1422 QUE QUE QUI
part des soldats anglais ] feirent lesdits Parisiensgrant huée en criant à la queue, monstrelet, t. n,p. 127 , dans lacurne. Nous le suyvron 3 queue àqueue, moi et mes gens, le Jouvencel, f° 32 , danslacurne. [Dame] la plus noble et la plus haullainedu monde, de laquelle ne estoye digne de porter saqueue, Perceforest , t. v, p. f“ 33 . En toutes façonsune bataille perdue a tousjours grant queue et mau-vaise pour le perdant, comm. ii, 2. |j xvi“ s. MessireJean Chapperon et ledit seigneur d’Auton meirentcinq cents hommes de guerre en leurs vaisseaulx,c'est à savoir quatre cents dedans la nau du dictChapperon, et cent dedans la barque du seigneurd’Auton, et se meirent sur mer à queue de vache[l’un derrière l’autre], Annales de Louis XII ,p. 34 t, dans lacurne. Toutes fois et quantes que lenom de Dieu se trouve sans queue, comme Ton dit,il se rapporte au Pere seul, calv. Inslit. 93 . Pource que l’abus du mot emporte une mauvaise queue,je suis contraint de le reprouver, id. ib. 1163 . 11seroit monsieur sans queue, rab. i, 1 i . Puis aprèslui avoir coupé la bourse, il lui coupe la queue[part comme un joueur qui fait Charlemagne ];et s’en va chercher sa pratique, deçà, delà, parla ville, desper. Contes, lxxxiii. Je croy que siTautheur eust osé les apeller prophètes, qu’il l’eustfait; ils meritoient pourtant bien ce nom, maisavec ceste queue, à sçavoir de Satan, lanoue, 136 .L’armée contraire se mist à sa queue [à sa pour-suite], id. 622. On fit encore sauter une mine oùles soldats ne firent plus que bransler la queue,quoique Strosse et le Gart se missent a leurs testes,d’aub. Hist. n, 49 . Il voulut entrer en Berri pourprendre le chemin de la Charité ; mais la pluspartde sa suite lui coupa la queue [l’abandonnaj, id. ib.ni, 69 . Nous nous embarquasmes en nos trois bat-teaulx, queue à queue l’un de l’autre, carl. viii,30 . Queue-de-cheval a prins ce nom à cause que sonherbe ressemble aucunement le poil de la queued’un cheval ; aucuns nomment ceste herbe aspres-ta, par sa grande aspreté et rudesse du manier....o. de serres, 607 . Tel engrossissement [des raci-nes dans les tuyaux] est par les fontaniers appeléequeue de renard, in. 77 1. L’insertion de sa queue[d’un muscle], paré, xiii, 18. En la queue et en lafin Gist de coustume le venin, leroux de lincy,Prov. t. i, p. 198 . Donnèrent trois assauts sur lapointe du jour queue sur queue, mais ils furenttousjours repoussez, montluc, Mém. t. n, p. 62,dans lacurne. Il sembloit, quand ils [les hugue-nots] y oyoient parler de moy, qu’ils avoient lebourreau à la queue, id. liv. v. Vache ne sçait quevaut sa queue, jusques à ce qu’elle l’ait perdue,COTGRAVE .
— ÉTYM . Berry, coue ; bourg, quoue ; saintong.coue; wallon, cowe; namur . cawe; prov. coa, coda,com; catal. coa, cita; port, caudst; ital. coda;du latin cauda, que Corssen, Beitrâge, p. 446 , croitêtre, d’après Meyer, pour skauda, radical sansc.ska, couvrir, dresser, lever en l’air.
2. QUEUE (keue), s. f. Futaille qui contient envi-ron un muid et demi. || Demi-queue, espèce de ton-neau. Demi-queue d’Auvergne , barrique contenant292 litres. Demi-queue Beaune , contenant 229 li-tres. Demi-queue bordelaise, contenant 209 litres.Demi-queue Champagne , contenant 184 litres.Demi-queue Languedoc, contenant 289 litres. Demi-queue Mâcon , contenant 220 litres. Demi-queueOrléans , contenant 230 litres. Demi-queue Vauvray,contenant 259 litres.
— HIST. xiii* s. Autant doit la queue comme litonneaus, Liv. des mét. 301 . || xv” s. Le maréchal deBourgogne et le comte de Vaudemont firent par de-vant leur bataille dresser sur le fonds deux queuesde vin qu’ils avoient amenées, monstrel. ii, 108.
— ETYM . Origine inconnue. Serait-ce un repré-sentant irrégulier du lat. cadus, tonneau?
3. QUEUE (keue), s. f. Pierre à aiguiser (voy.queux 1, qui est la véritable orthographe).
I QUEUSER (keu-zé), v. a. Ratisser la peau avecune espèce d’ardoise emmanchée.
QÜEUSSI-QUEUMI (keu-si-keu-mi), loc. adv. etfamilière, signifiant tout à fait de même. Ce remèdene lui fera pas plus de bien que les autres; ce seraqueussi-queumi. Cléonte: Je veux être le premier àrompre avec vous, et vous n’aurez pas l’avantage deme chasser.—Covielle; Queussi-queumi, mol. Bourg,gentilh. m, 10 . || On écrit aussi quessi-quemi.
— Etym . Que ou queu, quel, si, soi, et queu,quel, mi, moi. L’ancien anglais disait ka me, kathee, quel moi, quel toi ; cette locution provientprobablement du français .
f QUEULEULEU (keû-leu-leu), s. f. Sorte de jeud’enfants qui se tiennent par le pan de l’habit oude la veste, et se rattachent ainsi à un premierlequel s’oppose à ce que celui qui trime touche unseul de ceux qui le suivent. Quoi! je n’ons pasjoué ensemble à la madame, à Colin-Maillard, à laqueuleuleu, à la pètengueule ? dancourt , le Mariretrouvé, sc. 11.
— ETYM . Orthographe fautive pour queue-leu-leu (voy. leu).
f QUEUTÉ, ÉE(keû-té, ée), adj. Terme de plain-chant. Terminé par une queue, c’est-à-dire parune petite ligne droite, ajoutée pour distinguer lesvaleurs des notes. Nous éviterons de figurer lamaxime sans queue, parce que, dans les livres mo-dernes, on a employé la figure non queutée pourdésigner la longue, lafage, Cours complet de plain-chant, n" 665 .
QUEUTER (keu-té), v. n. Terme de jeu de billard.Pousser d’un seul coup les deux billes avec saqueue. || Il se conjugue avec l’auxiliaire avoir.
1. QUEUX (keû), s. f. Sorte de pierre à aiguiser.Queux à faux. Queux à l’huile. La torpille endort lebras sans être engourdie ; la pierre queux ou affi-loire fait trancher le rasoir et ne tranche pas, lamothe le vayer, Dial. d'Ûr. Tubero, 1 .11, p. 93, danspougens. || On écrit aussi, mais à tort, queue.
— HIST. xiii* s. ...Kueus [cuisiniers] Avoient ai-guisié à keus Leur coutiaus.... Bl. et Jeh. 4598 .|| xiv' s. Un grant queux à aiguiser sarpes, ducange, quauria. || xvi* s. Qu’il ressembloit à laqueu, qui rendoit le Cousteau aiguisé et prest àcouper, elle ne le pouvant faire, paré , t. ni, p. 688 .Les cueux de plomb [lingots par assimilation deforme], mont, i, 54 . [La jalousie ] Queux où l’amouraiguise et trempe son malheur, am. jamin, Poésies,p. 1 86 , dans LACURNE
— ÉTYM. Berry, cous, masculin; saintong. coue;picard, keuche, keusse, queusse; Hainaut , keuche,kuèche; wallon , keûs; provenç. cot; ital. cote; dulat. cotem ; sansc. ço, aiguiser, et çdna, queux. Ontrouve dans des textes officiels la forme provincialequeusche: Queusches le 100 pesant payera 3 sols,Tarif, 18 sept. 1664 .
2. QUEUX (keû), s. m. Terme vieilli. Cuisinier.Le maître queux se tenait sur une chaise élevéeentre le buffet et la cheminée, marchangy, Tristanle voyageur, lxxix. Je chargeai mon maître queuxde m’en procurer la recette [de l’omelette au thon]avec les détails les plus minutieux, brillat-savarin,Physiologie du goût, l'Omelette du curé. |] Grandqueux de France, nom d’un officier de la maisondu roi qui commandait à tous les officiers de lacuisine et de la bouche.
— hist. xi' s. Sil [ainsi il le] comandat as cousde la maison, Ch. de Bol. cxxxv. || xii* s. Ydunkesfu ocis e al coeu fu livrez ; Li keus manja le cuer;quant li fu demandez, Fist al seignur acreire quesenz quer estoit nez, Th. le mart. 3 1. || xiii* s. Porce vous dis-je; q’uar li hon Qui est ses kex [son cui-sinier] a assez paine, ruteb. ii, 39. ||xv* s. Enyver, du feu, du feu, Et en esté, boire, boire...Chaulx morceaux fais de bon queu, Fault en froittemps, voire, voire, En chault, froide pomme, oupoire, C’est l’ordonnance de Dieu , ch. d’orl. Rond.
— ÉTYM . Ital. cuoco; du lat. coquus, de coquere,cuire (voy. cuire).
QUI (ki), pronom relatif, ou mieux conjonctif,des deux genres et des deux nombres. ||- 1 ” Il unitun substantif à une proposition subordonnée ; en cetemploi, il n’est jamais le régime direct d’un verbe,bien qu’il puisse être le régime d’une préposition.Les femmes qui vous parleront. Vos sœurs avec quij’ai fait connaissance. Les roses qui fleurissent. Lesmédecins, sans qui on avait mis l’emplâtre, ne di-rent point ce qu’ils en pensaient, sév. 24 nov. 1664 .L’amour avidement croit tout ce qui le flatte, rac.Mithr. ni, 4 . Il y a du plaisir à rencontrer les yeuxde celui à qui Ton vient de donner, la bruy. iv.Il faut que nous soyons des enfants ingrats et déna-turés qui aient attiré la colère de Dieu , fén. t. xvm,p. 488 . Cet air de guerre hautain et hardi qui se prendsi aisément et qu’on trouve qui sied bien, fonten.Ressons. Qu’on aime peu un maître et un ami, àqui on ne trouve jamais rien à dire l mass. Ca-rême, Prière 1. L’âme du souverain est un moulequi donne la forme à tous les autres, montesq.Lett. pers. 99 . || 2 ' Qui, précédé d’une préposition nes’emploie pas en parlant des choses. Ne dites pas:la chose de qui vous parlez, mais dont vous parlez;l’exemple sur qui vous vous réglez, mais sur lequel.On ne dirait : le bâton sur qui je m’appuie, la plante
à qui je crois le plus de vertu; on dira; le bâtonsur lequel je m’appuie, la plante à laquelle je crois...d’olivet, Ess. gramm. ni, 3 . || Cela ne s’applique pasaux cas où Ton personnifie un objet inanimé. Lagloire à qui je me suis dévoué, VAUGEL.dans girault-duvivier. Rochers à qui je me plains, bois à qui jecompte mes peines, marmontel, dans girault-du-vivier. || On fait aussi une exception pour les ani-maux. On a conclu que l’usage permettait souventd qui hors des personnes, surtout en parlant desanimaux domestiques, comme : c’est un chien à quielle fait mille caresses, Acad. Observ. sur Vaugel.p. 67 , dans pougens. || Cependant en poésie, ons’affranchit souvent de cette règle; et même enprose, les auteurs du xvu' siècle sont loin de l’ob-server. Tel qu’à vagues épandues Marche un fleuveimpétueux, De qui les neiges fondues Rendent lecours furieux, malh. ii, 2. Cette contrainte ruineraitla naïveté, à qui j’oserais donner la première placeparmi toutes les perfections du style, vaugel. Rem.not. Th. Com. t. 1, p. 190, dans pougens. Trop ri-goureux effets d’une aimable présence, Contre quimon devoir a trop peu de défense, corn. Poly. n, 2.Soutiendrez-vous un faix sous qui Rome succombe?id. Pomp. 1, 1. Il y a des choses sur qui le poèten’a jamais aucun droit, id. 2' dise. Deux pivots surqui roule aujourd’hui notre vie, la font. Fabl . v, 1....Un bien [la liberté] Sans qui les autres ne sontrien, id. ib. iv, 13 . J’ai conçu, digéré, produitun stratagème Devant qui tous les tiens, dont tu faistant de cas, Doivent sans contredit mettre pavillonbas, mol. l’Ét. 11, 14 . Votre mérite à qui chacun serend, id. Éc. desmar. 11, 9. Une de ces injures pourqui un honnête homme doit périr, ID. D. Juan,111, 3 . 11 court parmi le monde un livre abominable,Et de qui la lecture est même condamnable, id. Mis.v, 1. Ces galanteries ingénieuses, à qui le vulgaireignorant donne le nom de fourberies, id. Scap. 1, 2.Votre vie est pour moi d’un prix à qui tout cède,rac. Phèdre , ni, 3 . Ai-je connu jamais ces nomsbrillants de gloire Sur qui tu viens sans cesse ar-rêter ma mémoire? a. chén. Élig. viii. Mépris despréjugés sous qui rampe la terre, lamart. Harold, 1 1 .|| 3 ° Qui, correspondant à nul, aucun, premier, se-cond, dernier, etc. ou à personne, guère, rien, etc.veut au subjonctif le verbe de la proposition subor-donnée. Il n’y a rien qui rafraîchisse le sang commed’avoir su éviter de faire une sottise, la bruy. xi.Il n’y a aucun de ses sujets qui ne hasardât sapropre vie pour conserver celle d’un si bon roi, fén.Tél. vin. Il y a peu de rois qui sachent chercherla véritable gloire, id. ib. xiv. Racine est le pre-mier qui ait su rassembler avec art les ressortsd’une intrigue tragique, la harpe, Él. de Rac.|| Cependant on peut aussi mettre l’indicatif; c’estl’intention qui en décide : si l’idée est, comme plushaut, indécise, on se sert du subjonctif; si elle estpositive, affirmative, on se sert de l’indicatif. Celivre est le dernier qu’il a fait contre ses adver-saires. Emile est le seul qui n’y a rien compris,J. J. rouss. Ém. v. || 4 ° Qui veut le verbe de la pro-position subordonnée à la même personne que lenom ou le pronom auquel il se rapporte. N’accusepoint mon sort, c’est toi seul qui Tas fait, corn.Cinna, m, 4 . Si le maître des dieux assez souvents’ennuie, Lui qui gouverne l’univers, J’en puis bienfaire autant, moi qu’on sait qui le sers, la font. Fabl .xii, 11. Ouais! serait-ce bien moi qui me tromperais?mol. Méd. malg. lui, 1, 6 . Fille d’Agamemnon , c’estmoi qui, la première, Seigneur, vous appelai de cedoux nom de père, rac. Iphig. iv, 4 . C’est vousseuls [les riches et les puissants] qui donnez àla terre des poètes lascifs, des auteurs pernicieux,des écrivains profanes, mass. Pet. carême, Vices etvertus des gr. Je ne vois que nous deux qui soyonsraisonnables, col. d’harlev. dansGiRAULT-DuviviER.|| Mais qui pouvant être considéré comme étant dela troisième personne, ce que font plusieurs langues,par exemple l’allemand , on a accordé, pour la per-sonne, le verbe non avec le substantif, mais avecqui ainsi considéré. Cette construction est aujourd’huicomplètement abandonnée, et c’est une faute de lasuivre. Je n’ai trouvé que vous qui fût digne de moi,MOL. Psyché, iv, 3. Hélas! que ne veut-on aussi memarier! Ce ne serait pas moi qui se ferait prier ! id.Sgan. 11. Je vous demande si ce n’est pas vous quise nomme Sganarelle. — .... En ce cas, c’est moiqui se nomme Sganarelle, id. Méd. malg. lui, 1, 6 .Nous chercherons partout à trouver à redire, Et neverrons que nous qui sachent bien écrire, id. Femm.sav. 111, 2. Britannicus est seul : quelque ennui quile presse, Il ne voit dans son sort que moi qui s’in-téresse, rac. Brit. 11, 3 . Je ne vois plus que vous