BEA
REV
RÉA 1495
est égale et contraire à l’action, laplace, Expos.iv, l. 1 | 2° Effort qui est suscité, en retour, par uneaction. Dans les mouvements physiques, l’action esttoujours suivie d’une réaction, montesq. Espr. v, t.
1. action de ce feu [le feu central] est si grande, laforce de l’explosion est si violente, qu’elle produit,par sa réaction, des secousses assez fortes pourébranler et fdfre trembler la terre, buff. Iiist. nat.Preuv. théor. Œuv. t. n, p. 292. || Fig. C’est une desréactions de la justice universelle qui gouverne lemonde, bern. oe st-p. Paul et Virg. || S 1 * Terme<l’équitation. La secousse plus ou moins forte quele cheval en action fait éprouver au cavalier qui lemonte. Réactions douces. Réactions dures. || 4°Termede chimie. La manifestation des caractères distinctifs
d’un corps, provoquée par l’action d’un autre corps.
Il Phénomènes entre des corps agissant les uns surles autres. Les réactions générales qui ont lieuentre les métaux et les acides, fourcroy, Conn.chim. t. i, p. ex. |J 5° En physiologie et en patholo-gie, l’action organique qui tend à contre-balancer
I influence de l’agent morbifique par lequel ellea été occasionnée. || Quelquefois aussi l’action parlaquelle un organe irrité détermine l’activité nor-male ou morbide d’un autre organe qu’on dit alorsirrité sympathiquement. || 6° En science sociale, ac-tion contraire suscitée par une action antécédente.
II en est [des parties d’un État] comme des partiesde cet univers, éternellement liées par l’action desunes et la réaction des autres, montesq. Rom. ix.
11 y a entre les puissances européennes une actionet une réaction qui, sans les déplacer tout à fait,les tient dans une agitation continuelle, J. J. rouss.Paix p erp. || 7“ R S e dit de l’ensemble des actesd un parti opprimé qui devient le plus fort. || Plusparticulièrement, le parti conservateur considérécomme s’opposant à l’action de la révolution. Aprèsla chute de Robespierre , la réaction royaliste futtrès-violente dans le midi de la France .
— étym. lié .et action.
] RÉACTIONNAIRE (ré-a-ksio-nê-r’), adj. Néolo-gisme. Qui coopère à la réaction contre l’action dela révolution. Pouvoir réactionnaire. || Substantive-ment. Les réactionnaires de l’an ni désolèrent lemidi de la France .
f RÉACTIONNEL, ELLE (ré-a-ksio-nèl, nè-1’),adj. Qui a rapport à une réaction organique. LePouvoir réactionnel d’un organe contre une actionmorbifique.
t RÉÀCTIONNER (ré-a-ksio-né), v. a. l| i° Ac-tionner de nouveau. On l’avait actionné le moisdernier; on l’a réactionné ce mois-ci. || 2* V. n.Terme de bourse. Réagir contre la hausse. Les coursont été bons au début; ils ont un peu réactionnépar la pression des vendeurs à découvert, M. mon-éEn, journal la Liberté, 27 déc. 1868.
t RÉADMISSION (ré-ad-mi-sion), s. f. Nouvelleadmission. •
t RÉAFFIRMER (ré-a-fir-mé), v. a. Affirmer denouveau. Cette chose avait été affirmée par lui,e t il vient de la réaffirmer, lf.goarant.
t RÉAGGLUTINER (ré-a-glu-ti-né), v. a. Agglu-tiner de nouveau.
— HlST. xvi* s. On fera des incisions assez pro-fondes, à fin que la dite peau se reagglutine mieux,paré, vi, 13.
RÉAGGRAVE (ré-a-ggra-v’), s. m. Dernier mo-nitoire publié après trois monitions et l’aggrave. ÂJ’aggrave qui, outre la privation des biens spirituels,interdit l’usage des choses publiques, le réaggraveajoute la privation de la société même dans le boireet le manger. Tous ces réaggraves qui ont été jetéset publiés dans toutes les paroisses de Paris , guipatin, Leu. t. n, p. tse.
— Rem. Le Dictionnaire de l’Académie le fait dumasculin, ainsi que Gui Patin ; mais c’est une ano-malie sans raison, aggrave étant du féminin.
iiist. xv* s. Par lesquels voulons et consen-tons estre contraints et chacun de nous par voie desolennelle excommunication, d’aggravances et reag-gravances, monstrel. i } 216.
RÉAGGRAVÉ, Vée’ (rè-â-ggra-vé, vée), part,passe ue réaggraver. On l’a déclaré réaggravé.
REAGGRAVER (ré-a-ggra-vé), U. a. Déclarerque quelqu un a encouru les censures portées parun réaggrave. I. était public dans Rome que les Es-pagnols pressaient le pape de réaggraver ses excom-munications contre le roi de France , anquet. Li-Sme, ni, 319. ’
HlST. xvi* s. Luy et tous ses adhérants et fau-teurs excommuniez, aggravés, reaggravés, puisbannis, Sat. Mén. p. (6. ° ’ *
— étym. Ré.... et aggraver.
RÉAGIR (ré-a-jir), t). n. || 1* Exercer la réaction,opposer à une action une action contraire sur unautre corps dont l’action a été reçue. Tout est enmouvement, tout agit, et tout réagit dans la na-ture, volt. Princ. d'act. i. On sait que l’action dufeu se fait en tout sens; elle ne pourrait donc pass’exercer en haut avec une force capable de lancerde grosses pierres à une demi-lieue en hauteur,sans réagir avec la même force en bas et vers lescôtés, buff. Théorie de la terre, preuves, art. 1 , Dela formation des planètes. || 2° Fig. Réagir contre,lutter contre. Il a réagi contre le chagrin qui me-naçait de l’accabler. Les partis réagissent ordinaire-ment les uns contre les autres, Dict. de l’Académie .
|| Absolument. Ne vous laissez, pas accabler par lechagrin ; réagissez. || 3° Dans un autre sens, agir enretour, avec la préposition sur. Les objets agissentsur l’animal par le moyen des sens, et l’animalréagit sur les objets par ses mouvements extérieurs;en général, l’action est la cause, et la réaction estl’effet, buff. Disc. nat. anim. Œuv. t. v, p. 258.L’âme, différemment modifiée par des impressionsplus ou moins fortes, réagit à son tour sur le genrenerveux, y entretient les ébranlements.... bonnet,Contempl. nat. v, 4.. Dans cet âge où les affec-tions de l’esprit et celles de l’âme ont une com-munication si soudaine, où la pensée et le senti-ment agissent et réagissent l’un sur l’autre avectant de rapidité, marmontel, ilém. i. Les idées phi-losophiques, venues d’abord d’Angleterre en France ,réagissaient alors de la France sur l’Angleterre,villemain, Littér. fr. xvnt* siècle, 2 * part. 3* leçon.
|| 4° Terme de chimie. Se dit de la réaction que lescorps en se combinant exercent les uns sur les au-tres. Quand on fait réagir deux corps l’un sur l’autrepour déterminer une combinaison, toutes les partiesconstituantes concourent en même temps à l’effetgénéral, becquerel, Lnstit. ifém. scienc. t. x, p. 272.
|| Réagir acide, réagir alcalin, se dit d’une substancequi, en présence des réactifs, se montre acide, al-caline. || Il se conjugue avec l’auxiliaire avoir.
— HlST. xiv* s. Comme le feu en l’air agist,Aussi l’air sur l’eau reagist, Et l’eau agist en l’air etterre, Quand le feu veult esmouvoir guerre, Nat. àl’alch. err. 462.
— ÉTYM . Lat. reagere, de re, et agere, agir.
f RÉAGISSANT, ANTE (ré-a-ji-san , san-t’), adj.Qui a la propriété de réagir. La considération de lastabilité de l’équilibre d’un système de moléculesréagissantes les unes sur les autres par leurs forcesattractives.... laplace, Exp. iv, <7.
f RÉAGISSEUR. (ré a-ji-seur), s. m. S’est ditpour réacteur. Ces trois réagisseurs, ces hommesqui ont toujours trahi le peuple.... babœuf, Pièces,I, 201.
f RÉAIMANTER (ré-è-man-té), v. a. Aimanterune seconde fois. Ayant aimanté l’aiguille avec soin,je tiens note de son angle d’inclinaison sur le cerclede la boussole ; je renverse ensuite l’aiguille sansréaimanter, coulomb, Lnstit. mém. scienc. t. iv,
p. 681.
RÉAJOURNÉ, ÉE (ré-a-jour-né, née), part, passéde réajourner. Ajourné et réajourné.
RÉAJOURNEMENT (ré-a-jour-ne-man), s. m.Terme de procédure. Nouvel ajournement.
RÉAJOURNER (ré-a-jour-né), v. a. Terme deprocédure. Ajourner de nouveau.
— iiist. xiii* s. Si tost qu’il est hors de son en-soine, il le doit fere savoir à son segneur, si que lisires le puist fere r’ajorner s’il li plest, beaum. ii, 7.
— étym. Ré...., et ajourner.
1. RÉAL, ALE (ré-al, a-1’), adj. Usité seulementdans ces anciennes locutions : Galère réale, la prin-cipale des galères du roi. Le pavillon réal, le pa-villon de la galère réale. Le médecin réal, le méde-cin de cette galère, etc. || S. f. La réale, nom quel’on donnait, dans l’escadre des galères, à la galèredestinée à porter le roi, les princes, l’amiral deFrance , ou, en leur absence, le général des galères;elle était plus grande que la patronne, plus grandeelle-même que les galères ordinaires, jal.
— étym. Autre forme de royal.
2 . RÉAL (ré-al), s. m. ou RÉALE (ré-a-1’), s. f.Monnaie d’argent d’Espagne qui vaut un quart defranc. Pas un réal chez moi Pour équiper ma bandeet la conduire en plaine ! c. delav. la Fille du Cid,I, 4. || Au plur. Des réaux, pour réal ; et des réales,pour réale.
— étym. Espagn . real, royal (voy. ce mot) :monnaie royale.
RÉALGAR (ré-al-gar), s. m. Nom vulgaire dusulfure rouge d’arsenic. On emploie quelquefois leréalgar comme couleur ; en Chine , on en fait des
vases qui communiquent au vinaigre des propriétéspurgatives, tuenarb, Traité de chimie, t. i, p. 424 ,dans pougens. Le réalgar est composé de 0,26 desoufre, de 0,76 d’arsenic à l’état métallique, al.brongniart, Traité de min. t. n, p. 88, dans pou-gens. || On a dit anciennement réalgal. On metensemble les portions d’arsenic qui se trouvent demême couleur; ils portent tous les noms de réalgal,réagal, risigal et celui d’arsenic avec l’épithète dela couleur qu’ils ont, Dict. des arts et mét. Mines.
— hist. xiv* s. Faire tourtellés de paste et fro-mage frit ensemble, et poudre deriagal, et mettreen leur repaire [des rats] où ils n’aient que boire,Ménagier , n, 3. [Pierre Rue confesse que] Le royde Navarre fit empoisonner messire Seguin encoings ou en poires succrées, ne scet lequel, etmourut ledit Seguin dedans six jours après ou envi-ron, et ne sut quelles furent les poisons, fors que ilpense que ce fut par reagal, Chr. de St-Denis, an1377, dans lacurne. || xvi* s. De la mielleuse etfielleuse pasture, De qui le nom s’appelle tropaimer. Qui m’est et sucre et riagas amer, Sans mesaouler je pren ma nourriture, rons. si.
— ÉTYM . Ital. risigallo; de l’espagn. rejalgar,qui vient de l’arabe rahdj-algâr, poudre de caverne,ainsi dit d’après M. Dozy, auteur de cette étymo-logie, parce qu’on tirait cet arsenic des minesd’argent.
f RÉALISARLE (ré-a-li-za-bl’), adj. Qui est sus-ceptible d’être réalisé. Fortune facilement réalisable.
RÉALISATION (ré-a-li-za-sion), s. f. || 1° Actionde réaliser. La réalisation de promesses. || 2° Laréalisation de sa fortune, l’action de vendre sonbien et de le convertir en argent.
— HlST. xvi* s. Es cas ès quels y a hypothequetaisible, les réalisations [reconnaissance du contratpar devant le seigneur à fin d’hypothèque et nan-tissement], nantissemens, et saisines introduites paraucunes coutumes ne sont point requises, loïsel,498.
RÉALISÉ, ÉE (ré-a-li-zé, zée), part, passé deréaliser. Rendu réel. On croit voir l’Atlantide duchancelier Bacon exécutée, le songe d’un savantréalisé, fonten. Marsigli .
RÉALISER (ré-a-li-zé), v. a. || 1" Rendre réelNous lui avons facilité [au roi] cette connaissance[des hommes], en réalisant, dans plusieurs par-ticuliers, des caractères marqués en bien et en mal,boss. Polit, x, iv, i. On a réalisé sur le marbretoutes les formes, tous les contours de toutes lesparties du corps humain, buff. Iiist. nat. Llom.t. iv, p. 321. Plotin s’engageait à s’y renfermer avecses amis [dans une cité philosophique], et à y réa-liser la république de ce philosophe [Platon ], dider.Opin. des anc. phil. Éclectisme. L’aspect des lieuxrapproche les temps, réalise les fictions, et donnedu mouvement aux objets les plus insensibles, bar-tiiél. Anach. ch. 63. 11 était réservé au christia-nisme de réaliser ces songes de vertus que rêvaientles sages d-e Rome et d’Athènes , chateaub. Génie,iv, i, 3. |] 2“ Terme de philosophie. Considérercomme réels les êtres abstraits. C’est la philo-sophie péripatéticienne qui a réalisé tous les êtresgénéraux et métaphysiques.... bider. Lett. sur lessourds-muets. Il (Descartes ] réalise, comme lesanciens, de pures abstractions, turgot, Ébauche du2 * dise. Progrès de l’esprit humain, p. 278. Lesphilosophes ont été de tout temps sujets à réaliserleurs abstractions, c’est-à-dire à supposer, sansfondement, que les choses ressemblent exactementaux idées qu’ils s’en font, condil. Art de rais, n, l.|| 3“ Réaliser sa fortune, et, absolument, réaliser,convertir sa fortune en argent comptant. Chéniern’aimait pas Réal, et saisissait avec plaisir l’occa-sion de lancer un trait mordant contre ces transfu-ges de la liberté, si vite embauchés au pouvoir :Que veux-tu? dit-il en me frappant l’épaule, Réalréalise, ch. Nodier , Souvenirs de la Révolution,1861 , t. n, p. 266 . || Vers 1719, réaliser aprisle sensde transformer en argent, parce que ceux qui avaientde grandes valeurs en papiers, les convertirent eneffets réels, terres, maisons, espèces, etc. Bientôtaprès, tout le monde se vit pauvre, excepté ceux quiavaient réalisé; c’était un terme nouveau introduitdans la langue par ce système [opérations deLaw],volt. Iiist. pari. lxi. || 4° Terme de palais. Réaliserdes offres, les faire à deniers découverts. Il ^Termede coutume. Héaliser un contrat, le reconnaître de-vant le seigneur duquel on tient 1 héritage, pouracquérir un droit réel. || 5* Se réaliser, v. réjl. De-venir réel. Puisse ma prédiction ne pas se réaliser!— syn. réaliser, effectuer. Réaliser, c’est ren-