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Tome quatrième. Q - Z.
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ressuscite. Celui qui serait le ressusciteur desmorts, balz. Barbon. Et du tonnerre dont il fronde[Jupiter], Mit ce ressusciteur [Esculape] du mondeDans le fond denfer pour jamais, scarr. Virg. vii.

ÉTYM . Lat. resuscitatorem, de resuscitare, res-susciter.

+ RESSUYANT (re-sui-ian), adj. m. Terme dechasse. Vent ressuyant, vent sec, aigre et piquant.

RESSUYÉ, ÉK (-sui-, iée), part, passé deressuyer. Un mur ressuyé. Quand le caillé est suf-fisamment ressuyé et quil a acquis la consistancedun fromage en forme, on le sépare de léclisse,gencis, Maison rusl. t. il, p. 67, dans pougens.

|| Terme rural. Se dit dune terre qui a perdu lasurabondance deau dont elle était imprégnée.

RESSUYER (-sui-),». a. II se conjugue commeessuyer. || 1° Sécher. || Fig. Il y a des gens quisont nés pour dépenser partout ; il n'y a aucun lieude repos pour eux, ni qui puisse les ressuyer, sfiv.i( sept. ( 680 . || 2° Chauffer la pierre à chaux, outoute autre substance, pour lui enlever lhumidité.

|| 3° Se ressuyer, ». réfl. Se sécher. Se ressuyer ausoleil. Le chemin se ressuie. Peu à peu elles [lesterres] se sont durcies et ressuyées,et, en se dessé-chant, elles ont diminué de volume, bupf. Hist.nat. 2 * dise. Œuv. t. t, p. <66. || Avec ellipse dupronom personnel. 11 faut laisser ressuyer ce mur.

HIST. xiv" s. Lesprevier sen iroit haignier,puis se ressuieroit sur un arbre, Ménagier , ni, 2 .Maria Magdalene, quant à lui [Jésus] ot ploré,Quant de ses larmes ot son digne cors lavé, Et deses biaus cheveux en après ressué, le Bastard deBuülon, p. 861 , dans Jlist. litt. t. xxv, p. 697.

ÉTYM . lie..., et essuyer.

RESTANT, ANTE (rc-stan, stan-t), adj. || 1° Quireste. Le nombre restant. Il est le seul restant dequatre frères. [| Poste restante, voy. poste. || Lescent livres restantes, et, plus ordinairement, res-tant. || 2 S. m. Ce qui reste dune somme, dunequantité. Je vous payerai le restant avec les inté-rêts. Le restant de sa fortune. || On dit plus ordinai-rement le reste.

RESTAUR (-stor), s. m. Ancien terme de com-merce maritime. Recours que les assureurs ont lesuns contre les autres, suivant la date de leur assu-rance, ou contre le maître, si lavarie est de son fait(voy. ristorne) .

hist. xiii* s. Li secons cas en coi nul restorsne doit estre fes [fai t], beaüm. xii, < 7.11 xiv* s. Li duimaréchal de France priseront et estimeront loial-ment les chevals mûrs et les chevals de nos gens, etnos en fera nosdis sires plain restour selon leurprisie, nu cange, restaurum.

étym. Voy. restaurer.

RESTAURANT, ANTE (-stô-ran, ran-t), adj.

|| 1" Qui restaure, qui répare les forces. Alimentrestaurant. Potion restaurante. || S. m. Cest un bonrestaurant que le vin. || Particulièrement. Con-sommé fort succulent. Le père tout tremblant lefait reposer; on lui fait prendre des restaurants,volt. Jenni, 7. || Fig. Chacune de vos conquêtes estmon restaurant, volt. Lett. Catherine, 63. || 2° Eta-blissement dun restaurateur. Tenir un restaurant.Dans la rue des Poulies souvrit en <766 le premierrestaurant, qui fut ensuite transféré à lhôtel dAli-gre ; cétait un établissement de bouillons, ilnétait pas permis de servir des ragoûts commechez les traiteurs, mais lon donnait des volaillesau gros sel, des œufs frais, etc.;Boulanger, le maî-tre, avait pris pour devise, copiant lEvangile : Ve-nite ad me omnes qui stomacho laboratis, et ego vosrestaurabo, fournier, Paris démoli, introd. p. xxxix.|| Restaurants des pieds humides, nom populaire descuisines en plein vent des halles et marches de Paris .

hist. xvi* s.Le maigre à la fosse courant,

Et dont la vie est hors de restaurant, marot, iv,26 3. Lon ne ma fait manger que restaurants et lesmeilleures viandes que je mangeai jamais, marg.Non», xlix. Lequel [Henri IV ], pour les paier [sessoldats] des labeurs intolérables de la guerre, pen-soit leur avoir donné un restaurant en leur promet-tant une bataille, dauii. Ilist. ni, 289 .

RESTAURATEUR , TRICE (-stô-ra-teur, tri-s),s. m. et f. || 1° Celui, celle qui restaure, répare.|| Restaurateur de tableaux, artiste, ouvrier dont laprofession est de réparer de vieux tableaux. || 2" Ce-lui, celle qui rétablit, refait, en parlant de villes,de monuments. Gênes , célèbre du temps des Ro-mains, regardait Charlemagne comme son restaura-teur ; cet empereur lavait rebâtie, quelque tempsaprès que les Goths l'avaient détruite, volt. Moeurs,43. || Il se dit des compagnies, des établissementsquon remet sur pied. Il [Fléchier] fut le restaura-

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teur et presque le second fondateur de lAcadémie qui subsiste encore à Nîmes , dalemb. Éloges, Flé-chier. Iphitus de lÉlide, législateur de sa patrie,restaurateur des jeux olympiques, vin* siècle avantJ. C., barthél. Anach. t. vu, table 6. || 3 Fig. Ce-lui, celle qui rétablit, remet en vigueur. Il fut lerestaurateur de cette observance, patru, Plaidoyer16, dans riciielet. Fais donc, et je te voue un tem-ple magnifique Comme au restaurateur des affairesdAfrique , mair. Sophon. ni, 3. La gloire de res-taurateur du public fut sa première idée [de M. lePrince], celle de conservateur de lautorité royalefut la deuxième, retz, ii, < 79. Nous croyons voirque vous serez la restauratrice de cette maison deGrignan, sév. d Mme de Grignan , 2< juin <671. Cefut la vénérable mère Françoise.... que nous pou-vons appeler la restauratrice de la règle de Saint-Benoît et la lumière de la vie monastique, noss.Anne de Gons. Le grand Galilée , le restaurateur et lavictime de la raison en Italie , ce premier maître dela philosophie que Descartes eut le malheur de neciter jamais, volt. Irène, Lettre. Ce sont deux es-prits originaux [Thompson et Young] que je choi-sis, deux de ces hommes que je vais tout à lheuresignaler comme les restaurateurs de la poésie an-glaise, villrmain, Liitér. du xviii" siècle, 2* partie,2* leçon. || 4 S. m. Celui qui donne chez lui desrepas (déjeuners, dîners, soupers) par portions etpour des prix convenus. Un restaurateur est celuidont le commerce consiste à offrir au public unfestin toujours prêt, et dont les mets se détaillentà prix fixe sur la demande du consommateur,brillat-savarin, Physiol. du goût, Médit, xxviii.

SYN. traiteur, restaurateur. Le traiteur estproprement celui qui prépare et porte en ville cequon lui a commandé. Le restaurateur reçoit les con-sommateurs chez lui, et leur offre ce quil a. Dans lespetites villes, il y a plutôt des traiteurs. Dans lesgrandes, le restaurateur est en même temps traiteur.

hist. xii* s. Or est la joie trespassée, Que lomaveit de vos [vous] menée ; Kar de ceo fuissez res-toriere Que lom perdi en vostre pere, benoit, ii,13989. || xv* s. Hal seigneurs, ne vous deconfortezmie pour monseigneur que nous avons perdu; cenestoit quun seul homme ; veez ci mon petit en-fant, qui sera, si Dieu plaist, son restorier, froiss.i, i, <68. || xvi" s. Au lieu de dire le Bearnois etle bastard, ils [les prêcheurs de la Ligue après letriomphe dHenri IV ] le nommoient restaurateur etnoble présent du ciel, dauii. Ilist. m, 287.

ÉTYM . Provenç. restauraire, restaurador ; es-pagn. restaurador ; ital. reslauratore, ristoralore ;du lat. reslauratorem, de restaurare, restaurer. Enfrançais restauriere, en provençal restauraire est lenominatif (du lat. restaurâlor) ; restaurateur, res-tauradnr est le régime (du lat. reslauratôrem).

f RESTAURATIF, IVE (-stô-ra-tif, ti-v), adj.Terme de médecine. Qui a la vertu de restaurer.Des remèdes restauratifs.

hist. xvi* s. Nostre débilité appete plus tostchoses restauratives que celles qui purgent avecviolence, lanoue, 196. Les eaux alimenteuses etrestauratives, paré, xxvi, 7.

ÉTYM . Restaurer; provenç. reslauratiu; es-pagn. restauratiro; ital. ristorativo.

RESTAURATION (-stô-ra-sion ; en vers, de cinqsyllabes), s. f. || 1° Rétablissement, en parlant duneville, dun monument public. La restauration deThèbes fut louvrage de Cassandre, et appartient aucommencement de la cxvi" Olympiade, raoul-ro-cuette, Instit. Mém. inscr. et belles-lettr. t. vi,p. 223. || 2° Réparation. La restauration dune sta-tue. Ladministration du Musée central des arts, qui,par ses lumières, a perfectionné lart de la restaura-tion, ne négligera sans doute rien pour conserverlart réparateur dans toute son intégrité, guy-ton, etc. Instit. Mém. litt. et beaux-arts, t. v,p. 4 66. [| Particulièrement, en architecture, travailfait daprès les restes dun édifice antique, pour enrétablir les parties que le temps a détruites. || 3 Fig.Nouvelle existence donnée à certaines choses mora-les. La restauration des lois, de la discipline, delÉtat. M. de Maucroix emploie restauration en unmoyen style, cest-à-dire dans le Schisme dAngle-terre, il dit travailler à la restauration de lafoi catholique, vaugel. Rem. Observ. de M* tf ,p. 120, dans pougens. |! 4" Rétablissement dunedynastie sur le trône quelle avait perdu. Je payepartout; jai payé ma restauration, je payeraiencore la vôtre [de Ferdinand VII, en Espagne ], parceque jai beaucoup dargent et beaucoup de complai-sance aussi pour les souverains étrangers, P. l. cour.Pièce diplomatique. || Il se dit particulièrement delà

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restauration des Stuarts au xvn* siècle et des Bour-bons au xix*. En Angleterre la restauration com-prend les règnes de Charles II et de Jacques II , enFrance ceux de Louis XVIII et de Charles X . Sous larestauration. Pendant la restauration. L'Allemagne [de Mme de Staël], ce livrejeté au pilon sous lempire,et que la restauration venait de nous rendre commeune des libertés quelle apportait avec elle, ville-main, Souvenirs contemp. les Cent-Jours, chap. <

HIST. xiv s. La restauration des jeux, ber-cheure, f° 40, verso. Et se gise le malade, tant quela restauration [après la réduction dune luxation]soit bien ferme, lanfranc, p. 108.

ÉTYM . Provenç. restauracio; espagn. restau-ration; ital. restaurazione, ristorazione; du lat.restaurationem , de restaurare. restaurer. Lan-cienne langue avait aussi restorement.

RESTAURÉ, ÉE (-stô-, rée), part, passé de res-taurer. || 1° Remis en bon état. Tableau restauré. Res-tauré dans lhypothèse de M. Quatremère de Quincy ,le monument [tombeau de Porsenna ] devient possi-ble; mais ilreste toujours invraisemblable, letronne,Inst. Mém. Acad, inscr. t. îx, p.374. || 2 Qui a reprissa vigueur. Restauré par une bonne nourriture.|| Populairement et par plaisanterie, le voilà bien res-tauré, se dit dun homme qui nobtient quun faibledédommagement pour un grand sacrifice, unegrande perte. || 3 Remis sur le trône. Les Bourbonsrestaurés après vingt ans dexil. || Fig. Te voilà doncrestaurée, Chanson, mes amours, bérang. Restaur.

RESTAURER (-stô-), ». a. || 1° Réparer, ré-tablir, en parlant des ouvrages darchitecture, desculpture, de peinture. Restaurer une église, unestatue, un tableau. Pour restaurer, je le crois horsdusage, bien que M. Riciielet lemploie dans sonDictionnaire, il dit : restaurer une figure debronze ou de marbre ; car ce pourrait être en cetteoccasion un terme dart, vaugel. Nouv. Rem. ob-serv. de M.***, p. < 21 , dans pougens l| Il se ditaussi de livres en un sens analogue. Vous [Juifs ]vous étiez idolâtres sous vos rois, vous navezété fidèles à un seul Dieu quaprès quEsdras eut restauré vos livres volt. Dict. phil. Juifs.|| 2 Remettre en bon état, en vigueur. Restaurerles forces, la santé. Remède qui restaure lestomac.Il [Ch. deSévigné| voulait que Pecquet le restaurât ;il disait les plus folles choses du monde, et moi aussi :cétait une scène digne de Molière , sév. 37. || 3Fig.Il se dit des lettres, des lois, de la discipline, du com-merce et choses analogues auxquelles on rend leurpremière vigueur. Restaurer lÉtat, les arts, leslettres, le commerce. || 4° Remettre sur le trône unedynastie qui en est tombée. En Angleterre, Monkrestaura les Stuarts. Je ne vous demanderai pointles frais, comme on ma fait ; c'est une vilenie demes ailiés; au contraire, en vous restaurant, je vousdonnerai de largent, ainsi quà vos sujets, tant quevous en voudrez, p. l. cour. Pièce diplomatique.|| 5 Se restaurer, ». réfl. Rétablir ses forces parune bonne nourriture. Quel spectacle charmant devous voir appliquée à votre santé, à vous reposer,à vous restaurer 1 sEv. à Mme de Grignan , 22 nov.1679. M. Mansart.... ne respire que de se restaurerdes extrêmes évacuations de Vichy , id. 7 oct. <687.

hist. xii* s. Li religius prince, qui volt bontéamer, Deit noveles iglises drescier et alever, Celesqui sont chattes [tombées] e creistre e restorer, Th.le mart. 73. Que les leis qui estoient abatues fussentrestorées od [avec] laide de nostre seignor, Machab.Ii, 2. || xiii* s. Que tout lor dommage leur serontrestorei souffisamment, tailliar, Recueil, p. 327.Cil rois Cyrus délivra de la prison les Juis por res-torer le temple, brun, latini, Trésor, p. 62. Se ondemande comment ces eures qui ja sont trespassées-puent [peuvent] estre restorées por faire un jor elquart an.... Comput, f. 6. Qui piert un si preudomecorne il est, chou [ce] est damages sans restaurer[réparer], h. de valenc.iv. || xiv*s.Si li jeu nestoientpar grant magnificence restauré, bercheure, 1" 4o.|| xvi* s. Il convient de discourir du moyen de res-taurer ces vieilles ruines, lanoue, 234 . Je fis desmots nouveaux, je restauray les vieux, rons. 974.

ÉTYM . Prov. et esp. restaurar; ital. restaurare,ristorare; du lat. restaurare, de re, et le primitifslaurare, fortifier ; comparez le sanscr. sthûra, fort.

RESTE (-st 1 ), s. m. ||i Ce qui demeure duntout, dune quantité quelconque. Le reste de lajournée. Je finirai ce soir le reste de ma tâche. Lesrestes dun festin. Ils mangeront, et il y en aura dereste, saci, Bible , Rois, iv, iv, 43. Je serais bienfâchée, ma chère enfant, dêtre capable de faire ceque je fais pour avoir de largent de reste, je crain-drais lavarice qui est ma bête, SEv. 667. Le comble