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Tome premier. A - C.
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Pourbon. Le premier qui se présenta [au tournoi]était un seigneur très-riche, fort vain, peu courageux,très-maladroit et sans esprit, volt. Zadig, 19. [Ap-prends que l’amour est] Courageux et surtout hors decette faiblesse, Qui force à se chercher et pour sois’intéresse, corn. Imit. m, B. || Substantivement. Lecourageux est assuré contre les périls dans les entre-prises considérables; mais le magnanime va plusloinencore, boss. dans le Dict. de dochez. [| 2" Qui dénotedu courage. Trait courageux. Un courageux dévoue-ment. On opina par boules sur la punition qu’il[l’abbé de Saint-Pierre] avait encourue; toutes lesboules, à l’exception d’une seule, furent pour l’exclurede nos séances; cette boule courageuse fut donnée parFontenelle , d’alembert, Éloges, abbé de St-Pierre.

— HIST. xii* s. Od [avec] gent hardie e cora-juse, Fiere e estrange e bataillose, benoît, ii, 1063.Berengers fu corageus et hardiz, Ronc. p. 63. Etcorageus as armes et fier comme liepart, Sax. xix.

|| xiii' s. Il sunt félon et outrageus, De tous mausfaire corageus, la Rose, «214. ||xvi* s. 11 n’estoitpoint de mémoire que jamais ils eussent esté batusen bataille rangée.... au moyen de quoy ilz estoientsi courageux [fiers] et si terribles que personne neles osoit attendre, amyot, Pélop. 32. Si ses escritpsrapportent aucune chose de ses conditions, c’estoitun grand personnage, droicturier et courageux,non d’une vertu superstitieuse, mais philosophiqueet genereuse, mont, iv, 63.

— ÉTYM . Courage; provenç. coratjos, coratgos;anc. espagn. corajoso ; ital. coraggioso.

f COURAI (kou-ré), s. m. Terme de marine. Voy.

COURÉE.

| COURAILLER (kou-ra-llé, Il mouillées), v. n.Terme populaire. Courir fréquemment; et fig. me-ner une vie désordonnée ou de débauche.

— ÉTYM . Courir.

f COURALIN (kou-ra-lin) , s. m. Espèce de pi-rogue.

COURAMMENT (kou-ra-man), adv. D’une manièrecourante, avec facilité. Lire, écrire couramment.

— HIST. xvi' s. Lequel leut courantement lesdictes lectres en françoys, Pièce publiée par lerouxle lincy, Ribl. des Ch. B' série, t. n, p. 185.

— ÉTYM . Courant, et le suffixe ment; bourg.coramman.

COURANT, ANTE (kou-ran, rant-t’) , adj.

|| i' Qui court. || Adverbialement. Tout courant, engrande hâte. Elle envoie tout courant savoir deMme du Châtelet, si S. M. [le roi de Prusse] pas-sera, volt. Roi de Prusse, 14. || Tout courant, sanshésiter, sans peine. Il lit tout courant. || L’Aca-démie met un trait d’union à tout-courant ; ce quiest singulier et ne peut être suivi. || Terme de vé-nerie. Chien courant, chien qui court le lièvre, lecerf, etc. J’appelais une chienne courante, sëv. 232.Un comte de Nassau Hautveiller amena de fortbons chiens courants pour le lièvre, st-sim. 49, 73.

|| 2° Qui coule continûment. Eau courante. Ruis-seau courant. Le climat est sans pluie; on n’entendaux montagnes Bruire en ces lieux aucuns torrents;En ces lieux nuis ruisseaux courants N’augmententle tribut dont s’arrosent les plaines, la fontaine,Quinquina, n. Nous allons sans cesse au tombeau,ainsi que des eaux qui se perdent sans retour; eneffet nous ressemblons tous à des eaux courantes....boss. Duch. d'Orléans . C’est un acte très-méritoireaux Indes, de prier Dieu dans l’eau courante, mon-tesq. Esp. xxiv, 20 . || 3° Par extension, écriturecourante, voy. courante 3. || Terme de marine.Pièces courantes, pièces qui glissent ou arriventfacilement et librement. || Cape courante, capedans laquelle il reste assez de voiles pour qu’onpuisse gouverner. || Manoeuvres courantes, les cor-dages qui servent constamment à la manœuvre.Il 4* Qui est en cours. Le mois courant. Le termecourant. L’intérêt courant. Et créer une rente Dès ledécès du mort courante, la font. Fabl . n, 20 .|| 5° Qui a cours. Acheter au prix courant. C’était[aoo florins d’or] tout au plus 200 livres de la mon-naie de France courante de nos jours, volt.Mœurs, 81. Les lettres phéniciennes étaient le carac-tère courant de leur nation [les Cutéens], id. Phil.n, 255 . || 6° Terme de banque. Compte courant,voy. compte. || Main courante, voy. brouillard.|| 7° En parlant des mesures, aune courante, toisecourante, mètre courant, mesure prise avec l’aune,la toise, le mètre, et considérée par rapport à salongueur, sans avoir égard à la largeur. || 8° Termede botanique. Feuille courante, feuille qui embrassesa tige et s’allonge sur elle. || 9° Terme d’imprimerie.Titre courant, titre qui se répète au haut de chaquepage. || 10’ Ordinaire, habituel. U est chargé des

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affaires courantes. Pour les élections et autres af-faires courantes et momentanées, j. j. rouss. Po-lit. 9. L’avis courant que leurs complaisants ont soinde leur dicter, est toujours le leur, parce qu’ils n’enont point à eux, b’alemb. Essai sur la soc. des gensde lettres, Œuvres, t. m, p. 39, dans pougens.

|| Par analogie. Je n’aurai que les chagrins courantsde la vie, sëv. 34 t. || 11° S. m. Courant, le cours, ladirection d’une eau vive. Un agneau se désaltéraitDans le courant d’une onde pure, la font. Fabl . i, io.Un torrent n’a jamais causé plus de ravage Que lors-qu’à son courant on ferme le passage, volt. Triumv.iv, 2 . || Terme de marine. Direction particulière dumouvement des eaux, qui se portent, comme fait unfleuve, vers un point fixe. Il y a sur cette côte descourants très-dangereux. Si la terre était entièrementinondée par les eaux de l’Océan, ceseauxpourraient,aussi bien que l’air, former sous l’équateur un courantperpétuel, et ce courant serait vers l’est ou vers l’ouest,selon que la profondeur de la mer serait plus oumoins grande, d’alemb. Causes gén. des vents, Œu-vres, t. xiv, p. 28 , dans pougens. Des courants ra-pides s’opposent à l’arrivée des navigateurs, raynal,Ilist. phil. xm, 9. || Fig. Laissez-vous amuser, sui-vez le courant des plaisirs qu’on peut avoir en pro-vince, sëv. 44. Bien loin d’être emporté par le cou-rant rapide Des flots impétueux de ses bouillantsdésirs, corn. Imitation, i, 3, Pour ne jamais sor-tir de l’état où vous êtes, vous n’avez qu’à suivrevos penchants, vous prêter à vous-même, vous lais-ser entraîner mollement au courant, mass. Car.Fausse confiance. || Les grands courants de l’opinion,les idées qui, à certains moments et dans certainspays,deviennent générales etentrafnenttout. Riennerésista à ce courant général de l’opinion en France .

|| 12' Courant d’air, vent. Fermez cette porte pouréviter les courants d’air. L’atmosphère est agitéepar des courants qui sont les vents. || 13’ Courantatmosphérique, dit, par analogie avec les courantsde la mer, des vents qui suivent une direction déter-minée. Le ballon rencontra les courants supérieurs.

|| 14° Terme de physique. Courant électrique, pro-gression en sens opposé des électricités de nomscontraires, à travers un conducteur qui, par ses deuxextrémités, est en contact avec une source d’élec-tricité. || 15° La période de temps qui court. Dansle courant de la semaine, de l’année. Harlay crutque cette grande affaire [du pas] lui coûterait à peinele courant d’un hiver à emporter, st-sim. 16, 193.

|| Le courant, le mois qui court. Le cinq du cou-rant. On dit elliptiquement, en termes déboursé eten ce sens : fin courant, c’est-à-dire fin du moiscourant. || 16° En matière de rente, d’intérêt, leterme qui court. 11 me doit les arrérages et le cou-rant. || 17° Terme de théâtre. Mettre une pièce aucourant du répertoire, la mettre parmi les piècesqu’on joue habituellement. || 18° La manière ordi-naire de se comporter. Suivez le courant de la mai-son pour la pauvreté, boss. Lettr. Corn. 4 64. || Lecourant du monde, la manière ordinaire du monde.Il se laisse aller au courant du monde. J| Le courantdu marché, le prix actuel des denrées. || 19° Lecourant des affaires, les affaires ordinaires qui sesuccèdent les unes aux autres, par opposition auxaffaires extraordinaires. Les portefeuilles qui ne ren-ferment que le courant, BOSS. Lettr. abb. 226. Ilétait trop distrait par le courant des affaires, tropsouvent entraîné par les événements pour.... Con-dorcet, Maurepas. || Un courant d’affaires, unemasse d’affaires à traiter. || Être au courant des af-faires, connaître bien celles qui se font régulière-ment tous les jours. || Mettre, tenir quelqu’un aucourant d’une affaire, lui en donner connaissanceexacte. || Être au courant, n’avoir plus d’arriéré, soitcomme travail, soit comme dettes. Se mettre aucourant, se débarrasser de l’arriéré. |j 20' Termede marine. Partie d’une manœuvre qui passe dansles poulies. || 21° Terme de charpentier. Courantde comble, comble considéré dans sa longueur.

— IIEM. On dit et on écrit souvent, surtout dansle langage du commerce, le 8, le 10 courant, aulieu de le 8, leto ducourant. 11 est certain que cetteforte ellipse a l’inconvénient de présenter courantcomme se rapportant au 8, au 10 , etc.; mais dureste elle n’est pas plus forte que cette autre qui esttrès-ordinaire : le 8, le 10 avril, au lieu de le 8,le 10 d’avril. Anciennement, jamais cette dernièreellipse ne se faisait. On ne la trouvera pas une seulefois dans la correspondance de Voltaire ; mais ilsemble que l’usage lui a donné droit de bourgeoisie;il semble aussi qu’elle entraîne l’ellipse congénère :le 8, le io courant. Mme de Sévigné dit avec lenombre ordinal et sans de : le 4’ avril.

— HIST. xi* s. Li val profond et les ewes [eaux]curant, Ch. 4e Roi. cxxxvi. || xn' s. Sor Velantif sonbon cheval corant, Ronc. p. 37. Corant i vint Mar-garic de Sebie, ib. p. 42. [L’eau] Qui tant par estravinouseetcorans,ib. p. 109. || xm's. 11 prenoientles nés [navires] toutes ardans à cros de fer, et lestiraient par vive force fors du port, et les menoientel corant del bras, villeh. xcvi. |[ xiv' s. Li pereset la mere si le heoient tant, Que souvent en leurscuers aloient désirant Que fust mors ou noiez en uneeaue corant, Guescl. 69. || xvi' s. Un nœud courant,mont, m, 1 52. Ceulx qui minent soubs terre, ren-contrent souventefois es entrailles de la terre desrivières courantes, amyot, P. Æm. 23. Elle avoitattaché un las courant à son col, toute preste à sependre et estrangler, id. Pyrrh. 62 . Il lisoit toutcourant les rabins sans points et les expliquoit sanslire le texte, d’aüb. Vie, xii. En maniéré de laqscourant, paré, xviii, 33. Elle commettra à la prin-cipale de ses servantes la charge des meubles cou-rans par la maison, servans comme en quartier,o. de serres, 880 . [Courante, s. f. dans le sens decourant, s. m.] X la faveur de la mer qui estoit calme,sans vent ne fureur de courante, nos galleres....m. du bell. 697. Et même dans Régnier : Au gouf-fre du plaisir la courante m’emporte, Sat. vii.

— ÉTYM . Courir.

4. COURANTE (kou-ran-t’), s. f. || 1° Anciennedanse très-grave, qui se dansait sur un air à troistemps. Elle commençait par des révérences, aprèsquoi le danseur et la danseuse décrivaient en pasde courante une figure réglée qui formait une sorted’ellipse allongée. Le pas de courante se composaitde deux parties : la première, nommée spécialementtemps de courante, consistait à faire un plié relevéen même temps qu’on ramenait le pied de derrièreà la quatrième position en avant par un glissé. Laseconde partie du pas de courante consistait en undemi-jeté d’un pied et un coupé de l’autre pied. Onvoit par cette description que la courante était plu-tôt une marche noble et pleine de belles attitudesqu’une danse proprement dite, puisqu’on ne s’en-levait pas de terre. Donner une courante. Le bal sedonnait tous les soirs, où de très-méchants dan-seurs dansèrent de très-mauvaises courantes, scar-ron, Rom.com. 2 * part. ch. 17. Baptiste le très-cher N’a point vu ma courante, et je le vaischercher, mol. Fdch. n, 6. Ma franchise va danser lacourante aussi bien que mes pieds, id. Préc. 13.Il ne dansa qu’avec Mme de Crussol qu’il pria de nelui point rendre sa courante, sëv. 184. Le roi menala reine et honora l’assemblée de trois ou quatre cou-rantes, et puis s’en alla au Louvre avec sa compa-gnie ordinaire, sëv. t. i, Lett. 61 , dans pougens.Je veux que nous dansions ensemble une courante,regnard, Distrait, ni, 4. || 2° L’air sur lequel onla danse. Comme à de mes amis, il faut que je techante Certain air que j’ai fait de petite courante....(Il chante la courante) N’est-elle pas belle? mol.Fdch. ii, 6.

— HIST. xvi* s. Courante [sorte de danse], J.marot, v, 212 . Danser la volte, la courante, lafissaye et autres danses dissolues, bouchet, Serées,liv. i, p. 133, dans lacurne. La volte, la courante,la fissaye, que les sorciers ont amenez d’Italie enFrance , id. ib. p. 136.

— ÉTYM . Courir, peut-être parce qu’on ne tour-nait pas en place comme dans la pavane, et qu’onne sautait pas comme dans les branles et les gigues.Il paraît, d’après Bouchet, qu’il y a eu un e courantequi était une danse dissolue.

2 . COURANTE (kou-ran-t’), s. f. Terme populaire.Diarrhée. De parler elle s’effraya; Dont il eut bienfort la courante, scarron, Virg. trav. dans leroux,Dict. com.

— ÉTYM . Courant. On a dit courance au xv* siècle :Et ne mangeoient les poures gens que prunes etfruitz, dont la courance se preit dans l’ost, et ymoururent beaucoup de nos gens, o. de la marche,Mcm. liv. il, p. 505, dans lacurne.

f 3. COURANTE (kou-ran-t’), s. f. Sorte d’écriturecursive.

— ÉTYM . Courant.

j-4. COURANTE (kou-ran-t’), s. f. Meule supé-rieure d’un moulin , mieux dite tournante.

— ÉTYM . Courant.

f COURANTILLE (kou - ran - ti -11’, Il mouillées),s. f. Terme de pèche. Sorte de filet pour les thons.

— ÉTYM . Courant ; ainsi nommé parce qu’onl’abandonne au courant.

f COURANTIN, INF, .kou-ran-tin, li-n’), s. m. et f.|| 1°Celui ou celle qui, aimant à courir, quitte pourcela sa besogne. C’est un courantin, une courantine.