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s’est abattu sur les murailles, et les murailles sur lefondement; mais, qu’on remue ces ruines, on trou-vera, dans les restes de ce bâtiment renversé, etles traces des fondations, et l’idée du premier des-sin, et la marque de l’architecte, boss. la Vallière.Je suis très-sensible à tout ce qui se passe : c’est dequoi passer un reste de vie bien triste, maintenon ,Lett. à Mme de Caylus, 26 mars 1718. J’adoreraisun dieu sans force et sans vertu, Reste d’un troncpar les vents abattu ! rac. Esth. 11 , 9. Tandis quedans son sein votre bras enfoncé Cherche un restede sang que l’âge avait glacé, id. Andr. iv, 6.Les Iles Canaries pourraient bien être des res-tes de l’Atlantide, volt. Dict. philosoph . Chang.Qlobe. Plus de la moitié de ma vie est écoulée;je n’ai plus que le temps qu’il faut pour enmettre à profit le reste, et pour effacer mes erreurspar mes vertus, j. i. rouss. Ém. iv. 11 veut quepar ses mains soient offerts à la reine Les restessomptueux de la grandeur troyenne, delille,Énéide, i. Il Fig. Ses deux enfants [de Mme de laFayette] sont hors de Paris .... tous ses restes d’amisà Fontainebleau , sêv. 9 juin 1680 . || Laisser de reste,laisser disponible. Le temps que la fièvre me laissede reste est si court, balz. liv. i, lett. 4. || Devoir dureste, demeurer redevable. Et quand vous m’auriezdonné une fois la vie et avec elle tous les biens dumonde, vous me devrez toujours beaucoup de reste,tant que vous ne m'aimerez pas, voit. Lett. 3o.Voilà justement où je vous en demande une preuve[de votre amitié] ; voilà sur quoi je vous devrai dureste, si vous voulez bien, pour l’amour de moi,avoir beaucoup soin de vous, sév. à Mme de Gri-gnan, 9 août 4671. || Il donne un sou à un pauvre,et demande son reste, se dit d’un avare. || Fig. Ilne demande pas son reste, il s’en va sans de-mander son reste, il se retire promptement, sansmot dire, après avoir reçu ou craignant de rece-voir quelque mauvais compliment ou traitement.Dès que j’eus la clef des champs, je ne demandaipas mon reste, lesage, Guim. d'Alf. m, 1 .1| On ditdans le même sens : il n’a pas attendu son reste.||Être en reste, devoir encore quelque chosesur une somme. II [le roi de Prusse] m’a fait payeril y a un mois ma pension de 1768; vous voyezqu’il n’est en reste avec personne, d’alemb. Lett. àVoltaire , 24 févr. 4759. || Fig. La fille d’un maré-chrl de Domfront ne doit pas demeurer en reste desottises, lesage, Turcaret, v, 9. Je lui jetai lesbras au cou et l’accablai de remerclments ; de soncôté, il ne demeura point en reste de politesse avecmoi, id. Guim. d’Alf. iv, 4. Il y a de la justicedans le monde; et, pour peu que vous soyez poli,vous trouvez à coup sûr des gens fort polis qui nesont pas en reste avec vous, volt. Mcl. lût. llon-nêt. lilt. 44. || Voici le reste de notre écu, de nosécus, se dit familièrement quand on voit ve-nir dans une compagnie quelqu’un d’importun.Mme Jourdain, apercevant Dorante et Dorimène :Voici justement le reste de notre écu I je ne voisque chagrin de tous côtés, mol. Bourg, gent. v, 4.Il 2° Absolument. Au plur. Ce qui reste d’un re-pas. Manger les restes. || 3° Terme d’arithméti-que. Résultat d’une soustraction, dit aussi excèsou différence. || 11 se dit aussi dans la division,quand on retranche les produits du diviseur parchaque chiffre du quotient, des dividendes partielsou du dividende total. En 38 combien de fois 7?6 fois, avec 3 pour reste. || 4° Terme de marine. Lieudu reste, lieu de la dernière décharge des marchan-dises lorsque le voyage est fini. || 5° Fig. Il se ditdes choses que l'on compare à une quantité. S'il estarrivé que la république soit demeurée ferme soustelles puissances faibles, elle était peut-être obligéede son repos aux bons et solides fondements quiavaient été posés de longue main ; ce n’était pastant un fruit du gouvernement présent que les restesde L’heureuse conduite du passé, balz. De la cour,5* dise. Le sanglier, rappelant les restes de sa vie,Vient à lui [archerj, le découd, meurt vengé surson corps, la font. Fabl . vin, 27. Ce saint [Augus-tin] avait une si grande capacité d’aimer, qu’aprèsavoir aimé Dieu de tout son cœur, il trouvait en-core des restes pour aimer Paulin, sév. 22 juin4690. Tout devint pauvre dans sa maison et danssa personne ; elle voyait disparaître avec une sen-sible joie les restes des pompes du monde, boss.Anne de Goni. Que je méprise ces philosophes qui,mesurant les conseils de Dieu à leur pensée, ne lefont auteur que d’un certain ordre général, d’oùle reste se développe comme il peut I id. Mar.-Thér.Il fallait un homme qui.... sût se conserver de lacreance dans tous les partis, et ménager les restes
de l’autorité, id. le Tellier. Le croirai-je, seigneur,qu’un reste de tendresse Vous fasse ici chercherune triste princesse? rac. Andr. il, 2. Je trem-ble qu’Athalie .... N’achève enfin sur vous ses ven-geances funestes, Et d’un respect forcé ne dé-pouille les restes, id. Athal. i, 4. Et n’êtes-vous pastrop heureux que le Seigneur, toujours bon et mi-séricordieux, veuille bien accepter les restes lan-guissants de vos passions et de votre vie? mass.Carême, Mot. de conv. Il s’était formé une sected’hommes austères et rigides, qui voyait avec indi-gnation dans l’Eglise d’Angleterre un reste de lahiérarchie et des cérémonies de la religion romaineque la reine Élisabeth y avait conservées, condil.Etud. hist. il, 6. Et tu veux qu’éveillant encore Desfeux sous la cendre couverts, Mon reste d’âme s’é-vapore En accents perdus dans les airs? lamart.Médit, xi. || 6» Il se dit de ce qu’une personne conservede sa première apparence. On veut ménager des res-tes de beauté ; cette économie ruine plutôt qu’ellen’enrichit, sév. 320 . C’était une dame d’environ troiscents années ; mais elle avait encore de beaux res-tes ; et on voyait bien que vers les deux cent trenteà quarante elle avait été charmante, volt. Princ.de Babyl. 4. Une femme d'environ quarante ans,qui avait encore des restes de beauté, sans avoirjamais eu d’agréments, duclos, Œuv. t. vm, p. 409.Mme Roger : J’étais tout de même en ma jeunesse.— Lisette : Mais vous en avez encore de beaux res-tes, gf.nlis, Théât. d’éduc. l'Intrigante, 1 , 4. || Cen’est plus qu’un reste, un beau reste, se dit d’unhomme ou d’une femme qui a eu de la beauté,mais qui a vieilli. || Des restes d’hommes,' deshommes vieillis ou mutilés. Et vous..., pauvresliouteux, malades, impotents, estropiés, restesd’hommes, pour parler avec saint Grégoire de Na-ziance, boss. Mar.-Thér. Mais que vois-je? oùvont-ils ces fils de la victoire, Ces guerriers mutilés,chargés d’ans et de gloire, Restes d’hommes, jadisl'effroi de nos rivaux? gilb. le Jubilé . || Un restede lui-même, se dit d’une personne qui a perdu cequ’elle avait de bien au physique ou au moral.Qu’est-ce que l’homme?... est-ce une énigme inex-plicable, ou bien n’est-ce pas plutôt, si je puis parlerde la sorte, un reste de lui-même? boss. la Val-lière. Ceux qui ne succombaient pas à la maladie[la peste d’Athènes ] n’en étaient presque jamais at-teints une seconde fois ; faible consolation ! carils n’offraient plus aux yeux que les restes infortu-nés d’eux-mêmes, barthél. Anach. Introd. part. 2,sect. 3. || Un reste de cheval, un cheval à qui letemps a ôté de sa vigueur et de sa beauté, maisqui en conserve encore. || 7° Ce qui reste d’une na-tion, d’une troupe, d’une famille. Pour perdre etexterminer entièrement toutes les troupes d’Israël et les restes de Jérusalem, saci, Bible , Machabées,1 , 111 , 36. On ne voit plus aucun reste ni des anciensAssyriens, ni des anciens Mèdes, ni des anciensPerses, ni des anciens Grecs, ni même des anciensRomains, boss. Hist. 11, 7 . C’est une précieuse,Reste de ces esprits jadis si renommés, Que d’uncoup de son art Molière a diffamés, boil. Sat. x.Que feriez-vous de plus, si des rois vos aïeux Cejeune enfant était un reste précieux? rac. Athal. v,2 . Reste impur des brigands dont j’ai purgé laterre, id. Phèdre, iv, 2 . Il est du sang d’Hector ,mais il en est le reste; Et pour ce reste enfin, j’aimoi-même, en un jour, Sacrifié mon sang, mahaine, mon amour, id. Andromaque, iv, 4 . Na-poléon , soulevant sa tête, fit tomber toute cettefougue [de Murat], en disant que c’était assez detémérités, qu’on n’avait que trop fait pour la gloire,qu’il était temps de ne plus songer qu’à sauver lesrestes de l’armée, sêgur, Hist. de Map . îx, 4. || S” Cequi était encore à faire, à dire. Je n’ai pas le tempsdé vous en écrire davantage ; le porteur vous dirale reste. Le chantre, s’arrêtant à cet endroit fu-neste , X ses yeux effrayés laisse dire le reste, boil.Lulr. iv. Viens m’engager ta foi, le temps fera lereste, rac. Bajai. v, 4. Elle [Clytemnestre ] règneavec lui [Ëgisthe]; l’univers sait le reste, volt.Oreste , 11 , 2 . Le monde apprit sa fin, la tombe saitle reste, delille, Pitié, ni. || Et le reste, formulequi annonce qu’on abrège une énumération, un récit,une citation. Hélas! dirai-je, il pleut : Mon frère a-t-iltout ce qu’il veut, Bon souper, bon gîte et le reste?la font. Fabl . ix, 2 . Je ne manque point de livresqui m’auraient fourni tout ce qu’on peut dire desavant sur la tragédie et la comédie, l’étymologiede toutes deux, leur origine, leur définition, et lereste, mol. Préc. Bref. || Fig. Le porteur vous dirale reste, phrase dont on se sert pour se moquerd’une lettre qu’on a faite beaucoup trop longue.
|| 9° S. m. pi. Dépouille mortelle de l’homme. Sesrestes glacés. Ce tombeau contient ses restes. Tantil est vrai que tout meurt en lui, jusqu’à ces ter-mes funèbres par lesquels on exprimait sesmalheureux restes, boss. Duch. d'Orl . || Il se ditaussi au singulier, en poésie, ô vous, à ma dou-leur objet terrible et tendre, Éternel entretien dehaine et de pitié, Reste du grand Pompée, écoutezsa moitié, corn. Pomp. v, 4. Je jure donc par vous,ô pitoyable reste, Ma divinité seule après ce coupfuneste.... De n’éteindre jamais l’ardeur de le ven-ger, id. ib. || 10° Le reste signifie les autres,par rapport aux objets dont on parle. Les Macé-doniens aiment le monarchique, Et le reste desGrecs la liberté publique, corn. Cinna, 11 , t. Le reste[des conspirateurs avec Cinna]ne vaut pas l’honneurd'être nommé, id. ib. v, 4. Hors ceux-là [les termesprimitifs], le reste des termes qu’elle [la géométrie]emploie y sont tellement éclaircis et définis, qu’onn’a pas besoin de diclionnaire pour en entendreaucun, pasc. Esprit géom. 4. Quand on voit dansl’Évangile la brebis perdue préférée par le bon pas-teur à tout le reste du troupeau, boss. Mar.-Thér.11 [Dieu ] les épargne si peu [les princes], qu’il necraint pas de les sacrifier à l’instruction du restedes hommes, id. Duch. d’Orl . || 11° Ce que quel-qu’un a refusé ou abandonné. Il n’a eu que vosrestes, que votre reste. Et beaucoup, attrapés parun maintien modeste, Pensent prendre en pleindrap, qui n’achètent qu’un reste, tu. corn, leGalant doublé, 1 , 4. || Les restes d’un rival, enparlant de rivalité d’amour, une femme qui aappartenu à un autre homme. Dans l’âme il haitFélix et dédaigne Pauline, Et, s’il l’aima jadis, ilestime aujourd’hui Les restes d’un rival trop in-dignes de lui, corn. Poly. v, 4. || Fig. C’est un restede gibet, il a mérité d’être pendu, c’est un coquin.|| Un reste d’esclavage, un ancien esclave. Dumoins de votre gloire ayez un soin égal, Et ne mepréférez qu’un illustre rival; J’en mourrai de dou-leur ; mais je mourrais de rage, Si vous me pré-fériez un reste d’esclavage, corn. Othon, iv, 4.|| 12° Terme de jeu. Faire son reste, mettre au jeutout l’argent qu’on a encore devant soi. || Fig.Jouer de son reste, employer ses dernières ressour-ces, hasarder tout. S’attaquer aux esprits, c’estjouer de son resle, hauterociie, Esp. fotl. ni, 2 . Ceque voyant messer Sergeste, Il voulut jouer de soureste, scarr. Virg. v. Je m’en vais d’Orléans jouerde mon reste, et me mêler de vous dire encore desnouvelles, sév. 21 6. Courage, courage, monsieurSerrefort; vous faites bien de jouer de votrereste, dancourt, Chev. à la mode, n, 2 . || U se ditaussi de celui qui, n’ayant plus que peu de temps àrester dans une place, en remplit négligemment lesfonctions. Il joue de son reste. ||Au jeu du quinze,être de reste, perdre son enjeu. Ils 11 e cavaientd’abord que trois ou quatre pisttles, comme pourbadiner; mais Caméran ayant été trois ou quatrefois de reste, il cava au plus fort, et le jeu devintsérieux; il fut encore de reste, et il devint orageux,les cartes volèrent par la chambre, hamilt. Gramm.3. || 13° Terme de jeu de paume, de volant. Donnerle reste à quelqu’un, lui pousser la balle, le volant,de telle sorte qu’il ne puisse le renvoyer. Je lui aidonné son reste. || Fig. Familièrement. Donner sonreste à quelqu’un, le battre, le corriger. Il ne feraplus le tapageur, on lui a donné son reste. || Il si-gnifie aussi : l’emporter en quelque chose. Je viensde lire Bérénice; vous m’aviez préparé à tant detendresse, que je n’en ai pas tant trouvé; du tempsque je me mêlais d’en avoir, il me souvient quej’eusse donné là-dessus le reste à Bérénice, Lettrede Bussy, citée dans bayle, Dict. art. Bérénice.Vous avez beau raisonner; monsieur est fraisémouiu du collège, et il vous donnera toujours vo-tre reste, mol. Mal. imag. 11 , 7. C’est un hommequi a un nez au visage, et qui vous a diablementdonné votre reste, gherardi, Théât. ital. Fille sa-vante, t. 1 , p. 230. || 14° De reste, loc. adv. Plusqu’il n’est nécessaire pour ce dont il s’agit. J’étaisdans ce tracas embarrassé de reste, hauterociie,Soup, mal apprêté, 4. La maison à présent, commesavez de reste, Au bon monsieur Tartuffe appartientsans conteste, mol. Tari, v, 4. Deux jours de re-pos me donneront de la force de reste, sév. 369.Il faut de l’esprit de reste, pour en vouloir fourrerpartout, comme tu prétends faire, hamilt. Gramm.3. Eh oui vraiment, tu es servante, je suis valet,nous nous connaissons de reste, lamottk, Matr.d’Éphèse , sc. 4 3. Je 11 e le crois pas riche. —Hebien 1 j’en ai de reste, piron, Mêtrom. 11 , 2 . || On ditaussi, familièrement : que de reste. Avez-vous eu-