriver' ■ .s. Albéroni di-sait que le principal embarras poui ie roi d’Espagne était à l’égard des futurs contingents, st-sim. 466,1 84, Vous avez une étrange opinion des futurs con-tingents, volt. Diable, 6. De tous les futurs contin-gents, un des moins probables est qu’un jour le roide Sardaigne assiégera Genève , s. J. rouss. Conf. v.|| 4° Le contingent, la partie qui tombe à quelqu’un,dans la division de quelque chose. Il lui revienttantpour son contingent. (| Quantité de soldats qui doitêtre fournie. Le contingent de chaque départementpour telle année. Dans les guerres de l’Empire cha-que membre du corps germanique fournit son con-tingent. Le général Schwartz, avec 18 000 hommesdu contingent de Hesse , de Munster etdeLunebourg,parut sur les hauteurs de Weisloch, st-sim. 29 , 8t.Épuisés par une guerre qui, de jour en jour, leurdevenait plus étrangère, la plupart refusaient d’en-voyer leur contingent de troupes et de vaisseaux,barthél. Anach. introd. part. 11, sect. 2.
— hist. xiv" s. Les choses contingentes qui pe-vent estre ainsi et attivement, oresme, Eth. t73.Et il suppose par ce que dit est, que élection, soit dechoses contingentes qui sont en notre puissance,id. ib. 65. Contingent, chose qui peut estre et peutnon estre sans nécessité, id. Thèse de meunier.|| xv"s. Prudence est es parties de l’ame où advient lapratique, la quelle est raciocinative des choses ou-vrables contingentes, christ, de pisan, Charles V ,m, 2.
— ÉTYM . Lat. contingens, participe présent deconlingere, qui signifie toucher, atteindre, rencon-trer, échoir; de cutn, avec, et tangere, toucher(voy. tangible).
CONTINU. UE (kon-ti-nu, nue), adj. || 1° Dont lesparties se tiennent sans solution. Étendue, quantitécontinue. || Terme.de mathématiques. Proportioncontinue, celle où le conséquent du premier rapportest l’antécédent du second, par exemple 5: 4 5::
15 : 45. || Fractions continues, fractions dont ledéno-minateur est composé d’un nombre entier et d’uneautre fraction qui a également pour dénominateur unnombre entier plus une fraction, et ainsi de suite.|| Fonction continue, fonction susceptible de varieraussi peu qu’on voudra pour des variations suffi-samment petites des variables, soit dans toute l’éten-due de la fonction, soit entre certaines limites assi-gnées aux variables. || Terme de minéralogie. Cristalcontinu, cristal dont le signe est composé de quatre ex-posants en proportion continue. || Terme d’architec-ture. Piédestal continu, le soubassement d’une file decolonnes avec base et corniche. || Terme de botani-que. Tige continue, celle qui forme un axe princi-pal , qui va jusqu’à la cime. Feuilles continues,feuilles dont le disque est sans interruption. || Termede musique. Basse continue, la partie d’accompa-gnement qui est la plus basse, et qui se fait en-tendre pendant tout le morceau. || Terme de méde-cine. Fièvre continue, fièvre qui ne présente dansson cours ni intermission ni rémission caractérisée.|| 2" Qui n’est pas interrompu dans sa durée ou sasuite. Série continue. Jet continu. Moteur à feu con-tinu. Dix jours continus de pluie. Élégance conti-nue du style, style toujours élégant. La masse an-glaise nourrissait ce feu continu quand elle étaitattaquée, volt. Louis XV , t5. Ce sentiment continutient à l’impression vive et profonde que vos cha-grins vous ont laissée, d’alemb. Portr. de Mlle del’Espinasse. I) Terme de droit. Servitudes continues,celles qui, à la différence des servitudes disconti-nues, n’ont pas besoin, pour s’exercer, du fait ac-tuel de l’homme : tels sont les égouts, les vues.
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|| 3” S. m. Terme de philosophie. Ce qui n’offreaucune interruption. Le continu est divisible àl’infini. Une partie de l’étendue est un continuformé par la contiguïté d’autres parties étendues,condill. Trait, sens ext. Œuvres, t. m, p. 30,dans pougens. || Terme d’ancienne pratique. Pro-longation d’un compromis dont le temps est ex-piré. || 4'Xla continue, loc. adv. X la longue, àforce de faire toujours la même chose. Ce qui nousparaissait terrible et singulier, S’apprivoise avecnotre vue, Quand ce vient à la continue, la font.Fabl . tv, to. Rien ne charme à la continue, lamotte, Fabl . u, 5.
— hist. xhi' s. Or avint que une contenue [fièvrecontinue] me prist, parquoy j’alai au lit et toute mamesnie aussi, joinv. 254 . ||xiv s. C’est éthiques etpoliticques qui sont continues ensemble, et sont unedoctrine appellée civile, oresme, Eth. m. L’en doitsavoir que, en toute chose continue et divisible, l’enpeut prendre ce qui est plus et ce qui est moyen et cequi estegual, id .ib. 44. En celle [proportionnalité]qui est appelée continue, l’en use d’un terme pourdeux, id. ib. 146. || xvi # s. Nos despenses continuesne produisent en fin que des avortons et des phan-tasmes, lanoue, 481. N’estant pas bien rétabli d’unefievre continue de huit jours, d’aub. Vie, xlvi. Tellesaigreurs avec la continuedespeinesque supportaienttant les chefs que soldats, id. Hist. 1 , 302. Un telpréparatif est beau pour une course et carrière, maisje crains le retour et la continue de la guerre,amyot, Phoc. 32. Cest ordre prosecutif et continu,m. du bell. Prol. Fievres continues, c’est à dire quidurent sans cesser.... je ne m’arreste point à expli-quer les différences que l’on apporte entre les fievrescontinues et continentes, paré, xii, 9. On dict quela lumière du soleil n’est pas d’une piece continue,mais qu’il nous eslance si dru sans cesse nouveauxrayons les uns sur les aultres, que nous n’en pou-vons appercevoir l’entredeux, mont, i, 37.
— ÉTYM . Provenç. continu; espagn. et ital. con-linuo; du latin continuus, de même radical que con-tinere (voy. contenir).
CONTINUATEUR, TRICE (kon-ti-nu-a-teur, tri-s’), s. m. et f. Celui, celle qui continue. Le continua-teur du Don Quichote. Ce roi fut le continuateurd’une politique rigoureuse. La continuation de l’his-toire de l’Académie, éloge rare dans un continua-teur, soutient le parallèle avec avantage, d’alem-bert, Éloges, d’Olivet.
CONTINUATION (kon-ti-nu-a-sion; en poésie, desix syllabes), s. f. ||1° Action de continuer. Entre-prendre la continuation d’une histoire. On donne la'continuation de l’ouvrage d’un autre et la suite dusien, d’alembert, Synonymes. || Action de prolon-ger. La continuation d’un bail à un fermier. || Pro-longement. La continuation d’une muraille. || 2” Etatde ce qui est continué. La continuation de la guerre.|| Terme de physique. Continuation du mouvement,conservation, en grandeur et en direction, du mou-vement qui a été primitivement communiqué à unmobile.
— syn. 1. continuation, continuité. La con-tinuation, c’est l'action de continuer; la continuité,c’est l’état de ce qui est continu : la continuationd’un travail; la continuité d’un espace. Quand con-tinuation se rapporte à la durée, il signifie que l’oncontinue ce qui est commencé; et continuité, quece qui se fait ne souffre point d’interruption : lacontinuation d’un travail, la continuité du tra-vail. || 2. continuation, suite. Ces mots désignentla liaison d’une chose avec ce qui la précède. Maissuite est plus général, n’impliquant pas que ce àquoi on donne une suite soit ou non achevé. Au lieuque continuation exprime positivement que lachose était restée à un certain point qui ne la ter-minait pas.
— HIST. xhi' s. Et qui apeleroit de defaute dedroit par ces trois continuacions, il n’aroit pas bonapel, beaum. lxiv , 2 . Assés est ajornés qui se partde cort pour continuation de jor, id. xxx, 33.
|| xiv' s. Pour la continuation et conservement dehumaine espece, oresme, Thèse de meunier. L’en-vie qui pour ceste continuacion fust sourse contremoy, bercheure, f° 68, recto. La continuacion desmagistraz, id. f° 72. || xv' s. A cest exemple futfaict le noble jouvencel Bouciquaut, lequel tant avoitjà faict de bien par longue continuation dès son en-fance, Bouciq. 1 , 18 . Goûte d’yaue fait la pierrecaver; Si fait aussi continuacion De parsuir, retenir,demander, e. desch. Poésietmss. f* 244, dans la-curne. Continuation de vieille femme abrégé la vied’un jeune homme, Les quinze joyes du mariage,
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