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viens-toi.... qu’ils [les grands] ont quinze et bisquesur nous par leur état, beaumarch. ilar.de Fig.v, 2 . || Fig. Celui-là vaut quinze, c’est-à-dire celaest remarquable, je m’en souviendrai. || 6" Sorte dejeu de hasard très-ruineux, qui consiste à prendresuccessivement des cartes entre les joueurs ; celuiqui a, le premier, quinze par les points de ses car-tes, ou qui en approche le plus, est le vainqueur.Il a perdu vingt ou trente mille francs au quinze,tête à tête avec un homme qu’on prétend qui avaitbien des moiliés, maintenon, Lctt. au duc de Nouil-les , 22 mai 17H.
— HIST. xi' s. De dulce France i a quinze mil-liers, Ch . de Roi. vm. Contre un des nos [nôtres][il] en troverat morzquinze, ib. cxli. Il xin's. Quinzejours [ils] l’ont requise [Berle], mais ne l’ont pastrouvée, Berle, Civ. || xv' s. Deux jeunes marchan-des d’auprès Ste-Oportune, nous leur avons vu faireleurs quinze tours dans St-Denis; puis elles sontallées achever le reste de leur voyage dans le boisde Nostre Dame des Vertus, où je me recommande,Caquets de l'accouchée, p. 62 , dans lacurne.
— ET YM. Prov. quinte; cat. quinse ; espagn.quince; ital. quindici; du latin quindecim, de quin-que, cinq, et decem, dix (l’accent est sur quin).
QUINZE-VINGTS (kin-ze-vin), s. m. pi. || 1° LesQuinze-Vingts ou l’hôpital des Quinze-Vingts (avecdeux majuscules), hôpital fondé à Paris par saintLouis pour trois cents aveugles. Dans les commen-cements de la fondation des Quinze-Vingts, on saitqu’ils étaient tous égaux, et que leurs petites affairesse décidaient à la pluralité des voix, volt. Romans,Les aveuglesjuges des couleurs. || Les Quinze-Vingts,les aveugles de cet hôpital. Et que les Quinze-Vingtsdisent que je suis borgne, RÉGNiEn. Sat. V. || Parallusion plaisante et jeu de mots. Il fallut qu’ils[vingt conseillers du parlement] donnassent chacunquinze mille livres pour les frais de la guerre[Fronde].... ces vingts conseillers n’eurent d’autrehonneur que d’être appelés les Quinze-Vingts, volt.Louis XIV , 4. || 2" Un Quinze-Vingt, un des aveuglesreçus dans cet hôpital. (L’Académie ne met pas d’s;des grammairiens ont réclamé contre cet usage,disant que cela signifie un de l’hôpital des Quinze-vingts et qu’il faut l’s.) || Un aveugle, en général.F.t même il vint Auprès de nous le Quinze-Vingt[Polyphème ], scarr. Virg. ni. Vous ne vous atten-diez pas à être chargée d’une négociation, madame ;c’est ici où le Quinze-Vingt des Alpes a besoin desbontés delà très-judicieuse Quinze-Vingt de Saint-Joseph, volt. Lett. Urne du Deffanl, 27 juin 1764.
— HIST. xv' s. Les aveugles que fonda saint Loys,Qui quinze vins sont en une maison, e. desch.Poésies mss. f° 286.
_ETYM . Quinse fois vingt, outrais cents.
QUINZIÈME (kin-ziè-m’), adj. || 1° Qui suit lequatorzième. César, né dans le quinzième siècle etgénéral au Mexique , eût été plus méchant queCortès, RAYNAL, liist. phil. vi, 12. Il La quinzièmepartie, la partie d’un tout qui est divisé en quinzeparties égales. || Personne ou chose qui occupe lequinzième rang. Il est] le quinzième de sa classe.|| 2" S. m. Le quinzième, le quinzième jour. Lequinzième de la lune. Le quinzième de sa maladie.|| 3° Une quinzième part. Il a un quinzième dansla succession. Les trois quinzièmes. || 4" S. f. Ter-me de musique. La quinzième, la double octave;un registre de l’orgue.
— HIST. xiii' s. Cis fu quinzimes rois par conte,Que la mors donta qui tôt doute, pii. mousses, ms.p. 48, dans LACURNE.
— ÉTYM . Provenç. quinsen; catal. quinsé ; es-pagn. quinceno; ital. quindecimo; du lat. quindeci-mus (voy. quinze).
QUINZIÈMEMENT (kin-ziè-me-man), adv. Enquinzième lieu.
_Etym . Quinsième, et le suffixe ment.
■\ QUIOSSAGE (ki-o-sa-j’), s. m. Action de quios-scr.
f QUIOSSE (ki-o-s’), s. f. Sorte de pierre aveclaquelle on frotte le cuir.
+ QUIOSSER (ki-o-sé), v. a. Faire passer le cuirsur la quiosse, afin d’en faire sortir les ordures.
QUIPOS (ki-pô)i *• m - p- Nom d° nné aux corde-lettes nouées des Péruviens, au temps de la mo-narchie des Incas , qui ne constituaient pas uneécriture, mais formaient une méthode mnémonique,fondée sur les couleurs des cordelettes, leur ordre,le changement du nombre et de la disposition desnœuds. Il faut reléguer au rang des fables les mer-veilles attribuées à ces quipos qui remplaçaient,
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chez les Péruviens, l’art de l’écriture, qui leurétait inconnu, raynal, Ilist. phil. vu, 6.
QUIPROQUO (ki-pro-ko), s. m. Méprise consis-tant à prendre une personne, une chose pour uneantre.Plus je contemple Ces fruits [gland, ci-
trouille] ainsi placés, plus il semble à Garo Que l’ona fait un quiproquo, la font. Fabl . ix, 4. 11 y a icidu quiproquo sur ma parole, regnard, Sêrén. 8.Là, j’ai vu votre frère au milieu des commis Quis’emportait contre eux du quiproquo commis, id.les Méncch. n, 1 . 11 faut tellement approprier lalouange à ceux qu’elle regarde, que le plus ombra-geux amour-propre ne puisse y trouver de quipro-quo, J. J. nouss. Confess. xi. Â peine a-t-il son habitd’officier qu’il porte la main à l’épée aux premièresrailleries du comte sur le quiproquo d’un soufflet,beaumarch. Préface du Mar. de Fig. || Un quiproquod’apothicaire, médicament donné l’un pour l’autre.Les quiproquo d'apothicaire sont fort dangereux.Est-ce que l’on ne dit pas ordinairement : un tel afait un quiproquo d’apothicaire; ce qui suppose qu’ilnous arrive souvent de nous tromper, lesage, Est.Gong. <7. || Au plur. Des quiproquo, selon le Dic-tionnaire de l’Académie; mais on pourrait regarderle mot comme français et écrire ; des quiproquos.
— HIST. xvi* s. S’il est licite de transfigurer ainsitoutes choses, il y aura de terribles qui pro quod,calv. Instit. 492. Ah! mes fillettes, ne vous y fiezpas, ils vous tromperont, il vous feront lire un quidpro quod, desper. Contes, i. Quiproquo d’apothi-caire, h. est. Apol. d'Ilérod. p. 214, dans lacurne.
— ÉTYM . Lat. quid, pro, et quod ; prendre unquid pour un quod.
f QUIRINAL (kui-ri-nal), s. m. Une des sept col-lines de l’ancienne Rome . || S. f. pl. Les quirinales,fêtes romaines, qui se célébraient le 1 7 de févrieren l’honneur de Romulus .
— ÉTYM. Lat. mons Quirinalis, de Quirinus , undes noms de Romulus .
f QUIRITAIRE (kui-ri-tê-r’), adj. Terme de droitromain. Domaine quiritaire, domaine accessible auxseuls citoyens romains ( dominium ex jure Quiri-tium), par opposition au domaine accessible à tous(dominium ex jure gentium).
QUITTANCE (ki-tan-s’), s. f. Écrit constatant quequelqu’un a payé une somme d’argent. On a encoreà Londres les quittances des docteurs de Sorbonneconsultés le 2 juillet 1630 sur le divorce de Henri VIII ,par Thomas Krouk, agent de ce tyran, qui délivral’argent aux docteurs, volt. Facéties, la Proph.de la Sorb. Il peut être convenu par le contrat demariage que la femme touchera annuellement, surses seules quittances, une partie de ses revenuspour son entretien et ses besoins personnels, CodeNap. art. 1 649. || Anciennement, quittances de finan-ces, les reçus des sommes qui étaient versées dansles coffres du roi pour prix d’un office, d’une charge,de la noblesse, etc. Savez-vous bien, madame, queje prouve déjà près de vingt ans de noblesse; quecette noblesse est bien à moi, en bon parcheminscellé du grand sceau de cire jaune; qu’elle n’estpas, cpmme celle de beaucoup de gens, incertaineet sur parole, et que personne n’oserait me la dis-puter, car j’en ai quittance? beaumarch. Mém. rép.à Mme Go’éiman. || Fig. Donner quittance, pardon-ner. Mais de ce côté-là je leur donrois [donnerais]quittance, S ils voulaient s’obliger d’épargner leursamis, Régnier, Sat. xii. || Les lunettes et les che-veux gris sont des quittances d’amour, c’est-à-direqu’on ne doit plus songer à la galanterie en cet état.
— HIST. xii' s. Si rouva [il demanda] qu’il eus-sent paix, Toute paix et quittance eussent, Brut,ms. f” 20, dans lacurne. || xiii' s. Qu’il aient pes detote rien Et de costume [impôt] laquitance [exemp-tion], Partonopex, v. 6567. S’on me doit sor letreset je rent les letres à celi qui les me bailla, c’estbien à entendre que je me tieng por paiés, ou quej’en ai quitance fete, beaum. xxxtv, 21 .11 xrv* s. Etdou quart de lor penitance Lor fait moult boinementquitance, J. de condë, t. ni, p. io. || xv' s. Et dist àson dit mary que il convenoit fere une quictancecomment il confessoit avoir receu la dicte somme,
Bibl. des ch. 6' série, t. i, p. 221 .Et nous vous
tiendrons pour droit roi de France , et obéirons àvous comme au roi de France , et vous demanderonsquittance de notre foi; et vous la nous donnerezcomme roi de France ; pour ainsi serons-nous ab-sous et dispensés, et irons partout là où voudrez etordonnerez, froiss. i, I, 95.
— ÉTYM . Provenç. quittansa; catal. quitança;espagn. et ital quitama; bas-lal. quietantia. Laforme propre est quietantia, action d’apaiser, dequietare (voy. quitte).
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QUITTANCÉ, ÉE (ki-tan-sé, sée), part, passede quittancer. Un mémoire quittancé.
QUITTANCER (ki-tan-sé. Le c prend une cédilledevant a et o; je quittançais, quittançons), v. a. Re-connaître qu’un débiteur a payé tout ou partie dela somme qu’il devait. Il ne vous faudra point, depeur d’être déçu, Quittancer le contrat que vousn’ayez reçu, mol. Éc. desfem. iv, 2 .
QUITTE (ki-t’), adj. || 1° Qui ne doit plus rien,qui s’est libéré de sa dette, en parlant des personnes.On croit que Monsieur le Prince n’en sera pas quittepour quarante mille écus, sév. 43. Ce nouveaumagistrat proposa une loi qui déclarait les débiteursquittes de leurs dettes en payant à leurs créanciersla quatrième partie du principal, vertot, Révol.rom. xi, p. 78. || Fig. [Dans le monde] On reçoit etl’on rend, on est à peu près quitte, gresset, le Méch.iv, 7. || Fig. Il en mourra quitte, signifie qu’onse vengera tôt ou tard de l’offense faite. || Quittese dit aussi des immeubles. Un domaine franc etquitte de toutes dettes et hypothèques. Drusus donnaà de pauvres habitants la même quantité de ces ter-res quittes et franches de toute contribution, vertot,Révol. rom. ix, p. 340. || Fig. Être quitte envers quel-qu’un ou envers quelque obligation morale, s’être ac-quitté de ce qu’exigeait le devoir, la reconnaissance.Mais, quitte envers l’honneur et quitte envers monpère, C’est maintenant à toi que je viens satisfaire,corn. Cid, m, 4. Quoi 1 le seigneur Esope en croitdonc être quitte Pour m’avoir en passant daigné ren-dre visite ? boursault, Ésope à la cour, i, 4. Soyezheureux, mes enfants, vous serez quittes envers nous,gknlis, Thédt. d'éduc. la Cloison, sc. 4 9. || Il s’estdit aussi des obligations accomplies, satisfaites. Tagloire est dégagée, et ton devoir est quitte, corn.Cid, v, 7. || Fig. Tenir quitte, dispenser. Dis-lui querien ne presse, et que je l’en tiens quitte, fagan,Rendez-vous, sc. 4 6. || Ironiquement, je l’en tiensquitte, se dit de quelqu’un dont les services ou lespolitesses sont à charge ou suspects. || 2” Délivré,débarrassé. Te voilà donc bientôt quitte d’un grandsouci? corn, le Ment, iv, 9. Prétendez-vous.... endemeurer quitte à si bon marché? la font. Berc.Mais quitte des ennuis où m’enchaîne la vie, th.corn. Ariane, ni, 4. Quand il [M. Cassini] étaitquitte de ses devoirs, il retournait à ses plaisirs,c’est-à-dire aux observations célestes, fonten. Cas-sini. Quand elles [les maîtresses] meurent, alors ledésir meurt avec l’objet, l’on rentre dans son bonsens, et l’on est quitte de mourir, comte de caylus,Acad, de ces dames et de ces messieurs, Œuv. t.xn,p. 72, dans pougens. Me voilà quitte d’un cruel en-tretien, GENLIS, Thédt. d’éduc. Zélie, n, 6. |[ Êtrequitte pour, en être quitte pour, n’avoir à souffrir,à supporter que.... pour. Octave aura donc vu sesfureurs assouvies.... Rempli les champs d’horreur,comblé Rome de morts, Et sera quitte après pourl’effet d’un remords ! corn. Cinna, n, 2 . J’en vou-drais être quitte pour dix pistoles, mol. Impromptu,i. Il faudrait.... ne pas croire qu’on en fût quittepour dire.... boss. Hist. u, 13. Mme de Caylus a étéquitte de la rougeole pour la peur, maintenon ,Lett. au duc de Noaill. 18 avril 171 2 . || Absolumentet familièrement, quitte pour, quitte à, à charge de.Quitte pour être grondé. Quitte à être grondé. J’iraitoujours mon chemin, quitte à changer quand onchangera, sév. 236. Miss Temple.... fit vœu enelle-même d’en avoir le cœur net, quitte pour neplus lui jamais parler après, hamilt. Gramm. io.|| 3° Adverbialement. Terme de jeu. Jouer à quitteou à double, jouer à quitte ou double, jouer quitteou double, jouer une dernière partie par laquellecelui qui a déjà perdu sera acquitté ou payera dou-ble. || Absolument. Dans le même sens, quitte oudouble. || Fig. Jouer à quitte ou à double, à quitteou double, et, plus ordinairement aujourd'hui,jouer quitte ou double, risquer tout. Ce remède sepeut mettre en comparaison avec la poudre du bon-homme ; il est même un peu violent, mais aussi onjoue à quitte ou à double, sév. 338. Vendôme , àqui deux assauts avaient déjà mal réussi, joua àquitte ou à double, et ordonna un troisième assaut,st-sim. 283, 94. || Etre quitte à quitte, ne se devoirplus rien de part et d’autre, au jeu, dans les affai-res, dans les comptes. Nous sommes quitte à quitte.Nous voilà quitte à quitte. || Fig. Faire quitte àquitte, être quitte à quitte, ou, absolument, quitteà quitte, se rendre la pareille, s’être rendu la pa-reille. Hélas I tant qu’il [ld cardinal Mazarin] vécut,nous fûmes quitte à quitte; Une fit rien pour moi,je ne fis rien pour lui, cailly, dans richelet. Ar-gan : Tu m’as fait égosiller. — Toinette : Et vous